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RÉFLEXIONS pour Mc 12:1-12

Il se mit à leur parler en paraboles : " Un homme planta une vigne, l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour ; puis il la loua à des vignerons et partit en voyage.
Il envoya un serviteur aux vignerons, le moment venu, pour recevoir d'eux une part des fruits de la vigne.
Mais ils se saisirent de lui, le battirent et le renvoyèrent les mains vides.
De nouveau, il leur envoya un autre serviteur: celui-là aussi, ils le frappèrent à la tête et le couvrirent d'outrages.
Et il en envoya un autre: celui-là, ils le tuèrent; puis beaucoup d'autres: ils battirent les uns, tuèrent les autres.
Il lui restait encore quelqu'un, un fils bien-aimé ; il le leur envoya le dernier, en se disant : "Ils respecteront mon fils. "
Mais ces vignerons se dirent entre eux : "Celui-ci est l'héritier ; venez, tuons-le, et l'héritage sera à nous. "
Et le saisissant, ils le tuèrent et le jetèrent hors de la vigne.
Que fera le maître de la vigne? Il viendra, fera périr les vignerons et donnera la vigne à d'autres.
10 Et n'avez-vous pas lu cette Écriture: La pierre qu'avaient rejetée les bâtisseurs, c'est elle qui est devenue pierre de faîte;
11 c'est là l'œuvre du Seigneur et elle est admirable à nos yeux ? "
12 Ils cherchaient à l'arrêter, mais ils eurent peur de la foule. Ils avaient bien compris, en effet, que c'était pour eux qu'il avait dit la parabole. Et le laissant, ils s'en allèrent.
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La parabole du Sauveur sur la vigne et les vignerons qui ne veulent pas remettre la récolte au maître était tout à fait transparente, transparente et compréhensible au point que les représentants de l'autorité religieuse qui l'entendirent voulurent aussitôt Le saisir et en finir avec Lui. On la perçoit habituellement dans le contexte historique de l'époque évangélique, en ramenant tout au conflit du Messie et de la révélation nouvelle qu'Il a apportée au monde avec l'establishment juif traditionnel. En réalité, cependant, le conflit est ici plus universel, et comme tel il dépasse de beaucoup le cadre de l'histoire concrète de l'époque évangélique.

C'est le conflit éternel de la conscience religieuse et de la religiosité qu'elle engendre avec la Révélation vivante, et, à la limite, avec le Royaume comme plénitude de la Révélation. Ce n'est pas par hasard que la parabole contient non seulement la figure du fils du maître, mais aussi celles des serviteurs que le maître envoie chercher la récolte avant même d'envoyer dans la vigne son propre fils : cette image souligne l'unité intérieure de la Révélation, qui inclut toute l'histoire de l'Alliance et tous les serviteurs de Dieu qui y ont rapport. Elle s'achève par la venue du Messie, que les vignerons travaillant la vigne sont pourtant prêts à tuer, comme ils ont tué auparavant les serviteurs envoyés.

Ce qui frappe ici avant tout, c'est l'insolence et l'assurance des ouvriers : pourquoi donc, après avoir tué le fils du maître, pouvaient-ils espérer devenir propriétaires de la vigne ? N'était-il pas clair pour eux ce qui suivrait ce meurtre ? D'après la parabole, non. Il y a là une aberration manifeste de la perception, propre précisément à la conscience religieuse. La religiosité en elle-même est totale : elle englobe l'homme tout entier et se le soumet entièrement, si bien sûr l'homme y consent. Ayant consenti à une telle soumission, l'homme commence à percevoir le monde entier, et même Dieu, à travers le prisme de sa religiosité, au centre de laquelle se trouve toujours non pas Dieu, mais l'homme lui-même, ou plutôt cette quasi-personnalité religieuse qui a remplacé son véritable « moi ». Ici, les aberrations de la perception sont non seulement possibles, mais même inévitables, et toute tentative de détruire cette quasi-personnalité religieuse rencontrera inévitablement la résistance la plus résolue. Or toute révélation vivante, lorsqu'elle est reçue par l'homme, se révèle absolument destructrice pour sa quasi-personnalité religieuse ; il n'est donc pas étonnant que la conscience religieuse rejette tout porteur d'une telle révélation.

Ce n'est pas par hasard non plus que les personnes religieuses, en tout temps, ont traité les prophètes au minimum avec méfiance, et le plus souvent les ont simplement haïs en souhaitant leur mort : leur existence même, sans parler de leur témoignage, dévalue la religiosité des personnes religieuses, si bien qu'il vaudrait mieux pour elles que le prophète disparaisse sans laisser de trace et que ses prophéties soient oubliées au plus vite. C'est une impasse spirituelle, aussi bien pour une personne particulière que pour tout un peuple, une impasse que le Sauveur indique à ceux qui L'écoutent.

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Pour Mc 12:1-12
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Il envoya un serviteur aux vignerons, le moment venu, pour recevoir d'eux une part des fruits de la vigne.
Mais ils se saisirent de lui, le battirent et le renvoyèrent les mains vides.
De nouveau, il leur envoya un autre serviteur: celui-là aussi, ils le frappèrent à la tête et le couvrirent d'outrages.
Et il en envoya un autre: celui-là, ils le tuèrent; puis beaucoup d'autres: ils battirent les uns, tuèrent les autres.
Il lui restait encore quelqu'un, un fils bien-aimé ; il le leur envoya le dernier, en se disant : "Ils respecteront mon fils. "
Mais ces vignerons se dirent entre eux : "Celui-ci est l'héritier ; venez, tuons-le, et l'héritage sera à nous. "
Et le saisissant, ils le tuèrent et le jetèrent hors de la vigne.
Que fera le maître de la vigne? Il viendra, fera périr les vignerons et donnera la vigne à d'autres.
10 Et n'avez-vous pas lu cette Écriture: La pierre qu'avaient rejetée les bâtisseurs, c'est elle qui est devenue pierre de faîte;
11 c'est là l'œuvre du Seigneur et elle est admirable à nos yeux ? "
12 Ils cherchaient à l'arrêter, mais ils eurent peur de la foule. Ils avaient bien compris, en effet, que c'était pour eux qu'il avait dit la parabole. Et le laissant, ils s'en allèrent.
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La parabole de la vigne, racontée pour la première fois par le prophète Isaïe, devient dans la bouche du Seigneur Jésus le bilan de toute l'histoire sainte. Le Seigneur fait clairement comprendre que...  Lire la suite

La parabole de la vigne, racontée pour la première fois par le prophète Isaïe, devient dans la bouche du Seigneur Jésus le bilan de toute l'histoire sainte. Le Seigneur fait clairement comprendre que toute l'histoire des tentatives du Tout-Puissant pour annoncer à l'homme sa volonté et sa vérité a été une histoire de résistance. Les envoyés par lesquels Dieu s'adresse aux hommes, on les a tantôt battus, tantôt tués. Dans cette série, le Seigneur parle aussi du dernier Envoyé: de lui-même, qui, selon la parole des prophètes, est venu dans le monde pour ouvrir aux hommes la possibilité du salut, une possibilité qui n'existait pas auparavant et qui n'existe pas hors du Christ.

Les paroles amères du Christ dénoncent les chefs religieux, qui se sont constamment opposés à l'action salvatrice du Créateur au nom d'intérêts personnels tout à fait bas; et ici, nous aussi, nous avons matière à réfléchir. Car il ne s'agit pas de païens qui sont « obscurcis dans leur intelligence, étrangers à la vie de Dieu, à cause de l'ignorance qui est en eux et de l'endurcissement de leur cœur », comme l'écrit l'apôtre Paul dans le passage d'aujourd'hui de l'Épître aux Éphésiens; il ne s'agit même pas seulement des grands prêtres, des théologiens et des ascètes, comme on pourrait traduire à notre manière « les grands prêtres, les scribes et les pharisiens »: les mauvais ouvriers de la vigne de Dieu sont tous ceux que Dieu a appelés, tous ceux qui ont accepté la responsabilité d'être son peuple.

C'est pourquoi les paroles de l'apôtre aujourd'hui sont si importantes, lorsqu'il nous appelle à « être renouvelés par l'esprit de notre intelligence », afin de ne pas devenir nous aussi de tels ouvriers inutiles.

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Pour Mc 12:1-12
Il se mit à leur parler en paraboles : " Un homme planta une vigne, l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour ; puis il la loua à des vignerons et partit en voyage.
Il envoya un serviteur aux vignerons, le moment venu, pour recevoir d'eux une part des fruits de la vigne.
Mais ils se saisirent de lui, le battirent et le renvoyèrent les mains vides.
De nouveau, il leur envoya un autre serviteur: celui-là aussi, ils le frappèrent à la tête et le couvrirent d'outrages.
Et il en envoya un autre: celui-là, ils le tuèrent; puis beaucoup d'autres: ils battirent les uns, tuèrent les autres.
Il lui restait encore quelqu'un, un fils bien-aimé ; il le leur envoya le dernier, en se disant : "Ils respecteront mon fils. "
Mais ces vignerons se dirent entre eux : "Celui-ci est l'héritier ; venez, tuons-le, et l'héritage sera à nous. "
Et le saisissant, ils le tuèrent et le jetèrent hors de la vigne.
Que fera le maître de la vigne? Il viendra, fera périr les vignerons et donnera la vigne à d'autres.
10 Et n'avez-vous pas lu cette Écriture: La pierre qu'avaient rejetée les bâtisseurs, c'est elle qui est devenue pierre de faîte;
11 c'est là l'œuvre du Seigneur et elle est admirable à nos yeux ? "
12 Ils cherchaient à l'arrêter, mais ils eurent peur de la foule. Ils avaient bien compris, en effet, que c'était pour eux qu'il avait dit la parabole. Et le laissant, ils s'en allèrent.
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La parabole de la vigne que nous trouvons dans le passage d’aujourd’hui apparaît plusieurs fois dans l’Évangile. Il est évident que les évangélistes, en la répétant encore et encore, ont voulu nous communiquer quelque chose de très important pour nous. Bien sûr, Jésus Lui-même adresse cette parabole en premier lieu contre Ses contemporains, dont...  Lire la suite

La parabole de la vigne que nous trouvons dans le passage d’aujourd’hui apparaît plusieurs fois dans l’Évangile. Il est évident que les évangélistes, en la répétant encore et encore, ont voulu nous communiquer quelque chose de très important pour nous. Bien sûr, Jésus Lui-même adresse cette parabole en premier lieu contre Ses contemporains, dont les uns appartenaient à la fraternité religieuse des pharisiens, tandis que les autres occupaient une position en vue comme serviteurs du Temple ou théologiens connus, docteurs de la Loi. Mais s’il ne s’agissait que d’affaires d’un passé lointain, il ne vaudrait guère la peine que nous prêtions aujourd’hui tant d’attention à cette parabole, car enfin nous ne sommes ni pharisiens, ni prêtres de l’Ancien Testament, ni docteurs de la Loi. Et si nous nous trouvions à la place des vignerons de la parabole, nous ne rejetterions évidemment pas les envoyés: car nous sommes chrétiens, et nous avons, semble-t-il, fait notre choix.

Mais voici la question: pourquoi ceux auxquels Il S’adressait en premier lieu n’ont-ils pas accueilli le Sauveur? Il ne leur fallait pourtant «passer» nulle part pour cela: Jésus ne proposait à personne aucune nouvelle religion. Il proposait autre chose: le Royaume de Dieu. Le christianisme n’est pas du tout une religion: Jésus ne nous a laissé ni nouvel enseignement religieux, ni organisation religieuse semblable, par exemple, à cette même fraternité pharisienne, ni règlement ou code moral que nous devrions suivre. Il n’a laissé dans le monde que la communauté de Ses disciples, auxquels Il n’a commandé qu’une seule chose: vivre dans le Royaume. Le christianisme est précisément cette vie dans le Royaume. Bien sûr, au fil des années et des siècles, elle devait inévitablement revêtir des formes religieuses dont il est impossible de se passer entièrement avant le second avènement du Christ et la transfiguration complète du monde. Et la vie chrétienne s’est revêtue d’une multitude de vêtements religieux, orthodoxes, catholiques, protestants, variés comme toute vie est variée, et plus encore la vie dans le Royaume.

Mais si nous, chrétiens, avons vu apparaître avec le temps notre propre religiosité chrétienne, alors tôt ou tard nous rencontrerons inévitablement des problèmes religieux, les mêmes que ceux auxquels, aux temps évangéliques, se heurtaient les pharisiens, les prêtres du Temple et les docteurs de la Loi. Or le problème principal, comme on le voit dans la parabole, fut le désir de s’emparer comme d’une propriété de la vigne qui appartient à Dieu seul et dans laquelle chacun de nous ne peut être, au mieux, qu’un ouvrier. À première vue, un tel désir est pour un croyant pour le moins étrange. Mais une telle prise de possession n’a pas forcément à être mal intentionnée dès le départ. En règle générale, elle se produit sous toutes sortes de prétextes honorables, et le plus souvent sous prétexte de protéger la vigne contre les étrangers, contre les voleurs et les destructeurs.

Et ici la religiosité tombe on ne peut mieux: lorsqu’il faut séparer un peuple de tous les autres, ou une partie du peuple d’une autre, protéger la communauté contre des influences destructrices, quelles qu’elles soient et de qui qu’elles viennent, la religion peut se révéler très utile. Car la religion est toujours liée à un ensemble déterminé de normes, de règles et de formes plus ou moins rigides, qui régissent tous les aspects de la vie, ou beaucoup d’entre eux; une telle réglementation protège en elle-même assez bien des influences extérieures. Et si l’on se rappelle que toute religion est aussi un ensemble de certaines règles de vie et d’obligations religieuses, il apparaîtra qu’elle ne protège pas seulement, mais discipline aussi les individus comme les communautés entières.

Et pourtant toute religion, même celle qui a pour fondement une révélation donnée par Dieu, demeure œuvre de mains humaines. Car la révélation donnée par Dieu est exprimée et incarnée dans la vie par des hommes, qui l’adaptent à leur limitation humaine. C’est pourquoi toute révélation est toujours plus grande que toute religion, et le Royaume ne tient dans aucun cadre religieux. Il faut alors choisir entre une religiosité habituelle, établie, éprouvée par le temps, méritée, et le Royaume. Puis, après avoir choisi, laisser la religion habituelle pour le Christ. Ou bien, en restant attaché à son propre bien, tuer Celui qui porte le Royaume. Le tuer parce qu’autrement ceux qui veulent rester attachés à leur propre bien n’auront pas de vie tranquille. Car la religion saisit toujours l’homme tout entier, complètement, déterminant sa vie du commencement à la fin, et l’homme religieux ne supporte pas l’idée même qu’il puisse exister dans le monde quelque chose sur quoi sa religion n’ait pas de pouvoir.

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Pour Mc 12:1-12
Il se mit à leur parler en paraboles : " Un homme planta une vigne, l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour ; puis il la loua à des vignerons et partit en voyage.
Il envoya un serviteur aux vignerons, le moment venu, pour recevoir d'eux une part des fruits de la vigne.
Mais ils se saisirent de lui, le battirent et le renvoyèrent les mains vides.
De nouveau, il leur envoya un autre serviteur: celui-là aussi, ils le frappèrent à la tête et le couvrirent d'outrages.
Et il en envoya un autre: celui-là, ils le tuèrent; puis beaucoup d'autres: ils battirent les uns, tuèrent les autres.
Il lui restait encore quelqu'un, un fils bien-aimé ; il le leur envoya le dernier, en se disant : "Ils respecteront mon fils. "
Mais ces vignerons se dirent entre eux : "Celui-ci est l'héritier ; venez, tuons-le, et l'héritage sera à nous. "
Et le saisissant, ils le tuèrent et le jetèrent hors de la vigne.
Que fera le maître de la vigne? Il viendra, fera périr les vignerons et donnera la vigne à d'autres.
10 Et n'avez-vous pas lu cette Écriture: La pierre qu'avaient rejetée les bâtisseurs, c'est elle qui est devenue pierre de faîte;
11 c'est là l'œuvre du Seigneur et elle est admirable à nos yeux ? "
12 Ils cherchaient à l'arrêter, mais ils eurent peur de la foule. Ils avaient bien compris, en effet, que c'était pour eux qu'il avait dit la parabole. Et le laissant, ils s'en allèrent.
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Rappelons le début d'une prière bien connue : « Mère de Dieu, tu es la vigne véritable, qui nous as donné le fruit de vie... ». Rappelons aussi les paroles de l'Évangile selon Jean...  Lire la suite

Rappelons le début d'une prière bien connue : « Mère de Dieu, tu es la vigne véritable, qui nous as donné le fruit de vie... ». Rappelons aussi les paroles de l'Évangile selon Jean : « Je suis la vraie vigne... » (Jn 15:1). L'image du Seigneur que dessinent ces lignes est très compréhensible. Mais aujourd'hui, Il se présente devant nous non pas comme la vigne, mais au contraire comme le Maître de la vigne. Et cette opposition, qui est en réalité une complémentarité réciproque, est une propriété très caractéristique, nous semble-t-il, de la proclamation évangélique, et peut-être aussi de la théologie biblique dans son ensemble. Le Seigneur et le Berger, le Seigneur et l'Agneau. Le Seigneur nous embrasse de l'extérieur et demeure en nous (« Celui qui mange Ma Chair et boit Mon Sang demeure en Moi, et Moi en lui » Jn 6:56). On pourrait citer une multitude d'exemples semblables de définitions qui « se nient mutuellement » du point de vue de la « réalité objective ». Mais le plus important est ceci : le Seigneur et le Père, le Seigneur et le Fils. Cette logique extrêmement complexe de la réciprocité, qui engendre la plénitude, nous devons d'une certaine manière la sentir très profondément de tout notre coeur. Car si nous agissons exclusivement avec l'intellect, quel que soit le chemin que nous suivions, tôt ou tard nous arriverons à quelque chose comme la formule hégélienne de la thèse et de l'antithèse. Ce n'est pas mauvais, mais, comme l'a montré l'histoire de la pensée, cela ne peut pas toujours servir d'appui à la foi.

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Il se mit à leur parler en paraboles : " Un homme planta une vigne, l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour ; puis il la loua à des vignerons et partit en voyage.
Il envoya un serviteur aux vignerons, le moment venu, pour recevoir d'eux une part des fruits de la vigne.
Mais ils se saisirent de lui, le battirent et le renvoyèrent les mains vides.
De nouveau, il leur envoya un autre serviteur: celui-là aussi, ils le frappèrent à la tête et le couvrirent d'outrages.
Et il en envoya un autre: celui-là, ils le tuèrent; puis beaucoup d'autres: ils battirent les uns, tuèrent les autres.
Il lui restait encore quelqu'un, un fils bien-aimé ; il le leur envoya le dernier, en se disant : "Ils respecteront mon fils. "
Mais ces vignerons se dirent entre eux : "Celui-ci est l'héritier ; venez, tuons-le, et l'héritage sera à nous. "
Et le saisissant, ils le tuèrent et le jetèrent hors de la vigne.
Que fera le maître de la vigne? Il viendra, fera périr les vignerons et donnera la vigne à d'autres.
10 Et n'avez-vous pas lu cette Écriture: La pierre qu'avaient rejetée les bâtisseurs, c'est elle qui est devenue pierre de faîte;
11 c'est là l'œuvre du Seigneur et elle est admirable à nos yeux ? "
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La parabole des vignerons mauvais nous rappelle toute l’histoire humaine — le destin des justes dans le monde...  Lire la suite

La parabole des vignerons mauvais nous rappelle toute l’histoire humaine — le destin des justes dans le monde du péché. Une parabole semblable avait déjà été racontée par le prophète Isaïe (5:1-7), mais ici l’accent ne porte pas sur la vigne, c’est-à-dire Israël, plantation bien-aimée du Père, mais sur les vignerons, ceux à qui il est confié de cultiver et de garder la vigne. Le Père, c’est-à-dire le vigneron (cf. Jn 15:1), envoie sans cesse dans le monde Ses serviteurs : prophètes, apôtres, saints, qui par leur prédication et leur vie juste ont toujours été, sont et seront un reproche vivant pour ceux en qui la lumière éblouissante de la Vérité divine révèle le vide intérieur, même recouvert des vêtements d’une piété extérieure. Non, ce ne sont pas toujours des scélérats déclarés. Il est important de se souvenir que la parabole s’adresse à des personnes respectées et même justes. Mais la justice des pharisiens, selon les mots d’un écrivain chrétien contemporain, est mauvaise en ce qu’on peut la mesurer, c’est-à-dire dire à un moment donné : « Je suis quelqu’un de tout à fait convenable », et s’en contenter (voir Lc 18:9-14). Les tragédies historiques, en règle générale, ne sont pas l’œuvre de scélérats, mais de la majorité des « gens convenables » qui ont perdu la soif de l’Absolu, la soif de la sainteté. De telles personnes, même sans le vouloir elles-mêmes, peuvent à un certain moment tuer Dieu...

La vigne, c’est notre propre vie, c’est nous-mêmes, créés à l’image et à la ressemblance du Créateur. L’image de la vigne rappelle que la vie et tout ce que nous avons sont un don de Dieu, un don qui ne nous appartient pas et que nous pouvons perdre. Mais nous nous approprions Ses dons comme notre propriété et, lorsqu’Il nous envoie Ses serviteurs — nos proches, toutes les personnes que nous rencontrons et qui ont besoin de nous — lorsque nous nous trouvons dans des circonstances qui exigent de nous de vrais fruits, nous nous révélons, comme les vignerons, indignes de Son appel, de Sa sainteté, de Son amour.

Efforçons-nous de nous souvenir que toutes les circonstances difficiles de notre vie ou, au contraire, certains moments de grâce particuliers, tout cela signifie que le Seigneur nous appelle, qu’Il veut que nous Lui apportions nos fruits, notre cœur.

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Il se mit à leur parler en paraboles : " Un homme planta une vigne, l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour ; puis il la loua à des vignerons et partit en voyage.
Il envoya un serviteur aux vignerons, le moment venu, pour recevoir d'eux une part des fruits de la vigne.
Mais ils se saisirent de lui, le battirent et le renvoyèrent les mains vides.
De nouveau, il leur envoya un autre serviteur: celui-là aussi, ils le frappèrent à la tête et le couvrirent d'outrages.
Et il en envoya un autre: celui-là, ils le tuèrent; puis beaucoup d'autres: ils battirent les uns, tuèrent les autres.
Il lui restait encore quelqu'un, un fils bien-aimé ; il le leur envoya le dernier, en se disant : "Ils respecteront mon fils. "
Mais ces vignerons se dirent entre eux : "Celui-ci est l'héritier ; venez, tuons-le, et l'héritage sera à nous. "
Et le saisissant, ils le tuèrent et le jetèrent hors de la vigne.
Que fera le maître de la vigne? Il viendra, fera périr les vignerons et donnera la vigne à d'autres.
10 Et n'avez-vous pas lu cette Écriture: La pierre qu'avaient rejetée les bâtisseurs, c'est elle qui est devenue pierre de faîte;
11 c'est là l'œuvre du Seigneur et elle est admirable à nos yeux ? "
12 Ils cherchaient à l'arrêter, mais ils eurent peur de la foule. Ils avaient bien compris, en effet, que c'était pour eux qu'il avait dit la parabole. Et le laissant, ils s'en allèrent.
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La parabole d’aujourd’hui appartient à la série des paraboles sur la préparation spirituelle au dernier Jugement. Le comportement des jeunes filles qui n’ont pas pris...  Lire la suite

La parabole d’aujourd’hui appartient à la série des paraboles sur la préparation spirituelle au dernier Jugement. Le comportement des jeunes filles qui n’ont pas pris d’huile avec elles nous présente avec beaucoup de dureté et sans complaisance une image de suffisance et de folie. Car il fallait prévoir une situation où l’époux pourrait tarder ; pour cela, il faut de l’intelligence. Et l’on ne peut pas être sûr au point de penser que son huile suffira à coup sûr ; toute présomption est ici de trop.

Certains interprètes essaient de trouver un sens symbolique au fait qu’il s’agisse précisément d’huile. Dans l’Ancien Testament, il existe l’expression « huile de joie » (voir par exemple Ps 44, 8). Saint Macaire l’utilise précisément pour interpréter ce passage. De quelle joie s’agit-il ? Bien sûr, de la joie de l’amour pour l’Époux, sous lequel, conformément à la symbolique du Cantique des cantiques, on entend toujours Dieu. Le Christ Lui-même se nomme Époux. Souvenez-vous de ces paroles : les amis de l’époux peuvent-ils jeûner tant que l’époux est avec eux ? Il s’agit donc ici de la joie d’un amour pur, que rien ne trouble.

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Il envoya un serviteur aux vignerons, le moment venu, pour recevoir d'eux une part des fruits de la vigne.
Mais ils se saisirent de lui, le battirent et le renvoyèrent les mains vides.
De nouveau, il leur envoya un autre serviteur: celui-là aussi, ils le frappèrent à la tête et le couvrirent d'outrages.
Et il en envoya un autre: celui-là, ils le tuèrent; puis beaucoup d'autres: ils battirent les uns, tuèrent les autres.
Il lui restait encore quelqu'un, un fils bien-aimé ; il le leur envoya le dernier, en se disant : "Ils respecteront mon fils. "
Mais ces vignerons se dirent entre eux : "Celui-ci est l'héritier ; venez, tuons-le, et l'héritage sera à nous. "
Et le saisissant, ils le tuèrent et le jetèrent hors de la vigne.
Que fera le maître de la vigne? Il viendra, fera périr les vignerons et donnera la vigne à d'autres.
10 Et n'avez-vous pas lu cette Écriture: La pierre qu'avaient rejetée les bâtisseurs, c'est elle qui est devenue pierre de faîte;
11 c'est là l'œuvre du Seigneur et elle est admirable à nos yeux ? "
12 Ils cherchaient à l'arrêter, mais ils eurent peur de la foule. Ils avaient bien compris, en effet, que c'était pour eux qu'il avait dit la parabole. Et le laissant, ils s'en allèrent.
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En réfléchissant à la parabole des vignerons mauvais, il vaut la peine de se tourner vers le texte du prophète Isaïe, qui est devenu pour le Seigneur une métaphore qui, étant compréhensible pour tous, permet de la remplir d'un sens nouveau...  Lire la suite

En réfléchissant à la parabole des vignerons mauvais, il vaut la peine de se tourner vers le texte du prophète Isaïe, qui est devenu pour le Seigneur une métaphore qui, étant compréhensible pour tous, permet de la remplir d'un sens nouveau. Et de répondre aux questions qu'elle-même laisse sans réponse.

Quelles sont donc ces questions ? Rappelons qu'il s'agit du début du chapitre 5. Le prophète raconte la plantation d'une vigne avec des ceps choisis. Il lui importe beaucoup de souligner que la colline était fertile, les ceps choisis, et que le Seigneur avait débarrassé la terre des pierres. C'est-à-dire que toutes les conditions étaient réunies. Mais au lieu de raisin, des baies sauvages. Cette rupture de sens inattendue, car nous comprenons que cela n'arrive pas dans la nature, qui transforme le récit en une sorte de parabole, est le nerf central de tout le texte d'Isaïe, ramené à la question : pourquoi ? « Qu'y avait-il encore à faire pour Ma vigne que Je n'aie pas fait pour elle ? Pourquoi, quand J'attendais qu'elle donne de bons raisins, a-t-elle donné des baies sauvages ? » (Is 5,4)

Cette question, pleine d'une douleur intérieure inexprimable, reste sans réponse. Et c'est précisément à cette question que répond le Christ. Non. Il n'y avait pas de baies sauvages. Il y avait une bonne récolte de raisin. Mais celui à qui l'on avait fait confiance pour la recueillir s'est révélé indigne de cette confiance. La rupture de sens est écartée et la parabole accède à un niveau métaphysique tout à fait différent.

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Il se mit à leur parler en paraboles : " Un homme planta une vigne, l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour ; puis il la loua à des vignerons et partit en voyage.
Il envoya un serviteur aux vignerons, le moment venu, pour recevoir d'eux une part des fruits de la vigne.
Mais ils se saisirent de lui, le battirent et le renvoyèrent les mains vides.
De nouveau, il leur envoya un autre serviteur: celui-là aussi, ils le frappèrent à la tête et le couvrirent d'outrages.
Et il en envoya un autre: celui-là, ils le tuèrent; puis beaucoup d'autres: ils battirent les uns, tuèrent les autres.
Il lui restait encore quelqu'un, un fils bien-aimé ; il le leur envoya le dernier, en se disant : "Ils respecteront mon fils. "
Mais ces vignerons se dirent entre eux : "Celui-ci est l'héritier ; venez, tuons-le, et l'héritage sera à nous. "
Et le saisissant, ils le tuèrent et le jetèrent hors de la vigne.
Que fera le maître de la vigne? Il viendra, fera périr les vignerons et donnera la vigne à d'autres.
10 Et n'avez-vous pas lu cette Écriture: La pierre qu'avaient rejetée les bâtisseurs, c'est elle qui est devenue pierre de faîte;
11 c'est là l'œuvre du Seigneur et elle est admirable à nos yeux ? "
12 Ils cherchaient à l'arrêter, mais ils eurent peur de la foule. Ils avaient bien compris, en effet, que c'était pour eux qu'il avait dit la parabole. Et le laissant, ils s'en allèrent.
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Aujourd’hui, la vigne nous est confiée, et un choix est de nouveau possible : deviendrons-nous des ouvriers qui portent du fruit, ou voudrons-nous...  Lire la suite

Aujourd’hui, la vigne nous est confiée, et un choix est de nouveau possible : deviendrons-nous des ouvriers qui portent du fruit, ou voudrons-nous tirer de la vigne un avantage personnel ? Voudrons-nous faire de l’Église un instrument de notre propre réussite, un lieu où nous sommes à l’aise ? Pour ne pas accomplir la volonté du Maître de la vigne, il n’est nullement nécessaire de Le chasser ouvertement, Lui et ceux qu’Il envoie ; il suffit de s’absorber dans la poursuite de ses propres intérêts un peu plus qu’il ne faudrait. Nous ne tuerons probablement pas ceux qui nous sont envoyés, mais par toute notre conduite nous nous rangerons du côté de ceux qui les ont tués.
Cependant, le Maître ne veut nullement nous priver des fruits de la vigne. Mais seul ce qui Lui est remis nous reviendra en abondance.

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