Le commentaire traditionnel explique que les juges sont ici appelés des dieux, ce qui montre qu’ils jugent au Nom de Dieu. S’il en est ainsi, Dieu leur demandera compte de leurs jugements injustes. Dans l’Évangile, toutefois, ce passage est dévoilé plus largement, et ceux « à qui la parole de Dieu fut adressée » sont appelés des dieux (Jn 10,35).
Il est difficile de comprendre ces paroles, mais plus difficile encore d’accepter que le Seigneur veuille réellement nous voir non seulement au-dessus de notre niveau actuel, mais aussi bien plus haut que nous ne pouvons l’imaginer ! Pourtant, voici le paradoxe : avec tout notre orgueil, nous sommes incapables même d’approcher de la hauteur à laquelle le Seigneur place notre dignité. En nous exaltant, nous ne faisons que tomber alors que nous en sommes encore loin ; en nous gonflant, nous éclatons. En nous abaissant au contraire, nous recevons la possibilité de grandir et d’accepter humblement la grandeur accordée par le Seigneur.
Mais même alors, il faut se rappeler que ceux que le Seigneur a élevés tomberont inévitablement s’ils ne demeurent pas fermes dans la vérité et si, devenus orgueilleux, ils s’imaginent que ses dons sont les fruits de leurs propres mérites et réussites.
