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RÉFLEXIONS pour 2Tm 2:11-19

11 Elle est sûre cette parole: Si nous sommes morts avec lui, avec lui nous vivrons.
12 Si nous tenons ferme, avec lui nous régnerons. Si nous le renions, lui aussi nous reniera.
13 Si nous sommes infidèles, lui reste fidèle, car il ne peut se renier lui-même.
14 Tout cela, rappelle-le, attestant devant Dieu qu'il faut éviter les querelles de mots, bonnes seulement à perdre ceux qui les écoutent.
15 Efforce-toi de te présenter à Dieu comme un homme éprouvé, un ouvrier qui n'a pas à rougir, un fidèle dispensateur de la parole de vérité.
16 Quant aux discours creux et impies, évite-les. Leurs auteurs feront toujours plus de progrès dans la voie de l'impiété,
17 et leur parole étendra ses ravages comme la gangrène. Hyménée et Philète sont de ceux-là;
18 ils se sont écartés de la vérité, en prétendant que la résurrection a déjà eu lieu, renversant ainsi la foi de plusieurs.
19 Cependant les solides fondations posées par Dieu tiennent bon, marquées du sceau de ces paroles : Le Seigneur connaît les siens, et : Qu'il évite l'iniquité, celui qui prononce le nom du Seigneur.
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« Rappelle ces choses, en conjurant devant le Seigneur de ne pas se livrer à des disputes de mots, qui ne servent à rien, sinon à la ruine de ceux qui écoutent ». C'est sans doute une règle majeure de santé ecclésiale, de santé pour les personnes portées à une vie active au sein de l'Église, ou simplement pour les personnes actives dans leur spiritualité. Tournons-nous vers les journaux spirituels de l'un des plus grands théologiens du XXe siècle, le protopresbytre Alexandre Schmemann. « ... quelle confusion, quelles ténèbres même dans ces jeunes têtes, combien la réaction morale immédiate a été tuée, quel désordre toute sorte d'"intelligentsia" a créé dans le monde, dans l'âme, dans la culture. L'orgueil infini de tout cela. Orgueil et vulgarité. Agitation artificielle autour de pseudo-problèmes, fierté d'une pseudo-conscience, importance du vide. Et maintenant ce malheureux "académisme", cette "problématique", la possibilité pour chacun de s'imaginer quelque chose. Et la foi dans les "discussions", les "clarifications", les "communications". Aucun homme au monde ne s'est enrichi par des discussions. Seulement par la rencontre avec la réalité, avec la vérité, le bien, la beauté. <...> C'est pourquoi, à mesure que l'on s'approche de la "réalité", il faut de moins en moins de paroles. Dans l'éternité, il n'y a déjà plus que: "Saint, saint, saint..." Seulement des paroles de louange et d'action de grâces, la prière, la blancheur de la plénitude et de la joie. C'est pourquoi seules sont authentiques et nécessaires les paroles qui ne sont pas sur la réalité ("discussion"), mais qui sont elles-mêmes réalité: son symbole, sa présence, sa manifestation, son mystère. La Parole de Dieu. La prière. L'art » (« Journaux », Moscou, 2005, p. 21, 22). Dans le même livre, beaucoup plus tard, il se souvient d'une conversation de deux femmes entendue par hasard. Elles discutaient pour savoir combien de temps les morts restent avec nous: quarante jours ou non. « Car l'Église enseigne... » « À quoi bon? » demande simplement le père Alexandre. Et c'est cela le plus terrible, lorsque nous passons notre temps en « disputes sur la foi ». Tout cela n'est qu'une pitoyable parodie du combat pour l'Esprit. Alors pourquoi s'y livrer? Cherchons parmi les hommes ceux qui nous sont proches non par leurs convictions, mais comme le Seigneur nous l'a montré dans la parabole du bon Samaritain.

Autres réflexions

 
Pour 2Tm 2:11-13
11 Elle est sûre cette parole: Si nous sommes morts avec lui, avec lui nous vivrons.
12 Si nous tenons ferme, avec lui nous régnerons. Si nous le renions, lui aussi nous reniera.
13 Si nous sommes infidèles, lui reste fidèle, car il ne peut se renier lui-même.
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Le tout début du verset 11 fait penser à des relations réciproques entre nous et le texte sacré. Paul, qui utilise à maintes reprises des citations de l'Écriture pour confirmer ses paroles, affirme ici au contraire qu'une certaine parole est digne de foi...  Lire la suite

Le tout début du verset 11 fait penser à des relations réciproques entre nous et le texte sacré. Paul, qui utilise à maintes reprises des citations de l'Écriture pour confirmer ses paroles, affirme ici au contraire qu'une certaine parole est digne de foi. Cette reconnaissance mutuelle de la présence de l'Esprit Saint dans la Parole et dans l'homme est remarquable !

La suite représente apparemment un fragment d'un ancien hymne chrétien, dont le sens principal est la proclamation que la vie en union avec Dieu, ayant commencé ici dans la souffrance et la mort partagées avec Jésus-Christ, se poursuit aussi après la mort, dans Sa Résurrection et Son règne. Notons pour nous-mêmes le caractère quelque peu paradoxal de la fin de ce fragment : notre reniement de Dieu (c'est-à-dire la rupture des relations avec Lui) signifie notre infidélité, mais le reniement de Dieu envers nous n'est pas infidélité, parce qu'Il demeure fidèle à Lui-même et à Son dessein, ce qui donne de l'espérance à notre existence dans ce monde changeant et infidèle.

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Pour 2Tm 2:11-13
11 Elle est sûre cette parole: Si nous sommes morts avec lui, avec lui nous vivrons.
12 Si nous tenons ferme, avec lui nous régnerons. Si nous le renions, lui aussi nous reniera.
13 Si nous sommes infidèles, lui reste fidèle, car il ne peut se renier lui-même.
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Le début du verset 11 suggère des relations bilatérales entre nous et le saint texte. Paul, qui utilise plusieurs fois les citations tirées des Saintes Ecritures pour la...  Lire la suite

Le début du verset 11 suggère des relations bilatérales entre nous et le saint texte. Paul, qui utilise plusieurs fois les citations tirées des Saintes Ecritures pour la confirmation de ses mots, affirme ici lui-même au contraire que certaines déclarations sont sûres. Cette reconnaissance mutuelle de la présence du Saint Esprit dans la Parole et dans la personne est remarquable!

La suite représente apparemment, un fragment de l'ancien cantique chrétien, dont le sens principal est la proclamation du fait que la vie dans l’union avec Dieu, commençant ici par la souffrance et la mort, séparant de Jésus-Christ, se prolonge et après la mort – dans Sa Résurrection et Son règne. Nous noterons pour nous-mêmes un certain caractère paradoxal de l'achèvement de ce fragment : notre reniement de Dieu (c'est-à-dire la rupture des relations avec Lui) et cela signifie notre infidélité, mais le reniement de Dieu de nous n'est pas une infidélité, parce qu'Il reste fidèle à Lui-même et Son dessein, ce qui donne espoir à notre existence dans ce monde changeant et infidèle.

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Pour 2Tm 2:13
13 Si nous sommes infidèles, lui reste fidèle, car il ne peut se renier lui-même.
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Pour Paul, il était évident que le christianisme, c'est la vie avec le Christ dans Son Royaume. Il lui était tout aussi évident qu'il n'y a pas de place dans le Royaume pour le mal ni pour le péché. Mais Paul restait toujours réaliste. Il savait parfaitement ce qu'est la nature humaine. Par expérience, il comprenait que...  Lire la suite

Pour Paul, il était évident que le christianisme, c'est la vie avec le Christ dans Son Royaume. Il lui était tout aussi évident qu'il n'y a pas de place dans le Royaume pour le mal ni pour le péché. Mais Paul restait toujours réaliste. Il savait parfaitement ce qu'est la nature humaine. Par expérience, il comprenait qu'il est impossible à l'homme déchu de ne pas pécher. Et l'on ne peut être totalement délivré du péché qu'après la transformation complète de la nature humaine. Pourtant, le Sauveur appelle chacun de nous dès maintenant à la vie nouvelle, à la vie dans Son Royaume. Comment cela est-il possible? À l'évidence, seulement malgré notre propre péché.

Mais que veut dire «malgré»? Au moment même où nous donnons place au péché dans notre vie, nous nous séparons par là du Royaume et de sa vie. Mais il arrive que cela se produise contre notre volonté: dans l'état déchu, nous ne pouvons pas toujours contrôler nos propres intentions, y compris celles qui nous conduisent au péché. Si nous péchons consciemment et ne nous repentons pas du péché commis, le Royaume se ferme pour nous. Mais il existe aussi une autre infidélité: non pas une trahison, mais une erreur, une chute spirituelle. Dans ce cas, nous ne nous noyons pas définitivement dans notre péché, même s'il peut, pour un temps, nous submerger entièrement.

Tant que nous ne considérons pas nous-mêmes cet état comme normal, le péché n'a pas sur nous un pouvoir total. Et donc nous ne sommes pas complètement retranchés du Royaume et de sa vie. Mais qu'est-ce qui nous retient dans le Royaume? À l'évidence, ce véritable «moi» qui n'est pas d'accord avec le péché qui nous submerge. Pourtant notre fidélité au Royaume et à sa vie demeure incomplète: au moment où nous nous trouvons sous le pouvoir du péché, nous sommes comme intérieurement divisés. Mais le Christ, Lui, ne peut pas être divisé.

Non seulement parce qu'Il porte en Lui toute la plénitude de Dieu, mais aussi parce que Sa nature humaine est libre du péché. Il est une Personne absolument entière. C'est pourquoi le Royaume ne peut tenir que sur Lui. Quant à nous, nous ne pourrons devenir pour Lui de vrais collaborateurs que lorsque nous deviendrons nous aussi des personnes entières. La plénitude de Dieu, bien sûr, nous ne pouvons pas la contenir; mais la transformation de notre nature humaine et sa délivrance du pouvoir du péché sont bien réelles. Il faut seulement parcourir jusqu'au bout le chemin sur lequel nous sommes entrés comme chrétiens.

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Pour 2Tm 2:14
14 Tout cela, rappelle-le, attestant devant Dieu qu'il faut éviter les querelles de mots, bonnes seulement à perdre ceux qui les écoutent.
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C’est intéressant: pourquoi Paul exhorte Timothée à éviter les querelles? D'autant plus que l'apôtre lui-même était un bon polémiste, on voit cela sur tous ses messages. Et il n’était sans doute pas aussi le partisan de la...  Lire la suite

C’est intéressant: pourquoi Paul exhorte Timothée à éviter les querelles? D'autant plus que l'apôtre lui-même était un bon polémiste, on voit cela sur tous ses messages. Et il n’était sans doute pas aussi le partisan de la conformité d'idées plantée par dessus à l'Église. En quoi est donc le problème? Et comment peut exister une communauté sans querelles et discussions sur les sujets provoquant les différends? Les questions sont rhétoriques.

Et la culture judaïque de la discussion théologique est très bien connue pour que l'on puisse s'imaginer que Paul qui a reçu une formation théologique traditionnelle judaïque dans une école tout à fait traditionnelle, pouvait appeler à l'interdiction dans l'Église des querelles et des discussions théologiques. Mais il y avait quelque chose d’essentielle dans la vie d'église qu'obligeait Paul à se rapporter aux querelles et discussions avec un peu de méfiance, particulièrement, lorsqu’il s’agissait des réunions d'église. Et cet essentiel était le sens même de l'Église, qui n'était pas du tout une communauté religieuse, comme était par exemple la Synagogue, de même que le christianisme n'ait jamais été une religion semblable au judaïsme.

Le christianisme n’est pas une religion, mais la vie dans le Royaume. Et la réunion d'église n’est pas un événement religieux, bien que central dans la vie de l'Église, mais la forme d'actualisation de la plénitude de la vie du Royaume à l'intérieur d’une communauté concrète d'église, ayant lieu ici et maintenant. Les membres de l'Église se réunissent dans leurs réunions non pas pour exprimer leur essence religieuse, que ce soit émotionnel ou intellectuel, mais pour la rencontre avec le Ressuscité pour le repas sacré, semblable à ce dernier dans la vie terrestre du Sauveur Seder de Pâques, qui a reçu dans la tradition d'église le nom de la Cène.

Ainsi combien sont opportunes ici les discussions théologiques, même si lors du plus ordinaire, sans la participation du Messie, Seder ou au repas Shabbat, on essaie d'habitude de les éviter? Là-bas on essaie de ne pas discuter pour donner la place à Dieu et entendre Sa voix, ici les discussions sont opportunes encore moins, car il s'agit de la rencontre avec le Ressuscité, Qui n’est pas moins important d'entendre. Et il y aura certes les disputes à l'Église, il est impossible de les supprimer ou interdire, et il ne le faut pas. Mais elles seront en leur temps et lieu. Là et lorsque, où et quand elles seront opportunes.

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Pour 2Tm 2:19
19 Cependant les solides fondations posées par Dieu tiennent bon, marquées du sceau de ces paroles : Le Seigneur connaît les siens, et : Qu'il évite l'iniquité, celui qui prononce le nom du Seigneur.
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En parlant du fondement spirituel posé par Dieu, Paul cite deux passages du Livre des Psaumes et de cette littérature que nous appelons aujourd'hui sapientielle, ou écrits des sages : « YHWH connaît les siens » et « que se détourne de l'iniquité quiconque confesse le nom de YHWH ». Ces deux paroles résument...  Lire la suite

En parlant du fondement spirituel posé par Dieu, Paul cite deux passages du Livre des Psaumes et de cette littérature que nous appelons aujourd'hui sapientielle, ou écrits des sages : « YHWH connaît les siens » et « que se détourne de l'iniquité quiconque confesse le nom de YHWH ». Ces deux paroles résument l'enseignement yahviste et juif sur la justice tel que nous le trouvons dans la Bible. La justice n'est pas affaire humaine, mais affaire de Dieu. Dieu seul est juste, à Lui seul la justice appartient comme quelque chose d'inaliénable. À l'homme, au contraire, elle n'appartient pas. Pour l'homme, la justice n'est ni une propriété ni une qualité ; elle est seulement l'état dans lequel l'homme peut demeurer, et ce séjour contredit la nature humaine déchue.

En un certain sens, on pourrait dire que l'homme ne peut être juste qu'en dépit de lui-même, non pas de son vrai lui-même, bien sûr, mais de ce qu'il est devenu après la chute. Or demeurer dans l'état de justice n'est possible à l'homme que lorsque Dieu le « connaît », en présence de Dieu. Certes, Dieu voit et connaît chacun d'une manière ou d'une autre ; personne ne peut se cacher de Lui nulle part. Mais Sa présence immédiate auprès de l'homme n'est pas simplement la connaissance du fait que tel homme vit dans le monde, ni même cette omniscience grâce à laquelle aucun coeur humain n'est caché à Dieu.

Ici se manifeste toujours la volonté de Dieu directement tournée vers un homme concret ; et cela est impossible si l'homme lui-même ne cherche pas Dieu et ne tend pas à la communion avec Lui. C'est grâce à une telle aspiration que l'homme devient pour Dieu « l'un des Siens », non pas au sens où il deviendrait le favori de Dieu, mais au sens de la conscience des relations de l'homme avec Dieu. Mais cette conscience suppose aussi autre chose : celui qui prend conscience de ses relations avec Dieu et les met au premier plan doit aussi ordonner sa vie en conséquence, en ayant en vue la Torah, et d'abord la Torah intérieure.

Ce n'est que si le commandement devient pour l'homme un impératif intérieur, spirituel et moral, que l'homme pourra non seulement prendre conscience de ses relations avec Dieu, mais aussi les rendre stables. Et lorsque les relations avec Dieu sont stables, le péché conscient et volontaire ne peut plus avoir place dans la vie de l'homme. Bien sûr, chacun peut trébucher et tomber, mais cela se produit d'ordinaire en dehors de la volonté de l'homme. Cette construction de relations conscientes et stables avec Dieu est précisément le fondement spirituel dont parle l'apôtre.

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Pour 2Tm 2:14-26
14 Tout cela, rappelle-le, attestant devant Dieu qu'il faut éviter les querelles de mots, bonnes seulement à perdre ceux qui les écoutent.
15 Efforce-toi de te présenter à Dieu comme un homme éprouvé, un ouvrier qui n'a pas à rougir, un fidèle dispensateur de la parole de vérité.
16 Quant aux discours creux et impies, évite-les. Leurs auteurs feront toujours plus de progrès dans la voie de l'impiété,
17 et leur parole étendra ses ravages comme la gangrène. Hyménée et Philète sont de ceux-là;
18 ils se sont écartés de la vérité, en prétendant que la résurrection a déjà eu lieu, renversant ainsi la foi de plusieurs.
19 Cependant les solides fondations posées par Dieu tiennent bon, marquées du sceau de ces paroles : Le Seigneur connaît les siens, et : Qu'il évite l'iniquité, celui qui prononce le nom du Seigneur.
20 Dans une grande maison, il n'y a pas seulement des vases d'or et d'argent; il en est aussi de bois et d'argile. Les uns sont réservés aux usages nobles, les autres aux usages vulgaires.
21 Si donc quelqu'un se préserve des fautes dont je parle, il sera un vase noble, sanctifié, utile au Maître, propre à toute œuvre bonne.
22 Fuis les passions de la jeunesse. Recherche la justice, la foi, la charité, la paix, en union avec ceux qui d'un cœur pur invoquent le Seigneur.
23 Mais les folles et stupides recherches, évite-les: tu sais qu'elles engendrent des querelles.
24 Or, le serviteur du Seigneur ne doit pas être querelleur, mais accueillant à tous, capable d'instruire, patient dans l'épreuve;
25 c'est avec douceur qu'il doit reprendre les opposants, en songeant que Dieu, peut-être, leur donnera de se convertir, de connaître la vérité
26 et de revenir à la raison, une fois dégagés des filets du diable, qui les retient captifs, asservis à sa volonté.
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Paul appelle Timothée à éviter les disputes inutiles et stériles, qui n'apportent rien à personne et ne font que détruire la paix intérieure de ceux qui y prennent part...  Lire la suite

Paul appelle Timothée à éviter les disputes inutiles et stériles, qui n'apportent rien à personne et ne font que détruire la paix intérieure de ceux qui y prennent part. Il faut remarquer que le monde gréco-romain comme le monde juif étaient des mondes de beaucoup de paroles, de beaucoup de disputes et de beaucoup d'opinions. Il ne s'agit pas simplement de ce qu'on appelle aujourd'hui le pluralisme ; il s'agit précisément du culte de la dispute, du débat, de la discussion. La conversation, souvent sur des sujets assez abstraits, la dispute, le débat philosophique étaient considérés comme l'occupation la plus convenable pour un homme libre qui avait le loisir de s'y adonner : ainsi en allait-il dans le monde gréco-romain depuis l'Antiquité.

Dans le monde juif aussi, les discussions et les débats, mais déjà sur des thèmes religieux, liés à la Torah, étaient chose courante, et y participaient souvent non seulement des rabbins savants et des maîtres de la Torah, mais aussi des gens tout à fait ordinaires : car tout Juif croyant lisait et étudiait la Torah, et il n'y en avait alors pas d'autres, de sorte qu'il y avait avec qui parler et de quoi discuter. Bien sûr, à certains égards, une telle atmosphère était très productive : de nouvelles idées, vues, conceptions et théories y apparaissaient presque chaque jour.

La vie intellectuelle prospérait, mais la vie spirituelle, pas toujours. Cela se comprend : une telle situation favorise le fait que la dispute, le débat, la discussion deviennent des valeurs en soi, de sorte que la participation à ceux-ci était déjà considérée comme une affaire importante et une occupation sérieuse, tandis qu'il ne restait souvent plus de temps pour le travail spirituel, qui n'était d'ailleurs pas jugé particulièrement important ; car ce qui paraissait essentiel, c'étaient les opinions et les vues justes, non la vie juste.

Une telle atmosphère pénétrait aussi dans les communautés ecclésiales, et là il était absolument nécessaire de s'y opposer. Même si le christianisme n'avait été qu'une nouvelle religion, tôt ou tard serait apparue la nécessité de s'arrêter et de réfléchir non aux paroles, mais à la vie ; or, puisque le christianisme n'a jamais été une religion, mais a toujours été précisément une vie nouvelle, la vie dans ce Royaume que le Sauveur a apporté au monde, l'excès de paroles, de disputes et de discussions menaçait les chrétiens de graves pertes spirituelles.

Bien sûr, il fallait répondre aux questions sérieuses qui surgissaient dans le milieu chrétien : elles pouvaient réellement avoir une influence sur la vie spirituelle de l'homme. Si, par exemple, quelqu'un, à l'image des « maîtres » mentionnés par l'apôtre, pensait sérieusement que « la résurrection avait déjà eu lieu », que tout était déjà fini et que le christianisme appartenait en fait au passé, il n'aurait guère pu, avec de telles vues, vivre une vie chrétienne pleinement accomplie.

Mais consacrer sa vie aux disputes et aux discussions afin d'y remporter la victoire et de devenir le disputeur le plus connu et invincible, et plus encore voir dans une telle victoire le sens de son service ecclésial, c'est une impasse spirituelle. Les disputes n'auront pas de fin et, au bout du compte, elles engloutiront simplement l'homme, ne lui laissant pas de temps pour vivre, même de la vie la plus ordinaire, sans parler de la vie chrétienne. Voilà le danger contre lequel Paul met en garde son disciple.

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Pour 2Tm 2:1-13
Toi donc, mon enfant, fortifie-toi dans la grâce du Christ Jésus.
Ce que tu as appris de moi sur l'attestation de nombreux témoins, confie-le à des hommes sûrs, capables à leur tour d'en instruire d'autres.
Prends ta part de souffrances, en bon soldat du Christ Jésus.
Dans le métier des armes, personne ne s'encombre des affaires de la vie civile, s'il veut donner satisfaction à qui l'a engagé.
De même l'athlète ne reçoit la couronne que s'il a lutté selon les règles.
C'est au cultivateur, qui travaille dur, que doivent revenir, en premier lieu, les fruits de la récolte.
Comprends ce que je veux dire. D'ailleurs le Seigneur te fera tout comprendre.
Souviens-toi de Jésus Christ, ressuscité d'entre les morts, issu de la race de David, selon mon Évangile.
Pour lui je souffre jusqu'à porter des chaînes comme un malfaiteur. Mais la parole de Dieu n'est pas enchaînée.
10 C'est pourquoi j'endure tout pour les élus, afin qu'eux aussi obtiennent le salut qui est dans le Christ Jésus avec la gloire éternelle.
11 Elle est sûre cette parole: Si nous sommes morts avec lui, avec lui nous vivrons.
12 Si nous tenons ferme, avec lui nous régnerons. Si nous le renions, lui aussi nous reniera.
13 Si nous sommes infidèles, lui reste fidèle, car il ne peut se renier lui-même.
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Poursuivant la conversation sur le témoignage, Paul attire l'attention sur la responsabilité du témoin. Pour l'apôtre, le témoignage...  Lire la suite

Poursuivant la conversation sur le témoignage, Paul attire l'attention sur la responsabilité du témoin. Pour l'apôtre, le témoignage est une sorte de relais spirituel, au cours duquel quiconque a reçu la possibilité de participer à la vie du Royaume devient ensuite lui-même témoin pour ceux qui cherchent une vie nouvelle (v. 1-2). Et il ne s'agit pas ici, semble-t-il, d'un simple sentiment du devoir, fût-ce un devoir que l'on appelle parfois, dans de tels cas, sacré. Il s'agit du fait que le témoignage est l'état spirituel normal du chrétien. Il ne s'agit évidemment pas de dire qu'un chrétien doit prêcher toute la journée en parlant à son entourage du Christ et du Royaume. Il s'agit d'autre chose : si le christianisme est pour quelqu'un une vie réellement nouvelle, et non simplement une nouvelle religion ou une nouvelle morale, il ne pourra pas cacher cette vie nouvelle à ceux qui l'entourent, et il ne voudra sans doute pas la cacher. Et il ne s'agit pas seulement de la joie éprouvée par quiconque sait ce qu'est le Royaume.

Il s'agit aussi du fait que le Royaume ne peut exister qu'en s'étendant sans cesse et en incluant en lui de nouveaux habitants. Ce n'est pas par hasard que le souffle du Royaume fut éprouvé (notamment le jour de la Pentecôte) comme un vent : comme le vent, il ne connaît pas d'obstacles et, comme l'air, il pénètre partout où cela est possible, occupant tout l'espace disponible. La différence entre ce souffle et l'air physique tient seulement au fait qu'il se propage de coeur à coeur, et que l'amour du prochain devient pour lui un milieu de diffusion aussi organique que l'atmosphère l'est pour le vent. Et le chrétien, s'il ne veut pas perdre le Royaume, doit nécessairement devenir une partie de ce processus, de ce mouvement spirituel lié à l'extension du Royaume dans notre monde en cours de transfiguration, mais pas encore totalement transfiguré. C'est alors seulement que sa propre vie spirituelle sera pleinement accomplie, ce que Paul rappelle à Timothée (v. 3-7).

Il rappelle aussi autre chose à son disciple : cette fidélité au Christ sans laquelle il n'y a pas de Royaume (v. 8-13). Pour Paul, il est évident que la fidélité au Christ et la fidélité au Royaume sont une seule et même chose, car Jésus de Nazareth n'est pas seulement le Maître qui montre la route : Il est Lui-même le Royaume, Il le porte en Lui dans toute sa plénitude. Le chrétien peut renier le Royaume dans la mesure où, avant la transfiguration complète de sa nature humaine, il mène encore une vie double ; n'appartenant au Royaume qu'en partie, il appartient encore en partie à l'ancien ordre des choses, non transfiguré. Il en va autrement du Christ : Il est tout entier Royaume, il n'y a en Lui aucune autre vie, et renier le Royaume signifierait pour Lui se renier Lui-même. Et Paul, semble-t-il, appelle Timothée comme tous les autres chrétiens à ressembler au Christ précisément dans cette plénitude, dans la plénitude de la vie du Royaume.

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