1 Alors Dieu se souvint de Noé et de toutes les bêtes sauvages et de tous les bestiaux qui étaient avec lui dans l'arche; Dieu fit passer un vent sur la terre et les eaux désenflèrent. |
2 Les sources de l'abîme et les écluses du ciel furent fermées; - la pluie fut retenue de tomber du ciel |
3 et les eaux se retirèrent petit à petit de la terre; - les eaux baissèrent au bout de cent cinquante jours |
4 et, au septième mois, au dix-septième jour du mois, l'arche s'arrêta sur les monts d'Ararat. |
5 Les eaux continuèrent de baisser jusqu'au dixième mois et, au premier du dixième mois, apparurent les sommets des montagnes. |
6 Au bout de quarante jours, Noé ouvrit la fenêtre qu'il avait faite à l'arche |
7 et il lâcha le corbeau, qui alla et vint en attendant que les eaux aient séché sur la terre. |
8 Alors il lâcha d'auprès de lui la colombe pour voir si les eaux avaient diminué à la surface du sol. |
9 La colombe, ne trouvant pas un endroit où poser ses pattes, revint vers lui dans l'arche, car il y avait de l'eau sur toute la surface de la terre; il étendit la main, la prit et la fit rentrer auprès de lui dans l'arche. |
10 Il attendit encore sept autres jours et lâcha de nouveau la colombe hors de l'arche. |
11 La colombe revint vers lui sur le soir et voici qu'elle avait dans le bec un rameau tout frais d'olivier! Ainsi Noé connut que les eaux avaient diminué à la surface de la terre. |
12 Il attendit encore sept autres jours et lâcha la colombe, qui ne revint plus vers lui. |
13 C'est en l'an six cent un de la vie de Noé, au premier mois, le premier du mois, que les eaux séchèrent sur la terre. Noé enleva la couverture de l'arche; il regarda et voici que la surface du sol était sèche! |
14 Au second mois, le vingt-septième jour du mois, la terre fut sèche. |
15 Alors Dieu parla ainsi à Noé: |
16 Sors de l'arche, toi et ta femme, tes fils et les femmes de tes fils avec toi. |
17 Tous les animaux qui sont avec toi, tout ce qui est chair, oiseaux, bestiaux et tout ce qui rampe sur la terre, fais-les sortir avec toi : qu'ils pullulent sur la terre, qu'ils soient féconds et multiplient sur la terre. |
18 Noé sortit avec ses fils, sa femme et les femmes de ses fils; |
19 et toutes les bêtes sauvages, tous les bestiaux, tous les oiseaux, toutes les bestioles qui rampent sur la terre sortirent de l'arche, une espèce après l'autre. |
20 Noé construisit un autel à Yahvé, il prit de tous les animaux purs et de tous les oiseaux purs et offrit des holocaustes sur l'autel. |
21 Yahvé respira l'agréable odeur et il se dit en lui-même : Je ne maudirai plus jamais la terre à cause de l'homme, parce que les desseins du cœur de l'homme sont mauvais dès son enfance; plus jamais je ne frapperai tous les vivants comme j'ai fait. |
22 Tant que durera la terre, semailles et moisson, froidure et chaleur, été et hiver, jour et nuit ne cesseront plus. |
L'alliance avec Noé est l'événement principal de la parabole, son centre de sens. Il ne s'agit plus seulement de relations avec une personne concrète, mais bien d'une alliance avec lui-même et avec tous ses descendants ; c'est déjà sérieux, c'est pour toujours, car Dieu, à la différence de l'homme, garde une fidélité ferme et inconditionnelle aux obligations qu'Il a prises sur Lui et à la parole donnée une fois. Non parce qu'Il n'a pas pouvoir sur Sa création, mais parce que toutes Ses promesses et alliances sont liées à Son dessein, et Son dessein ne change pas seulement parce que quelqu'un parmi les hommes Lui est infidèle ou se détourne de Lui. Telle est aussi l'alliance avec Noé, et à travers lui avec toute l'humanité.
D'ailleurs, pas tout à fait avec toute. D'un côté, l'alliance avec Noé concerne réellement chacun ; de l'autre, elle ne se révèle en plénitude que chez les justes qui, à l'image de Noé, « marchent devant Dieu », marchent comme cela leur est révélé. À ce sujet se pose une question : pourquoi Dieu a-t-Il eu besoin de quelque chose de plus ? Pourquoi le peuple de Dieu, pourquoi le Messie ? Pourquoi une seule alliance avec Noé ne suffit-elle pas ? Dans la langue de l'homme moderne, cette question sonne un peu autrement, même si son sens n'en change pas : pourquoi ne suffit-il pas d'être simplement « une bonne personne » ? Par « bonne personne », dans un tel cas, chacun comprend bien sûr ce qu'il veut, mais l'idée générale reste la même : il y a dans le monde beaucoup de bonnes personnes, quelle que soit la manière dont on comprend cette expression ; elles sont déjà bonnes sans efforts supplémentaires, elles n'ont pas besoin d'être chrétiennes ni même simplement croyantes en Dieu ; elles sont justes dans la vie. Alors pourquoi leur faut-il, et pourquoi faut-il au monde en général, quelque chose de plus ? La réponse à cette question est donnée dans la parabole de Noé.
Oui, Dieu conclut avec lui une alliance, mais en la concluant, Il dit : toutes les intentions du cœur humain sont mauvaises dès sa jeunesse (dans le texte hébreu de la parabole, c'est précisément ainsi : intentions, et non pensées). Même le juste ne peut, sans des efforts particuliers spécialement appliqués par Dieu, se changer lui-même. Il peut suivre Dieu malgré sa propre nature corrompue par le péché, en surmontant les intentions de son propre cœur, mais il ne peut changer lui-même son cœur et sa nature, même s'il y consacre tous ses efforts.
Il y a là une impasse : après la chute, l'homme est condamné à se tenir sans cesse en équilibre au bord d'une très grave rupture spirituelle, et avec lui le monde entier est condamné lui aussi à se tenir en équilibre au bord de la rupture. Voilà pourquoi l'alliance avec Noé ne suffit pas ; elle n'est que le commencement du chemin, en aucun cas la fin, ni l'achèvement, qui est impossible sans Dieu. Dieu Lui-même mettra finalement le dernier point sur le chemin du retour de l'homme vers Dieu, mais Il ne le mettra pas encore de sitôt, car tout le chemin est encore devant nous. Noé, lui, fait sur ce chemin le premier pas, très important, absolument nécessaire, mais seulement le premier.
1 Alors Dieu se souvint de Noé et de toutes les bêtes sauvages et de tous les bestiaux qui étaient avec lui dans l'arche; Dieu fit passer un vent sur la terre et les eaux désenflèrent. |
2 Les sources de l'abîme et les écluses du ciel furent fermées; - la pluie fut retenue de tomber du ciel |
3 et les eaux se retirèrent petit à petit de la terre; - les eaux baissèrent au bout de cent cinquante jours |
4 et, au septième mois, au dix-septième jour du mois, l'arche s'arrêta sur les monts d'Ararat. |
5 Les eaux continuèrent de baisser jusqu'au dixième mois et, au premier du dixième mois, apparurent les sommets des montagnes. |
6 Au bout de quarante jours, Noé ouvrit la fenêtre qu'il avait faite à l'arche |
7 et il lâcha le corbeau, qui alla et vint en attendant que les eaux aient séché sur la terre. |
8 Alors il lâcha d'auprès de lui la colombe pour voir si les eaux avaient diminué à la surface du sol. |
9 La colombe, ne trouvant pas un endroit où poser ses pattes, revint vers lui dans l'arche, car il y avait de l'eau sur toute la surface de la terre; il étendit la main, la prit et la fit rentrer auprès de lui dans l'arche. |
10 Il attendit encore sept autres jours et lâcha de nouveau la colombe hors de l'arche. |
11 La colombe revint vers lui sur le soir et voici qu'elle avait dans le bec un rameau tout frais d'olivier! Ainsi Noé connut que les eaux avaient diminué à la surface de la terre. |
12 Il attendit encore sept autres jours et lâcha la colombe, qui ne revint plus vers lui. |
13 C'est en l'an six cent un de la vie de Noé, au premier mois, le premier du mois, que les eaux séchèrent sur la terre. Noé enleva la couverture de l'arche; il regarda et voici que la surface du sol était sèche! |
14 Au second mois, le vingt-septième jour du mois, la terre fut sèche. |
15 Alors Dieu parla ainsi à Noé: |
16 Sors de l'arche, toi et ta femme, tes fils et les femmes de tes fils avec toi. |
17 Tous les animaux qui sont avec toi, tout ce qui est chair, oiseaux, bestiaux et tout ce qui rampe sur la terre, fais-les sortir avec toi : qu'ils pullulent sur la terre, qu'ils soient féconds et multiplient sur la terre. |
18 Noé sortit avec ses fils, sa femme et les femmes de ses fils; |
19 et toutes les bêtes sauvages, tous les bestiaux, tous les oiseaux, toutes les bestioles qui rampent sur la terre sortirent de l'arche, une espèce après l'autre. |
20 Noé construisit un autel à Yahvé, il prit de tous les animaux purs et de tous les oiseaux purs et offrit des holocaustes sur l'autel. |
21 Yahvé respira l'agréable odeur et il se dit en lui-même : Je ne maudirai plus jamais la terre à cause de l'homme, parce que les desseins du cœur de l'homme sont mauvais dès son enfance; plus jamais je ne frapperai tous les vivants comme j'ai fait. |
22 Tant que durera la terre, semailles et moisson, froidure et chaleur, été et hiver, jour et nuit ne cesseront plus. |
Ayant trouvé Noé, qui avait accompli le commandement de Dieu de construire l'arche, Dieu accomplit le salut de l'humanité du déluge universel. Noé, avec sa famille, débarqua sur la terre ferme : il fut sauvé. Combien souvent, dans une situation semblable de délivrance du danger, oublions-nous que, tout récemment encore, nous criions vers le ciel, nous priions dans un désespoir complet ! Le soulagement est arrivé, eh bien, très bien, c'est normal. Pas un mot de gratitude ; et même, à vrai dire, il ne nous vient pas à l'esprit de nous demander d'où est venue la délivrance.
Noé, lui, agit autrement. Il offre un sacrifice à Dieu, parce qu'il comprend qu'il ne s'est pas sauvé lui-même (même si ce n'est pas Dieu qui a construit l'arche, mais Noé), mais que Dieu l'a sauvé. Et c'est précisément pourquoi Noé peut devenir l'ancêtre de l'humanité après le Déluge : il a entendu Dieu au milieu de la vie ordinaire, il Lui a fait confiance dans le danger, il ne L'a pas oublié dans la joie. Avec un tel Noé, Dieu peut conclure Son contrat-alliance, et voici que Dieu annonce Sa décision, ce qu'Il promet à Noé et à ses descendants : il n'y aura plus d'extermination de tout être vivant, la terre ne sera plus maudite à cause de l'homme et de son péché. Et si nous avons au moins quelque fondement pour être assurés que la vie ne cessera pas, c'est précisément cette promesse de Dieu.
1 Alors Dieu se souvint de Noé et de toutes les bêtes sauvages et de tous les bestiaux qui étaient avec lui dans l'arche; Dieu fit passer un vent sur la terre et les eaux désenflèrent. |
2 Les sources de l'abîme et les écluses du ciel furent fermées; - la pluie fut retenue de tomber du ciel |
3 et les eaux se retirèrent petit à petit de la terre; - les eaux baissèrent au bout de cent cinquante jours |
La lecture de la Genèse est précédée par la promesse du Seigneur de ne pas détruire la terre ni tout être vivant. Et les paroles d’Isaïe « tu étais irrité contre moi, mais Ta colère s’est détournée, et Tu m’as consolé » précèdent la venue du Christ. La consolation des hommes est dans le Salut et sur le chemin de la Résurrection, et tout sera tranché au jour du Jugement.
Et dans les Proverbes nous trouvons ces paroles : « La bénédiction du Seigneur enrichit, et Il n’y ajoute aucune peine ». Le Seigneur nous a bénis pour la vie, pour le travail, pour le bonheur. Mais avec Lui et en Lui, dans Sa bénédiction. Désormais, le monde entier n’est sauvé qu’à travers le Christ et condamné à travers nos actes.
Et comme le Seigneur a restauré le monde après le déluge, ainsi, par l’Église et le Christ, chaque homme sera restauré. Et chacun reçoit le monde entier et porte son propre fardeau de responsabilité devant le Seigneur.
4 et, au septième mois, au dix-septième jour du mois, l'arche s'arrêta sur les monts d'Ararat. |
5 Les eaux continuèrent de baisser jusqu'au dixième mois et, au premier du dixième mois, apparurent les sommets des montagnes. |
6 Au bout de quarante jours, Noé ouvrit la fenêtre qu'il avait faite à l'arche |
7 et il lâcha le corbeau, qui alla et vint en attendant que les eaux aient séché sur la terre. |
8 Alors il lâcha d'auprès de lui la colombe pour voir si les eaux avaient diminué à la surface du sol. |
9 La colombe, ne trouvant pas un endroit où poser ses pattes, revint vers lui dans l'arche, car il y avait de l'eau sur toute la surface de la terre; il étendit la main, la prit et la fit rentrer auprès de lui dans l'arche. |
10 Il attendit encore sept autres jours et lâcha de nouveau la colombe hors de l'arche. |
11 La colombe revint vers lui sur le soir et voici qu'elle avait dans le bec un rameau tout frais d'olivier! Ainsi Noé connut que les eaux avaient diminué à la surface de la terre. |
12 Il attendit encore sept autres jours et lâcha la colombe, qui ne revint plus vers lui. |
13 C'est en l'an six cent un de la vie de Noé, au premier mois, le premier du mois, que les eaux séchèrent sur la terre. Noé enleva la couverture de l'arche; il regarda et voici que la surface du sol était sèche! |
14 Au second mois, le vingt-septième jour du mois, la terre fut sèche. |
15 Alors Dieu parla ainsi à Noé: |
16 Sors de l'arche, toi et ta femme, tes fils et les femmes de tes fils avec toi. |
17 Tous les animaux qui sont avec toi, tout ce qui est chair, oiseaux, bestiaux et tout ce qui rampe sur la terre, fais-les sortir avec toi : qu'ils pullulent sur la terre, qu'ils soient féconds et multiplient sur la terre. |
18 Noé sortit avec ses fils, sa femme et les femmes de ses fils; |
19 et toutes les bêtes sauvages, tous les bestiaux, tous les oiseaux, toutes les bestioles qui rampent sur la terre sortirent de l'arche, une espèce après l'autre. |
20 Noé construisit un autel à Yahvé, il prit de tous les animaux purs et de tous les oiseaux purs et offrit des holocaustes sur l'autel. |
21 Yahvé respira l'agréable odeur et il se dit en lui-même : Je ne maudirai plus jamais la terre à cause de l'homme, parce que les desseins du cœur de l'homme sont mauvais dès son enfance; plus jamais je ne frapperai tous les vivants comme j'ai fait. |
Notre Seigneur compare Sa seconde venue au drame du déluge: «comme il en fut aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il à l'avènement du Fils de l'homme» (Mt 24:37), et il est donc particulièrement important de fixer maintenant notre regard sur cet événement, en nous souvenant de cette comparaison de Jésus. Elle est très importante, car elle nous permet d'approcher la compréhension du Jugement à venir. Il y eut un monde avant nous, mais il fut soumis au jugement et au châtiment, au pardon et à la miséricorde. C'est comme une icône du Seigneur qui a déjà abaissé sa main gauche (la main gauche, symbolisant le jugement) et levé sa droite (la main droite, symbolisant la miséricorde). Et il y a quelque chose de tendrement paternel dans les paroles: «je ne maudirai plus la terre à cause de l'homme, car les pensées du coeur de l'homme sont mauvaises dès sa jeunesse». Et aussitôt revient à la mémoire: «ne te souviens pas des péchés de ma jeunesse ni de mon ignorance» (Ps 24:7). Le Seigneur nous pardonna alors aux jours de Noé, car Il savait que les hommes comprenaient encore trop peu et que, pour leur ignorance, ils pouvaient être pardonnés.
Mais les années de l'humanité se multiplient. À quel «âge» correspondra le dernier Jugement? La réponse à cette question se trouve aussi dans la lecture d'aujourd'hui: «tant que dureront tous les jours de la terre, semailles et moisson, froid et chaleur, été et hiver, jour et nuit ne cesseront pas». C'est-à-dire que le Jugement aura lieu lorsque tous les jours auront été bus jusqu'à la lie.
4 et, au septième mois, au dix-septième jour du mois, l'arche s'arrêta sur les monts d'Ararat. |
5 Les eaux continuèrent de baisser jusqu'au dixième mois et, au premier du dixième mois, apparurent les sommets des montagnes. |
6 Au bout de quarante jours, Noé ouvrit la fenêtre qu'il avait faite à l'arche |
7 et il lâcha le corbeau, qui alla et vint en attendant que les eaux aient séché sur la terre. |
8 Alors il lâcha d'auprès de lui la colombe pour voir si les eaux avaient diminué à la surface du sol. |
9 La colombe, ne trouvant pas un endroit où poser ses pattes, revint vers lui dans l'arche, car il y avait de l'eau sur toute la surface de la terre; il étendit la main, la prit et la fit rentrer auprès de lui dans l'arche. |
10 Il attendit encore sept autres jours et lâcha de nouveau la colombe hors de l'arche. |
11 La colombe revint vers lui sur le soir et voici qu'elle avait dans le bec un rameau tout frais d'olivier! Ainsi Noé connut que les eaux avaient diminué à la surface de la terre. |
12 Il attendit encore sept autres jours et lâcha la colombe, qui ne revint plus vers lui. |
13 C'est en l'an six cent un de la vie de Noé, au premier mois, le premier du mois, que les eaux séchèrent sur la terre. Noé enleva la couverture de l'arche; il regarda et voici que la surface du sol était sèche! |
14 Au second mois, le vingt-septième jour du mois, la terre fut sèche. |
15 Alors Dieu parla ainsi à Noé: |
16 Sors de l'arche, toi et ta femme, tes fils et les femmes de tes fils avec toi. |
17 Tous les animaux qui sont avec toi, tout ce qui est chair, oiseaux, bestiaux et tout ce qui rampe sur la terre, fais-les sortir avec toi : qu'ils pullulent sur la terre, qu'ils soient féconds et multiplient sur la terre. |
18 Noé sortit avec ses fils, sa femme et les femmes de ses fils; |
19 et toutes les bêtes sauvages, tous les bestiaux, tous les oiseaux, toutes les bestioles qui rampent sur la terre sortirent de l'arche, une espèce après l'autre. |
20 Noé construisit un autel à Yahvé, il prit de tous les animaux purs et de tous les oiseaux purs et offrit des holocaustes sur l'autel. |
21 Yahvé respira l'agréable odeur et il se dit en lui-même : Je ne maudirai plus jamais la terre à cause de l'homme, parce que les desseins du cœur de l'homme sont mauvais dès son enfance; plus jamais je ne frapperai tous les vivants comme j'ai fait. |
Alors finalement, que peut le juste ? La première chose que fait Noé en sortant de l’arche, c’est d’offrir un sacrifice au Dieu qui l’a sauvé. C’est sans aucun doute l’acte d’un juste. Et Dieu ? L’auteur sacré archaïse ici volontairement l’image de Dieu : son Dieu aspire par les narines la fumée du feu sacrificiel, comme le font les dieux païens, par exemple chez Homère. Mais cette image extérieurement archaïque et quelque peu primitive ne doit pas nous tromper : Dieu dit quelque chose de très sérieux et de très important. Il dit : je ne détruirai plus la terre à cause de l’homme, parce que toutes les intentions du cœur humain sont mauvaises dès sa jeunesse (le texte hébreu correspondant dit précisément cela). Autrement dit, il n’y a pas de sens à purifier la terre par des méthodes aussi radicales : de toute façon, tant que des hommes y vivront, on n’évitera ni le mal ni le péché ; il ne vaut même pas la peine d’essayer.
Cette définition est sans aucun doute absolument juste, même si elle est très triste. Mais alors, qu’en est-il de la justice ? Quel en est le sens ? Joue-t-elle le moindre rôle dans les destinées de l’univers ? Sans doute, malgré tout, oui. Car Dieu promet de préserver le monde de la catastrophe en respirant la fumée du sacrifice. Et même si cette image fait parfois sourire le lecteur, ici tout est tout à fait sérieux : le monde tient par la justice. Par la justice de ces justes de tous les temps et de tous les peuples dont Noé est devenu l’image collective. Et si le monde ne s’est pas encore effondré dans l’abîme, s’il a tout de même attendu la venue du Messie promis par Dieu, c’est à eux qu’on le doit. Leur justice sur la terre devient le reflet de la miséricorde de Dieu dans les cieux. Et le monde tient. Difficilement, mais il tient. Et il reçoit une chance de salut.
22 Tant que durera la terre, semailles et moisson, froidure et chaleur, été et hiver, jour et nuit ne cesseront plus. |
Quel est le sens de l'alliance que Dieu conclut avec Noé, et quelle est sa portée? À première vue, Dieu ne promet rien de particulier à Noé. Il s'agit seulement de l'immutabilité de l'ordre naturel existant, du fait qu'une catastrophe semblable au déluge dont Noé a été témoin ne se répétera plus. Mais il apparaît que ce «seulement» est un véritable miracle de Dieu: la possibilité même de vivre en évitant des cataclysmes d'ampleur planétaire menaçant l'humanité de mort n'est pas du tout quelque chose qui va de soi, mais la conséquence de l'intervention directe de Dieu dans la vie du monde, intervention qui devient la conséquence de l'alliance conclue avec le juste et l'accomplissement des promesses qui lui ont été données. Et en même temps, toute la limite de cette alliance est ici manifeste.
À toutes les époques, les hommes se sont posé la même question: pourquoi Dieu a-t-Il eu besoin d'un peuple particulier, Son propre peuple? Pourquoi fallait-il que le Messie vienne? N'y a-t-il pas déjà assez de justes dans le monde? Leur justice ne suffit-elle donc pas? De nos jours, il est vrai, on ne parle d'ordinaire pas de justes, mais de «gens bien», mais cela ne change rien au fond.
Et voici qu'il apparaît que toute la justice de tous les justes de tous les temps et de tous les peuples (et Noé peut, en un certain sens, être considéré comme une figure collective symbolisant de tels justes) ne suffit qu'à empêcher le monde de périr, de s'effondrer dans l'abîme sous le poids du péché qui pèse sur lui depuis la chute. Il ne peut être question d'aucun changement radical, d'aucune délivrance du monde du pouvoir du mal dans lequel il gît, d'aucune transfiguration. Le monde tient en équilibre au bord de sa propre perte, et toute la justice de tous les justes suffit à peine à l'empêcher de tomber dans l'abîme. Et pour que quelque chose de plus devienne possible, comme on le voit, des efforts particuliers sont nécessaires. Dieu entreprend ces efforts en formant Son peuple, puis en envoyant dans le monde le Messie, qui apportera au monde le Royaume, en lui donnant ce que tous les justes de tous les temps et de tous les peuples n'auraient pas pu mériter pour lui.
22 Tant que durera la terre, semailles et moisson, froidure et chaleur, été et hiver, jour et nuit ne cesseront plus. |
Quel est le sens de l'alliance, que Dieu conclut avec Noé, et quelle est sa signification ? Semblerait-il que Dieu ne promet rien de particulier à Noé. Il ne s’agit que de l’inviolabilité de l’ordre des choses existant dans la nature, qu’un désastre semblable à celui du déluge, dont fut témoin Noé, ne se répétera plus.
Mais, il se trouve, que c’est seulement un vrai miracle de Dieu, que la possibilité même de vivre, en évitant les cataclysmes de l'échelle planétaire, menaçant l'humanité de destruction, n’est pas du tout quelque chose qui se produit de soi-même, mais plutôt une conséquence de l'intervention directe de Dieu dans la vie du monde, l'intervention, qui devient la conséquence de l’alliance conclut avec le juste et l'accomplissement des promesses qui lui avaient été données. En même temps on a en face ici toute la restriction de cette alliance. En tout temps les gens posaient la même question : pourquoi Dieu a eu besoin d’un peuple particulier, de Son propre peuple ? Pourquoi le Messie devait-Il venir ? N’y a-t-il pas déjà assez de justes dans le monde ? Ou leur justice est-elle insuffisante ? De nos jours, d'ailleurs, on parle d'habitude non pas des justes, mais de «bonnes personnes», mais cela ne change pas le fond des choses.
Et voici il s’avère que toute la justice de tous les justes de tous les temps et de tous les peuples (et on peut dans un certain sens, considérer Noé comme une image collective symbolisante de tels justes) suffit seulement pour que le monde ne périsse pas, ne s'écroule pas au précipice sous le poids de ce péché, qui gravite sur lui dès le moment de la chute. Il ne peut être question ni d’aucun changement cardinal, ni d’aucune libération du monde du pouvoir de ce mal, dans lequel il se trouve, ni de sa transformation.
Le monde vacille à la frontière de sa propre destruction, et toute la justice de tous les justes suffit à peine pour le retenir de la chute dans l'abîme. Et pour que devienne possible quelque chose de grand, il faut comme on voit, des efforts spéciaux. Et Dieu entreprend de tels efforts, en créant Son peuple, et puis en envoyant dans le monde le Messie, Qui apportera au monde le Royaume, lui offrant ce dont ne pouvaient mériter pour cela tous les justes de tous les temps et de tous les peuples.
11 En l'an six cent de la vie de Noé, le second mois, le dix-septième jour du mois, ce jour-là jaillirent toutes les sources du grand abîme et les écluses du ciel s'ouvrirent. |
12 La pluie tomba sur la terre pendant quarante jours et quarante nuits. |
13 Ce jour même, Noé et ses fils, Sem, Cham et Japhet, avec la femme de Noé et les trois femmes de ses fils, entrèrent dans l'arche, |
14 et avec eux les bêtes sauvages de toute espèce, les bestiaux de toute espèce, les bestioles de toute espèce qui rampent sur la terre, les volatiles de toute espèce, tous les oiseaux, tout ce qui a des ailes. |
15 Auprès de Noé, entra dans l'arche un couple de tout ce qui est chair, ayant souffle de vie, |
16 et ceux qui entrèrent étaient un mâle et une femelle de tout ce qui est chair, comme Dieu le lui avait commandé. Et Yahvé ferma la porte sur Noé. |
17 Il y eut le déluge pendant quarante jours sur la terre; les eaux grossirent et soulevèrent l'arche, qui fut élevée au-dessus de la terre. |
18 Les eaux montèrent et grossirent beaucoup sur la terre et l'arche s'en alla à la surface des eaux. |
19 Les eaux montèrent de plus en plus sur la terre et toutes les plus hautes montagnes qui sont sous tout le ciel furent couvertes. |
20 Les eaux montèrent quinze coudées plus haut, recouvrant les montagnes. |
21 Alors périt toute chair qui se meut sur la terre: oiseaux, bestiaux, bêtes sauvages, tout ce qui grouille sur la terre, et tous les hommes. |
22 Tout ce qui avait une haleine de vie dans les narines, c'est-à-dire tout ce qui était sur la terre ferme, mourut. |
23 Ainsi disparurent tous les êtres qui étaient à la surface du sol, depuis l'homme jusqu'aux bêtes, aux bestioles et aux oiseaux du ciel; ils furent effacés de la terre et il ne resta que Noé et ce qui était avec lui dans l'arche. |
24 La crue des eaux sur la terre dura cent cinquante jours. |
1 Alors Dieu se souvint de Noé et de toutes les bêtes sauvages et de tous les bestiaux qui étaient avec lui dans l'arche; Dieu fit passer un vent sur la terre et les eaux désenflèrent. |
2 Les sources de l'abîme et les écluses du ciel furent fermées; - la pluie fut retenue de tomber du ciel |
3 et les eaux se retirèrent petit à petit de la terre; - les eaux baissèrent au bout de cent cinquante jours |
4 et, au septième mois, au dix-septième jour du mois, l'arche s'arrêta sur les monts d'Ararat. |
5 Les eaux continuèrent de baisser jusqu'au dixième mois et, au premier du dixième mois, apparurent les sommets des montagnes. |
6 Au bout de quarante jours, Noé ouvrit la fenêtre qu'il avait faite à l'arche |
7 et il lâcha le corbeau, qui alla et vint en attendant que les eaux aient séché sur la terre. |
8 Alors il lâcha d'auprès de lui la colombe pour voir si les eaux avaient diminué à la surface du sol. |
9 La colombe, ne trouvant pas un endroit où poser ses pattes, revint vers lui dans l'arche, car il y avait de l'eau sur toute la surface de la terre; il étendit la main, la prit et la fit rentrer auprès de lui dans l'arche. |
10 Il attendit encore sept autres jours et lâcha de nouveau la colombe hors de l'arche. |
11 La colombe revint vers lui sur le soir et voici qu'elle avait dans le bec un rameau tout frais d'olivier! Ainsi Noé connut que les eaux avaient diminué à la surface de la terre. |
12 Il attendit encore sept autres jours et lâcha la colombe, qui ne revint plus vers lui. |
13 C'est en l'an six cent un de la vie de Noé, au premier mois, le premier du mois, que les eaux séchèrent sur la terre. Noé enleva la couverture de l'arche; il regarda et voici que la surface du sol était sèche! |
14 Au second mois, le vingt-septième jour du mois, la terre fut sèche. |
15 Alors Dieu parla ainsi à Noé: |
16 Sors de l'arche, toi et ta femme, tes fils et les femmes de tes fils avec toi. |
17 Tous les animaux qui sont avec toi, tout ce qui est chair, oiseaux, bestiaux et tout ce qui rampe sur la terre, fais-les sortir avec toi : qu'ils pullulent sur la terre, qu'ils soient féconds et multiplient sur la terre. |
18 Noé sortit avec ses fils, sa femme et les femmes de ses fils; |
19 et toutes les bêtes sauvages, tous les bestiaux, tous les oiseaux, toutes les bestioles qui rampent sur la terre sortirent de l'arche, une espèce après l'autre. |
20 Noé construisit un autel à Yahvé, il prit de tous les animaux purs et de tous les oiseaux purs et offrit des holocaustes sur l'autel. |
21 Yahvé respira l'agréable odeur et il se dit en lui-même : Je ne maudirai plus jamais la terre à cause de l'homme, parce que les desseins du cœur de l'homme sont mauvais dès son enfance; plus jamais je ne frapperai tous les vivants comme j'ai fait. |
22 Tant que durera la terre, semailles et moisson, froidure et chaleur, été et hiver, jour et nuit ne cesseront plus. |
Dieu donne à l’humanité une nouvelle chance : Il sait que tous les hommes ne seront pas comme Noé, et Il connaît ce secret de l’être humain dont celui-ci n’a pas toujours conscience — que « toutes les pensées de son cœur sont mauvaises dès sa jeunesse ». Dieu promet que l’humanité ne périra plus dans une catastrophe universelle. Il fait en quelque sorte cette promesse « par avance », tout en connaissant l’apostasie à venir. Mais, pour Dieu, il ne s’agit pas simplement de fermer les yeux sur le mal et le péché des hommes — Il agit par miséricorde, comme le symbolise le rameau d’olivier dans le bec de la colombe. Sa miséricorde est toujours donnée d’avance, elle n’est jamais une « récompense » pour une bonne conduite. Il pardonne, console et sauve (comment exprimer autrement Ses actes dans le langage humain ?), nous donnant la possibilité de répondre à Ses actes — par les nôtres.
11 En l'an six cent de la vie de Noé, le second mois, le dix-septième jour du mois, ce jour-là jaillirent toutes les sources du grand abîme et les écluses du ciel s'ouvrirent. |
12 La pluie tomba sur la terre pendant quarante jours et quarante nuits. |
13 Ce jour même, Noé et ses fils, Sem, Cham et Japhet, avec la femme de Noé et les trois femmes de ses fils, entrèrent dans l'arche, |
14 et avec eux les bêtes sauvages de toute espèce, les bestiaux de toute espèce, les bestioles de toute espèce qui rampent sur la terre, les volatiles de toute espèce, tous les oiseaux, tout ce qui a des ailes. |
15 Auprès de Noé, entra dans l'arche un couple de tout ce qui est chair, ayant souffle de vie, |
16 et ceux qui entrèrent étaient un mâle et une femelle de tout ce qui est chair, comme Dieu le lui avait commandé. Et Yahvé ferma la porte sur Noé. |
17 Il y eut le déluge pendant quarante jours sur la terre; les eaux grossirent et soulevèrent l'arche, qui fut élevée au-dessus de la terre. |
18 Les eaux montèrent et grossirent beaucoup sur la terre et l'arche s'en alla à la surface des eaux. |
19 Les eaux montèrent de plus en plus sur la terre et toutes les plus hautes montagnes qui sont sous tout le ciel furent couvertes. |
20 Les eaux montèrent quinze coudées plus haut, recouvrant les montagnes. |
21 Alors périt toute chair qui se meut sur la terre: oiseaux, bestiaux, bêtes sauvages, tout ce qui grouille sur la terre, et tous les hommes. |
22 Tout ce qui avait une haleine de vie dans les narines, c'est-à-dire tout ce qui était sur la terre ferme, mourut. |
23 Ainsi disparurent tous les êtres qui étaient à la surface du sol, depuis l'homme jusqu'aux bêtes, aux bestioles et aux oiseaux du ciel; ils furent effacés de la terre et il ne resta que Noé et ce qui était avec lui dans l'arche. |
24 La crue des eaux sur la terre dura cent cinquante jours. |
1 Alors Dieu se souvint de Noé et de toutes les bêtes sauvages et de tous les bestiaux qui étaient avec lui dans l'arche; Dieu fit passer un vent sur la terre et les eaux désenflèrent. |
2 Les sources de l'abîme et les écluses du ciel furent fermées; - la pluie fut retenue de tomber du ciel |
3 et les eaux se retirèrent petit à petit de la terre; - les eaux baissèrent au bout de cent cinquante jours |
4 et, au septième mois, au dix-septième jour du mois, l'arche s'arrêta sur les monts d'Ararat. |
5 Les eaux continuèrent de baisser jusqu'au dixième mois et, au premier du dixième mois, apparurent les sommets des montagnes. |
6 Au bout de quarante jours, Noé ouvrit la fenêtre qu'il avait faite à l'arche |
7 et il lâcha le corbeau, qui alla et vint en attendant que les eaux aient séché sur la terre. |
8 Alors il lâcha d'auprès de lui la colombe pour voir si les eaux avaient diminué à la surface du sol. |
9 La colombe, ne trouvant pas un endroit où poser ses pattes, revint vers lui dans l'arche, car il y avait de l'eau sur toute la surface de la terre; il étendit la main, la prit et la fit rentrer auprès de lui dans l'arche. |
10 Il attendit encore sept autres jours et lâcha de nouveau la colombe hors de l'arche. |
11 La colombe revint vers lui sur le soir et voici qu'elle avait dans le bec un rameau tout frais d'olivier! Ainsi Noé connut que les eaux avaient diminué à la surface de la terre. |
12 Il attendit encore sept autres jours et lâcha la colombe, qui ne revint plus vers lui. |
13 C'est en l'an six cent un de la vie de Noé, au premier mois, le premier du mois, que les eaux séchèrent sur la terre. Noé enleva la couverture de l'arche; il regarda et voici que la surface du sol était sèche! |
14 Au second mois, le vingt-septième jour du mois, la terre fut sèche. |
15 Alors Dieu parla ainsi à Noé: |
16 Sors de l'arche, toi et ta femme, tes fils et les femmes de tes fils avec toi. |
17 Tous les animaux qui sont avec toi, tout ce qui est chair, oiseaux, bestiaux et tout ce qui rampe sur la terre, fais-les sortir avec toi : qu'ils pullulent sur la terre, qu'ils soient féconds et multiplient sur la terre. |
18 Noé sortit avec ses fils, sa femme et les femmes de ses fils; |
19 et toutes les bêtes sauvages, tous les bestiaux, tous les oiseaux, toutes les bestioles qui rampent sur la terre sortirent de l'arche, une espèce après l'autre. |
20 Noé construisit un autel à Yahvé, il prit de tous les animaux purs et de tous les oiseaux purs et offrit des holocaustes sur l'autel. |
21 Yahvé respira l'agréable odeur et il se dit en lui-même : Je ne maudirai plus jamais la terre à cause de l'homme, parce que les desseins du cœur de l'homme sont mauvais dès son enfance; plus jamais je ne frapperai tous les vivants comme j'ai fait. |
22 Tant que durera la terre, semailles et moisson, froidure et chaleur, été et hiver, jour et nuit ne cesseront plus. |
La partie la plus remarquable de la parabole de Noé est sa conclusion (Gn 8:20–22). Il y est question de l’union («alliance») que Dieu conclut avec Noé et, en sa personne, avec tous les justes qui ont jamais vécu et vivent aujourd’hui sur la terre. Et c’est précisément en ce moment solennel que deviennent évidentes toutes les limites de la nature humaine et des possibilités humaines. L’image de Dieu y est volontairement quelque peu archaïsée: le Dieu de la Bible, dans ce passage, rappelle les dieux d’Homère. Comme eux, Il «respire», aspire par les narines la fumée du sacrifice qui monte vers le ciel et dont, pensaient les anciens païens, les dieux se nourrissent comme nous nous nourrissons de nourriture. Mais la définition que Dieu donne alors du genre humain est extrêmement sévère: «toutes les intentions du cœur de l’homme sont mauvaises dès sa jeunesse» (Gn 8:21; dans le texte hébreu, il s’agit bien des «intentions», et non des «pensées», comme dans la traduction synodale). C’est pourquoi détruire le genre humain n’a pas de sens: même s’il ne restait sur toute la terre qu’un seul juste, comme après le déluge, le mal pénétrerait tout de même dans le monde, sinon par lui, du moins par ses descendants. Et pourtant, en concluant une alliance avec Noé, Dieu lui promet que la catastrophe ne se répétera pas (Gn 8:22). Ici apparaissent les limites de la justice humaine, et ici se trouve aussi la réponse aux questions que l’on pose souvent aux chrétiens: pourquoi fallait-il donc absolument que le Sauveur vienne? Pourquoi a-t-il fallu un peuple de Dieu séparé, particulier? N’y a-t-il pas assez de justes dans le monde, dont certains ne connaissaient pas et ne connaissent pas Dieu, mais vivent néanmoins selon Ses lois, en observant les commandements qu’Il a donnés? Aujourd’hui, d’ailleurs, on parle plus souvent non de justes, mais de «gens bien», mais cela ne change pas le fond de la question. La réponse à ces questions est simple et triste: toute la justice de tous les justes du monde semblables à Noé, toute leur fidélité à Dieu, suffit seulement à empêcher qu’une nouvelle catastrophe atteigne le monde, à empêcher qu’il ne s’effondre dans l’abîme. C’est le maximum de ce qu’ils peuvent faire; ils ne sont pas capables de changer radicalement la situation du monde, de briser le cours des événements, pas plus qu’ils ne sont capables de changer leur propre nature, corrompue par la chute. Pour cela, il faut des efforts particuliers; il faut un plan particulier de Dieu, le plan du salut de l’homme et du monde, dont font partie à la fois le peuple particulier de Dieu et le Messie-Christ.
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