9 Ah ! je vivais jadis sans la Loi ; mais quand le précepte est survenu, le péché a pris vie |
10 tandis que moi je suis mort, et il s’est trouvé que le précepte fait pour la vie me conduisit à la mort. |
11 Car le péché saisit l’occasion et, utilisant le précepte, me séduisit et par son moyen me tua. |
Paul attire l'attention sur la situation paradoxale dans laquelle se trouve quiconque veut suivre la Loi. Le péché, à ce qu'il apparaît, ne se manifeste, ne « revit », que lorsque la Loi apparaît dans la vie de l'homme. Il s'agit, bien sûr, non seulement et pas tant de la Loi extérieure que de la Loi intérieure.
En prenant conscience de la Loi comme d'un impératif intérieur, spirituel et moral, l'homme consciencieux et honnête envers lui-même tente naturellement de la suivre. C'est là que sa propre nature pécheresse se révèle dans toute sa plénitude. Tant qu'il s'agit de l'extérieur, d'un code juridique ou même moral, celui qui le suit ne rencontre que des péchés concrets, dont il espère se débarrasser avec le temps et apprendre à observer les commandements, qui lui paraissent n'être que des règles de vie juste.
Mais lorsque la Loi est comprise précisément comme un impératif intérieur, spirituel et moral, comme quelque chose qui doit déterminer entièrement la vie de l'homme, chacune de ses minutes et chacun de ses pas, il apparaît qu'il ne s'agit pas de péchés isolés dont on peut se défaire comme on se défait des défauts de son propre caractère, mais d'une corruption fondamentale de la nature humaine elle-même.
Et désormais cette corruption cesse d'être une abstraction théologique et devient un obstacle intérieur parfaitement concret. Plus l'homme cherche à s'unir à l'axe intérieur ressenti par tout son être, plus se manifeste le chaos qui le sépare du but. La justice, qui paraissait si proche, devient inaccessible, et plus on s'en approche, plus l'obstacle devient infranchissable.
Le chaos de l'existence pécheresse ne fait que s'accroître sur fond de Loi intérieure, comme l'écho dans une caverne de montagne multiplie la cacophonie. Plus l'homme est proche de la Loi intérieure, plus le péché devient mortel. Le commandement devient comme l'instrument dont le péché se sert pour faire mourir spirituellement l'homme, pour détruire toute sa vie, « ayant saisi l'occasion par le commandement, il m'a séduit et par lui m'a fait mourir », comme la traduction synodale rend les paroles correspondantes de l'apôtre. Mais il ne s'agit évidemment pas de l'extérieur ou de l'intérieur, mais de la corruption de la nature humaine, dont ni Dieu ni la Loi qu'Il a donnée ne sont certainement responsables.
9 Ah ! je vivais jadis sans la Loi ; mais quand le précepte est survenu, le péché a pris vie |
10 tandis que moi je suis mort, et il s’est trouvé que le précepte fait pour la vie me conduisit à la mort. |
11 Car le péché saisit l’occasion et, utilisant le précepte, me séduisit et par son moyen me tua. |
Paul attire l'attention sur la situation paradoxale dans laquelle se trouve quiconque veut suivre la Loi. Le péché, semble-t-il, ne se manifeste et ne « reprend vie » que lorsque la Loi apparaît dans la vie de l'homme. Il est ici question, bien sûr, non seulement et non pas tant de la Loi extérieure que de la Loi intérieure.
En prenant conscience de la Loi comme d'un impératif spirituel et moral intérieur, l'homme consciencieux et honnête envers lui-même essaie naturellement de la suivre. C'est alors que sa propre condition pécheresse se révèle dans toute sa plénitude. Tant qu'il s'agit d'un code extérieur, juridique ou même moral, celui qui l'accomplit n'affronte que des péchés concrets, dont il espère se débarrasser avec le temps en apprenant à observer les commandements, qui ne lui paraissent être que des règles de vie juste. Mais lorsque la Loi est comprise précisément comme un impératif intérieur, spirituel et moral, comme quelque chose qui doit déterminer entièrement la vie de l'homme, chacune de ses minutes et chacun de ses pas, il apparaît qu'il ne s'agit pas de péchés isolés dont on peut se débarrasser comme on se débarrasse des défauts de son propre caractère, mais de la détérioration fondamentale de la nature humaine elle-même.
Et maintenant cette détérioration cesse d'être une abstraction théologique et devient un obstacle intérieur tout à fait concret. Plus l'homme cherche à s'unir à l'axe intérieur ressenti par tout son être, plus se manifeste le chaos qui le sépare du but. La justice qui semblait si proche se révèle inaccessible, et plus on s'en approche, plus la barrière devient insurmontable. Le chaos de l'existence pécheresse ne fait que s'amplifier sur le fond de la Loi intérieure, de même que l'écho dans une grotte de montagne amplifie plusieurs fois la cacophonie. Plus l'homme est proche de la Loi intérieure, plus le péché se révèle mortel. Le commandement devient comme l'instrument dont le péché se sert pour faire mourir spirituellement l'homme et détruire toute sa vie, « prenant occasion du commandement, il m'a séduit et par lui m'a fait mourir », comme la traduction synodale transmet les paroles correspondantes de l'apôtre. Mais le problème, bien sûr, ne tient ni à l'extérieur ni à l'intérieur, mais à la corruption même de la nature humaine, dont ni Dieu ni la Loi donnée par lui ne sont assurément coupables.
11 Car le péché saisit l’occasion et, utilisant le précepte, me séduisit et par son moyen me tua. |
Lorsque des parents inculquent à leurs enfants: « Aide ta grand-mère, balaie le sol » ou « Tu ne peux pas jouer tant que tu n'as pas fait tes devoirs », il est peu probable qu'ils aient pour but de transformer le balayage du sol ou les devoirs en occupation quotidienne et principale. Leur but n'est pas du tout là. Ce qu'ils veulent surtout transmettre aux enfants, c'est un système de priorités, la compréhension de ce qui est moins important et de ce qui l'est davantage: en particulier, que balayer le sol est l'une des manières d'aider sa grand-mère, et qu'étudier est plus important que se divertir, car l'instruction les aidera plus tard à nourrir leurs propres enfants. Dans l'idéal, nous espérons que nos enfants devenus grands, ayant assimilé le système de valeurs qu'ils reçoivent de nos interdictions et de nos encouragements, apprendront eux-mêmes à déterminer comment aider maintenant de la meilleure manière celui qui a besoin d'aide. Et cela non pas seulement parce qu'un jour nous ne serons plus auprès d'eux, mais simplement parce que nous voulons que leur personne grandisse dans la plénitude de la liberté et de la responsabilité.
Imaginons maintenant une telle situation: le petit-fils devenu grand vient chez sa grand-mère qui l'attend avec impatience; mais au lieu de s'asseoir et de parler avec elle, d'écouter ses plaintes au sujet de sa santé et de lui raconter sa vie, il commence à faire la vaisselle, à ranger, etc. On ne peut pas dire que ce soit mal: il semble bien l'aider. Pourtant, en réalité, l'importance et la valeur de sa venue pour elle ne résident pas du tout là; elle attendait de lui quelque chose de tout autre: une participation et un soutien. Et qu'en résulte-t-il? Une grand-mère attristée et un petit-fils blessé par son ingratitude.
Et nous voyons ici comment une disposition importante et juste, destinée à renforcer le lien entre les générations, devient entre elles un mur sourd. En un certain sens, c'est cela que l'apôtre Paul a en vue lorsqu'il dit que « le péché, prenant occasion du commandement, m'a séduit et par lui m'a fait mourir ». Cela, au fond, n'abolit pas la sainteté du commandement lui-même, mais nous montre avec quelle facilité, en déformant son essence, on peut transformer ce qui est saint en péché.
7 Qu’est-ce à dire ? Que la Loi est péché ? Certes non ! Seulement je n’ai connu le péché que par la Loi. Et, de fait, j’aurais ignoré la convoitise si la Loi n’avait dit : Tu ne convoiteras pas !
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8 Mais, saisissant l’occasion, le péché par le moyen du précepte produisit en moi toute espèce de convoitise : car sans la Loi le péché n’est qu’un mort. |
9 Ah ! je vivais jadis sans la Loi ; mais quand le précepte est survenu, le péché a pris vie |
10 tandis que moi je suis mort, et il s’est trouvé que le précepte fait pour la vie me conduisit à la mort. |
11 Car le péché saisit l’occasion et, utilisant le précepte, me séduisit et par son moyen me tua. |
12 La Loi, elle, est donc sainte, et saint le précepte, et juste et bon. |
Poursuivant sa réflexion sur la Torah et son autorité sur les vivants et les morts, Paul se pose la question suivante : si la Torah révèle à l’homme ses péchés, cela signifie-t-il qu’elle devient elle-même la cause du péché (v. 7) ? À cette question l’apôtre répond par la négative, car la Torah ne produit pas le péché ; elle ne fait que le signaler à celui qui cherche à observer le commandement. Il attire l’attention sur le caractère paradoxal du chemin du juste : pour parvenir au Royaume et recevoir la plénitude de la vie, il doit passer par la mort. Pour Paul, la Torah est moins une nourriture qu’un remède, et même un remède radical. Elle peut tuer l’homme qui vit dans le péché (v. 9-11). Mais le péché, de toute façon, tue l’homme ; la mesure de vie qu’il laisse à l’homme déchu ne peut être appelée vie qu’en partie.
Il ne s’agit pas seulement de la vie spirituelle, des relations de l’homme avec Dieu, mais aussi de la vie physique, qui approche inexorablement de sa fin précisément à cause de sa corruption par le péché. L’apôtre revient de nouveau au thème de la mort, qui peut être aussi bien un départ vers le shéol qu’un passage vers le Royaume. Mais si la mort comme départ vers le shéol est un processus naturel qui dépend peu de l’homme, la mort qui mène au Royaume lui est ouverte : il suffit de suivre la Torah, en permettant à Dieu, par cet instrument, de le guérir du péché.
Un tel remède semblerait plutôt capable de tuer que de guérir ; mais si le couteau se trouve dans la main de Dieu, il cesse d’être un instrument de mort et devient le scalpel dans la main du chirurgien, n’apportant plus la mort mais la guérison. Ainsi la Torah devient, dans la main de Dieu, un instrument qui guérit l’homme ; on peut bien sûr l’éviter, mais alors il faudra aussi renoncer au Royaume. Comme on le voit, même la vie que Dieu remet entre ses mains ne peut venir en aide à l’homme déchu : elle ne fait que le tuer. Mais entre les mains de Dieu, même la mort par laquelle il retranche le péché au moyen de sa Torah devient vivifiante, ouvrant au guéri la route du Royaume. C’est pourquoi l’apôtre appelle la Torah et le commandement saints et bons pour l’homme : ils sont bons comme tout instrument qui aide l’homme à recevoir la plénitude de la vie, et ils sont sanctifiés comme tout ce que Dieu touche.
1 Ou bien ignorez-vous, frères — je parle à des experts en fait de loi — que la loi ne s’impose à l’homme que durant sa vie ? |
2 C’est ainsi que la femme mariée est liée par la loi au mari tant qu’il est vivant ; mais si l’homme meurt, elle se trouve dégagée de la loi du mari. |
3 C’est donc du vivant de son mari qu’elle portera le nom d’adultère, si elle devient la femme d’un autre ; mais en cas de mort du mari, elle est si bien affranchie de la loi qu’elle n’est pas adultère en devenant la femme d’un autre. |
4 Ainsi, mes frères, vous de même vous avez été mis à mort à l’égard de la Loi par le corps du Christ pour appartenir à un autre, à Celui qui est ressuscité d’entre les morts, afin que nous fructifiions pour Dieu. |
5 De fait, quand nous étions dans la chair, les passions pécheresses qui se servent de la Loi opéraient en nos membres afin que nous fructifiions pour la mort. |
6 Mais à présent nous avons été dégagés de la Loi, étant morts à ce qui nous tenait prisonniers, de manière à servir dans la nouveauté de l’esprit et non plus dans la vétusté de la lettre. |
7 Qu’est-ce à dire ? Que la Loi est péché ? Certes non ! Seulement je n’ai connu le péché que par la Loi. Et, de fait, j’aurais ignoré la convoitise si la Loi n’avait dit : Tu ne convoiteras pas !
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8 Mais, saisissant l’occasion, le péché par le moyen du précepte produisit en moi toute espèce de convoitise : car sans la Loi le péché n’est qu’un mort. |
9 Ah ! je vivais jadis sans la Loi ; mais quand le précepte est survenu, le péché a pris vie |
10 tandis que moi je suis mort, et il s’est trouvé que le précepte fait pour la vie me conduisit à la mort. |
11 Car le péché saisit l’occasion et, utilisant le précepte, me séduisit et par son moyen me tua. |
12 La Loi, elle, est donc sainte, et saint le précepte, et juste et bon. |
13 Une chose bonne serait-elle donc devenue mort pour moi ? Certes non ! Mais c’est le péché, lui, qui, afin de paraître péché, se servit d’une chose bonne pour me procurer la mort, afin que le péché exerçât toute sa puissance de péché par le moyen du précepte. |
Le raisonnement de Paul est tout de même intéressant. C'est la Loi, voyez-vous, qui l'a poussé au péché. Audacieux, n'est-ce pas ? Essayons pourtant de comprendre ce que Paul veut dire. Premièrement, il faut commencer par reconnaître que ces paroles expriment l'expérience personnelle d'un homme, le récit de ce qui lui est arrivé avant sa rencontre avec le Christ sur le chemin de Damas. Peut-être est-ce le fruit de ses réflexions sur la manière dont il en était arrivé là ; et pas seulement de réflexions, mais aussi de la prière : il demandait à Dieu de lui montrer les causes de ses péchés, afin de mieux comprendre où travailler pour les déraciner. Deuxièmement, ce raisonnement n'est vraiment pas si insensé. Nous pouvons imaginer un enfant qui fait quelque chose sans avoir encore appris que c'est « mal ». Il n'y a là aucune faute de sa part : peut-être est-ce simplement de la curiosité. Mais dès qu'on lui a dit qu'il ne faut pas agir ainsi, une certaine responsabilité lui incombe. Il sait désormais qu'il ne devrait pas le faire ; s'il le fait quand même, il y a donc bien une faute de sa part. Et c'est là que commence le péché : faire consciemment ce dont on sait qu'il vaudrait mieux s'abstenir, choisir consciemment le fruit défendu. Si l'on tient compte du fait que l'éducation inculque à presque chacun au moins les rudiments de la morale, on aboutit à un constat peu réconfortant : nous n'avons pas d'excuse. La Loi met nos actes à nu ; elle est sainte, juste et bonne. Mais elle s'impose à nous de l'extérieur, et nous n'avons ni la force — ni même le désir — de tout faire correctement, selon ce qui est prescrit. Seul le Seigneur peut nous décharger de ce fardeau « difficile à porter ». Lui seul — Celui qui a Lui-même établi la Loi — peut dire : « Mon joug est doux et Mon fardeau léger » (Mt 11:30). Il accomplit la Loi — la rend accomplie et parfaite — et nous entraîne à Sa suite. La Loi devient pour nous non pas une cause de sa transgression, mais le fondement de notre relation avec Dieu, une relation d'amour : « Je mettrai Ma loi au-dedans d'eux et Je l'écrirai sur leur cœur ; Je serai leur Dieu, et ils seront Mon peuple », dit le Seigneur (Jr 31:33).
1 Ou bien ignorez-vous, frères — je parle à des experts en fait de loi — que la loi ne s’impose à l’homme que durant sa vie ? |
2 C’est ainsi que la femme mariée est liée par la loi au mari tant qu’il est vivant ; mais si l’homme meurt, elle se trouve dégagée de la loi du mari. |
3 C’est donc du vivant de son mari qu’elle portera le nom d’adultère, si elle devient la femme d’un autre ; mais en cas de mort du mari, elle est si bien affranchie de la loi qu’elle n’est pas adultère en devenant la femme d’un autre. |
4 Ainsi, mes frères, vous de même vous avez été mis à mort à l’égard de la Loi par le corps du Christ pour appartenir à un autre, à Celui qui est ressuscité d’entre les morts, afin que nous fructifiions pour Dieu. |
5 De fait, quand nous étions dans la chair, les passions pécheresses qui se servent de la Loi opéraient en nos membres afin que nous fructifiions pour la mort. |
6 Mais à présent nous avons été dégagés de la Loi, étant morts à ce qui nous tenait prisonniers, de manière à servir dans la nouveauté de l’esprit et non plus dans la vétusté de la lettre. |
7 Qu’est-ce à dire ? Que la Loi est péché ? Certes non ! Seulement je n’ai connu le péché que par la Loi. Et, de fait, j’aurais ignoré la convoitise si la Loi n’avait dit : Tu ne convoiteras pas !
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8 Mais, saisissant l’occasion, le péché par le moyen du précepte produisit en moi toute espèce de convoitise : car sans la Loi le péché n’est qu’un mort. |
9 Ah ! je vivais jadis sans la Loi ; mais quand le précepte est survenu, le péché a pris vie |
10 tandis que moi je suis mort, et il s’est trouvé que le précepte fait pour la vie me conduisit à la mort. |
11 Car le péché saisit l’occasion et, utilisant le précepte, me séduisit et par son moyen me tua. |
12 La Loi, elle, est donc sainte, et saint le précepte, et juste et bon. |
La conscience européenne moderne aime beaucoup employer les catégories de « légalité » et de « justice ». Nous avons hérité — des Juifs comme des Romains — de l’idée claire que la vie humaine doit être régie par certaines prescriptions et certaines lois. La vie doit être organisée de sorte que nos actes ne franchissent pas la limite fixée par la loi : c’est ce que nous aimons tant appeler la « conscience juridique ». Ses racines sont profondes et, de plus, on ne peut pas dire que cette idée soit tout à fait erronée. Car la Loi dont parle Paul a été donnée par Dieu aux Juifs et, avec eux et par eux, à toute l’humanité. En effet, la multitude de commandements que les Pharisiens connaissaient et accomplissaient si bien reposait à l’origine sur les dix commandements essentiels des tables de Moïse. Leur rôle fut grand : ils aidèrent le peuple élu à demeurer uni, à ne pas se détourner de Dieu et à attendre le Christ. Mais — comme il est inévitable pour l’humanité — leur signification se réduisit à des rites, à une reproduction littérale dépourvue de compréhension. C’est précisément cette attitude que Paul appelle le service dans la « lettre ancienne ».
La venue du Christ, Sa mort et Sa Résurrection apportent à l’humanité la libération du « fardeau difficile à porter » de nombreuses prescriptions humaines : le renouvellement de la Loi par la Grâce. Ce n’est pas la Loi qui est morte, car elle vient de Dieu. C’est nous qui sommes morts à la Loi, parce qu’au-dessus d’elle est venue la Loi Nouvelle, la Loi de la Grâce.
Cela est à la fois joyeux et très redoutable, car une immense responsabilité repose ainsi sur nous. Nous ne pouvons plus nous consoler en disant que nous avons scrupuleusement observé toutes les précautions rituelles et tous les jeûnes, et récité toutes les prières. Notre salut réside précisément dans la communion directe entre l’être humain et Dieu, dans notre capacité à participer au moins en partie à l’amour de Dieu pour le reste du monde. C’est ce dont parle le Seigneur dans la parabole du Jugement dernier (Mt 25:31–46), où nous serons jugés non selon le nombre de fois où nous avons prié chaque jour, mais selon que nous avons nourri celui qui avait faim, donné à boire à celui qui avait soif et accueilli l’étranger.
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