Le mal peut agir sur nous par les voies les plus diverses: par l'hostilité et la violence de la part d'autres hommes, par les catastrophes, les maladies, la mort... Mais rien de tout cela ne nous vainc tant que nous ne le laissons pas entrer dans notre monde intérieur, spirituel. La victoire du mal, c'est lorsque la vengeance, le murmure, le découragement s'emparent de nous de l'intérieur. On ne le vaincra pas par une juste rétribution: il n'y a qu'un seul chemin vers la victoire, et le Christ l'a manifesté. C'est l'amour agissant, le sacrifice de soi pour le salut des pécheurs.
Le mal peut agir sur nous par les voies les plus diverses: par l'hostilité et la violence de la part d'autres hommes, par les catastrophes, les maladies, la mort... Mais rien de tout cela ne nous vainc tant que...
Le mal peut agir sur nous par les voies les plus diverses: par l'hostilité et la violence de la part d'autres hommes, par les catastrophes, les maladies, la mort... Mais rien de tout cela ne nous vainc tant que... Lire la suite
Que nous a donné la venue du Christ? Le salut contre le mal? Oui, bien sûr... mais le mal et la souffrance n'ont pas disparu du monde d'un coup de baguette magique. Jésus lui-même ne fait pas que subir de terribles souffrances sur la Croix: il les subit sans faute de sa part. Et c'est lui encore qui dit que ceux qui veulent être ses disciples doivent de la même manière prendre leur croix et le suivre. En quoi consiste donc ce salut contre le mal?
Peut-être est-ce une approche trop humaine. Dans l'une des lectures évangéliques, Jésus rappelle que si tu t'es seulement libéré d'un esprit mauvais, mais que sa place dans ton cœur est restée inoccupée, il t'arrivera finalement quelque chose de pire encore. Être sauvé seulement de ce que nous considérons comme mauvais, c'est hélas trop peu. Trop peu pour l'homme qui regarde la vérité en face. Mais, heureusement, c'est trop peu aussi pour le Créateur.
C'est pourquoi il nous propose quelque chose d'incommensurablement meilleur: l'adoption filiale. Nous pouvons entrer dans la famille de Jésus de Nazareth, devenir ses frères et sœurs adoptifs. Bien plus, la possibilité nous est ouverte d'une union exceptionnelle, essentielle, avec lui, la même que celle de sa Mère. Être frères de Jésus, et par conséquent être adoptés par son Père et sa Mère, partager avec lui sa divino-humanité: pour tout cela une seule chose est requise, dire au Père comme Jésus lui-même: « Que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui soit faite ».
Le salut contre ce qui est désagréable, mauvais, maléfique, c'est une approche humaine. Un tel escapisme n'est guère propre à Dieu. Il ne fuit pas le mal, mais lui fait face sur la Croix et le vainc. Tu peux chercher le confort et une douceur pieuse, mais alors tu passeras de l'enfer de la violence directement à l'enfer de l'hypocrisie; ou bien tu peux consentir à l'adoption par le Père céleste. Oui, c'est un chemin difficile, parfois douloureusement difficile, et ton Frère adoptif, Jésus, y est mort. Mais en devenant son frère, tu partageras aussi avec lui sa victoire sur le mal. Le choix entre la défaite, la fuite et la victoire t'appartient.
Que nous a donné la venue du Christ? Le salut contre le mal? Oui, bien sûr... mais le mal et la souffrance n'ont pas disparu du monde d'un coup de baguette magique. Jésus lui-même ne fait pas que subir de terribles souffrances sur la Croix: il...
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Ce n'est pas par hasard qu'il y a tant de récits de guérison dans l'Évangile: chaque guérison est en effet un témoignage du Royaume. Mais, manifestement, tous ne comprennent pas l'essence de ce qui se produit, même lorsque tout se déroule sous leurs yeux. D'où le mécontentement des pharisiens qui entourent Jésus: Jésus parle du pardon des péchés, or qui peut pardonner les péchés d'un homme sinon Dieu?
D'ailleurs, même du point de vue des représentations généralement admises à cette époque, la situation n'était pas si univoque. Le fait est que la question du pardon des péchés pour un homme était liée avant tout au jour du Jugement et au jour de la venue du Messie, qui, dans le judaïsme de l'époque évangélique, coïncidaient. Et le Messie prenait une certaine part, même si elle n'était pas pleinement définie, au jugement de Dieu, en témoignant pour ou contre l'accusé; et son témoignage pouvait devenir décisif. Ensuite, selon l'issue du Jugement, l'homme recevait ou non le droit d'entrer dans le Royaume messianique.
Jésus corrige quelque peu ces représentations habituelles: il parle du Royaume qui entre dans le monde en donnant à chacun la possibilité de recommencer sur une page blanche. Il parle du pardon des péchés en ayant en vue non pas le Jugement, ni même les jugements que l'homme peut traverser avant le jour du dernier Jugement. Il dit que les péchés sont pardonnés à quiconque touche le Royaume et participe à sa vie, précisément parce que cette personne commence dans le Royaume une vie nouvelle en laissant l'ancienne. Et toute guérison est un acte de foi, de foi comme confiance en Dieu et en Celui qui a apporté le Royaume dans le monde. C'est pourquoi Jésus dit au guéri: « ...tes péchés te sont pardonnés ».
Pour les pharisiens, en revanche, ce qui se passe n'a manifestement aucun rapport avec le Royaume. Au mieux, ils ne voient qu'un miracle, une action de Dieu, qui ne donne pas en soi à Celui par qui elle s'accomplit le moindre droit de se substituer à Dieu, ni de substituer ses propres décisions au jugement de Dieu. C'est là que passe la frontière entre le monde et le Royaume, cette frontière même qui est si bien visible depuis le Royaume et souvent totalement invisible depuis le monde.
Ce n'est pas par hasard qu'il y a tant de récits de guérison dans l'Évangile: chaque guérison est en effet un témoignage du Royaume. Mais, manifestement, tous ne comprennent pas l'essence de ce qui se produit, même lorsque...
Ce n'est pas par hasard qu'il y a tant de récits de guérison dans l'Évangile: chaque guérison est en effet un témoignage du Royaume. Mais, manifestement, tous ne comprennent pas l'essence de ce qui se produit, même lorsque... Lire la suite
La lecture d'aujourd'hui nous propose la parabole d'Ézéchiel sur la femme infidèle, par laquelle il entend Israël, comme les autres prophètes qui utilisent cette image. Pour percevoir pleinement cette image, il importe de garder à l'esprit que, contrairement au français, en hébreu le mot « Israël » est du genre féminin.
De telles paraboles ne se rencontrent pas seulement chez Ézéchiel: Osée, Isaïe de Jérusalem et Jérémie ont eux aussi comparé Israël à une femme infidèle. Mais la parabole d'Ézéchiel est remarquable parce qu'elle décrit une sorte de pédagogie divine: on y voit clairement les tentatives de Dieu pour diriger son peuple sur le chemin du repentir. La parabole commence par le rappel que, sans Dieu, le peuple juif n'aurait tout simplement pas existé sur la terre: il aurait péri comme un nourrisson abandonné sur la route, et seule l'intervention directe de Dieu dans la situation lui permit de devenir ce qu'il devint (v. 3-14).
Mais tout ce que Dieu avait fait pour son peuple fut oublié par le peuple lui-même, et oublié très vite. La cause en fut manifestement la présomption, la disposition à compter non sur Dieu, mais sur ses dons, qui commencèrent à être perçus non comme des dons, mais comme quelque chose d'évident et d'inaliénable (v. 15). Il n'est pas étonnant que le peuple se soit aussi estimé en droit de disposer des dons de Dieu selon son propre jugement (v. 16-26). Mais Dieu ne rompt pas ses relations avec le peuple malgré une trahison évidente et ouverte; au contraire, il tente de ramener à la raison ceux qui l'ont complètement oublié (v. 27).
Ces mesures devaient sans doute être perçues par le peuple lui-même comme un châtiment de Dieu; mais à en juger par les paroles du prophète, ce n'était qu'une tentative du Seigneur pour rappeler son existence et les relations qui unissaient autrefois le peuple de Dieu à son Dieu. Mais aucune mesure ne garantit ni le repentir ni la conversion, car l'un comme l'autre ne sont possibles que librement, et Dieu n'a pas besoin d'un « repentir » obtenu par la force. C'est pourquoi il ne contraint personne à la conversion: il fait seulement comprendre à son peuple que le chemin qu'il a choisi mène dans une impasse. Mais même alors le choix demeure, car dans une telle situation non seulement la conversion est possible, mais aussi le rejet de Dieu.
Mais en cas de rejet, la situation devient déjà tout à fait contre nature. Il semble que les relations avec Dieu, qu'il s'agisse d'une personne particulière ou d'un peuple entier, aient leurs étapes, non seulement lorsque l'homme ou le peuple va vers Dieu, mais aussi lorsque cet homme ou ce peuple s'éloigne de Dieu. Peut-être qu'au début du chemin qui éloigne de lui, Dieu entreprend encore certaines actions pour arrêter celui qui s'en va. Peut-être que les malheurs qu'il permet dans une telle situation marquent justement cette limite que l'on peut considérer comme une sorte de « point de non-retour ».
Et, une fois ce point franchi, l'homme ne peut plus revenir facilement à Dieu sans conséquences sérieuses: désormais, même en cas de conversion et de repentir, il lui faudra porter certaines conséquences des péchés qu'il a commis. Pour un peuple, franchir le « point de non-retour » dans ses relations avec Dieu signifie se condamner à une catastrophe inévitable; pour le peuple juif, cette catastrophe fut la défaite de Juda par les Babyloniens et l'exil babylonien qui suivit.
La lecture d'aujourd'hui nous propose la parabole d'Ézéchiel sur la femme infidèle, par laquelle il entend Israël, comme les autres prophètes qui utilisent cette image. Pour percevoir pleinement cette image, il importe de garder à l'esprit que...
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La chaîne de thèmes par laquelle le Seigneur conduit avec insistance la Samaritaine a été et reste pour beaucoup une image de la manière dont l'homme cherche l'essentiel dans la vie, et en même temps de la manière dont Dieu cherche l'âme humaine. Le Seigneur fait le premier pas, il demande à boire, poussant ainsi la femme à faire un pas en réponse, qui exige d'elle un certain effort: par miséricorde envers un voyageur fatigué, elle doit franchir l'interdit religieux de communiquer avec les Judéens. Les pas suivants exigent eux aussi de la femme une ouverture toujours plus grande, une confiance envers l'Homme près du puits. Il lui faut lui avouer que tout est très compliqué dans sa vie; mais, s'étant confiée à Jésus, elle l'interroge aussi sur ce qui lui paraît être la question la plus fondamentale de la vie: où adorer, comment croire? Puis elle lui ouvre son espérance la plus profonde: même si la vie ne se construit pas et si les désaccords religieux sont dans l'impasse, il y a Celui qui, en venant, pourra tout arranger, tout expliquer, répondre aux questions et aux désirs les plus secrets: le Messie.
En conséquence, elle apprend la première, avant même les disciples, la venue du Christ dans le monde. Elle se révèle être la personne la plus appropriée pour cela, car le désir de le connaître a été en elle plus fort que la méfiance, la honte et le désespoir.
La chaîne de thèmes par laquelle le Seigneur conduit avec insistance la Samaritaine a été et reste pour beaucoup une image de la manière dont l'homme cherche l'essentiel dans la vie, et en même temps de la manière dont Dieu cherche l'âme humaine. Le Seigneur fait le premier pas...
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Pendant la guerre sainte contre les Madianites, Israël se trouve sous la protection du Seigneur. Le fruit de cette protection est un riche butin et la préservation miraculeuse des guerriers israélites. Quelques siècles plus tard, l'apôtre nous appellera lui aussi à lutter contre les forces du mal; et dans ce combat, où le mal est vaincu non par les armes mais par le bien, le Seigneur nous aide, nous protège et nous conduit vers une victoire glorieuse.
Pendant la guerre sainte contre les Madianites, Israël se trouve sous la protection du Seigneur. Le fruit de cette protection...
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