Il n'y a aucune différence entre « femme » et « épouse » ; là n'est pas la question. Ce qui diffère, ce sont les deux récits de la création du monde et de l'homme, qui constituent respectivement les 1er et 2e chapitres du livre de la Genèse...
Il n'y a aucune différence entre « femme » et « épouse » ; là n'est pas la question.
Ce qui diffère, ce sont les deux récits de la création du monde et de l'homme, qui constituent respectivement les
1er et 2e chapitres du livre de la
Genèse.
La tradition orale remontant à Moïse existait dans la haute antiquité en
plusieurs variantes ; celles-ci ont été mises par écrit assez tardivement, vers les IXe-VIIe siècles av. J.-C. Une variante du
récit de la création a été consignée dans le royaume du Nord (Israël), l'autre dans le
royaume du Sud (Juda). Il est possible qu'il ait également existé des sous-versions distinctes, qui se reflètent aussi dans la tradition
écrite. Lors de la rédaction finale du texte, achevée à l'époque du
Second Temple (à la fin du VIe siècle av. J.-C.), les deux variantes du récit y ont été incluses, car
elles diffèrent de manière significative et se complètent l'une l'autre.
Le premier récit met plutôt en évidence l'ordre chronologique des événements lors de la création du monde ; son
idée maîtresse est celle d'une création progressive, où les éléments créés, de plus en plus complexes, n'apparaissent pas simultanément, mais les uns après
les autres. Le premier récit s'achève par les paroles de 2:3 (la division du texte en chapitres et en versets a été effectuée au Moyen Âge et n'est
pas toujours très heureuse). Le second récit, en revanche, insiste principalement sur le sens et
la logique « interne » de la création du monde, en faisant abstraction de la chronologie
des événements.
Cela est particulièrement évident en 2:5. Le premier récit parle
de la création de l'être humain, affirmant qu'il a été créé à l'image et à la ressemblance de Dieu le sixième jour de la création,
que l'humanité englobe l'homme et la femme, et que l'être humain a reçu pour mandat de
dominer sur la création. Le second récit souligne que la création de l'être humain donne un sens à
toute la création, que l'homme est composé d'un esprit et d'une chair, qu'il est doté de liberté et de
responsabilité devant Dieu, et que les êtres humains (l'homme et la femme) sont créés pour avoir besoin l'un de l'autre
et se compléter mutuellement.
Le mot « côte » dans les traductions modernes résonne de façon traditionnelle, mais s'avère extrêmement
malheureux. Dans le texte original et les traductions en langues anciennes, la femme est tirée du « côté » ou du
« flanc » de l'homme ; en langage contemporain, il serait plus juste de traduire non par « côte », mais,
disons, par « aspect ». Comme vous pouvez le constater, il ne s'agit nullement d'une contradiction, mais bien d'une complémentarité
entre deux récits élaborés à partir de points de vue différents.