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RÉFLEXIONS pour Mi 6:8

- " On t'a fait savoir, homme, ce qui est bien, ce que Yahvé réclame de toi: rien d'autre que d'accomplir la justice, d'aimer la bonté et de marcher humblement avec ton Dieu. "
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À l'époque du Second Temple, après l'exil babylonien, de brèves définitions en une ou deux phrases de l'essence de la Torah étaient populaires dans les cercles des théologiens juifs. Mais, comme on le voit, cette tradition rabbinique postexilique plonge ses racines dans la tradition prophétique, antérieure à l'exil.

Michée donne lui aussi une telle définition en distinguant l'essentiel dans la Torah : un jugement juste, l'amour de la miséricorde, c'est bien ainsi dans le texte hébreu, et la modestie ou retenue devant Dieu, ce que la traduction synodale appelle « humilité d'esprit ». On pourrait croire qu'une telle définition ne peut être universelle : tous ne sont pas juges, et il ne revient pas à chacun de rendre des décisions judiciaires. Mais le prophète parle du jugement en un sens plus large.

La Torah est donnée à l'homme non pour juger son prochain, mais pour qu'il puisse l'utiliser comme instrument lorsqu'il prend une décision conforme à la volonté de Dieu dans la situation concrète où il lui revient de la prendre. Or, dans une situation concrète, chacun devient pour lui-même juge : chacun doit évaluer la situation elle-même, les actes de tous ceux qui y sont liés, et son propre choix. Le choix juste devient ainsi le fondement des fondements lorsqu'il s'agit d'observer la Torah. Mais le choix juste n'est possible que si l'homme est dès le départ orienté vers la miséricorde, ce que le prophète appelle l'amour de la miséricorde.

Une telle orientation, comme on le voit, n'était nullement une particularité exclusive de la révélation néotestamentaire. Il est vrai que dans le Royaume, sans une telle orientation spirituelle, il est tout simplement impossible d'exister. Mais avant même la venue du Christ dans le monde, prophètes et justes savaient que sans miséricorde l'observance de la Torah est impossible. En effet, la Torah suppose la présomption d'innocence, non seulement juridique, mais aussi spirituelle et morale, et elle la suppose dans un monde d'hommes déchus qui, par définition, ne peuvent agir selon les commandements donnés par Dieu sans efforts particuliers et délibérés.

Pour ne pas condamner d'avance de tels hommes dans un tel monde, pour ne pas supposer dès le début les pires intentions dans leurs actions et leurs actes, il faut la miséricorde, il faut être prêt à donner à chacun une chance de se montrer meilleur qu'il ne se révélera très probablement en raison de sa nature déchue. Et être prêt à observer les commandements de Dieu même envers celui qui, très probablement, ne pourra pas les observer, et peut-être ne le voudra pas. Mais la miséricorde est aussi peu propre à l'homme déchu que la justice. L'une et l'autre ne peuvent être acquises qu'en manifestant cette retenue devant Dieu dont parle le prophète.

Il ne s'agit évidemment pas d'avoir honte de Dieu. Il s'agit du fait que l'homme qui désire acquérir la justice et la miséricorde doit marcher derrière Dieu, et non courir devant Lui en s'écartant périodiquement du chemin, comme court parfois devant son maître, dans la forêt, un jeune chien. Car ce n'est qu'en suivant Dieu que l'on peut recevoir de Lui les forces et les possibilités qui font du juste un juste et donnent à celui qui veut suivre la Torah la force de réaliser son intention.

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