13 Il sortit de nouveau au bord de la mer, et toute la foule venait à lui et il les enseignait. |
14 En passant, il vit Lévi, le fils d'Alphée, assis au bureau de la douane, et il lui dit : " Suis-moi. " Et, se levant, il le suivit. |
15 Alors qu'il était à table dans sa maison, beaucoup de publicains et de pécheurs se trouvaient à table avec Jésus et ses disciples: car il y en avait beaucoup qui le suivaient. |
16 Les scribes des Pharisiens, le voyant manger avec les pécheurs et les publicains, disaient à ses disciples : " Quoi ? Il mange avec les publicains et les pécheurs ? " |
17 Jésus, qui avait entendu, leur dit : " Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs. " |
La conception traditionnelle yahviste, puis juive, du péché et de ses conséquences était assez stricte, même sévère. On ne pouvait être purifié que d'un péché commis involontairement, par faiblesse, par ignorance ou par imprudence. La purification n'était pas identique au repentir. Le repentir supposait que l'homme prenne conscience du péché comme tel, c'est-à-dire précisément comme péché, qu'il se tourne vers Dieu et se repente, renonçant intérieurement à ce qu'il avait fait. On supposait que Dieu pardonne en tout cas à celui qui se repent sincèrement, mais le pardon ne signifiait pas encore la purification. La purification supposait la possibilité d'être délivré des conséquences du péché commis, qui, si la purification n'avait pas lieu, continuaient de peser sur l'homme, faisant obstacle à une communion normale avec Dieu et privant l'homme de la perspective d'entrer dans le Royaume du Messie, ou, comme on l'appelait encore en ces temps-là, dans le Royaume du siècle à venir.
Cette sévérité n'était évidemment pas la conséquence d'un esprit de vengeance particulier ni du formalisme des croyants ; elle reflétait seulement les réalités du monde déchu, avec la toute-puissance du mal et du péché. S'étant une fois livré volontairement au pouvoir du péché, l'homme se trouvait ensuite impuissant devant lui ; il ne pouvait plus s'arracher à cette domination. Or les publicains, c'est-à-dire les collecteurs d'impôts travaillant pour l'administration romaine, étaient précisément considérés comme des pécheurs volontaires : personne ne les obligeait à faire ce qu'ils faisaient, et dès le début ils savaient à quoi ils s'engageaient. Ils savaient aussi qu'il n'y aurait pas de retour en arrière pour eux, car il est impossible d'être purifié des conséquences d'un péché commis consciemment.
On peut imaginer ce que ces gens ont dû ressentir en apprenant qu'eux aussi avaient la possibilité de redevenir une partie du peuple de Dieu, d'être purifiés, d'obtenir une chance de tout recommencer à zéro. Beaucoup d'entre eux, sans doute, se repentaient ensuite et regrettaient le choix fait autrefois, mais ils n'avaient nulle part où aller ; et voilà que soudain apparaît celui qui promet la possibilité de ce qui était auparavant impossible. Il n'est pas étonnant que les publicains et les autres personnes du même genre, qui avaient jadis péché consciemment et qui maintenant se repentaient, suivent Jésus : il est leur seule espérance.
Pour les pieux pharisiens, fiers de leur pureté religieuse, un tel tournant est plutôt un motif d'irritation que de joie : quel sens ont maintenant tous leurs efforts pour se garder purs, si ceux qui n'ont rien fait de tel reçoivent les mêmes possibilités qu'eux ? La première réaction de la conscience religieuse à cette situation est celle-ci : nous nous sommes donné du mal pour rien, tous nos efforts ont été vains.
Jésus, lui, parle clairement : il est venu appeler au repentir ceux à qui il était auparavant fermé, de vrais pécheurs, et non des justes formels ; car ce qui lui importe, c'est de sauver chacun de ceux qui peuvent être sauvés, et non de flatter l'amour-propre religieux de ceux qui sont fiers de leur prétendue justice.
14 En passant, il vit Lévi, le fils d'Alphée, assis au bureau de la douane, et il lui dit : " Suis-moi. " Et, se levant, il le suivit. |
Il semble qu’il n’y ait rien d’étrange dans ce verset ; c’est exactement ainsi que tout devait se passer. Jésus dit : "Suis-moi", - Matthieu se lève et suit. La seule chose étrange est qu’un homme abandonne un travail rentable, même s’il n’est pas très respecté, celui de collecteur d’impôts, ne pose pas de questions, se lève et suit le premier venu. Seule une observation abstraite et superficielle du récit évangélique peut alors dessiner des images pieuses et roses. Il suffit de réfléchir à ce qui se passe pour comprendre à quel point la présence de Jésus agissait fortement sur tous ceux qui Le rencontraient.
Nous tous qui ne Le voyons pas comme ils Le voyaient, nous devons remercier Dieu pour Sa miséricorde, car nous ne sommes pas placés devant le choix spirituel le plus décisif : reconnaître que cet Homme de chair et de sang est Dieu. Reconnaître qu’Il n’est pas égal à tous les autres.
Prendre conscience de ce fait impossible et incroyable pose un grave problème à l’homme, surtout à l’homme de notre temps, habitué à postuler la relativité de tout, même du bien et du mal. Mais la nécessité de se déterminer quant à la manière dont toi personnellement tu te rapportes à ce fait ne disparaît pas. Car Jésus est le refus de la relativité, parce qu’Il est la Vérité. C’est pourquoi Sa présence suscitera toujours tant de problèmes, paraîtra gênante et intempestive. Parce que cela nous oblige à décider si nous Le suivons ou non.
14 En passant, il vit Lévi, le fils d'Alphée, assis au bureau de la douane, et il lui dit : " Suis-moi. " Et, se levant, il le suivit. |
Il semble qu'il n'y a rien d'étrange dans ce verset, c’est exactement comme cela que tout devrait se passer. Jésus dit : "suis-Moi", - Matthieu se lève et le suit. C'est étrange qu’un homme abandonne le travail de collectionneur d’impôts qui est rentable, bien qu’il soit peu respectable; il ne pose pas de question, il se lève et suit le premier venu. Seule une observation spéculative et superficielle du récit évangélique peut peintre de bonnes images de couleur rose. Il suffit de réfléchir à ce qui se passe, pour comprendre, à quelle mesure la présence de Jésus a fortement agi sur tous ceux qui L’ont rencontré. Chacun d'entre nous, qui ne Le voit pas comme ils l’ont vu, devrait remercier Dieu de Sa miséricorde, Puisque nous n’avons pas en face de nous le plus important choix spirituel: admettre que cet Homme de chair et de sang est Dieu. Reconnaitre qu’il n’est pas égal aux autres hommes. Comprendre cet incroyable et improbable fait pour l’Homme, en particulier l’Homme de nos jours qui s'est habitué à postuler pour tout, même pour le mal et le bien, est un sérieux problème. Mais ne disparait pas la nécessité de définir en soi quel est notre rapport personnel à ce fait. En effet Jésus est le reniement de la relativité, parce qu'Il est la Vérité ; c'est pourquoi Sa présence causera toujours tant de problèmes, et semblera incommode et intempestif ; parce que cela nous force de nous décider sur le fait allons nous avec Lui ou pas.
17 Jésus, qui avait entendu, leur dit : " Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs. " |
On peut comprendre les scribes qui murmurent contre le Christ. Près de Lui, ils voient des gens avec lesquels un croyant juste « normal » ne parlerait jamais, encore moins ne s'assiérait à table... Des collecteurs corrompus et des racketteurs, des collaborateurs et des pécheurs « ordinaires » qui ne se soucient pas de l'accomplissement scrupuleux des rites... Des sans-abri et des fous, des vagabonds et des jeunes femmes douteuses — tous ceux qui se sont eux-mêmes excommuniés de Dieu, qui n'ont pas le droit d'espérer en Sa miséricorde. Et c'est avec ces gens qu'Il veut rassembler le Reste d'Israël ?
Mais la miséricorde de Dieu dépasse notre intelligence. Le Seigneur dit : « Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs à la repentance ». Et ailleurs Il dit que les publicains et les pécheurs vous devancent dans le Royaume de Dieu. Ils ont simplement entendu la voix de Jésus, entendu Sa parole d'espérance, et ils ont répondu à Son appel à la repentance. Une conclusion pratique importante découle de ces paroles du Christ. Premièrement, la possibilité de la repentance et du redressement n'est fermée à personne. Et deuxièmement, tu ne peux trouver le Royaume de Dieu que si tu reconnais que tu n'es en rien meilleur que ces mêmes pécheurs qui te déplaisent tant.
17 Jésus, qui avait entendu, leur dit : " Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs. " |
On peut comprendre les scribes qui murmuraient à propos de Jésus; ils voient à cote de Lui les gens avec qui un homme « normal », un vrai croyant n’aurait jamais parlé, n’en parlons pas de s’asseoir à table. Des concussionnaires, des racketteurs, des collaborationnistes et des pécheurs «ordinaires» ne se souciant pas de l’exécution scrupuleuse des rites… Des SDF et des aliénés, des vagabonds et des jeunes filles véreuses – tous ceux qui se sont éloignés de Dieu, qui n’avaient pas le droit d’escompter Sa miséricorde. Et c’est avec ces gens qu’Il veut rassembler le Reste d’Israël ?
Mais la miséricorde de Dieu surpasse notre compréhension. Le Seigneur dit : "Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs. ". Et Il dit dans un autre endroit que les publicains et les pécheurs entreront dans le Royaume de Dieu avant nous. Ils ont simplement entendu la voix de Jésus, entendu Son mot d'espoir et ont répondu à Son appel de se repentir. Une conclusion pratique et importante ressort de ces mots du Christ. D'abord, la possibilité de se repentir et de se corriger est ouverte à chaque personne. Et, ensuite, nous pourrions trouver le Royaume de Dieu, seulement si nous admettons que nous ne sommes en rien meilleurs que ces pécheurs qui sont si désagréables à nous.
13 Il sortit de nouveau au bord de la mer, et toute la foule venait à lui et il les enseignait. |
14 En passant, il vit Lévi, le fils d'Alphée, assis au bureau de la douane, et il lui dit : " Suis-moi. " Et, se levant, il le suivit. |
15 Alors qu'il était à table dans sa maison, beaucoup de publicains et de pécheurs se trouvaient à table avec Jésus et ses disciples: car il y en avait beaucoup qui le suivaient. |
16 Les scribes des Pharisiens, le voyant manger avec les pécheurs et les publicains, disaient à ses disciples : " Quoi ? Il mange avec les publicains et les pécheurs ? " |
17 Jésus, qui avait entendu, leur dit : " Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs. " |
18 Les disciples de Jean et les Pharisiens étaient en train de jeûner, et on vient lui dire : " Pourquoi les disciples de Jean et les disciples des Pharisiens jeûnent-ils, et tes disciples ne jeûnent-ils pas ? " |
19 Jésus leur dit : " Les compagnons de l'époux peuvent-ils jeûner pendant que l'époux est avec eux ? Tant qu'ils ont l'époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner. |
20 Mais viendront des jours où l'époux leur sera enlevé; et alors ils jeûneront en ce jour-là. |
21 Personne ne coud une pièce de drap non foulé à un vieux vêtement; autrement, la pièce neuve tire sur le vieux vêtement et la déchirure s'aggrave. |
22 Personne non plus ne met du vin nouveau dans des outres vieilles ; autrement, le vin fera éclater les outres, et le vin est perdu aussi bien que les outres. Mais du vin nouveau dans des outres neuves ! " |
23 Et il advint qu'un jour de sabbat il passait à travers les moissons et ses disciples se mirent à se frayer un chemin en arrachant les épis. |
24 Et les Pharisiens lui disaient : " Vois ! Pourquoi font-ils le jour du sabbat ce qui n'est pas permis ? " |
25 Il leur dit : " N'avez-vous jamais lu ce que fit David, lorsqu'il fut dans le besoin et qu'il eut faim, lui et ses compagnons, |
26 comment il entra dans la demeure de Dieu, au temps du grand prêtre Abiathar, et mangea les pains d'oblation qu'il n'est permis de manger qu'aux prêtres, et en donna aussi à ses compagnons ? " |
27 Et il leur disait : " Le sabbat a été fait pour l'homme, et non l'homme pour le sabbat ; |
28 en sorte que le Fils de l'homme est maître même du sabbat. " |
Dans le passage d'aujourd'hui, on peut distinguer trois épisodes : l'appel de Lévi, fils d'Alphée, la conversation avec les disciples des pharisiens et de Jean le Baptiste au sujet du jeûne, et la conversation avec les pharisiens au sujet de l'observance du sabbat. Dans ces trois épisodes apparaît le conflit grandissant entre Jésus et les pharisiens. Les pharisiens ne peuvent accepter la nouveauté des relations avec Dieu et avec les hommes que le Christ leur propose. Dans leur représentation, l'essentiel est la lettre de la Loi. Ils condamnent Jésus parce qu'il fréquente les publicains, collecteurs d'impôts au profit de Rome. Ces hommes étaient considérés comme des traîtres et de grands pécheurs. Pour une personne pieuse, il était jugé inadmissible de s'asseoir avec eux à la même table. Mais pour le Christ, une autre chose est importante : la soif du salut, qui pousse de nombreux publicains et pécheurs à le suivre. Lévi laisse son poste lucratif et suit aussitôt Jésus.
L'attitude de Jésus envers le jeûne est également incompréhensible pour les pharisiens. Le jeûne est un moyen ascétique auquel les ascètes avaient recours depuis les temps anciens dans l'espoir de se rapprocher de Dieu. Mais les disciples du Christ ne peuvent pas jeûner, car celui vers qui ils tendent est déjà avec eux. Le temps du jeûne viendra lorsque le Christ ne sera plus auprès d'eux. Le Christ compare l'incompréhension des pharisiens à l'impossibilité de rapiécer un vieux tissu avec une pièce neuve, et à l'incapacité de vieilles outres fragiles à contenir du vin nouveau. Pour accueillir les relations nouvelles que Jésus propose, il faut soi-même être renouvelé.
Ainsi, le Christ ne place pas la loi vétérotestamentaire du sabbat au-dessus de l'homme, mais au service de l'homme. Pour Dieu, l'homme est plus important. Le sabbat n'a pas de valeur en lui-même ; il a été institué pour l'homme. Le Christ, Dieu devenu homme, « Seigneur du sabbat », affirme la primauté de l'homme sur la lettre de la Loi, qu'il remplace par des relations d'amour et de foi.
13 Il sortit de nouveau au bord de la mer, et toute la foule venait à lui et il les enseignait. |
14 En passant, il vit Lévi, le fils d'Alphée, assis au bureau de la douane, et il lui dit : " Suis-moi. " Et, se levant, il le suivit. |
15 Alors qu'il était à table dans sa maison, beaucoup de publicains et de pécheurs se trouvaient à table avec Jésus et ses disciples: car il y en avait beaucoup qui le suivaient. |
16 Les scribes des Pharisiens, le voyant manger avec les pécheurs et les publicains, disaient à ses disciples : " Quoi ? Il mange avec les publicains et les pécheurs ? " |
17 Jésus, qui avait entendu, leur dit : " Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs. " |
18 Les disciples de Jean et les Pharisiens étaient en train de jeûner, et on vient lui dire : " Pourquoi les disciples de Jean et les disciples des Pharisiens jeûnent-ils, et tes disciples ne jeûnent-ils pas ? " |
19 Jésus leur dit : " Les compagnons de l'époux peuvent-ils jeûner pendant que l'époux est avec eux ? Tant qu'ils ont l'époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner. |
20 Mais viendront des jours où l'époux leur sera enlevé; et alors ils jeûneront en ce jour-là. |
21 Personne ne coud une pièce de drap non foulé à un vieux vêtement; autrement, la pièce neuve tire sur le vieux vêtement et la déchirure s'aggrave. |
22 Personne non plus ne met du vin nouveau dans des outres vieilles ; autrement, le vin fera éclater les outres, et le vin est perdu aussi bien que les outres. Mais du vin nouveau dans des outres neuves ! " |
23 Et il advint qu'un jour de sabbat il passait à travers les moissons et ses disciples se mirent à se frayer un chemin en arrachant les épis. |
24 Et les Pharisiens lui disaient : " Vois ! Pourquoi font-ils le jour du sabbat ce qui n'est pas permis ? " |
25 Il leur dit : " N'avez-vous jamais lu ce que fit David, lorsqu'il fut dans le besoin et qu'il eut faim, lui et ses compagnons, |
26 comment il entra dans la demeure de Dieu, au temps du grand prêtre Abiathar, et mangea les pains d'oblation qu'il n'est permis de manger qu'aux prêtres, et en donna aussi à ses compagnons ? " |
27 Et il leur disait : " Le sabbat a été fait pour l'homme, et non l'homme pour le sabbat ; |
28 en sorte que le Fils de l'homme est maître même du sabbat. " |
La lecture d'aujourd'hui est une description brève mais dense de la prédication de Jésus dans sa Galilée natale, où, comme on le voit, il prêchait souvent non seulement dans les maisons et les synagogues, mais aussi en plein air (v. 13; par « mer », il faut entendre ici non la Méditerranée, mais le lac de Génésareth). Il arrivait souvent que, dans la même maison que lui et à la même table, se trouvent des personnes dont la réputation dans la société des croyants n'était pas très bonne (v. 15).
Dans les Évangiles, on appelle « publicains » les collecteurs d'impôts, comme Lévi, fils d'Alphée, mentionné dans ce passage (v. 14). Dans la société juive, on les considérait comme des traîtres, car ils collectaient les impôts pour le trésor de l'Empire romain, sous le pouvoir duquel se trouvait alors la Palestine, et beaucoup les regardaient comme des auxiliaires des autorités d'occupation. Il n'est pas étonnant qu'à des personnes aussi respectées parmi les croyants que les scribes et les pharisiens, un tel voisinage ne plaise guère (v. 16).
Dans les Évangiles, on appelle « pharisiens » les membres de fraternités religieuses particulières qui existaient alors auprès des synagogues. C'était la partie la plus active de la Synagogue ; les pharisiens consacraient beaucoup de temps à la prédication, non seulement parmi les Juifs mais souvent aussi parmi les païens, à la charité et à l'instruction religieuse. Ils se considéraient, non sans raison, comme le noyau de la communauté synagogale, et la proximité de personnes qui, de ce point de vue, ne représentaient rien, connues pour leur mode de vie manifestement injuste, ne pouvait que les heurter. De plus, ils ne jugeaient pas ces personnes dignes de fréquenter un Maître tel que Jésus, et ils estimaient honteux pour lui de s'asseoir avec elles à la même table.
Quant à Jésus lui-même, au contraire, il considère que de telles personnes méritent non le rejet, mais l'aide : chacune d'elles peut se repentir de ses péchés et se tourner vers Dieu (v. 17). Et il ne traite pas la vie religieuse aussi formellement que beaucoup de personnes religieuses de ce temps : le jeûne et le sabbat ne sont pas pour lui des fins en soi, mais des moyens d'établir avec Dieu les relations si nécessaires à l'homme, qui demeure toujours le but principal (v. 27-28). Une telle position devait évidemment conduire à un conflit avec les formalistes religieux, pour qui aucun écart par rapport aux normes et aux règles établies n'est acceptable par définition, si bien que l'image du vin nouveau versé dans une vieille outre (des outres) (v. 22) ne pouvait guère provoquer chez eux autre chose que de l'irritation.
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