1 La sixième année, au sixième mois, le cinq du mois, j’étais assis chez moi et les anciens de Juda étaient assis devant moi ; c’est là que la main du Seigneur Yahvé s’abattit sur moi. |
2 Je regardai : il y avait un être qui avait l’apparence d’un homme. Depuis ce qui paraissait être ses reins et au-dessous, c’était du feu, et depuis ses reins et au-dessus, c’était quelque chose comme une lueur, comme l’éclat du vermeil. |
3 Il étendit une forme de main et me prit par une mèche de cheveux ; l’esprit m’enleva entre ciel et terre et m’emmena à Jérusalem, en des visions divines, à l’entrée du porche intérieur qui regarde le nord, là où se trouve le siège de l’idole de la jalousie, qui provoque la jalousie. |
4 Or voici que la gloire du Dieu d’Israël était là ; elle avait l’aspect de ce que j’avais vu dans la vallée. |
5 Il me dit : « Fils d’homme, lève les yeux vers le nord. » Je levai les yeux vers le nord, et voici qu’au nord du porche de l’autel il y avait cette idole de la jalousie, à l’entrée. |
6 Il me dit : « Fils d’homme, vois-tu ce qu’ils font ? toutes les abominations affreuses que la maison d’Israël pratique ici pour m’éloigner de mon sanctuaire ? Et tu verras encore d’autres abominations affreuses. » |
7 Il me conduisit à l’entrée du parvis. Je regardai : il y avait un trou dans le mur. |
8 Il me dit : « Fils d’homme, fais un trou dans le mur. » Je fis un trou dans le mur et il y eut une ouverture. |
9 Il me dit : « Entre et regarde les misérables abominations qu’ils pratiquent ici. » |
10 J’entrai et je regardai : c’étaient toutes sortes d’images de reptiles et de bêtes répugnantes, et toutes les ordures de la maison d’Israël gravées sur le mur, tout autour. |
11 Soixante-dix hommes, des anciens de la maison d’Israël, étaient debout devant les idoles — et Yaazanyahu fils de Shaphân était debout parmi eux — ayant chacun son encensoir à la main ; et le parfum du nuage d’encens montait. |
12 Il me dit : « As-tu vu, fils d’homme, ce que font dans l’obscurité les anciens de la maison d’Israël, chacun dans sa chambre ornée de peintures ? Ils disent : « Yahvé ne nous voit pas, Yahvé a quitté le pays ». » |
13 Et il me dit : « Tu verras encore d’autres abominations affreuses qu’ils pratiquent. » |
14 Il m’emmena à l’entrée du porche du Temple de Yahvé qui regarde vers le nord, et voici que les femmes y étaient assises, pleurant Tammuz. |
15 Il me dit : « As-tu vu, fils d’homme ? Tu verras encore d’autres abominations plus affreuses que celles-ci. » |
16 Il m’emmena vers le parvis intérieur du Temple de Yahvé. Et voici qu’à l’entrée du sanctuaire de Yahvé, entre le vestibule et l’autel, il y avait environ vingt-cinq hommes, tournant le dos au sanctuaire de Yahvé, regardant vers l’orient. Ils se prosternaient vers l’orient, devant le soleil. |
17 Et il me dit : « As-tu vu, fils d’homme ? N’est-ce pas assez pour la maison de Juda de pratiquer les abominations auxquelles ils se livrent ici ? Or ils emplissent le pays de violence, ils provoquent encore ma colère : les voici qui approchent le rameau de leur nez. |
18 Moi aussi, j’agirai avec fureur ; je n’aurai pas un regard de pitié et je n’épargnerai pas. Ils auront beau crier d’une voix forte à mes oreilles, je ne les écouterai pas. » |
1 C’est alors que d’une voix forte il cria à mes oreilles : « Ils approchent les fléaux de la ville, chacun son instrument de destruction à la main. » |
2 Et voici que six hommes s’avancèrent, venant du porche supérieur qui regarde le nord, chacun son instrument pour frapper à la main. Au milieu d’eux, il y avait un homme vêtu de lin, qui portait à la ceinture une écritoire de scribe. Ils entrèrent et s’arrêtèrent devant l’autel de bronze. |
3 La gloire du Dieu d’Israël s’éleva de sur le chérubin sur lequel elle était, vers le seuil du Temple, et il appela l’homme vêtu de lin qui avait une écritoire de scribe à la ceinture ; |
4 et Yahvé lui dit : « Parcours la ville, parcours Jérusalem et marque d’un signe au front les hommes qui gémissent et qui pleurent sur toutes les abominations qui se pratiquent au milieu d’elle. » |
5 Je l’entendis dire aux autres : « Parcourez la ville à sa suite et frappez. N’ayez pas un regard de pitié, n’épargnez pas ; |
6 vieillards, jeunes gens, vierges, enfants, femmes, tuez et exterminez tout le monde. Mais quiconque portera le signe au front, ne le touchez pas. Commencez à partir de mon sanctuaire. » Ils commencèrent donc par les vieillards qui étaient dans le Temple. |
7 Et il leur dit : « Souillez le Temple, emplissez les parvis de victimes, sortez. » Ils sortirent et frappèrent à travers la ville. |
8 Or pendant qu’ils frappaient, je fus laissé seul et je tombai face contre terre. Je criai : « Ah ! Seigneur Yahvé, vas-tu exterminer tout ce qui reste d’Israël en déversant ta fureur contre Jérusalem ? » |
9 Il me dit : « La faute de la maison d’Israël et de Juda est immense, le pays est plein de sang, la ville pleine de perversité. Car ils disent : « Yahvé a quitté le pays, Yahvé ne voit pas. » |
10 Eh bien ! moi non plus je n’aurai pas un regard de pitié, je n’épargnerai pas. Je leur demande compte de leur conduite. » |
11 C’est alors que l’homme vêtu de lin, portant une écritoire à la ceinture, vint rendre compte en ces termes : « J’ai exécuté ce que tu m’as ordonné. » |
1 Je regardai : voici que sur la voûte qui était sur la tête des chérubins, au-dessus d’eux, apparut comme une pierre de saphir dont l’aspect était semblable à un trône. |
2 Et il dit à l’homme vêtu de lin : « Va au milieu du char, sous le chérubin, prends à pleines mains des charbons du milieu des chérubins et répands-les sur la ville. » Et il y alla sous mes yeux. |
3 Les chérubins se tenaient à droite du Temple lorsque l’homme entra, et la nuée emplissait le parvis intérieur. |
4 La gloire de Yahvé s’éleva de dessus le chérubin vers le seuil du Temple, le Temple fut rempli de la nuée et le parvis fut rempli de la lueur de la gloire de Yahvé. |
5 Et le bruit des ailes des chérubins s’entendit jusqu’au parvis extérieur, comme la voix du Dieu tout-puissant lorsqu’il parle. |
6 Lorsqu’il donna cet ordre à l’homme vêtu de blanc : « Prends du feu au milieu du char, du milieu des chérubins », l’homme vint et se tint près de la roue. |
7 Le chérubin étendit la main d’entre les chérubins, vers le feu qui était au milieu des chérubins ; il le prit et le mit dans la main de l’homme vêtu de lin. Celui-ci le saisit et sortit. |
8 Alors apparut une forme de main humaine sous les ailes des chérubins. |
9 Je regardai : il y avait quatre roues à côté des chérubins, chaque roue à côté de chaque chérubin, et l’aspect des roues était comme l’éclat de la chrysolithe. |
10 Elles semblaient avoir le même aspect toutes les quatre, comme si une roue était au milieu de l’autre. |
11 Elles avançaient vers les quatre directions et ne se tournaient pas en marchant, car elles avançaient du côté où était dirigée la tête et ne se tournaient pas en marchant. |
12 Et tout leur corps, leur dos, leurs mains et leurs ailes ainsi que les roues, étaient pleins de reflets tout autour (leurs roues à tous les quatre). |
13 À ces roues on donna — je l’entendis — le nom de « galgal. » |
14 Chacun avait quatre faces : la première était la face du chérubin, la seconde une face humaine, la troisième une face de lion et la quatrième une face d’aigle. |
15 Les chérubins s’élevèrent : c’était l’animal que j’avais vu sur le fleuve Kebar. |
16 Lorsque les chérubins avançaient, les roues avançaient à côté d’eux ; lorsque les chérubins levaient les ailes pour s’élever de terre, les roues ne se tournaient pas non plus à côté d’eux. |
17 Lorsqu’ils s’arrêtaient, elles s’arrêtaient, et lorsqu’ils s’élevaient, elles s’élevaient avec eux, car l’esprit de l’animal était en elles. |
18 La gloire de Yahvé sortit de sur le seuil du Temple et s’arrêta sur les chérubins. |
19 Les chérubins levèrent leurs ailes et s’élevèrent de terre à mes yeux, en sortant, les roues avec eux. Ils s’arrêtèrent à l’entrée du porche oriental du Temple de Yahvé, et la gloire du Dieu d’Israël était sur eux, au-dessus. |
20 C’était l’animal que j’avais vu sous le Dieu d’Israël au fleuve Kebar, et je sus que c’étaient des chérubins. |
21 Chacun avait quatre faces et chacun quatre ailes, avec des formes de mains humaines sous leurs ailes. |
22 Leurs faces étaient semblables aux faces que j’avais vues près du fleuve Kebar. Chacun allait droit devant soi. |
À partir du chapitre 8, le prophète Ézéchiel décrit le contenu de sa deuxième vision et les paroles que le Seigneur y prononce. À la différence de la première, accordée à Ézéchiel au bord du Kebar, la deuxième vision se produit dans une assemblée de fidèles, préfiguration de la synagogue, réunie chez le prophète. Cette deuxième vision est une sorte d’intuition, une illumination qui éclaire l’esprit du prophète par la volonté de l’Esprit Saint. Dieu place le prophète à un nouveau point de vue et lui montre ce qu’il sait déjà, mais dont il n’a pas pleinement conscience. Par rapport à la première, la deuxième vision appartient à un type bien plus répandu dans l’Église. Ici, Dieu communique moins quelque chose de nouveau à l’homme qu’Il ne lui ouvre les yeux sur une réalité déjà connue. On ne peut dire que Dieu donne au prophète Son propre point de vue ; Il lui accorde plutôt un certain recul qui permet de voir la vie autrement.
Le prophète décrit ses expériences subjectives par les mots : « Dieu m’a conduit... et j’ai vu... » Ainsi, le Seigneur montre à Ézéchiel toutes les iniquités de Jérusalem. Mais, alors qu’il était auparavant question de la cruauté et de la violence imprégnant la vie du peuple, Dieu attire maintenant l’attention du prophète sur les manifestations directes de l’idolâtrie d’Israël. Ce n’est pas n’importe où, mais dans le Temple même, que le prophète voit le culte des idoles les plus populaires de l’Orient ancien. Voici la statue d’Astarté, probablement érigée un demi-siècle auparavant sous le roi Manassé ; son culte était largement répandu dans tout le Proche-Orient et avait un caractère fort indécent. Voici les « lamentations sur Tammuz », vénération du dieu agraire des peuples orientaux qui meurt et ressuscite, ainsi que le culte du soleil et de toutes sortes d’animaux, propre à l’Égypte et à la Babylonie, ces pays qu’Israël s’efforce tant de surpasser... Tout cela était connu du prophète comme des anciens de Juda réunis chez lui. Mais, dans la vision, Dieu appelle les choses par leur nom, et le tableau de l’apostasie complète d’Israël devient terriblement évident.
La conclusion quant au sort du peuple qui a trahi Dieu pour les idoles s’impose d’elle-même. Le prophète dépeint les conséquences de l’idolâtrie au chapitre 9, et ses paroles rappellent avec une force exceptionnelle les plaies d’Égypte qui se sont abattues sur le pharaon résistant à Dieu. L’image des innocents marqués d’un sceau, de ceux qui « s’affligent des abominations d’Israël », rappelle vivement la nuit de l’Exode. Mais c’est désormais Israël lui-même qui se trouve dans la position de l’adversaire de Dieu, voué à la destruction : « Vous seuls, Je vous ai connus parmi toutes les familles de la terre ; c’est pourquoi Je vous demanderai compte de toutes vos iniquités », comme Dieu le disait au prophète Amos près de deux cents ans avant Ézéchiel (Am 3:2). Au prophète Ézéchiel lui-même, il semble que tout Israël soit voué à périr, et, tremblant, il s’écrie vers Dieu : « Vas-Tu vraiment les faire tous périr ? »
En répondant à Ézéchiel, le Seigneur parle de nouveau d’iniquité et de violence. L’idolâtrie passe au second plan, et Dieu dit : « Ce pays est plein de sang et la ville est remplie d’injustice... Je ferai retomber leur conduite sur leur tête. » On ne peut manquer de remarquer que tel est le sort de toutes les sociétés où la violence devient le trait principal de la vie des hommes ; et Dieu vise manifestement moins la violence de l’État que la violence « quotidienne », ce que nous appelons vivre selon le code tacite du milieu criminel.
Mais ce n’est pas tout : Dieu dévoile au prophète la vérité jusqu’à son extrême limite, jusqu’au plus terrible, ce qu’aucun Israélite n’aurait même pu imaginer. Les Israélites de l’époque de l’Ancien Testament concevaient la présence de Dieu comme Sa Gloire remplissant le Temple de Jérusalem (voir le chapitre 6 du livre du prophète Isaïe). Cette Gloire, la Shekhinah ou Shekinah, n’était pas simplement un rayonnement émanant de Dieu, mais Sa présence même. Les Israélites étaient persuadés que, tant que la Gloire de Dieu demeurait dans le Temple, rien de mauvais ne leur arriverait ni ne pouvait leur arriver. C’est sur cela que repose le dicton « Ici est le Temple du Seigneur », dénoncé par le prophète Jérémie (Jr 7:4). Et la présence même de la Gloire de Dieu dans le Temple était considérée comme inébranlable et inconditionnelle, conformément à la promesse faite à David et à Salomon.
Mais la présence du Créateur est incompatible avec tout péché. Lorsque les hommes choisissent définitivement le péché, la présence de la Gloire du Seigneur devient impossible. Et le prophète Ézéchiel voit qu’en raison des péchés d’Israël, qui vénère les idoles, multiplie les iniquités et traite le Tout-Puissant Lui-même comme une idole, la Gloire de Dieu sera retirée. La partie centrale et principale de la vision est la description, au chapitre 10, de la Gloire du Seigneur quittant le Temple sur un char de feu.
Le prophète explique que ce qu’il a vu ne peut être décrit dans le langage humain, et il crée une sorte d’icône verbale. D’où les images étranges de roues pleines d’yeux, d’êtres incroyables se déplaçant simultanément dans quatre directions, etc. Peut-être cette description, rédigée à Babylone, a-t-elle été influencée par les images que le prophète y a vues. L’essentiel du chapitre 10 n’est évidemment pas constitué par ces détails, mais par le contenu de la Révélation.
Pour le prophète, l’important est que ce qu’il a vu souligne le caractère universel du pouvoir et de la présence de Dieu, d’où les mentions des quatre points cardinaux. Toute la différence incommensurable d’échelle entre le Tout-Puissant et l’humanité lui est révélée. Au fil des siècles écoulés depuis l’Exode, les Israélites avaient fini par traiter Dieu comme leur petite divinité nationale et folklorique ; et voici qu’Ézéchiel a vu un reflet de la véritable grandeur du Créateur. C’est dans cette perspective qu’il voit aussi la misère morale de son peuple.
La tension terrible de ces chapitres tient à la logique inexorable des événements. Ils se déroulent sous les yeux du prophète, découlant successivement les uns des autres, et cet enchaînement de causes et d’effets paraît naturel dans ses détails et effrayant dans son ensemble. Ainsi, de petites bassesses humaines compréhensibles conduisent à une catastrophe d’une ampleur sans commune mesure avec elles. Par là, la description de la destruction de Jérusalem rappelle fortement le Chemin de Croix.
1 La sixième année, au sixième mois, le cinq du mois, j’étais assis chez moi et les anciens de Juda étaient assis devant moi ; c’est là que la main du Seigneur Yahvé s’abattit sur moi. |
2 Je regardai : il y avait un être qui avait l’apparence d’un homme. Depuis ce qui paraissait être ses reins et au-dessous, c’était du feu, et depuis ses reins et au-dessus, c’était quelque chose comme une lueur, comme l’éclat du vermeil. |
3 Il étendit une forme de main et me prit par une mèche de cheveux ; l’esprit m’enleva entre ciel et terre et m’emmena à Jérusalem, en des visions divines, à l’entrée du porche intérieur qui regarde le nord, là où se trouve le siège de l’idole de la jalousie, qui provoque la jalousie. |
4 Or voici que la gloire du Dieu d’Israël était là ; elle avait l’aspect de ce que j’avais vu dans la vallée. |
5 Il me dit : « Fils d’homme, lève les yeux vers le nord. » Je levai les yeux vers le nord, et voici qu’au nord du porche de l’autel il y avait cette idole de la jalousie, à l’entrée. |
6 Il me dit : « Fils d’homme, vois-tu ce qu’ils font ? toutes les abominations affreuses que la maison d’Israël pratique ici pour m’éloigner de mon sanctuaire ? Et tu verras encore d’autres abominations affreuses. » |
7 Il me conduisit à l’entrée du parvis. Je regardai : il y avait un trou dans le mur. |
8 Il me dit : « Fils d’homme, fais un trou dans le mur. » Je fis un trou dans le mur et il y eut une ouverture. |
9 Il me dit : « Entre et regarde les misérables abominations qu’ils pratiquent ici. » |
10 J’entrai et je regardai : c’étaient toutes sortes d’images de reptiles et de bêtes répugnantes, et toutes les ordures de la maison d’Israël gravées sur le mur, tout autour. |
11 Soixante-dix hommes, des anciens de la maison d’Israël, étaient debout devant les idoles — et Yaazanyahu fils de Shaphân était debout parmi eux — ayant chacun son encensoir à la main ; et le parfum du nuage d’encens montait. |
12 Il me dit : « As-tu vu, fils d’homme, ce que font dans l’obscurité les anciens de la maison d’Israël, chacun dans sa chambre ornée de peintures ? Ils disent : « Yahvé ne nous voit pas, Yahvé a quitté le pays ». » |
13 Et il me dit : « Tu verras encore d’autres abominations affreuses qu’ils pratiquent. » |
14 Il m’emmena à l’entrée du porche du Temple de Yahvé qui regarde vers le nord, et voici que les femmes y étaient assises, pleurant Tammuz. |
15 Il me dit : « As-tu vu, fils d’homme ? Tu verras encore d’autres abominations plus affreuses que celles-ci. » |
16 Il m’emmena vers le parvis intérieur du Temple de Yahvé. Et voici qu’à l’entrée du sanctuaire de Yahvé, entre le vestibule et l’autel, il y avait environ vingt-cinq hommes, tournant le dos au sanctuaire de Yahvé, regardant vers l’orient. Ils se prosternaient vers l’orient, devant le soleil. |
17 Et il me dit : « As-tu vu, fils d’homme ? N’est-ce pas assez pour la maison de Juda de pratiquer les abominations auxquelles ils se livrent ici ? Or ils emplissent le pays de violence, ils provoquent encore ma colère : les voici qui approchent le rameau de leur nez. |
18 Moi aussi, j’agirai avec fureur ; je n’aurai pas un regard de pitié et je n’épargnerai pas. Ils auront beau crier d’une voix forte à mes oreilles, je ne les écouterai pas. » |
1 C’est alors que d’une voix forte il cria à mes oreilles : « Ils approchent les fléaux de la ville, chacun son instrument de destruction à la main. » |
2 Et voici que six hommes s’avancèrent, venant du porche supérieur qui regarde le nord, chacun son instrument pour frapper à la main. Au milieu d’eux, il y avait un homme vêtu de lin, qui portait à la ceinture une écritoire de scribe. Ils entrèrent et s’arrêtèrent devant l’autel de bronze. |
3 La gloire du Dieu d’Israël s’éleva de sur le chérubin sur lequel elle était, vers le seuil du Temple, et il appela l’homme vêtu de lin qui avait une écritoire de scribe à la ceinture ; |
4 et Yahvé lui dit : « Parcours la ville, parcours Jérusalem et marque d’un signe au front les hommes qui gémissent et qui pleurent sur toutes les abominations qui se pratiquent au milieu d’elle. » |
5 Je l’entendis dire aux autres : « Parcourez la ville à sa suite et frappez. N’ayez pas un regard de pitié, n’épargnez pas ; |
6 vieillards, jeunes gens, vierges, enfants, femmes, tuez et exterminez tout le monde. Mais quiconque portera le signe au front, ne le touchez pas. Commencez à partir de mon sanctuaire. » Ils commencèrent donc par les vieillards qui étaient dans le Temple. |
7 Et il leur dit : « Souillez le Temple, emplissez les parvis de victimes, sortez. » Ils sortirent et frappèrent à travers la ville. |
8 Or pendant qu’ils frappaient, je fus laissé seul et je tombai face contre terre. Je criai : « Ah ! Seigneur Yahvé, vas-tu exterminer tout ce qui reste d’Israël en déversant ta fureur contre Jérusalem ? » |
9 Il me dit : « La faute de la maison d’Israël et de Juda est immense, le pays est plein de sang, la ville pleine de perversité. Car ils disent : « Yahvé a quitté le pays, Yahvé ne voit pas. » |
10 Eh bien ! moi non plus je n’aurai pas un regard de pitié, je n’épargnerai pas. Je leur demande compte de leur conduite. » |
11 C’est alors que l’homme vêtu de lin, portant une écritoire à la ceinture, vint rendre compte en ces termes : « J’ai exécuté ce que tu m’as ordonné. » |
1 Je regardai : voici que sur la voûte qui était sur la tête des chérubins, au-dessus d’eux, apparut comme une pierre de saphir dont l’aspect était semblable à un trône. |
2 Et il dit à l’homme vêtu de lin : « Va au milieu du char, sous le chérubin, prends à pleines mains des charbons du milieu des chérubins et répands-les sur la ville. » Et il y alla sous mes yeux. |
3 Les chérubins se tenaient à droite du Temple lorsque l’homme entra, et la nuée emplissait le parvis intérieur. |
4 La gloire de Yahvé s’éleva de dessus le chérubin vers le seuil du Temple, le Temple fut rempli de la nuée et le parvis fut rempli de la lueur de la gloire de Yahvé. |
5 Et le bruit des ailes des chérubins s’entendit jusqu’au parvis extérieur, comme la voix du Dieu tout-puissant lorsqu’il parle. |
6 Lorsqu’il donna cet ordre à l’homme vêtu de blanc : « Prends du feu au milieu du char, du milieu des chérubins », l’homme vint et se tint près de la roue. |
7 Le chérubin étendit la main d’entre les chérubins, vers le feu qui était au milieu des chérubins ; il le prit et le mit dans la main de l’homme vêtu de lin. Celui-ci le saisit et sortit. |
8 Alors apparut une forme de main humaine sous les ailes des chérubins. |
9 Je regardai : il y avait quatre roues à côté des chérubins, chaque roue à côté de chaque chérubin, et l’aspect des roues était comme l’éclat de la chrysolithe. |
10 Elles semblaient avoir le même aspect toutes les quatre, comme si une roue était au milieu de l’autre. |
11 Elles avançaient vers les quatre directions et ne se tournaient pas en marchant, car elles avançaient du côté où était dirigée la tête et ne se tournaient pas en marchant. |
12 Et tout leur corps, leur dos, leurs mains et leurs ailes ainsi que les roues, étaient pleins de reflets tout autour (leurs roues à tous les quatre). |
13 À ces roues on donna — je l’entendis — le nom de « galgal. » |
14 Chacun avait quatre faces : la première était la face du chérubin, la seconde une face humaine, la troisième une face de lion et la quatrième une face d’aigle. |
15 Les chérubins s’élevèrent : c’était l’animal que j’avais vu sur le fleuve Kebar. |
16 Lorsque les chérubins avançaient, les roues avançaient à côté d’eux ; lorsque les chérubins levaient les ailes pour s’élever de terre, les roues ne se tournaient pas non plus à côté d’eux. |
17 Lorsqu’ils s’arrêtaient, elles s’arrêtaient, et lorsqu’ils s’élevaient, elles s’élevaient avec eux, car l’esprit de l’animal était en elles. |
18 La gloire de Yahvé sortit de sur le seuil du Temple et s’arrêta sur les chérubins. |
19 Les chérubins levèrent leurs ailes et s’élevèrent de terre à mes yeux, en sortant, les roues avec eux. Ils s’arrêtèrent à l’entrée du porche oriental du Temple de Yahvé, et la gloire du Dieu d’Israël était sur eux, au-dessus. |
20 C’était l’animal que j’avais vu sous le Dieu d’Israël au fleuve Kebar, et je sus que c’étaient des chérubins. |
21 Chacun avait quatre faces et chacun quatre ailes, avec des formes de mains humaines sous leurs ailes. |
22 Leurs faces étaient semblables aux faces que j’avais vues près du fleuve Kebar. Chacun allait droit devant soi. |
Chaque fois qu'une prophétie dénonce les penchants païens des pécheurs, surtout lorsqu'ils sont montrés avec autant de détails et de précision que dans la révélation faite à Ézéchiel, il est difficile de se défaire de l'impression que ces reproches ne concernent pas seulement les Juifs de l'Ancien Testament. De nos jours encore, alors que l'on entend partout parler de « renaissance des valeurs religieuses traditionnelles », les journaux sont remplis d'annonces publicitaires pour d'innombrables sorciers et devins. Cela signifie qu'il existe une demande pour leurs services, et pourtant ce ne sont là que des vétilles et la partie visible de l'iceberg... Il nous faut rappeler encore et encore (à nous-mêmes en premier lieu) que le paganisme ne consiste pas nécessairement en une adhésion théorique à Astarté ou à Svarog, mais qu'il s'enracine dans un mode de vie qui juge raisonnable et nécessaire de satisfaire les penchants pécheurs. Le péché est mortel en lui-même : il conduit à la mort même lorsqu'il semble rester impuni. Ainsi, le tableau de l'extermination des impies n'est pas une intimidation, mais un avertissement imagé du danger qui naît au-dedans des hommes eux-mêmes.
Or, au milieu de tout ce qui arrive, nous entendons l'ordre de tracer un signe sur le front de ceux qui s'affligent et gémissent à cause de toutes les abominations. Le sens de ces paroles n'apparaît pas immédiatement, mais elles renferment une espérance, et pas seulement pour ceux qui vécurent il y a de nombreux siècles au milieu des impies. Ce que la traduction synodale nomme de manière neutre un « signe » se dit dans l'original « taw », une lettre qui, dans l'Antiquité, avait la forme d'une croix. Nous avons devant nous l'une des préfigurations prophétiques de ce qui apportera le salut à tous ceux qui ne veulent pas être esclaves du péché.
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