Ces paroles mêmes, par lesquelles l'apôtre Paul commence à parler de l'abaissement du Fils de Dieu, expriment l'essence de ce qu'est la « vie selon l'Évangile ». À première vue, cela peut sembler très simple et, pour ainsi dire, terre à terre. Mais l'apôtre dit que c'est le chemin par lequel nous suivons le Christ Lui-même, le chemin de l'abaissement. Il apparaît que le sens et le contenu de la vie consistent à donner : non pas acquérir, amasser et utiliser à son profit, mais donner les dons dont Dieu Lui-même t'a comblé.
Il est également très important de prêter attention au mot employé par l'apôtre. La traduction synodale russe le rend avec une grande précision, et il signifie un souci constant. Il ne s'agit pas simplement de faire l'aumône ou d'accorder à quelqu'un une minute laissée libre par des affaires plus importantes. Cela signifie prendre soin des autres constamment, travailler pour eux et s'abaisser soi-même comme le Christ l'a fait pour nous. Chose étonnante, dans la pratique, cela seul procure une joie que personne ni rien ne peut enlever.
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Ces paroles mêmes, par lesquelles l'apôtre Paul commence à parler de l'abaissement du Fils de Dieu, expriment l'essence de ce qu'est la « vie selon l'Évangile ». À première vue, cela peut sembler très simple et, pour ainsi dire, terre à terre. Mais l'apôtre dit que c'est le chemin par lequel...
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Dans la lecture évangélique d'aujourd'hui, le Sauveur emploie le procédé par lequel le prophète Nathan appela jadis le roi David à la repentance. Nathan raconta au roi une parabole sur un homme dont les actes indignèrent David, puis lui dit : « Tu es cet homme », et le roi se repentit en larmes. De même, le Seigneur raconte aux grands prêtres et aux pharisiens une parabole qui parle d'eux-mêmes. Comme David jadis, Ses auditeurs s'indignent du crime décrit dans la parabole et disent au Christ que « [le maître de la vigne] fera périr misérablement ces misérables ».
Chose étonnante : est-il possible que personne, à cet instant, ne se soit souvenu du début du livre d'Isaïe, où une parabole presque identique parle d'Israël comme de la vigne de Dieu ? Peut-être quelqu'un frémit-il de peur et d'amertume, mais les grands prêtres et les pharisiens ne voulaient en aucune façon tirer une conclusion aussi évidente. L'endurcissement du cœur qui s'empara d'eux fut le résultat direct de la confrontation entre leur refus de se repentir et la vérité prononcée par la bouche du Créateur.
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En parlant de la vie chrétienne et des ministères dans l'Église, Paul met en évidence l'essentiel qui les unit tous : le renouvellement spirituel de l'être humain. La personne elle-même doit devenir un sacrifice offert à Dieu, et cela n'est possible que par le « renouvellement de l'intelligence ». Aucun autre ministère ne peut être considéré comme raisonnable du point de vue chrétien.
En effet, le christianisme n'est pas une religion, mais la vie avec le Christ dans Son Royaume. Tout le reste, y compris n'importe quel ministère, n'est qu'une manière et une forme de cette vie. Et l'Église n'est pas une organisation religieuse, mais le Corps du Christ, comme l'appelle l'apôtre, l'espace spirituel des relations qui unissent les fidèles au Christ. La tâche principale de l'Église est précisément de rester un tel espace, le Corps du Christ.
Et tout ministère exercé par n'importe quel membre de l'Église, s'il s'agit bien sûr d'un véritable ministère, n'est possible que dans le contexte de ses relations avec le Christ et comme forme d'existence de telles relations. On pourrait dire que tout ministère ecclésial est, d'une part, une manière pour le chrétien d'exister au sein du Corps du Christ et, d'autre part, une forme sous laquelle ce Corps se manifeste dans la vie du chrétien. C'est pourquoi le « renouvellement de l'intelligence » demeure la tâche principale dans tout ministère.
Dans ses épîtres, Paul appelle souvent intelligence ce que d'autres livres bibliques nomment le cœur : le « moi » spirituel de l'être humain, le noyau et le fondement de sa personnalité. C'est là que se détermine qui et ce qu'une personne sera devant Dieu et les hommes, car c'est là que se trouve la source de la volonté humaine et donc de toutes ses intentions, qui déterminent le contenu de sa vie spirituelle. La Torah intérieure est enracinée précisément là, dans l'intelligence telle que Paul la comprend. Et c'est seulement à partir de là que peut commencer la transformation de la personne en sacrifice vivant, afin que son ministère devienne raisonnable du point de vue chrétien.
En effet, dans le yahvisme, le sacrifice était la principale forme de communion avec Dieu. Le sacrifice était sanctifié sur l'autel par la présence de Dieu qui y demeurait, puis sanctifiait à son tour chacun de ceux qui en mangeaient en participant au repas sacrificiel. De même, les chrétiens sont appelés à la sanctification afin de porter le Royaume dans le monde et de le sanctifier par leur présence. Demeurer sanctifié et ne pas perdre cet état est la tâche principale du chrétien, et on ne peut le préserver que par la prise de conscience de sa propre vie, impossible sans le renouvellement de l'intelligence dont parle l'apôtre.
La tâche principale du chrétien est d'apprendre à exister dans le Royaume, dans la présence de Dieu qui sanctifie le monde, et de devenir un instrument de cette sanctification. Tout le reste, tous les ministères ecclésiaux, ne sont que des formes et des manières de cette existence. À condition, bien sûr, qu'ils soient raisonnables.
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