RÉFLEXIONS. Lectures orthodoxes.

RÉFLEXIONS pour Ti2 2:11-19

« Rappelle ces choses, en conjurant devant le Seigneur de ne pas se livrer à des disputes de mots, qui ne servent à rien, sinon à la ruine de ceux qui écoutent ». C'est sans doute une règle majeure de santé ecclésiale, de santé pour les personnes portées à une vie active au sein de l'Église, ou simplement pour les personnes actives dans leur spiritualité. Tournons-nous vers les journaux spirituels de l'un des plus grands théologiens du XXe siècle, le protopresbytre Alexandre Schmemann. « ... quelle confusion, quelles ténèbres même dans ces jeunes têtes, combien la réaction morale immédiate a été tuée, quel désordre toute sorte d'"intelligentsia" a créé dans le monde, dans l'âme, dans la culture. L'orgueil infini de tout cela. Orgueil et vulgarité. Agitation artificielle autour de pseudo-problèmes, fierté d'une pseudo-conscience, importance du vide. Et maintenant ce malheureux "académisme", cette "problématique", la possibilité pour chacun de s'imaginer quelque chose. Et la foi dans les "discussions", les "clarifications", les "communications". Aucun homme au monde ne s'est enrichi par des discussions. Seulement par la rencontre avec la réalité, avec la vérité, le bien, la beauté. <...> C'est pourquoi, à mesure que l'on s'approche de la "réalité", il faut de moins en moins de paroles. Dans l'éternité, il n'y a déjà plus que: "Saint, saint, saint..." Seulement des paroles de louange et d'action de grâces, la prière, la blancheur de la plénitude et de la joie. C'est pourquoi seules sont authentiques et nécessaires les paroles qui ne sont pas sur la réalité ("discussion"), mais qui sont elles-mêmes réalité: son symbole, sa présence, sa manifestation, son mystère. La Parole de Dieu. La prière. L'art » (« Journaux », Moscou, 2005, p. 21, 22). Dans le même livre, beaucoup plus tard, il se souvient d'une conversation de deux femmes entendue par hasard. Elles discutaient pour savoir combien de temps les morts restent avec nous: quarante jours ou non. « Car l'Église enseigne... » « À quoi bon? » demande simplement le père Alexandre. Et c'est cela le plus terrible, lorsque nous passons notre temps en « disputes sur la foi ». Tout cela n'est qu'une pitoyable parodie du combat pour l'Esprit. Alors pourquoi s'y livrer? Cherchons parmi les hommes ceux qui nous sont proches non par leurs convictions, mais comme le Seigneur nous l'a montré dans la parabole du bon Samaritain.