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RÉFLEXIONS pour Ac 25:1-27

1 Trois jours après son arrivée dans la province, Festus monta de Césarée à Jérusalem.
2 Les grands prêtres et les notables juifs se constituèrent devant lui accusateurs de Paul. Lui présentant leur requête
3 contre celui-ci, ils sollicitaient comme une faveur qu’il fût transféré à Jérusalem ; ils préparaient un guet-apens pour le tuer en chemin.
4 Mais Festus répondit que Paul devait rester en prison à Césarée, que lui-même d’ailleurs allait partir tout de suite.
5 « Que ceux donc d’entre vous qui ont qualité, dit-il, descendent avec moi et, si cet homme est coupable en quelque manière, qu’ils le mettent en accusation. »
6 Après avoir passé chez eux huit à dix jours au plus, il descendit à Césarée et, siégeant au tribunal le lendemain, il fit amener Paul.
7 Quand celui-ci fut arrivé, les Juifs descendus de Jérusalem l’entourèrent, portant contre lui des accusations multiples et graves, qu’ils n’étaient pas capables de prouver.
8 Paul se défendait : « Je n’ai, disait-il, commis aucune faute contre la Loi des Juifs, ni contre le Temple, ni contre César. »
9 Voulant faire plaisir aux Juifs, Festus répondit à Paul : « Veux-tu monter à Jérusalem pour y être jugé làdessus en ma présence ? »
10 Mais Paul répliqua : « Je suis devant le tribunal de César ; c’est là que je dois être jugé. Je n’ai fait aucun tort aux Juifs, tu le sais très bien toi-même.
11 Mais si je suis réellement coupable, si j’ai commis quelque crime qui mérite la mort, je ne refuse pas de mourir. Si, par contre, il n’y a rien de fondé dans les accusations de ces gens-là contre moi, nul n’a le droit de me céder à eux. J’en appelle à César ! »
12 Alors Festus, après en avoir conféré avec son conseil, répondit : « Tu en appelles à César, tu iras devant César. »
13 Quelques jours plus tard, le roi Agrippa et Bérénice arrivèrent à Césarée et vinrent saluer Festus.
14 Comme leur séjour se prolongeait, Festus exposa au roi l’affaire de Paul : « Il y a ici, dit-il, un homme que Félix a laissé en captivité.
15 Pendant que j’étais à Jérusalem, les grands prêtres et les anciens des Juifs ont porté plainte à son sujet, demandant sa condamnation.
16 Je leur ai répondu que les Romains n’ont pas la coutume de céder un homme avant que, ayant été accusé, il ait eu ses accusateurs en face de lui et qu’on lui ait donné la possibilité de se défendre contre l’inculpation.
17 Ils sont donc venus ici avec moi, et, sans y apporter aucun délai, dès le lendemain, j’ai siégé à mon tribunal et fait amener l’homme.
18 Mis en sa présence, les accusateurs n’ont soulevé aucun grief concernant des forfaits que, pour ma part, j’aurais soupçonnés.
19 Ils avaient seulement avec lui je ne sais quelles contestations touchant leur religion à eux et touchant un certain Jésus, qui est mort, et que Paul affirme être en vie.
20 Pour moi, embarrassé devant un débat de ce genre, je lui ai demandé s’il voulait aller à Jérusalem pour y être jugé là-dessus.
21 Mais Paul ayant interjeté appel pour que son cas fût réservé au jugement de l’auguste empereur, j’ai ordonné de le garder jusqu’à ce que je l’envoie à César. »
22 Agrippa dit à Festus : « Je voudrais, moi aussi, entendre cet homme. » — « Demain, dit-il, tu l’entendras. »
23 Le lendemain donc, Agrippa et Bérénice vinrent en grande pompe et se rendirent à la salle d’audience, entourés des tribuns et des notabilités de la ville. Sur l’ordre de Festus, on amena Paul.
24 Festus dit alors : « Roi Agrippa et vous tous ici présents avec nous, vous voyez cet homme au sujet duquel la communauté juive tout entière est intervenue auprès de moi, tant à Jérusalem qu’ici, protestant à grands cris qu’il ne fallait pas le laisser vivre davantage.
25 Pour moi, j’ai reconnu qu’il n’a rien fait qui mérite la mort ; cependant, comme il en a lui-même appelé à l’auguste empereur, j’ai décidé de le lui envoyer.
26 Je n’ai rien de bien précis à écrire au Seigneur sur son compte ; c’est pourquoi je l’ai fait comparaître devant vous, devant toi surtout, roi Agrippa, afin qu’après cet interrogatoire j’aie quelque chose à écrire.
27 Il me paraît absurde, en effet, d’envoyer un prisonnier sans signifier en même temps les charges qui pèsent sur lui. »
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La lecture d'aujourd'hui nous aide à mieux comprendre pourquoi Paul s'est résolu à demander que son affaire soit examinée par le tribunal impérial, comme il en avait le droit en tant que citoyen romain (v. 11–12). Le tribunal de l'empereur ne semble pas le meilleur lieu pour trancher des différends concernant la Torah et les normes de la religion juive. Pourtant, c'est précisément lui que choisit l'apôtre. Et il justifie son choix de manière très convaincante : il n'a fait aucun mal à ses compatriotes et coreligionnaires et ne veut donc pas être livré au bon vouloir de ses accusateurs (v. 8–11). Ce refus s'explique évidemment en grande partie par le fait que Paul ne croyait tout simplement pas à l'impartialité du Sanhédrin, et il avait toutes les raisons de s'en méfier. Il pouvait même craindre d'être tué sans jugement. Pourtant, porter un différend purement religieux devant des juges étrangers à cette religion semble une démarche assez vaine. Mais justement, Paul ne considérait apparemment pas son désaccord avec ses compatriotes comme une question purement religieuse. Pour lui, le différend ne concernait pas la théologie, mais le Royaume, ouvert à tous, et non aux seuls membres de sa foi. Avant la venue du Christ dans le monde, la Torah et le Royaume appartenaient effectivement à un seul peuple sur terre ; désormais, la situation avait changé, et Paul le comprenait évidemment très bien. Là encore, il est parfaitement cohérent : si les païens peuvent accueillir le Christ et entrer dans le Royaume sans devenir juifs, les questions concernant le Christ et le Royaume, ainsi que tout ce qui s'y rapporte, peuvent aussi être soumises à leur examen. Il ne s'agissait plus de questions religieuses, qui ne concernaient effectivement que les Juifs eux-mêmes, mais de quelque chose de bien plus grand, qui concernait chacun. Paul estime, semble-t-il, que le rejet de son témoignage par la Synagogue, le Sanhédrin et la majorité de ses compatriotes ne lui ôte nullement sa valeur et ne prouve pas que l'apôtre ait tort. Si la poursuite du témoignage n'est possible que contre la volonté de la Synagogue et sous la protection du pouvoir romain, il faut donc profiter de cette protection et continuer à témoigner : c'est ce que fait Paul. Certes, le pouvoir romain n'avait que faire du témoignage sur le Royaume, si bien que de nouvelles persécutions pouvaient aussi être tout ce qui attendait Paul à Rome. Mais sa mission romaine était apparemment encore devant lui, tandis que sa mission à Jérusalem touchait à sa fin. Non, bien sûr, parce que l'apôtre n'avait plus rien à dire à ses compatriotes, mais parce qu'il ne s'y trouvait personne qui fût prêt à l'entendre.

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Pour Ac 25:1-27
1 Trois jours après son arrivée dans la province, Festus monta de Césarée à Jérusalem.
2 Les grands prêtres et les notables juifs se constituèrent devant lui accusateurs de Paul. Lui présentant leur requête
3 contre celui-ci, ils sollicitaient comme une faveur qu’il fût transféré à Jérusalem ; ils préparaient un guet-apens pour le tuer en chemin.
4 Mais Festus répondit que Paul devait rester en prison à Césarée, que lui-même d’ailleurs allait partir tout de suite.
5 « Que ceux donc d’entre vous qui ont qualité, dit-il, descendent avec moi et, si cet homme est coupable en quelque manière, qu’ils le mettent en accusation. »
6 Après avoir passé chez eux huit à dix jours au plus, il descendit à Césarée et, siégeant au tribunal le lendemain, il fit amener Paul.
7 Quand celui-ci fut arrivé, les Juifs descendus de Jérusalem l’entourèrent, portant contre lui des accusations multiples et graves, qu’ils n’étaient pas capables de prouver.
8 Paul se défendait : « Je n’ai, disait-il, commis aucune faute contre la Loi des Juifs, ni contre le Temple, ni contre César. »
9 Voulant faire plaisir aux Juifs, Festus répondit à Paul : « Veux-tu monter à Jérusalem pour y être jugé làdessus en ma présence ? »
10 Mais Paul répliqua : « Je suis devant le tribunal de César ; c’est là que je dois être jugé. Je n’ai fait aucun tort aux Juifs, tu le sais très bien toi-même.
11 Mais si je suis réellement coupable, si j’ai commis quelque crime qui mérite la mort, je ne refuse pas de mourir. Si, par contre, il n’y a rien de fondé dans les accusations de ces gens-là contre moi, nul n’a le droit de me céder à eux. J’en appelle à César ! »
12 Alors Festus, après en avoir conféré avec son conseil, répondit : « Tu en appelles à César, tu iras devant César. »
13 Quelques jours plus tard, le roi Agrippa et Bérénice arrivèrent à Césarée et vinrent saluer Festus.
14 Comme leur séjour se prolongeait, Festus exposa au roi l’affaire de Paul : « Il y a ici, dit-il, un homme que Félix a laissé en captivité.
15 Pendant que j’étais à Jérusalem, les grands prêtres et les anciens des Juifs ont porté plainte à son sujet, demandant sa condamnation.
16 Je leur ai répondu que les Romains n’ont pas la coutume de céder un homme avant que, ayant été accusé, il ait eu ses accusateurs en face de lui et qu’on lui ait donné la possibilité de se défendre contre l’inculpation.
17 Ils sont donc venus ici avec moi, et, sans y apporter aucun délai, dès le lendemain, j’ai siégé à mon tribunal et fait amener l’homme.
18 Mis en sa présence, les accusateurs n’ont soulevé aucun grief concernant des forfaits que, pour ma part, j’aurais soupçonnés.
19 Ils avaient seulement avec lui je ne sais quelles contestations touchant leur religion à eux et touchant un certain Jésus, qui est mort, et que Paul affirme être en vie.
20 Pour moi, embarrassé devant un débat de ce genre, je lui ai demandé s’il voulait aller à Jérusalem pour y être jugé là-dessus.
21 Mais Paul ayant interjeté appel pour que son cas fût réservé au jugement de l’auguste empereur, j’ai ordonné de le garder jusqu’à ce que je l’envoie à César. »
22 Agrippa dit à Festus : « Je voudrais, moi aussi, entendre cet homme. » — « Demain, dit-il, tu l’entendras. »
23 Le lendemain donc, Agrippa et Bérénice vinrent en grande pompe et se rendirent à la salle d’audience, entourés des tribuns et des notabilités de la ville. Sur l’ordre de Festus, on amena Paul.
24 Festus dit alors : « Roi Agrippa et vous tous ici présents avec nous, vous voyez cet homme au sujet duquel la communauté juive tout entière est intervenue auprès de moi, tant à Jérusalem qu’ici, protestant à grands cris qu’il ne fallait pas le laisser vivre davantage.
25 Pour moi, j’ai reconnu qu’il n’a rien fait qui mérite la mort ; cependant, comme il en a lui-même appelé à l’auguste empereur, j’ai décidé de le lui envoyer.
26 Je n’ai rien de bien précis à écrire au Seigneur sur son compte ; c’est pourquoi je l’ai fait comparaître devant vous, devant toi surtout, roi Agrippa, afin qu’après cet interrogatoire j’aie quelque chose à écrire.
27 Il me paraît absurde, en effet, d’envoyer un prisonnier sans signifier en même temps les charges qui pèsent sur lui. »
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Le procurateur Festus a défini avec assez de précision le fond du conflit de Paul avec les Juifs. Il s'agit du culte rendu à Dieu et d'un certain...  Lire la suite

Le procurateur Festus a défini avec assez de précision le fond du conflit de Paul avec les Juifs. Il s'agit du culte rendu à Dieu et d'un certain Jésus mort, dont Paul affirme qu'Il est vivant. Paul lui-même dit à plusieurs reprises dans ses lettres qu'il souffre pour le nom du Seigneur Jésus, pour le message de Sa résurrection. Sur le fond d'une compréhension aussi claire du problème par le procurateur, la position de Paul, qui veut porter cette question devant le jugement de César, paraît quelque peu étrange. L'empereur romain possède-t-il donc aux yeux de Paul une telle autorité qu'il puisse juger si Jésus est vivant ou non, si la foi de Paul et de tous les chrétiens est vaine ou non?

Bien sûr, on peut dire que le tribunal impérial n'est qu'un prétexte pour parvenir sous la garde des soldats jusqu'à Rome et y prêcher la Bonne Nouvelle. Si tel est le cas, nous devons apprendre de Paul l'art d'utiliser les circonstances de la vie pour accomplir notre vocation. Mais il est possible aussi que l'idée d'un jugement humain sur la vérité de l'Évangile ne soit pas si absurde. En effet, quelques années seulement après l'arrivée de Paul à Rome, des milliers d'habitants de la capitale, depuis les patriciens jusqu'aux esclaves, rendirent leur verdict dans cette affaire en recevant le baptême et le martyre pour la vérité de la Résurrection.

Aujourd'hui encore, l'Évangile ne s'impose à personne. Il exige encore et encore notre jugement sur lui: une décision personnelle et concrète sur la question de savoir si Jésus, mort, est vivant, et si Son serviteur Paul a raison.

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Pour Ac 25:1-12
1 Trois jours après son arrivée dans la province, Festus monta de Césarée à Jérusalem.
2 Les grands prêtres et les notables juifs se constituèrent devant lui accusateurs de Paul. Lui présentant leur requête
3 contre celui-ci, ils sollicitaient comme une faveur qu’il fût transféré à Jérusalem ; ils préparaient un guet-apens pour le tuer en chemin.
4 Mais Festus répondit que Paul devait rester en prison à Césarée, que lui-même d’ailleurs allait partir tout de suite.
5 « Que ceux donc d’entre vous qui ont qualité, dit-il, descendent avec moi et, si cet homme est coupable en quelque manière, qu’ils le mettent en accusation. »
6 Après avoir passé chez eux huit à dix jours au plus, il descendit à Césarée et, siégeant au tribunal le lendemain, il fit amener Paul.
7 Quand celui-ci fut arrivé, les Juifs descendus de Jérusalem l’entourèrent, portant contre lui des accusations multiples et graves, qu’ils n’étaient pas capables de prouver.
8 Paul se défendait : « Je n’ai, disait-il, commis aucune faute contre la Loi des Juifs, ni contre le Temple, ni contre César. »
9 Voulant faire plaisir aux Juifs, Festus répondit à Paul : « Veux-tu monter à Jérusalem pour y être jugé làdessus en ma présence ? »
10 Mais Paul répliqua : « Je suis devant le tribunal de César ; c’est là que je dois être jugé. Je n’ai fait aucun tort aux Juifs, tu le sais très bien toi-même.
11 Mais si je suis réellement coupable, si j’ai commis quelque crime qui mérite la mort, je ne refuse pas de mourir. Si, par contre, il n’y a rien de fondé dans les accusations de ces gens-là contre moi, nul n’a le droit de me céder à eux. J’en appelle à César ! »
12 Alors Festus, après en avoir conféré avec son conseil, répondit : « Tu en appelles à César, tu iras devant César. »
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Festus, représentant investi des pleins pouvoirs de l’autorité terrestre, et qui plus est étrangère, reconnaît comme légitime le désir de Paul de comparaître devant...  Lire la suite

Festus, représentant investi des pleins pouvoirs de l’autorité terrestre, et qui plus est étrangère, reconnaît comme légitime le désir de Paul de comparaître devant le tribunal impérial à Rome. Paul en appelle à la justice terrestre, qui s’exprime dans les lois de l’État, et cela ne contredit pas l’image de lui qui se dégage de ses épîtres et du livre des Actes des Apôtres.

Mais après Paul, et même à notre époque, tous les chrétiens ne sont pas certains qu’il soit permis à des hommes spirituels, tendus vers le monde d’en haut, d’agir ainsi. Tout en reconnaissant que Paul a raison, ces personnes jugent peu humble de l’imiter lorsqu’il défend ses propres droits. Pourtant, si nous acceptons de rendre à César ce qui est à César, pourvu qu’il ne prétende pas à davantage, il en découle que nous devons respecter les lois établies par César.

Défendre ses droits paraît à beaucoup une manifestation d’orgueil. L’orgueil peut bien sûr s’y mêler, comme il peut se mêler à bien d’autres actes humains, mais l’exercice de ses droits est une norme naturelle, et nous pouvons affirmer que Paul l’a sanctionné. Et si une loi raisonnable vise le bien des sujets de César, n’y aurait-t-il pas une prétentieuse arrogance à refuser de profiter d’une telle loi ?

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Pour Ac 25:10-11
10 Mais Paul répliqua : « Je suis devant le tribunal de César ; c’est là que je dois être jugé. Je n’ai fait aucun tort aux Juifs, tu le sais très bien toi-même.
11 Mais si je suis réellement coupable, si j’ai commis quelque crime qui mérite la mort, je ne refuse pas de mourir. Si, par contre, il n’y a rien de fondé dans les accusations de ces gens-là contre moi, nul n’a le droit de me céder à eux. J’en appelle à César ! »
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Paul achève définitivement toutes ses affaires à Jérusalem et réclame le tribunal de l'empereur, auquel il avait droit comme citoyen romain. Extérieurement, une telle décision ressemble à une capitulation. En effet, l'apôtre renonce à défendre son bon droit devant le Sanhédrin...  Lire la suite

Paul achève définitivement toutes ses affaires à Jérusalem et réclame le tribunal de l'empereur, auquel il avait droit comme citoyen romain. Extérieurement, une telle décision ressemble à une capitulation. En effet, l'apôtre renonce à défendre son bon droit devant le Sanhédrin, refuse aux représentants du peuple auquel il appartient le droit de le juger. Il use de son droit de citoyen romain pour écarter tout tribunal sauf celui de l'empereur.

Du point de vue de la Halakha, une telle décision était une violation évidente des normes de la Torah et de la Halakha elle-même: la Halakha interdit aux Juifs de recourir aux tribunaux des païens lorsqu'il s'agit de questions religieuses. L'homme qui agit ainsi se place hors de la communauté juive; il s'ensuit d'ordinaire une exclusion de la Synagogue. Mais le fait est que Paul n'avait pas l'intention d'agir partout et toujours selon les normes de la Halakha. Bien sûr, il la connaissait parfaitement, du moins dans la forme où elle existait à ce moment: son apprentissage « aux pieds de Gamaliel » n'avait pas été vain. Mais la Halakha n'était pas pour lui une loi incontestable. On le comprend: la Halakha n'est pas la Torah. Elle n'est qu'une législation fondée sur la Torah.

La Torah n'est pas seulement une législation; elle est la description des lois spirituelles qui déterminent les relations de l'homme avec Dieu. La Torah est une réalité spirituelle, bien qu'elle ait engendré une puissante tradition religieuse; la Halakha est une réalité purement religieuse. Or la religion, après la rencontre avec le Christ ressuscité sur la route de Damas, n'était pas pour Paul quelque chose d'absolu. Il ne renonçait certes pas à la tradition religieuse dans laquelle il avait grandi, mais il ne l'absolutisait pas. Il ne voyait donc aucun sens à suivre cette même Halakha à n'importe quel prix.

Il était venu à Jérusalem pour y témoigner du Royaume, et l'apôtre avait accompli cette tâche, en manquant de devenir victime de fanatiques religieux. Il n'avait plus rien à faire à Jérusalem. Jouer selon les règles religieuses n'avait aucun sens pour Paul. Lui-même savait parfaitement qu'il n'avait commis aucun crime ni contre son peuple, ni contre sa religion, ni contre Jérusalem, ni contre le Temple. Mais il comprenait parfaitement qu'il n'aurait rien prouvé au Sanhédrin, par exemple.

Et il n'y avait déjà plus de sens à prouver quoi que ce soit à personne à Jérusalem: en fin de compte, ce ne sont ni le sacerdoce du Temple, ni le Sanhédrin, ni les chefs de synagogue qui dirigent le Royaume dont Paul est devenu habitant après la rencontre sur la route de Damas. Et s'il fallait choisir entre les pouvoirs terrestres celui entre les mains duquel se remettre, le pouvoir civil paraissait préférable au pouvoir religieux: au moins n'avait-il pas, à l'égard des questions religieuses, le fanatisme de beaucoup de représentants du Sanhédrin et de l'élite du Temple. Et Paul choisit le tribunal de l'empereur. Et il part pour Rome.

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Pour Ac 25:13-27
13 Quelques jours plus tard, le roi Agrippa et Bérénice arrivèrent à Césarée et vinrent saluer Festus.
14 Comme leur séjour se prolongeait, Festus exposa au roi l’affaire de Paul : « Il y a ici, dit-il, un homme que Félix a laissé en captivité.
15 Pendant que j’étais à Jérusalem, les grands prêtres et les anciens des Juifs ont porté plainte à son sujet, demandant sa condamnation.
16 Je leur ai répondu que les Romains n’ont pas la coutume de céder un homme avant que, ayant été accusé, il ait eu ses accusateurs en face de lui et qu’on lui ait donné la possibilité de se défendre contre l’inculpation.
17 Ils sont donc venus ici avec moi, et, sans y apporter aucun délai, dès le lendemain, j’ai siégé à mon tribunal et fait amener l’homme.
18 Mis en sa présence, les accusateurs n’ont soulevé aucun grief concernant des forfaits que, pour ma part, j’aurais soupçonnés.
19 Ils avaient seulement avec lui je ne sais quelles contestations touchant leur religion à eux et touchant un certain Jésus, qui est mort, et que Paul affirme être en vie.
20 Pour moi, embarrassé devant un débat de ce genre, je lui ai demandé s’il voulait aller à Jérusalem pour y être jugé là-dessus.
21 Mais Paul ayant interjeté appel pour que son cas fût réservé au jugement de l’auguste empereur, j’ai ordonné de le garder jusqu’à ce que je l’envoie à César. »
22 Agrippa dit à Festus : « Je voudrais, moi aussi, entendre cet homme. » — « Demain, dit-il, tu l’entendras. »
23 Le lendemain donc, Agrippa et Bérénice vinrent en grande pompe et se rendirent à la salle d’audience, entourés des tribuns et des notabilités de la ville. Sur l’ordre de Festus, on amena Paul.
24 Festus dit alors : « Roi Agrippa et vous tous ici présents avec nous, vous voyez cet homme au sujet duquel la communauté juive tout entière est intervenue auprès de moi, tant à Jérusalem qu’ici, protestant à grands cris qu’il ne fallait pas le laisser vivre davantage.
25 Pour moi, j’ai reconnu qu’il n’a rien fait qui mérite la mort ; cependant, comme il en a lui-même appelé à l’auguste empereur, j’ai décidé de le lui envoyer.
26 Je n’ai rien de bien précis à écrire au Seigneur sur son compte ; c’est pourquoi je l’ai fait comparaître devant vous, devant toi surtout, roi Agrippa, afin qu’après cet interrogatoire j’aie quelque chose à écrire.
27 Il me paraît absurde, en effet, d’envoyer un prisonnier sans signifier en même temps les charges qui pèsent sur lui. »
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Le comportement de Festus nous révèle son caractère. Nous voyons un homme capable de sentir la conjoncture et disposé...  Lire la suite

Le comportement de Festus nous révèle son caractère. Nous voyons un homme capable de sentir la conjoncture et disposé à entretenir de bonnes relations avec des personnages influents, même lorsqu'ils dépendent formellement de lui, comme les Juifs soumis à Rome. Festus aurait fort bien pu étouffer cette affaire embarrassante en livrant Paul à ses accusateurs pour qu'ils le mettent à mort ; il existe d'ailleurs bien des moyens de faire périr un homme et de se débarrasser ainsi de lui, et donc aussi d'un problème insoluble. Mais Festus n'agit pas ainsi. Il est difficile de dire s'il reçut, ne serait-ce qu'en partie, la prédication de Paul ; quoi qu'il en soit, il n'avait pas entièrement perdu le sens du devoir et de la loi, et traita donc Paul conformément aux normes du droit romain.

Le cœur humain se tient très souvent en équilibre à la frontière du bien et du mal. Il arrive qu'un homme apparemment bon ne parvienne pas à rester sur cette ligne et glisse dans les bras du mal. Mais il arrive aussi que ce soit l'inverse...

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Pour Ac 25:18-19
18 Mis en sa présence, les accusateurs n’ont soulevé aucun grief concernant des forfaits que, pour ma part, j’aurais soupçonnés.
19 Ils avaient seulement avec lui je ne sais quelles contestations touchant leur religion à eux et touchant un certain Jésus, qui est mort, et que Paul affirme être en vie.
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Les représentants du pouvoir romain, comme tous les païens de l'Empire romain qui n'avaient aucun lien avec la Synagogue et ne s'intéressaient pas spécialement au judaïsme, avaient...  Lire la suite

Les représentants du pouvoir romain, comme tous les païens de l'Empire romain qui n'avaient aucun lien avec la Synagogue et ne s'intéressaient pas spécialement au judaïsme, avaient une idée très vague des choses si importantes pour le monde juif. Tous étaient des gens séculiers et comprenaient peu, ou pas du tout, les subtilités de la religion juive.

La seule chose qui attira l'attention générale fut l'intrigue autour de Jésus Lui-même: on L'avait exécuté, et voilà que surgit un homme affirmant L'avoir vu vivant, et il n'était pas le seul, apparemment. Commencer une prédication dans un tel contexte d'affaire criminelle et aventureuse n'était pas simple: la prédication du Royaume commençait par une histoire presque policière, du moins dans la perception des auditeurs. Mais c'était tout de même une possibilité de témoignage, et Paul ne la perd pas. On lui propose de parler, et il témoigne. C'est l'une des caractéristiques de tout serviteur de Dieu, et spécialement de l'apôtre: il est toujours occupé d'une seule chose.

Tout le reste, les lieux différents, les tribunes différentes, les situations différentes permettant de s'exprimer, ne sont que des formes pour l'affaire principale. Même devant le tribunal, Paul parle d'une seule chose: du Royaume. Tout le reste n'a pas de sens pour lui. Il semblerait qu'un tel homme doive inévitablement se transformer en fanatique d'une seule idée ou d'une seule pensée, obsédé par elle. Et cela arrive réellement lorsque le service devient pour l'homme une fonction, quelque chose dont il s'occupe, quelque chose qu'il fait.

Le service devenu activité est un grave danger spirituel pour chacun. Seul peut éviter ce danger celui qui, comme Paul et beaucoup d'autres véritables serviteurs, vit de ce qu'il fait. Pour un tel serviteur, son service n'est ni activité ni travail, même si les signes extérieurs peuvent rappeler l'un et l'autre, mais le mode même de sa propre existence. Comme dirait un philosophe, un mode anthropologique de l'être.

Plus simplement, l'homme fait ceci ou cela non parce qu'il doit, parce qu'il y est obligé, parce qu'il a promis quelque chose à Dieu ou aux hommes, mais parce qu'il n'a pas d'autre manière d'exister dans ce monde. Alors la force de conviction demeure, et le fanatisme n'apparaît pas: il naît d'ordinaire précisément de la rupture entre l'activité extérieure, le fonctionnement, et cette Vie profonde qui seule mérite d'être écrite avec une majuscule. Celle où sont Dieu et le Royaume. Or Paul a toujours vécu ainsi; et lorsqu'il ne vivait pas ainsi, il tendait vers une telle vie. C'est pourquoi il est devenu serviteur de Dieu et véritable témoin du Royaume.

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Pour Ac 25:19
19 Ils avaient seulement avec lui je ne sais quelles contestations touchant leur religion à eux et touchant un certain Jésus, qui est mort, et que Paul affirme être en vie.
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Ce sont les paroles d'un fonctionnaire romain incroyant qui rapporte ce qui se passe. C'est ainsi qu'il perçoit la situation liée à l'arrestation de l'apôtre Paul....  Lire la suite

Ce sont les paroles d'un fonctionnaire romain incroyant qui rapporte ce qui se passe. C'est ainsi qu'il perçoit la situation liée à l'arrestation de l'apôtre Paul. Et c'est très caractéristique d'un homme d'appareil : près de lui se produisent des événements étonnants ; s'il les prenait au sérieux, toute sa représentation de la vie pourrait changer ; mais il ne se donne pas la peine d'y entrer, il a des occupations plus importantes : rendre un bon rapport à ses supérieurs, « sauver la face » devant ses subordonnés et manifester ainsi sa compétence et son caractère indispensable.

Certes, tout homme « de ce monde » a droit à une telle position, mais la tâche des chrétiens est de percer jusqu'à de telles personnes avec la bonne nouvelle, de percer en témoignant de la résurrection du Christ par la parole et par la vie, car c'est précisément cela que le Seigneur a commandé à Son Église.

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