À partir du chapitre 8, le prophète Ézéchiel décrit le contenu de sa deuxième vision et les paroles que le Seigneur y prononce. À la différence...
À partir du chapitre 8, le prophète Ézéchiel décrit le contenu de sa deuxième vision et les paroles que le Seigneur y prononce. À la différence de la première, accordée à Ézéchiel au bord du Kebar, la deuxième vision se produit dans une assemblée de fidèles, préfiguration de la synagogue, réunie chez le prophète. Cette deuxième vision est une sorte d’intuition, une illumination qui éclaire l’esprit du prophète par la volonté de l’Esprit Saint. Dieu place le prophète à un nouveau point de vue et lui montre ce qu’il sait déjà, mais dont il n’a pas pleinement conscience. Par rapport à la première, la deuxième vision appartient à un type bien plus répandu dans l’Église. Ici, Dieu communique moins quelque chose de nouveau à l’homme qu’Il ne lui ouvre les yeux sur une réalité déjà connue. On ne peut dire que Dieu donne au prophète Son propre point de vue ; Il lui accorde plutôt un certain recul qui permet de voir la vie autrement.
Le prophète décrit ses expériences subjectives par les mots : « Dieu m’a conduit... et j’ai vu... » Ainsi, le Seigneur montre à Ézéchiel toutes les iniquités de Jérusalem. Mais, alors qu’il était auparavant question de la cruauté et de la violence imprégnant la vie du peuple, Dieu attire maintenant l’attention du prophète sur les manifestations directes de l’idolâtrie d’Israël. Ce n’est pas n’importe où, mais dans le Temple même, que le prophète voit le culte des idoles les plus populaires de l’Orient ancien. Voici la statue d’Astarté, probablement érigée un demi-siècle auparavant sous le roi Manassé ; son culte était largement répandu dans tout le Proche-Orient et avait un caractère fort indécent. Voici les « lamentations sur Tammuz », vénération du dieu agraire des peuples orientaux qui meurt et ressuscite, ainsi que le culte du soleil et de toutes sortes d’animaux, propre à l’Égypte et à la Babylonie, ces pays qu’Israël s’efforce tant de surpasser... Tout cela était connu du prophète comme des anciens de Juda réunis chez lui. Mais, dans la vision, Dieu appelle les choses par leur nom, et le tableau de l’apostasie complète d’Israël devient terriblement évident.
La conclusion quant au sort du peuple qui a trahi Dieu pour les idoles s’impose d’elle-même. Le prophète dépeint les conséquences de l’idolâtrie au chapitre 9, et ses paroles rappellent avec une force exceptionnelle les plaies d’Égypte qui se sont abattues sur le pharaon résistant à Dieu. L’image des innocents marqués d’un sceau, de ceux qui « s’affligent des abominations d’Israël », rappelle vivement la nuit de l’Exode. Mais c’est désormais Israël lui-même qui se trouve dans la position de l’adversaire de Dieu, voué à la destruction : « Vous seuls, Je vous ai connus parmi toutes les familles de la terre ; c’est pourquoi Je vous demanderai compte de toutes vos iniquités », comme Dieu le disait au prophète Amos près de deux cents ans avant Ézéchiel (Am 3:2). Au prophète Ézéchiel lui-même, il semble que tout Israël soit voué à périr, et, tremblant, il s’écrie vers Dieu : « Vas-Tu vraiment les faire tous périr ? »
En répondant à Ézéchiel, le Seigneur parle de nouveau d’iniquité et de violence. L’idolâtrie passe au second plan, et Dieu dit : « Ce pays est plein de sang et la ville est remplie d’injustice... Je ferai retomber leur conduite sur leur tête. » On ne peut manquer de remarquer que tel est le sort de toutes les sociétés où la violence devient le trait principal de la vie des hommes ; et Dieu vise manifestement moins la violence de l’État que la violence « quotidienne », ce que nous appelons vivre selon le code tacite du milieu criminel.
Mais ce n’est pas tout : Dieu dévoile au prophète la vérité jusqu’à son extrême limite, jusqu’au plus terrible, ce qu’aucun Israélite n’aurait même pu imaginer. Les Israélites de l’époque de l’Ancien Testament concevaient la présence de Dieu comme Sa Gloire remplissant le Temple de Jérusalem (voir le chapitre 6 du livre du prophète Isaïe). Cette Gloire, la Shekhinah ou Shekinah, n’était pas simplement un rayonnement émanant de Dieu, mais Sa présence même. Les Israélites étaient persuadés que, tant que la Gloire de Dieu demeurait dans le Temple, rien de mauvais ne leur arriverait ni ne pouvait leur arriver. C’est sur cela que repose le dicton « Ici est le Temple du Seigneur », dénoncé par le prophète Jérémie (Jr 7:4). Et la présence même de la Gloire de Dieu dans le Temple était considérée comme inébranlable et inconditionnelle, conformément à la promesse faite à David et à Salomon.
Mais la présence du Créateur est incompatible avec tout péché. Lorsque les hommes choisissent définitivement le péché, la présence de la Gloire du Seigneur devient impossible. Et le prophète Ézéchiel voit qu’en raison des péchés d’Israël, qui vénère les idoles, multiplie les iniquités et traite le Tout-Puissant Lui-même comme une idole, la Gloire de Dieu sera retirée. La partie centrale et principale de la vision est la description, au chapitre 10, de la Gloire du Seigneur quittant le Temple sur un char de feu.
Le prophète explique que ce qu’il a vu ne peut être décrit dans le langage humain, et il crée une sorte d’icône verbale. D’où les images étranges de roues pleines d’yeux, d’êtres incroyables se déplaçant simultanément dans quatre directions, etc. Peut-être cette description, rédigée à Babylone, a-t-elle été influencée par les images que le prophète y a vues. L’essentiel du chapitre 10 n’est évidemment pas constitué par ces détails, mais par le contenu de la Révélation.
Pour le prophète, l’important est que ce qu’il a vu souligne le caractère universel du pouvoir et de la présence de Dieu, d’où les mentions des quatre points cardinaux. Toute la différence incommensurable d’échelle entre le Tout-Puissant et l’humanité lui est révélée. Au fil des siècles écoulés depuis l’Exode, les Israélites avaient fini par traiter Dieu comme leur petite divinité nationale et folklorique ; et voici qu’Ézéchiel a vu un reflet de la véritable grandeur du Créateur. C’est dans cette perspective qu’il voit aussi la misère morale de son peuple.
La tension terrible de ces chapitres tient à la logique inexorable des événements. Ils se déroulent sous les yeux du prophète, découlant successivement les uns des autres, et cet enchaînement de causes et d’effets paraît naturel dans ses détails et effrayant dans son ensemble. Ainsi, de petites bassesses humaines compréhensibles conduisent à une catastrophe d’une ampleur sans commune mesure avec elles. Par là, la description de la destruction de Jérusalem rappelle fortement le Chemin de Croix.
8:1 b) Septembre-octobre 592.
8:2 c) « d’un homme » grec ; « du feu » hébr.
8:2 d) Comme en 1.26-28, c’est Yahvé lui-même qui apparaît au prophète. Au v. 4 ce n’est plus que « la gloire de Yahvé », cf. encore 1.28.
8:3 e) Elles vont montrer au prophète la culpabilité de Jérusalem, mais non pour des péchés passés ou en vertu d’une solidarité juridique avec des pécheurs ce sont ses propres péchés et ses péchés présents qui provoquent le châtiment imminent, cf. 14.12.
8:3 f) La jalousie de Yahvé, irrité par toute pratique idolâtrique. Cette « idole de la jalousie » est peut-être la statue d’Astarté que Manassé avait introduite dans le Temple, 2 R 21.7.
8:14 g) Divinité assyro-babylonienne d’origine populaire, célèbre, sous le nom sémitique d’Adonis (« Mon Seigneur »), dans la mythologie méditerranéenne. Chaque année, au mois de Tammuz (juin-juillet), à l’occasion du séjour du dieu aux enfers, on célébrait son deuil.
8:17 h) On ne peut définir avec certitude le rite auquel il est fait allusion ici.
9:1 i) La vision va montrer que le châtiment ne frappera pas tout le monde indistinctement. Il épargnera les innocents, cf. 14.12.
9:4 j) Littéralement « d’un tav » (dernière lettre de l’alphabet hébreu), comme traduit la Vulg.
10:1 k) Après l’extermination des habitants, l’anéantissement de la cité.
10:13 l) Signification incertaine ; peut-être « char » (cf. 10.2, 6), ou « tourbillon ».
10:14 m) « la première », « la seconde » syr. ; « la face du premier », « la face du second » hébr.
10:19 n) « ils s’arrêtèrent » versions ; « il s’arrêta » hébr. — Le porche de l’orient est celui qui donne sur la vallée du Cédron et le mont des Oliviers, cf. 11.23.
10:22 o) Hébr. ajoute ici « leur apparence et eux » (?), omis par grec.
À la différence du livre de Jérémie, celui d’Ézéchiel se présente comme un tout bien ordonné. Après une introduction, 1.3, où le prophète reçoit de Dieu sa mission, le corps du livre se divise clairement en quatre parties : 1° les chap. 4-24 contiennent presque uniquement des reproches et des menaces contre les Israélites avant le siège de Jérusalem ; 2° les chap. 25-32 Sont des oracles contre les nations, où le prophète étend la malédiction divine aux complices et aux provocateurs de la nation infidèle ; 3° dans les chap. 33-39, pendant et après le siège, le prophète console son peuple en lui promettant un avenir meilleur ; 4° il prévoit enfin, chap. 40-48, le statut politique et religieux de la communauté future, rétablie en Palestine.
Cependant, cette logique de la composition dissimule de sérieuses failles. Il y a de nombreux doublets, ainsi 3.17-21 = 33.7-9 ; 8.25-29 = 33.17-20, etc. Les indications sur le mutisme dont Ézéchiel est frappé par Dieu, 3.26 ; 24.27 ; 33.22, sont séparées par de longs discours. La vision du char divin, 1.4 – 3.15, est interrompue par celle du livre, 2.1 – 3.9. De même, la description des péchés de Jérusalem, 11.1-21, fait suite au chap. 8 et coupe manifestement le récit du départ du char divin qui, de 10.22, se continue en 11.22. Les dates données dans les chap. 26-33 ne se suivent pas. Ces maladresses sont difficilement imputables à un auteur écrivant son ouvrage d’un seul jet. Il est beaucoup plus vraisemblable qu’elles sont le fait de disciples travaillant sur des écrits ou des souvenirs, les combinant et les complétant. Le livre d’Ézéchiel a donc eu, dans une certaine mesure, le sort des autres livres prophétiques. Mais l’égalité de la forme et de la doctrine nous assure que ces disciples nous ont gardé fidèlement la pensée et, généralement, la parole même de leur maître. Leur travail rédactionnel est surtout sensible dans la dernière partie du livre, 40-48, dont le noyau remonte cependant à Ézéchiel lui-même.
D’après l’état actuel, Ézéchiel a exercé toute son activité parmi les exilés de Babylonie entre 593 et 571, les dates extrêmes données par le texte, 1.2 et 29.17. On s’est étonné que, dans ces conditions, les oracles de la première partie paraissent adressés aux habitants de Jérusalem et que parfois Ézéchiel ait l’air d’être corporellement présent dans la ville, surtout 11.13. On a donc émis l’hypothèse d’un double ministère d’Ézéchiel : il serait resté en Palestine et y aurait prêché jusqu’après la ruine de Jérusalem en 587. C’est seulement alors qu’il aurait rejoint les captifs de Babylonie. La vision du rouleau en 2.1–3.9 marquerait la vocation du prophète en Palestine, celle du char divin, 1.4-28 et 3.10-15, marquerait l’arrivée chez les exilés. Le transfert de cette vision au début du livre en aurait changé toute la perspective. Cette hypothèse sert à répondre à certaines difficultés, mais elle en soulève d’autres. Elle entraîne de sérieux remaniements du texte, elle doit admettre que, même pendant son ministère « palestinien », Ézéchiel vivait ordinairement en dehors de la ville, puisqu’il y est « transporté », 8.3, et il est curieux que, si Ézéchiel et Jérémie ont prêché ensemble à Jérusalem, ni l’un ni l’autre ne fasse allusion au ministère de son confrère. D’autre part, les difficultés de la thèse traditionnelle ne doivent pas être exagérées : les reproches adressés aux gens de Jérusalem servaient de leçon aux exilés et, lorsque Ézéchiel paraît être dans la Ville Sainte, le texte dit explicitement qu’il y est transporté « en vision », 8.3, comme il en est ramené « en vision », 11.24. L’hypothèse d’un double ministère ne garde que peu de partisans.
Quelle que soit la solution adoptée, la même grande figure se dégage du livre. Ézéchiel est un prêtre, 1.3. Le Temple est sa préoccupation majeure, qu’il s’agisse du Temple présent qui est souillé par des rites impurs, 8, et que quitte la Gloire de Yahvé, 10, ou du Temple futur, dont il décrit minutieusement le plan, 40-42, et où il voit revenir Dieu, 43. Il a le culte de la Loi et, dans son histoire des infidélités d’Israël, 20, le reproche d’avoir « profané les sabbats » revient comme un refrain. Il a horreur des impuretés légales, 4.14, et un grand souci de séparer le sacré du profane, 45.1-6. En qualité de prêtre, il réglait des cas de droit ou de morale, et son enseignement prend de ce fait un tour casuistique, 18. Sa pensée et son vocabulaire s’apparentent à la Loi de Sainteté, Lv 17-26. Cependant on ne peut démontrer ni qu’il s’en soit inspiré ni que la Loi de Sainteté dépende de lui, et les contacts les plus frappants se trouvent dans des passages rédactionnels. Il reste que les deux ensembles ont été transmis dans des milieux de pensée très voisins. L’œuvre d’Ézéchiel s’intègre au courant « sacerdotal » comme celle de Jérémie appartenait au courant « deutéronomiste ».
Mais ce prêtre est aussi un prophète d’action. Plus qu’aucun autre, il a multiplié les gestes symboliques. Il mime le siège de Jérusalem, 4.1 – 5.4, le départ des émigrants, 12.1-7, le roi de Babylone à la croisée des chemins, 21.23s, l’union de Juda et d’Israël, Ez 37.15s. Jusque dans les épreuves personnelles que Dieu lui envoie, il est un « signe » pour Israël, 24.24, comme avaient été Osée, Isaïe et Jérémie. Mais la complexité de ses actions symboliques contraste avec la simplicité des gestes de ses prédécesseurs.
Ézéchiel est surtout un visionnaire. Son livre ne contient que quatre visions proprement dites, mais elles occupent une place considérable : 1-3 ; 8-11 ; 37 ; 40-48. Elles ouvrent un monde fantastique : les quatre animaux du char de Yahvé, la sarabande cultuelle du Temple avec son grouillement de bêtes et d’idoles, la plaine d’ossements qui s’animent, un Temple futur dessiné comme sur un plan d’architecte, d’où jaillit un fleuve de rêve dans une géographie utopique. Ce pouvoir d’imaginer s’étend aux tableaux allégoriques que trace le prophète : les deux sœurs Ohola et Oholiba, 23, le Naufrage de Tyr, 27, le Pharaon-Crocodile, 29 et 32, l’Arbre Géant, 31, la Descente aux Enfers, 32.
En contraste avec cette puissance visuelle, peut-être comme sa rançon et comme si l’intensité des images étouffait l’expression, le style d’Ézéchiel est monotone et gris, froid et dilué, d’une indigence rare quand on le compare à celui des grands classiques, à la pureté vigoureuse d’Isaïe, à la chaleur émouvante de Jérémie. L’art d’Ézéchiel vaut par ses dimensions et son relief, qui créent comme une atmosphère d’horreur sacrée devant le mystère du divin.
On voit que, si par bien des traits Ézéchiel se relie à ses prédécesseurs, il ouvre néanmoins une voie nouvelle. Et cela est vrai aussi de sa doctrine. Ézéchiel rompt avec le passé de sa nation. Le souvenir des promesses faites aux Pères et de l’Alliance conclue au Sinaï apparaît sporadiquement mais, si Dieu a sauvé jusqu’ici son peuple souillé dès sa naissance, 16.3s, ce n’est pas pour accomplir les promesses, c’est pour défendre l’honneur de son nom, 20 ; s’il doit remplacer l’Alliance ancienne par une Alliance éternelle, 16.60 ; 37.26s, ce n’est pas en récompense d’un « retour » du peuple vers lui, c’est par une bienveillance pure, nous dirions une grâce prévenante, et le repentir viendra après, 16.62-63. Le messianisme d’Ézéchiel, d’ailleurs peu exprimé, n’est plus royal et glorieux : il annonce bien un futur David mais celui-ci ne sera que le « berger » de son peuple, 34.23 ; 37.24, un « prince », 24.24, et non plus un roi, pour lequel il n’y a pas de place dans la vision théocratique de l’avenir, 45.7s. Il rompt avec la tradition de la solidarité dans le châtiment et affirme le principe de la rétribution individuelle, 18 ; cf. 33. Solution théologique provisoire qui, trop souvent contredite par les faits, conduira lentement à l’idée d’une rétribution outre-tombe. Prêtre si attaché à son Temple, il rompt, comme avait déjà fait Jérémie, avec l’idée que Dieu est lié à son sanctuaire. En lui se marient l’esprit prophétique et l’esprit sacerdotal qui étaient restés souvent opposés : les rites – qui subsistent – sont valorisés par les sentiments qui les inspirent. Toute la doctrine d’Ézéchiel est centrée sur le renouvellement intérieur : il faut se faire un cœur nouveau et un esprit nouveau, 18.31, ou plutôt Dieu lui-même donnera un « autre » cœur, un cœur « nouveau », et mettra dans l’homme un esprit « nouveau », 11.19 ; 36.26. Comme pour la bienveillance divine qui prévient le repentir, on est ici au seuil de la théologie de la grâce, que développeront saint Jean et saint Paul.
Cette spiritualisation de toutes les données religieuses est le grand apport d’Ézéchiel. Quand on l’appelle le père du Judaïsme, on se réfère souvent à son souci de séparation du profane, de pureté légale, à ses minuties rituelles, et l’on pense aux Pharisiens. Cela est tout à fait injuste : Ézéchiel, comme Jérémie mais d’une autre manière, est à l’origine du courant spirituel très pur qui a traversé le judaïsme et débouche dans le Nouveau Testament. Jésus est le Bon Pasteur qu’Ézéchiel avait annoncé et il a inauguré le culte en esprit que celui-ci avait appelé.
Par un autre de ses aspects, Ézéchiel est à l’origine du courant apocalyptique. Ses visions grandioses préludent à celles de Daniel et il n’est pas étonnant que dans l’Apocalypse de saint Jean on retrouve si souvent son influence.