21 Et il leur disait : " Est-ce que la lampe vient pour qu'on la mette sous le boisseau ou sous le lit ? N'est-ce pas pour qu'on la mette sur le lampadaire ? |
22 Car il n'y a rien de caché qui ne doive être manifesté et rien n'est demeuré secret que pour venir au grand jour. |
23 Si quelqu'un a des oreilles pour entendre, qu'il entende ! " |
24 Et il leur disait : " Prenez garde à ce que vous entendez ! De la mesure dont vous mesurez, on mesurera pour vous, et on vous donnera encore plus. |
25 Car celui qui a, on lui donnera, et celui qui n'a pas, même ce qu'il a lui sera enlevé. " |
26 Et il disait : " Il en est du Royaume de Dieu comme d'un homme qui aurait jeté du grain en terre : |
27 qu'il dorme et qu'il se lève, nuit et jour, la semence germe et pousse, il ne sait comment. |
28 D'elle-même, la terre produit d'abord l'herbe, puis l'épi, puis plein de blé dans l'épi. |
29 Et quand le fruit s'y prête, aussitôt il y met la faucille, parce que la moisson est à point. " |
30 Et il disait : " Comment allons-nous comparer le Royaume de Dieu ? ou par quelle parabole allons-nous le figurer ? |
31 C'est comme un grain de sénevé qui, lorsqu'on le sème sur la terre, est la plus petite de toutes les graines qui sont sur la terre; |
32 mais une fois semé, il monte et devient la plus grande de toutes les plantes potagères, et il pousse de grandes branches, au point que les oiseaux du ciel peuvent s'abriter sous son ombre. " |
33 C'est par un grand nombre de paraboles de ce genre qu'il leur annonçait la Parole selon qu'ils pouvaient l'entendre; |
34 et il ne leur parlait pas sans parabole, mais, en particulier, il expliquait tout à ses disciples. |
35 Ce jour-là, le soir venu, il leur dit : " Passons sur l'autre rive. " |
36 Et laissant la foule, ils l'emmènent, comme il était, dans la barque; et il y avait d'autres barques avec lui. |
37 Survient alors une forte bourrasque, et les vagues se jetaient dans la barque, de sorte que déjà elle se remplissait. |
38 Et lui était à la poupe, dormant sur le coussin. Ils le réveillent et lui disent : " Maître, tu ne te soucies pas de ce que nous périssons ? " |
39 S'étant réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : " Silence ! Tais-toi ! " Et le vent tomba et il se fit un grand calme. |
40 Puis il leur dit : " Pourquoi avez-vous peur ainsi ? N'avez-vous pas encore de foi ? " |
41 Alors ils furent saisis d'une grande crainte et ils se disaient les uns aux autres : " Qui est-il donc celui-là, que même le vent et la mer lui obéissent ? " |
La lecture d'aujourd'hui nous parle des paraboles de Jésus, où Il décrit la venue progressive et imperceptible du Royaume de Dieu, qui pourtant, à la fin, devient si visible qu'il est impossible de ne pas y prêter attention. Dans ces paraboles revient sans cesse l'image du grain qui germe, image très répandue dans l'antiquité dans tous les pays du Proche-Orient, de l'Égypte à la Babylonie. Le grain qui germe y est devenu le symbole d'une vie éternelle, sans cesse renouvelée, qui s'oppose à la mort et la vainc. Il n'est pas étonnant que Jésus utilise cette image pour décrire le Royaume de Dieu, car dans le Royaume de Dieu chacun reçoit toute la plénitude de vie que l'on puisse imaginer, et la mort n'y a pas de place. Mais il ne vient pas tout de suite, de sorte que le commencement de sa venue n'est pas visible à tous. De toute évidence, pour que le Royaume de Dieu se révèle dans toute sa plénitude, il faut du temps, et c'est précisément ce que dit Jésus en le comparant à une graine d'abord imperceptible, qui devient ensuite un arbre visible de tous. Dans ce même passage est mentionné l'apaisement par Jésus de la tempête qui s'était levée sur le lac de Génésareth tandis qu'Il passait avec Ses disciples sur l'autre rive, du côté opposé à la Galilée. Il faut noter que les tempêtes sont fréquentes sur le lac de Génésareth, surtout en hiver. Les hivers en Galilée sont doux, la température descend rarement au-dessous de +10 même en janvier, mais les vents y soufflent fort, et sur le lac de Génésareth, qui n'est nullement petit, il se produit de véritables tempêtes. Les barques de pêche, même assez grandes, ne sont tout de même pas aussi grandes que de véritables navires de mer, et de telles tempêtes représentent pour elles un danger sérieux. Des pêcheurs surpris par la tempête loin du rivage pouvaient être réellement menacés de mort, même si la scène ne se déroulait pas en mer. C'est l'une de ces tempêtes que Jésus apaise, sauvant la vie de Ses compagnons.
21 Et il leur disait : " Est-ce que la lampe vient pour qu'on la mette sous le boisseau ou sous le lit ? N'est-ce pas pour qu'on la mette sur le lampadaire ? |
22 Car il n'y a rien de caché qui ne doive être manifesté et rien n'est demeuré secret que pour venir au grand jour. |
23 Si quelqu'un a des oreilles pour entendre, qu'il entende ! " |
24 Et il leur disait : " Prenez garde à ce que vous entendez ! De la mesure dont vous mesurez, on mesurera pour vous, et on vous donnera encore plus. |
25 Car celui qui a, on lui donnera, et celui qui n'a pas, même ce qu'il a lui sera enlevé. " |
26 Et il disait : " Il en est du Royaume de Dieu comme d'un homme qui aurait jeté du grain en terre : |
27 qu'il dorme et qu'il se lève, nuit et jour, la semence germe et pousse, il ne sait comment. |
28 D'elle-même, la terre produit d'abord l'herbe, puis l'épi, puis plein de blé dans l'épi. |
29 Et quand le fruit s'y prête, aussitôt il y met la faucille, parce que la moisson est à point. " |
30 Et il disait : " Comment allons-nous comparer le Royaume de Dieu ? ou par quelle parabole allons-nous le figurer ? |
31 C'est comme un grain de sénevé qui, lorsqu'on le sème sur la terre, est la plus petite de toutes les graines qui sont sur la terre; |
32 mais une fois semé, il monte et devient la plus grande de toutes les plantes potagères, et il pousse de grandes branches, au point que les oiseaux du ciel peuvent s'abriter sous son ombre. " |
33 C'est par un grand nombre de paraboles de ce genre qu'il leur annonçait la Parole selon qu'ils pouvaient l'entendre; |
34 et il ne leur parlait pas sans parabole, mais, en particulier, il expliquait tout à ses disciples. |
35 Ce jour-là, le soir venu, il leur dit : " Passons sur l'autre rive. " |
36 Et laissant la foule, ils l'emmènent, comme il était, dans la barque; et il y avait d'autres barques avec lui. |
37 Survient alors une forte bourrasque, et les vagues se jetaient dans la barque, de sorte que déjà elle se remplissait. |
38 Et lui était à la poupe, dormant sur le coussin. Ils le réveillent et lui disent : " Maître, tu ne te soucies pas de ce que nous périssons ? " |
39 S'étant réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : " Silence ! Tais-toi ! " Et le vent tomba et il se fit un grand calme. |
40 Puis il leur dit : " Pourquoi avez-vous peur ainsi ? N'avez-vous pas encore de foi ? " |
41 Alors ils furent saisis d'une grande crainte et ils se disaient les uns aux autres : " Qui est-il donc celui-là, que même le vent et la mer lui obéissent ? " |
Aujourd'hui le Seigneur nous adresse l'une des questions les plus importantes : « Comment écoutons-nous ? » Nous lisons régulièrement la Bible, nous visitons même des sites bibliques sur Internet, mais avons-nous des oreilles pour recevoir la Parole, la faire germer dans notre cœur et porter du fruit ?
Le Seigneur dit : « De la mesure dont vous mesurez, on mesurera pour vous, et il vous sera ajouté, à vous qui écoutez ». Au fond, cela signifie ceci : ce qu'une personne veut trouver dans l'Écriture (et plus généralement dans la révélation de Dieu), c'est cela qu'elle trouvera. La Bible peut nous fournir une matière extrêmement riche sur l'histoire, la littérature, la philologie, la mystique, et ainsi de suite ; mais seul celui qui y cherche la connaissance de Dieu (c'est-à-dire des relations vivantes et personnelles avec Lui, fondées sur la confiance et l'amour) pourra trouver Dieu dans la lecture de la Sainte Écriture.
Et c'est ici que prennent sens les paroles selon lesquelles « à celui qui a, il sera donné ». Dans l'écoute et la compréhension de la Parole de Dieu, nous ne pouvons qu'approfondir et multiplier ce que nous avons déjà, c'est-à-dire que nous devons nous en approcher dans une relation déjà existante avec Dieu, dans la foi et la prière.
21 Et il leur disait : " Est-ce que la lampe vient pour qu'on la mette sous le boisseau ou sous le lit ? N'est-ce pas pour qu'on la mette sur le lampadaire ? |
22 Car il n'y a rien de caché qui ne doive être manifesté et rien n'est demeuré secret que pour venir au grand jour. |
23 Si quelqu'un a des oreilles pour entendre, qu'il entende ! " |
24 Et il leur disait : " Prenez garde à ce que vous entendez ! De la mesure dont vous mesurez, on mesurera pour vous, et on vous donnera encore plus. |
25 Car celui qui a, on lui donnera, et celui qui n'a pas, même ce qu'il a lui sera enlevé. " |
Avez-vous remarqué combien la schizophrénie est répandue à notre époque ? Certains spécialistes renoncent déjà à tracer la frontière entre elle et la norme. Car la conscience divisée, la double vie, ou davantage, sont réellement devenues presque normales. En public, nous sommes une personne ; seuls avec nous-mêmes, nous en sommes une autre. Nous vivons en comptant que personne ne saura comment nous sommes dans la solitude. Nous avons perdu l’unité, l’intégrité de la vie, parce que nous pensons que, lorsque personne ne nous regarde, personne ne nous voit ; nous avons perdu le sens de la présence de Dieu. Mais Jésus avertit : ce que nous gardons en nous comme un secret grandit peu à peu, envahit de plus en plus notre « moi » et finit par éclater au dehors. Ce qui est caché devient manifeste.
Pour qu’une telle catastrophe ne se produise pas, Jésus nous propose une vie intègre, unifiée, vécue constamment devant Dieu, que les hommes nous voient alors ou non. S’il n’y a rien de caché, la lumière n’est pas redoutable.
21 Et il leur disait : " Est-ce que la lampe vient pour qu'on la mette sous le boisseau ou sous le lit ? N'est-ce pas pour qu'on la mette sur le lampadaire ? |
22 Car il n'y a rien de caché qui ne doive être manifesté et rien n'est demeuré secret que pour venir au grand jour. |
23 Si quelqu'un a des oreilles pour entendre, qu'il entende ! " |
24 Et il leur disait : " Prenez garde à ce que vous entendez ! De la mesure dont vous mesurez, on mesurera pour vous, et on vous donnera encore plus. |
25 Car celui qui a, on lui donnera, et celui qui n'a pas, même ce qu'il a lui sera enlevé. " |
Les paroles de Jésus sur la lampe que l'on ne cache pas sous le boisseau, et sur le fait qu'il sera donné à celui qui a, sont très étroitement liées entre elles. Ce n'est pas un hasard si, dans l'Évangile, elles se trouvent côte à côte. À première vue, l'affirmation selon laquelle il n'est donné qu'à celui qui a peut paraître injuste : nous sommes habitués à penser que ceux qui possèdent doivent aider ceux qui n'ont rien, et voici qu'il apparaît que ce sont précisément ceux qui possèdent qui ont une chance de recevoir quelque chose en plus de ce qu'ils ont déjà, tandis que les autres n'ont guère sur quoi compter.
Le fait est cependant que les lois de la vie spirituelle diffèrent quelque peu des lois de la vie physique, tout comme le monde spirituel lui-même diffère à bien des égards du monde physique. Dans le monde physique, donner suppose toujours l'appauvrissement de celui qui donne. Si je partage quelque chose avec un autre, j'ai moins de ce que j'ai partagé.
Dans le monde spirituel et dans la vie spirituelle, tout est différent. Différent, non parce qu'il serait composé d'une substance particulière aux propriétés particulières, mais parce que le monde spirituel se distingue du monde physique par la présence immédiate de Dieu, qui détermine son existence. C'est pourquoi le potentiel du monde physique est limité, tandis que le potentiel du monde spirituel est sans limites. Le monde physique est limité par sa propre nature ; le monde spirituel, étant au fond l'incarnation d'une théophanie qui se prolonge sans cesse, n'est limité par rien.
Il ne s'agit évidemment pas de deux mondes différents, mais seulement d'une description plus ou moins conventionnelle de deux états de la création : d'une part, sa face tournée vers Dieu, et d'autre part, son envers tourné vers l'intérieur de lui-même. Habitués à une vie sur l'envers de l'univers, que Dieu ne nous destinait nullement, nous avons du mal à nous représenter le don comme un processus d'accumulation et non de dépense ; or dans le monde spirituel, sur la face de l'univers, il en est bien ainsi.
Là, plus on donne, plus on reçoit, car donner signifie entrer dans le courant de cette vie divine qui constitue le fondement du monde spirituel. Voilà pourquoi on ne peut pas cacher la lampe sous le boisseau : s'il y a de la lumière, elle doit être visible, sinon il n'y aura pas de don. Cette logique nous est certes inhabituelle, mais c'est la logique du Royaume, et Jésus nous appelle à vivre en la suivant, et non selon la logique de ce monde.
24 Et il leur disait : " Prenez garde à ce que vous entendez ! De la mesure dont vous mesurez, on mesurera pour vous, et on vous donnera encore plus. |
25 Car celui qui a, on lui donnera, et celui qui n'a pas, même ce qu'il a lui sera enlevé. " |
26 Et il disait : " Il en est du Royaume de Dieu comme d'un homme qui aurait jeté du grain en terre : |
27 qu'il dorme et qu'il se lève, nuit et jour, la semence germe et pousse, il ne sait comment. |
28 D'elle-même, la terre produit d'abord l'herbe, puis l'épi, puis plein de blé dans l'épi. |
29 Et quand le fruit s'y prête, aussitôt il y met la faucille, parce que la moisson est à point. " |
30 Et il disait : " Comment allons-nous comparer le Royaume de Dieu ? ou par quelle parabole allons-nous le figurer ? |
31 C'est comme un grain de sénevé qui, lorsqu'on le sème sur la terre, est la plus petite de toutes les graines qui sont sur la terre; |
32 mais une fois semé, il monte et devient la plus grande de toutes les plantes potagères, et il pousse de grandes branches, au point que les oiseaux du ciel peuvent s'abriter sous son ombre. " |
33 C'est par un grand nombre de paraboles de ce genre qu'il leur annonçait la Parole selon qu'ils pouvaient l'entendre; |
34 et il ne leur parlait pas sans parabole, mais, en particulier, il expliquait tout à ses disciples. |
Pourquoi le Seigneur parle-t-Il en paraboles ? Une parabole est souvent difficile à comprendre. Mais c’est peut-être précisément là sa valeur. Elle n’a pas un seul sens simple ; elle en a plusieurs, que l’on ne saisit pas immédiatement et qu’il faut vivre. En outre, une parabole renferme toujours une image frappante tirée de la vie quotidienne et familière. Grâce à ces deux propriétés, son obscurité et sa force d’évocation, la parabole s’imprime dans le cœur de celui qui l’écoute. Les études bibliques ont bien établi que les passages les plus difficiles de l’Écriture se sont le mieux conservés d’un manuscrit à l’autre. Lorsqu’un traducteur ou un copiste ne comprenait pas quelque chose, il s’efforçait de transmettre le texte aussi fidèlement que possible à l’original : c’est un phénomène psychologique naturel. De même, en raison de leur obscurité et parfois même de leur étrangeté, les paraboles se conservent dans le cœur comme une semence ; puis, à mesure que l’homme commence à pénétrer leur sens, elles gonflent et mûrissent jusqu’à porter du fruit.
25 Car celui qui a, on lui donnera, et celui qui n'a pas, même ce qu'il a lui sera enlevé. " |
Ces célèbres paroles de Jésus Christ dans le contexte de la parabole de la lampe coïncident pratiquement dans les Évangiles selon Marc et Luc (dans Luc 8:18 « … on enlèvera même le peu qu’il pense avoir ») Ces paroles sont prononcées après les mots : « écoutez bien si vous avez des oreilles pour entendre !...faites attention a ce que vous entendez » (Luc 8:18 «…faites attention a la manière dont vous écoutez !...). Et malgré que ces mêmes mots soient utilisés dans l’Evangile selon Matthieu dans un autre contexte – en tant que réponse à la question des disciples : « Pourquoi leur parles-Tu en utilisant des paraboles ? », - ceci aide aussi à comprendre le sens de ces mots.
Il s’agit sans doute ici de l’égard de notre cœur aux paroles de Dieu et de leur conservation, de la garde de ces mots dans nos cœurs et de les avoir en mémoire. C’est effectivement ces paroles de Luc qui caractérisent la relation de la Mère de Jésus à la volonté et aux activités de Dieu. Elle « gardait en elle le souvenir de tous ces événements » (Luke 2:19). Il faut avoir prioritairement en cœur tout ce que le Seigneur dit ; sinon tout sera vain – toutes les paroles des commandements Divins se volatiliseront, elles n’auront aucun effet sur les faits, et n’apporteront aucun fruit à l’Homme : on « enlèvera » tout.
26 Et il disait : " Il en est du Royaume de Dieu comme d'un homme qui aurait jeté du grain en terre : |
27 qu'il dorme et qu'il se lève, nuit et jour, la semence germe et pousse, il ne sait comment. |
28 D'elle-même, la terre produit d'abord l'herbe, puis l'épi, puis plein de blé dans l'épi. |
29 Et quand le fruit s'y prête, aussitôt il y met la faucille, parce que la moisson est à point. " |
30 Et il disait : " Comment allons-nous comparer le Royaume de Dieu ? ou par quelle parabole allons-nous le figurer ? |
31 C'est comme un grain de sénevé qui, lorsqu'on le sème sur la terre, est la plus petite de toutes les graines qui sont sur la terre; |
32 mais une fois semé, il monte et devient la plus grande de toutes les plantes potagères, et il pousse de grandes branches, au point que les oiseaux du ciel peuvent s'abriter sous son ombre. " |
33 C'est par un grand nombre de paraboles de ce genre qu'il leur annonçait la Parole selon qu'ils pouvaient l'entendre; |
34 et il ne leur parlait pas sans parabole, mais, en particulier, il expliquait tout à ses disciples. |
Les paroles du Sauveur sur le Royaume paraissent parfois contradictoires. Tantôt Il parle du Royaume comme d'une réalité d'ampleur universelle, cosmique, tantôt comme de quelque chose de presque imperceptible, de quelque chose qui croît dans le silence et dans l'obscurité, pareil à une graine dans la terre.
Pourtant, en réalité, il n'y a ici aucune contradiction. Le Royaume est vraiment une réalité d'ampleur universelle. Il dépasse même notre univers : nous vivons en effet dans un monde déchu, et le Royaume est bien plus vaste que lui ; il l'inclut en lui-même, le transformant et en faisant une partie d'une autre réalité, nouvelle. En même temps, le Royaume ne descend pas simplement dans notre monde depuis quelque ciel ; il croît de l'intérieur de notre monde déchu. Bien sûr, de lui-même, à partir de rien, il ne poussera pas : le Royaume est une fleur précieuse, et d'elles-mêmes, comme on le sait, seules les mauvaises herbes poussent bien et vite.
D'où la nécessité de semer les graines appropriées et d'en prendre soin ; autrement, il n'y aura rien. Cependant, il ne s'agit pas seulement du fait que la graine a besoin de temps pour germer. Il s'agit aussi du fait que les graines du Royaume croissent dans les coeurs humains, et cela constitue l'espérance principale, tout en étant aussi le principal problème. Lorsque nous parlons du Royaume qui croît à partir de graines jetées dans la terre de notre monde, il est important de nous rappeler que cette terre, c'est nous-mêmes. C'est en nous que la semence du Royaume jetée par Dieu peut soit germer, soit pourrir. C'est là que commence précisément ce qui, en fin de compte, détermine les délais du triomphe définitif du Royaume.
Nous vivons à l'époque du Royaume qui vient, mais le moment où il viendra enfin et se révélera dans toute sa plénitude dépend précisément de nous. La date du retour du Christ dans la gloire, de Sa seconde venue, n'est connue que du Père, non parce que le Père cache quelque chose au Fils, mais parce qu'elle n'est pas encore déterminée et, peut-être, ne peut pas être déterminée avec précision : elle dépend en effet du choix de chacun de nous et, par conséquent, elle devra inévitablement changer sans cesse, changer à chaque choix accompli.
Cela ralentit beaucoup les choses, mais c'est seulement ainsi que l'on peut donner à chacun la possibilité de participer au processus par lequel le Royaume entre dans le monde. La participation de l'homme est nécessaire ici parce qu'autrement cet homme ne pourra pas entrer dans le Royaume. Il pourra alors, au mieux, communier à sa vie, mais il ne pourra pas changer de telle sorte que la vie du Royaume devienne aussi sa propre vie ; alors tous les efforts se révéleront inutiles, car dans le Royaume, l'essentiel, ce sont les personnes qui le composent.
26 Et il disait : " Il en est du Royaume de Dieu comme d'un homme qui aurait jeté du grain en terre : |
27 qu'il dorme et qu'il se lève, nuit et jour, la semence germe et pousse, il ne sait comment. |
28 D'elle-même, la terre produit d'abord l'herbe, puis l'épi, puis plein de blé dans l'épi. |
29 Et quand le fruit s'y prête, aussitôt il y met la faucille, parce que la moisson est à point. " |
30 Et il disait : " Comment allons-nous comparer le Royaume de Dieu ? ou par quelle parabole allons-nous le figurer ? |
31 C'est comme un grain de sénevé qui, lorsqu'on le sème sur la terre, est la plus petite de toutes les graines qui sont sur la terre; |
32 mais une fois semé, il monte et devient la plus grande de toutes les plantes potagères, et il pousse de grandes branches, au point que les oiseaux du ciel peuvent s'abriter sous son ombre. " |
33 C'est par un grand nombre de paraboles de ce genre qu'il leur annonçait la Parole selon qu'ils pouvaient l'entendre; |
34 et il ne leur parlait pas sans parabole, mais, en particulier, il expliquait tout à ses disciples. |
Lorsqu'Il parlait du Royaume des Cieux, Jésus avait toujours recours à des paraboles qui ne décrivent pas les détails, mais créent seulement une image dont la méditation permet de comprendre l'essentiel. Peu à peu, la toute petite graine semée en terre et transformée à l'insu de tous en une pousse verte devient une plante adulte.
Le Royaume de Dieu se révèle être quelque chose de petit et d'inaperçu, quelque chose de caché au plus profond de notre cœur. D'ordinaire, nous ne le remarquons même pas derrière les préoccupations quotidiennes. Mais il prend force en nous et, à un certain moment, peut porter de véritables fruits divins. Ce processus, invisible à ceux qui nous entourent, se produit en chaque personne. C'est pourquoi nous ne pouvons jamais affirmer que l'un est plus saint et que l'autre est loin du Royaume des Cieux.
35 Ce jour-là, le soir venu, il leur dit : " Passons sur l'autre rive. " |
36 Et laissant la foule, ils l'emmènent, comme il était, dans la barque; et il y avait d'autres barques avec lui. |
37 Survient alors une forte bourrasque, et les vagues se jetaient dans la barque, de sorte que déjà elle se remplissait. |
38 Et lui était à la poupe, dormant sur le coussin. Ils le réveillent et lui disent : " Maître, tu ne te soucies pas de ce que nous périssons ? " |
39 S'étant réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : " Silence ! Tais-toi ! " Et le vent tomba et il se fit un grand calme. |
40 Puis il leur dit : " Pourquoi avez-vous peur ainsi ? N'avez-vous pas encore de foi ? " |
41 Alors ils furent saisis d'une grande crainte et ils se disaient les uns aux autres : " Qui est-il donc celui-là, que même le vent et la mer lui obéissent ? " |
Dans le récit où Jésus apaise la tempête qui s’est levée, le plus intéressant est le dialogue entre le Maître et les disciples. Il leur reproche leur peu de foi, et eux, stupéfaits par ce qui s’est passé, tentent de comprendre: qui est-Il donc, pour qu’Il ait pouvoir même sur les éléments? Comme on le voit, l’évangéliste met l’accent dans son récit précisément sur ce malentendu, on ne saurait l’appeler autrement, entre Jésus et les apôtres. Il ne s’agit pas du fait que les disciples n’arrivent pas à comprendre Qui est devant eux. Il s’agit du fait qu’ils ne sont pas capables de concentrer leur attention spirituelle sur ce qui est nécessaire pour comprendre adéquatement la situation. Dans leurs âmes vit encore la peur d’une mort inévitable éprouvée pendant la tempête, sur laquelle se superpose une terreur mystique, presque superstitieuse, devant la force que possède leur Maître. Lui veut faire passer leur regard spirituel de l’extérieur à l’intérieur, des effets au sens de ce qui arrive. C’est pourquoi Il leur parle de foi, de confiance, sans laquelle il n’y a pas de Royaume, qu’il s’agisse de confiance en Dieu, dans le Christ ou envers le prochain.
Si les disciples avaient eu assez de confiance et d’intégrité intérieure, sans laquelle, comme sans la confiance, il n’y a pas lieu de parler de foi, la tempête se serait calmée selon leur foi, sans l’intervention de Jésus. Mais le problème est justement que cette intégrité intérieure, chez les apôtres, n’existe pas encore, comme on le voit. Ils ont assez de foi pour suivre le Maître, mais pas assez pour demeurer dans l’espace spirituel du Royaume. Cet espace spirituel même où il n’y a pas de place pour la tempête, où les éléments sont entièrement soumis à la volonté humaine, à la volonté non seulement du Messie, mais de tout homme vivant de la vie du Royaume. Si les disciples avaient été enracinés dans le Royaume, ils n’auraient pas eu à réveiller le Maître: la tempête se serait apaisée sur l’ordre de l’un d’eux, et peut-être même n’aurait-elle pas commencé.
Bien sûr, dans le Royaume aussi, les relations entre le Christ et chacun de Ses disciples demeurent non moins étroites que dans le monde non transfiguré. Là, elles se révèlent même encore plus profondes, conscientes et intenses que dans ce monde-ci. Mais le Christ n’a pas besoin de tirer par la main l’homme enraciné dans le Royaume de chaque situation difficile, ne serait-ce que parce que, dans la vie d’un homme enraciné dans le Royaume, il n’y a pas de situations difficiles fortuites. C’est bien cette pensée, semble-t-il, que Jésus tente de faire parvenir à Ses disciples.
Mais leur attention est entièrement absorbée par la force extraordinaire manifestée par leur Maître. Rien d’étonnant à cela: la force attire toujours plus l’attention que le Royaume. Et pour apprendre à voir le Royaume, il faut que le souffle du Royaume touche l’homme et change son cœur. Comme cela arriva aux apôtres le jour de la Pentecôte.
35 Ce jour-là, le soir venu, il leur dit : " Passons sur l'autre rive. " |
36 Et laissant la foule, ils l'emmènent, comme il était, dans la barque; et il y avait d'autres barques avec lui. |
37 Survient alors une forte bourrasque, et les vagues se jetaient dans la barque, de sorte que déjà elle se remplissait. |
38 Et lui était à la poupe, dormant sur le coussin. Ils le réveillent et lui disent : " Maître, tu ne te soucies pas de ce que nous périssons ? " |
39 S'étant réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : " Silence ! Tais-toi ! " Et le vent tomba et il se fit un grand calme. |
40 Puis il leur dit : " Pourquoi avez-vous peur ainsi ? N'avez-vous pas encore de foi ? " |
41 Alors ils furent saisis d'une grande crainte et ils se disaient les uns aux autres : " Qui est-il donc celui-là, que même le vent et la mer lui obéissent ? " |
L’apaisement de la tempête par Jésus a sans aucun doute laissé aux disciples une impression ineffaçable. Aucun des grands prophètes d’Israël n’aurait pu faire cela : eux aussi, bien sûr, accomplissaient parfois des miracles — ou plutôt, Dieu accomplissait parfois des miracles à leur prière —, mais personne encore n’était parvenu à apaiser d’un seul mot un lac déchaîné. Bien sûr, la force de Dieu, agissant à travers Jésus dans toute sa plénitude, pouvait faire absolument tout : Dieu est le maître total et souverain de Son monde. Ici, cependant, il ne s’agissait pas seulement de l’action de la force de Dieu ; le souffle du Royaume s’y faisait sentir, ce qui était particulièrement important et actuel.
En effet : l’humanité s’est trouvée confrontée aux manifestations de la force de Dieu dès le commencement de son existence, et la chute n’y a rien changé de fondamental : Dieu est Dieu, Il demeure Dieu après la chute, et Son action reste la même qu’elle a toujours été. Ce qui est différent, c’est que l’homme, après la chute, perçoit autrement l’action de la force de Dieu, souvent sans même comprendre quelle est cette force ni d’où elle vient. La force de Dieu, en elle-même, ne change pas toujours l’homme, et encore moins le change-t-elle toujours radicalement. Pour un changement radical, il faut la participation consciente de l’homme lui-même au processus, en premier lieu de sa volonté ; or une telle participation, pour l’homme déchu, se révèle souvent une tâche qui, si elle est soluble, est extrêmement difficile. Voilà pourquoi les miracles, en tout temps, ont été relativement rares dans le monde déchu.
Il serait plus juste de dire que peu de gens les voyaient : car on ne peut voir un miracle que lorsque le cœur est ouvert à Dieu, lorsque le grand monde de Dieu est une réalité pour l’homme, et qu’il vit précisément dans ce monde-là, et non dans le petit monde de l’homme déchu, séparé du monde de Dieu. Avant la venue du Christ, ce petit monde déchu, qui nous paraît parfois grand, était complètement isolé du grand monde de Dieu, que l’on appelle le Royaume. En ces temps-là, les miracles n’existaient que pour ceux pour qui Dieu et Sa présence dans le monde étaient une réalité indubitable et absolue.
Maintenant, avec la venue du Christ, la situation a changé. Sa venue a brisé la barrière, a détruit cette séparation de notre monde déchu d’avec le Royaume qui existait auparavant. Désormais, le miracle est devenu une réalité objective : et tous voient l’apaisement de la tempête, indépendamment de leur état et de leur attitude envers Dieu et envers le Christ. Le Royaume, sa force et son souffle sont devenus partie intégrante de notre monde. Extérieurement, rien de particulier ne s’est produit, mais en réalité tout a changé.
35 Ce jour-là, le soir venu, il leur dit : " Passons sur l'autre rive. " |
36 Et laissant la foule, ils l'emmènent, comme il était, dans la barque; et il y avait d'autres barques avec lui. |
37 Survient alors une forte bourrasque, et les vagues se jetaient dans la barque, de sorte que déjà elle se remplissait. |
38 Et lui était à la poupe, dormant sur le coussin. Ils le réveillent et lui disent : " Maître, tu ne te soucies pas de ce que nous périssons ? " |
39 S'étant réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : " Silence ! Tais-toi ! " Et le vent tomba et il se fit un grand calme. |
40 Puis il leur dit : " Pourquoi avez-vous peur ainsi ? N'avez-vous pas encore de foi ? " |
41 Alors ils furent saisis d'une grande crainte et ils se disaient les uns aux autres : " Qui est-il donc celui-là, que même le vent et la mer lui obéissent ? " |
Après les paraboles où le Royaume de Dieu est semblable à une semence qui pousse à l’insu du semeur, Marc raconte l’apaisement de la tempête. En montant dans la barque, le Christ pouvait-Il vraiment ignorer qu’une tempête risquait de se lever ? Peut-être les pêcheurs expérimentés qui se trouvaient parmi Ses disciples en avaient-ils parlé avant le départ. Apparemment, Il était si fatigué qu’Il S’endormit malgré tout. On ne peut dormir dans une telle situation que si l’on a confiance en ses compagnons et que l’on se sent en parfaite sécurité en leur présence. Le comportement de Jésus montre donc une fois encore les relations étonnantes qui existaient entre Lui et les apôtres. Le Seigneur S’endort comme l’homme qui a semé et qui ne sait pas comment pousse la semence. Pourtant, la semence pousse indépendamment du fait qu’il intervienne ou non sans cesse dans ce processus.
Il nous semble parfois que Dieu dort et ne voit pas ce qui se passe dans notre vie. Mais peut-être nous a-t-Il simplement confié cette partie de notre histoire parce que nous sommes capables d’y faire face nous-mêmes. Cependant, dès qu’un véritable danger nous menacera, Il viendra immédiatement à notre secours.
35 Ce jour-là, le soir venu, il leur dit : " Passons sur l'autre rive. " |
36 Et laissant la foule, ils l'emmènent, comme il était, dans la barque; et il y avait d'autres barques avec lui. |
37 Survient alors une forte bourrasque, et les vagues se jetaient dans la barque, de sorte que déjà elle se remplissait. |
38 Et lui était à la poupe, dormant sur le coussin. Ils le réveillent et lui disent : " Maître, tu ne te soucies pas de ce que nous périssons ? " |
39 S'étant réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : " Silence ! Tais-toi ! " Et le vent tomba et il se fit un grand calme. |
40 Puis il leur dit : " Pourquoi avez-vous peur ainsi ? N'avez-vous pas encore de foi ? " |
41 Alors ils furent saisis d'une grande crainte et ils se disaient les uns aux autres : " Qui est-il donc celui-là, que même le vent et la mer lui obéissent ? " |
Aujourd'hui, le Seigneur nous adresse l'une des questions les plus importantes : « Comment écoutons-nous ? » Nous lisons régulièrement la Bible et consultons même des sites bibliques sur Internet, mais avons-nous des oreilles pour accueillir la Parole, la laisser germer dans notre cœur et porter du fruit ? Le Seigneur dit : « De la mesure dont vous mesurez, on mesurera pour vous, et l'on vous donnera encore davantage, à vous qui écoutez. » Cela signifie au fond que l'homme trouvera dans l'Écriture, et plus généralement dans la révélation de Dieu, ce qu'il veut y chercher. La Bible peut nous fournir une matière extrêmement riche en histoire, en littérature, en philologie, en mystique, etc. ; mais seul celui qui y cherche la connaissance de Dieu, c'est-à-dire une relation vivante et personnelle avec lui, fondée sur la confiance et l'amour, pourra trouver Dieu dans la lecture de la Sainte Écriture. C'est alors que prennent sens les paroles : « À celui qui a, il sera donné. » Dans l'écoute et la compréhension de la Parole de Dieu, nous ne pouvons qu'approfondir et multiplier ce que nous possédons déjà ; autrement dit, nous devons l'aborder dans une relation déjà existante avec Dieu, dans la foi et la prière.
35 Ce jour-là, le soir venu, il leur dit : " Passons sur l'autre rive. " |
36 Et laissant la foule, ils l'emmènent, comme il était, dans la barque; et il y avait d'autres barques avec lui. |
37 Survient alors une forte bourrasque, et les vagues se jetaient dans la barque, de sorte que déjà elle se remplissait. |
38 Et lui était à la poupe, dormant sur le coussin. Ils le réveillent et lui disent : " Maître, tu ne te soucies pas de ce que nous périssons ? " |
39 S'étant réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : " Silence ! Tais-toi ! " Et le vent tomba et il se fit un grand calme. |
40 Puis il leur dit : " Pourquoi avez-vous peur ainsi ? N'avez-vous pas encore de foi ? " |
41 Alors ils furent saisis d'une grande crainte et ils se disaient les uns aux autres : " Qui est-il donc celui-là, que même le vent et la mer lui obéissent ? " |
Que signifie la foi dont parle aujourd'hui le Sauveur ? Elle semble être le contraire de la peur, de la pusillanimité et de l'incertitude devant l'avenir. Pourtant, Il nous met Lui-même en garde contre le souci de l'avenir, des besoins du lendemain... Ainsi, tout ce qui nous reste sur la mer agitée de notre vie, c'est l'espérance en Lui, la confiance dans le Maître, même lorsqu'Il semble dormir. En effet, il nous arrive de ne voir aucune action manifeste du Christ dans nos situations de détresse, de ne pas voir Son secours, de ne pas sentir Sa présence. Mais il nous reste la foi que nous sommes avec Lui dans la même barque ; et s'il en est ainsi, aucun naufrage ne nous menace. Voilà ce qui doit être le remède à nos peurs, à nos dépressions et à notre pusillanimité. Voilà la foi en l'invisible, qui est pourtant bien plus réel que toutes les tempêtes, tous les vents et toutes les vagues de la mer.
10 Quand il fut à l'écart, ceux de son entourage avec les Douze l'interrogeaient sur les paraboles. |
11 Et il leur disait : " A vous le mystère du Royaume de Dieu a été donné ; mais à ceux-là qui sont dehors tout arrive en paraboles, |
12 afin qu'ils aient beau regarder et ils ne voient pas, qu'ils aient beau entendre et ils ne comprennent pas, de peur qu'ils ne se convertissent et qu'il ne leur soit pardonné. " |
13 Et il leur dit : " Vous ne saisissez pas cette parabole ? Et comment comprendrez-vous toutes les paraboles ? |
14 Le semeur, c'est la Parole qu'il sème. |
15 Ceux qui sont au bord du chemin où la Parole est semée, sont ceux qui ne l'ont pas plus tôt entendue que Satan arrive et enlève la Parole semée en eux. |
16 Et de même ceux qui sont semés sur les endroits rocheux, sont ceux qui, quand ils ont entendu la Parole, l'accueillent aussitôt avec joie, |
17 mais ils n'ont pas de racine en eux-mêmes et sont les hommes d'un moment: survienne ensuite une tribulation ou une persécution à cause de la Parole, aussitôt ils succombent. |
18 Et il y en a d'autres qui sont semés dans les épines; ce sont ceux qui ont entendu la Parole, |
19 mais les soucis du monde, la séduction de la richesse et les autres convoitises les pénètrent et étouffent la Parole, qui demeure sans fruit. |
20 Et il y a ceux qui ont été semés dans la bonne terre : ceux-là écoutent la Parole, l'accueillent et portent du fruit, l'un trente, l'autre soixante, l'autre cent. " |
21 Et il leur disait : " Est-ce que la lampe vient pour qu'on la mette sous le boisseau ou sous le lit ? N'est-ce pas pour qu'on la mette sur le lampadaire ? |
22 Car il n'y a rien de caché qui ne doive être manifesté et rien n'est demeuré secret que pour venir au grand jour. |
23 Si quelqu'un a des oreilles pour entendre, qu'il entende ! " |
Beaucoup perçoivent ces paroles comme une sorte de classification des personnes. Il y aurait ceux à qui cela est donné ; les autres, quoi qu'ils souhaitent, resteraient à l'écart. Mais cela contredit manifestement l'universalisme humaniste du christianisme. Bien sûr, le Christ décrit ici les différents états dans lesquels notre âme se trouve aux différents moments de notre vie. Il arrive qu'elle ressemble à la pierre ; nous devenons alors sourds à la parole de Dieu comme aux problèmes et aux besoins des autres et, finalement, nous ne pouvons même plus nous arracher à l'écran ou à la télévision—ou à tant d'autres choses—pour regarder combien le ciel est beau au-dessus de nous. Il ne reste qu'à supplier le Seigneur de nous délivrer de « l'insensibilité de pierre ». Il arrive que nous accueillions une personne en nous, mais seulement tant qu'elle est là, près de nous, à parler de ses problèmes ; loin des yeux, loin du cœur. Ce n'est que pendant de brefs instants de notre vie que nous sentons en nous la grâce de Dieu, lorsque des sens nouveaux s'ouvrent soudain dans la Parole et dans l'autre.
10 Quand il fut à l'écart, ceux de son entourage avec les Douze l'interrogeaient sur les paraboles. |
11 Et il leur disait : " A vous le mystère du Royaume de Dieu a été donné ; mais à ceux-là qui sont dehors tout arrive en paraboles, |
12 afin qu'ils aient beau regarder et ils ne voient pas, qu'ils aient beau entendre et ils ne comprennent pas, de peur qu'ils ne se convertissent et qu'il ne leur soit pardonné. " |
13 Et il leur dit : " Vous ne saisissez pas cette parabole ? Et comment comprendrez-vous toutes les paraboles ? |
14 Le semeur, c'est la Parole qu'il sème. |
15 Ceux qui sont au bord du chemin où la Parole est semée, sont ceux qui ne l'ont pas plus tôt entendue que Satan arrive et enlève la Parole semée en eux. |
16 Et de même ceux qui sont semés sur les endroits rocheux, sont ceux qui, quand ils ont entendu la Parole, l'accueillent aussitôt avec joie, |
17 mais ils n'ont pas de racine en eux-mêmes et sont les hommes d'un moment: survienne ensuite une tribulation ou une persécution à cause de la Parole, aussitôt ils succombent. |
18 Et il y en a d'autres qui sont semés dans les épines; ce sont ceux qui ont entendu la Parole, |
19 mais les soucis du monde, la séduction de la richesse et les autres convoitises les pénètrent et étouffent la Parole, qui demeure sans fruit. |
20 Et il y a ceux qui ont été semés dans la bonne terre : ceux-là écoutent la Parole, l'accueillent et portent du fruit, l'un trente, l'autre soixante, l'autre cent. " |
21 Et il leur disait : " Est-ce que la lampe vient pour qu'on la mette sous le boisseau ou sous le lit ? N'est-ce pas pour qu'on la mette sur le lampadaire ? |
22 Car il n'y a rien de caché qui ne doive être manifesté et rien n'est demeuré secret que pour venir au grand jour. |
23 Si quelqu'un a des oreilles pour entendre, qu'il entende ! " |
L’association de l’explication de la parabole du semeur avec les derniers versets du quatrième chapitre de l’Évangile paraît quelque peu illogique. Elle apporte néanmoins une dimension supplémentaire indispensable à la compréhension de la parabole. Tôt ou tard, la manière dont la parole semée agit en nous et les fruits qu’elle produit deviendront manifestes. L’impression que nous faisons sur les autres et sur nous-mêmes deviendra sans importance et insignifiante. Ce qui deviendra manifeste, c’est la manière dont la Parole a agi en nous et dont nous l’avons aidée à croître et à se multiplier. Son œuvre ne peut passer inaperçue. Lorsqu’il est question de porter du fruit ne serait-ce qu’au décuple, il est absurde de supposer que personne ne le remarquera. Nous pouvons croire que personne ne remarquera ni ne comprendra jamais ce qui se passe en nous, mais ce qui est manifeste doit devenir manifeste. C’est précisément l’effet dont parlait saint Séraphin de Sarov lorsqu’il disait : « Acquiers l’Esprit Saint, et des milliers autour de toi seront sauvés. »
10 Quand il fut à l'écart, ceux de son entourage avec les Douze l'interrogeaient sur les paraboles. |
11 Et il leur disait : " A vous le mystère du Royaume de Dieu a été donné ; mais à ceux-là qui sont dehors tout arrive en paraboles, |
12 afin qu'ils aient beau regarder et ils ne voient pas, qu'ils aient beau entendre et ils ne comprennent pas, de peur qu'ils ne se convertissent et qu'il ne leur soit pardonné. " |
13 Et il leur dit : " Vous ne saisissez pas cette parabole ? Et comment comprendrez-vous toutes les paraboles ? |
14 Le semeur, c'est la Parole qu'il sème. |
15 Ceux qui sont au bord du chemin où la Parole est semée, sont ceux qui ne l'ont pas plus tôt entendue que Satan arrive et enlève la Parole semée en eux. |
16 Et de même ceux qui sont semés sur les endroits rocheux, sont ceux qui, quand ils ont entendu la Parole, l'accueillent aussitôt avec joie, |
17 mais ils n'ont pas de racine en eux-mêmes et sont les hommes d'un moment: survienne ensuite une tribulation ou une persécution à cause de la Parole, aussitôt ils succombent. |
18 Et il y en a d'autres qui sont semés dans les épines; ce sont ceux qui ont entendu la Parole, |
19 mais les soucis du monde, la séduction de la richesse et les autres convoitises les pénètrent et étouffent la Parole, qui demeure sans fruit. |
20 Et il y a ceux qui ont été semés dans la bonne terre : ceux-là écoutent la Parole, l'accueillent et portent du fruit, l'un trente, l'autre soixante, l'autre cent. " |
21 Et il leur disait : " Est-ce que la lampe vient pour qu'on la mette sous le boisseau ou sous le lit ? N'est-ce pas pour qu'on la mette sur le lampadaire ? |
22 Car il n'y a rien de caché qui ne doive être manifesté et rien n'est demeuré secret que pour venir au grand jour. |
23 Si quelqu'un a des oreilles pour entendre, qu'il entende ! " |
La parabole du semeur, l'une des plus connues parmi les paraboles du Seigneur Jésus-Christ, nous a été transmise par trois évangélistes, et c'est pourquoi elle revient plusieurs fois dans le cycle des lectures de l'Église. En premier lieu, cette parabole est importante pour nous par son contenu direct. Le Seigneur parle des raisons pour lesquelles nous ne répondons pas à l'appel de Dieu, à Sa parole qui nous est adressée. Et ces raisons sont telles qu'elles trouvent place dans la vie de presque tout homme. Il est frappant de voir avec quelle clarté le Seigneur voit la nature humaine... Pour le Créateur, bien sûr, c'est naturel. Mais il attire l'attention qu'Il donne l'explication de ces raisons aux apôtres, qui devront prêcher, et dont la parole sera reçue avec toutes les difficultés dont le Seigneur les avertit. Il est important pour les apôtres de le comprendre afin de ne pas tomber dans la tentation. À tous les auditeurs, le Seigneur propose la parabole sans commentaire, leur laissant la possibilité de se l'appliquer à eux-mêmes. Ce travail spirituel n'est pas toujours simple pour les hommes, mais si on l'accomplit, beaucoup de choses deviennent visibles. Et cela concerne non seulement les néophytes, mais tous les chrétiens. C'est précisément pourquoi les évangélistes ont inclus dans leurs récits non seulement la parabole, mais aussi son explication.
L'image de la semence, des semailles, employée à plusieurs reprises par le Christ et servant de symbole de Son ministère, est aussi très importante. Le trait caractéristique de cette image est que la semence ne germe pas tout de suite, qu'elle croît lentement et exige des soins. Cela nous délivre de la tentation de vouloir observer le processus de sa croissance en nous, en nous donnant la possibilité de nous concentrer sur Dieu Lui-même, et non sur ce qu'Il nous donnera. À la fin du passage d'aujourd'hui, le Seigneur souligne spécialement pour les disciples que la semence germera nécessairement, parce qu'il n'y a rien de caché qui ne doive devenir manifeste. Cette remarque, dite aux apôtres, est spécialement dirigée contre l'approche « technologique » de la croissance spirituelle.
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