21 Alors Pierre, s'avançant, lui dit : " Seigneur, combien de fois mon frère pourra-t-il pécher contre moi et devrai-je lui pardonner ? Irai-je jusqu'à sept fois ? " |
22 Jésus lui dit : " Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix-sept fois. |
Il ne s'agit évidemment pas, après chaque « pardon », de faire une encoche et de les recompter chaque jour, en savourant à l'avance la vengeance tant attendue après la quatre-cent-quatre-vingt-dixième marque. Pardonner, c'est pardonner: sans laisser d'encoches, sans compter les péchés du prochain, sans garder dans le cœur une mémoire mauvaise. C'est lourd, n'est-ce pas? Mais il y a bien une autre possibilité: le frère a péché, j'ai pardonné, et pour ne pas lui donner l'occasion de pécher de nouveau contre moi, je cesse simplement toute relation avec lui! Cela paraît raisonnable et tout à fait réalisable.
Tout irait bien, mais une phrase de la prière du « Notre Père » s'y oppose. Oui, « remets-nous nos dettes, comme nous remettons aussi à nos débiteurs ». De plus, Jésus juge nécessaire de souligner séparément le sens de ces paroles (Mt 6:14-15). Autrement dit, le Père céleste nous pardonne exactement comme nous pardonnons. Il ne reste qu'à imaginer qu'après notre tout premier péché il nous aurait pardonné, puis aurait cessé toute relation avec nous...
Il faut donc reconnaître que, dans sa réponse à Pierre, Jésus a bien en vue quelque chose de déraisonnable et de peu possible pour nous. Par là, il dirige de nouveau ses disciples, et nous avec eux, vers la nécessité de laisser entrer dans notre cœur l'Unique qui peut pardonner ainsi, parce que son amour pour les hommes est parfait. Mais sans notre effort, notre consentement, notre désir de pardonner, rien ne se fera: Dieu ne contraint pas, il donne des forces.
21 Alors Pierre, s'avançant, lui dit : " Seigneur, combien de fois mon frère pourra-t-il pécher contre moi et devrai-je lui pardonner ? Irai-je jusqu'à sept fois ? " |
22 Jésus lui dit : " Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix-sept fois. |
23 " A ce propos, il en va du Royaume des Cieux comme d'un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. |
24 L'opération commencée, on lui en amena un qui devait dix mille talents. |
25 Cet homme n'ayant pas de quoi rendre, le maître donna l'ordre de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, et d'éteindre ainsi la dette. |
26 Le serviteur alors se jeta à ses pieds et il s'y tenait prosterné en disant : "Consens-moi un délai, et je te rendrai tout. " |
27 Apitoyé, le maître de ce serviteur le relâcha et lui fit remise de sa dette. |
28 En sortant, ce serviteur rencontra un de ses compagnons, qui lui devait cent deniers ; il le prit à la gorge et le serrait à l'étrangler, en lui disant : "Rends tout ce que tu dois. " |
29 Son compagnon alors se jeta à ses pieds et il le suppliait en disant : "Consens-moi un délai, et je te rendrai. " |
30 Mais l'autre n'y consentit pas; au contraire, il s'en alla le faire jeter en prison, en attendant qu'il eût remboursé son dû. |
31 Voyant ce qui s'était passé, ses compagnons en furent navrés, et ils allèrent raconter toute l'affaire à leur maître. |
32 Alors celui-ci le fit venir et lui dit : "Serviteur méchant, toute cette somme que tu me devais, je t'en ai fait remise, parce que tu m'as supplié ; |
33 ne devais-tu pas, toi aussi, avoir pitié de ton compagnon comme moi j'ai eu pitié de toi ?" |
34 Et dans son courroux son maître le livra aux tortionnaires, jusqu'à ce qu'il eût remboursé tout son dû. |
35 C'est ainsi que vous traitera aussi mon Père céleste, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. " |
1 Et il advint, quand Jésus eut achevé ces discours, qu'il quitta la Galilée et vint dans le territoire de la Judée au-delà du Jourdain. |
Au cœur de l’Évangile se trouve le message de l’amour. Au cœur de l’amour se trouve le pardon. La parabole racontée par le Seigneur place le pardon au centre même des relations humaines. Il est impossible de vouloir être pardonné sans vouloir pardonner. Le pardon est un lien réciproque entre les personnes, dans lequel les deux parties sont responsables du maintien de la relation. Pardonner non pas lorsque quelqu’un a expié sa faute, ni même lorsqu’il a demandé pardon, mais auparavant, par avance, sans laisser subsister dans son cœur le refus de pardonner : tel est le sens des paroles de Jésus au verset 22.
21 Alors Pierre, s'avançant, lui dit : " Seigneur, combien de fois mon frère pourra-t-il pécher contre moi et devrai-je lui pardonner ? Irai-je jusqu'à sept fois ? " |
22 Jésus lui dit : " Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix-sept fois. |
23 " A ce propos, il en va du Royaume des Cieux comme d'un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. |
24 L'opération commencée, on lui en amena un qui devait dix mille talents. |
25 Cet homme n'ayant pas de quoi rendre, le maître donna l'ordre de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, et d'éteindre ainsi la dette. |
26 Le serviteur alors se jeta à ses pieds et il s'y tenait prosterné en disant : "Consens-moi un délai, et je te rendrai tout. " |
27 Apitoyé, le maître de ce serviteur le relâcha et lui fit remise de sa dette. |
28 En sortant, ce serviteur rencontra un de ses compagnons, qui lui devait cent deniers ; il le prit à la gorge et le serrait à l'étrangler, en lui disant : "Rends tout ce que tu dois. " |
29 Son compagnon alors se jeta à ses pieds et il le suppliait en disant : "Consens-moi un délai, et je te rendrai. " |
30 Mais l'autre n'y consentit pas; au contraire, il s'en alla le faire jeter en prison, en attendant qu'il eût remboursé son dû. |
31 Voyant ce qui s'était passé, ses compagnons en furent navrés, et ils allèrent raconter toute l'affaire à leur maître. |
32 Alors celui-ci le fit venir et lui dit : "Serviteur méchant, toute cette somme que tu me devais, je t'en ai fait remise, parce que tu m'as supplié ; |
33 ne devais-tu pas, toi aussi, avoir pitié de ton compagnon comme moi j'ai eu pitié de toi ?" |
34 Et dans son courroux son maître le livra aux tortionnaires, jusqu'à ce qu'il eût remboursé tout son dû. |
35 C'est ainsi que vous traitera aussi mon Père céleste, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. " |
À la lecture des deux premiers versets, on est tenté de faire rapidement le calcul : voyons, soixante-dix fois sept — quatre cent quatre-vingt-dix ; ce frère-ci pèche contre moi chaque jour depuis deux ans, donc le crédit est épuisé depuis longtemps et tout va bien, je peux ne plus pardonner.
Il est clair que le Seigneur emploie soixante-dix fois sept comme un symbole — non seulement de la plénitude, que signifie le nombre sept, mais d’une sorte de plénitude infinie : jusqu’à soixante-dix fois sept signifie ici sans cesse, toujours. Et Jésus développe cette pensée dans la parabole qui suit cet épisode : si nous ne faisons pas miséricorde aux autres, nous refusons par là même la miséricorde de Dieu envers nous. Les paroles : « C’est ainsi que Mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas de tout son cœur à son frère ses offenses », - nous rappellent que toute tentative de retailler la Bible à notre manière, pour qu’elle soit commode et légère, ne peut se terminer par rien de bon. Tu veux que le nombre d’offenses pardonnables soit limité ? Eh bien, alors tu veux cette limite non seulement pour ton prochain, mais aussi pour toi-même.
18 " En vérité je vous le dis : tout ce que vous lierez sur la terre sera tenu au ciel pour lié, et tout ce que vous délierez sur la terre sera tenu au ciel pour délié. |
19 " De même, je vous le dis en vérité, si deux d'entre vous, sur la terre, unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux. |
20 Que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d'eux. " |
21 Alors Pierre, s'avançant, lui dit : " Seigneur, combien de fois mon frère pourra-t-il pécher contre moi et devrai-je lui pardonner ? Irai-je jusqu'à sept fois ? " |
22 Jésus lui dit : " Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix-sept fois. |
Nous ne pouvons manquer de remarquer que, dans la lecture évangélique d'aujourd'hui, le Christ nous révèle la manière dont Dieu a voulu être présent dans notre monde. Là où deux ou trois sont réunis en Son nom, Il est là au milieu de nous. C'est précisément cette union entre nous en Son nom que Dieu attend de nous, et lorsqu'elle se réalise, Il vient immanquablement à nous. Car si deux d'entre nous s'accordent pour demander ensemble quelque chose à Dieu, Il ne peut pas ne pas être présent, puisque c'est précisément pour un tel accord, une telle union, qu'Il nous a créés. L'inverse est vrai aussi : pour nous trouver en présence de Dieu et venir à Lui, nous devons nous accorder les uns avec les autres. Cela signifie que ce ne sont plus nos problèmes personnels qui deviennent importants pour nous, mais une autre personne et sa vie. Et c'est là un aspect essentiel de notre ressemblance avec Dieu.
15 " Si ton frère vient à pécher, va le trouver et reprends-le, seul à seul. S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère. |
16 S'il n'écoute pas, prends encore avec toi un ou deux autres, pour que toute affaire soit décidée sur la parole de deux ou trois témoins. |
17 Que s'il refuse de les écouter, dis-le à la communauté. Et s'il refuse d'écouter même la communauté, qu'il soit pour toi comme le païen et le publicain. |
18 " En vérité je vous le dis : tout ce que vous lierez sur la terre sera tenu au ciel pour lié, et tout ce que vous délierez sur la terre sera tenu au ciel pour délié. |
19 " De même, je vous le dis en vérité, si deux d'entre vous, sur la terre, unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux. |
20 Que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d'eux. " |
21 Alors Pierre, s'avançant, lui dit : " Seigneur, combien de fois mon frère pourra-t-il pécher contre moi et devrai-je lui pardonner ? Irai-je jusqu'à sept fois ? " |
22 Jésus lui dit : " Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix-sept fois. |
23 " A ce propos, il en va du Royaume des Cieux comme d'un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. |
24 L'opération commencée, on lui en amena un qui devait dix mille talents. |
25 Cet homme n'ayant pas de quoi rendre, le maître donna l'ordre de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, et d'éteindre ainsi la dette. |
26 Le serviteur alors se jeta à ses pieds et il s'y tenait prosterné en disant : "Consens-moi un délai, et je te rendrai tout. " |
27 Apitoyé, le maître de ce serviteur le relâcha et lui fit remise de sa dette. |
28 En sortant, ce serviteur rencontra un de ses compagnons, qui lui devait cent deniers ; il le prit à la gorge et le serrait à l'étrangler, en lui disant : "Rends tout ce que tu dois. " |
29 Son compagnon alors se jeta à ses pieds et il le suppliait en disant : "Consens-moi un délai, et je te rendrai. " |
30 Mais l'autre n'y consentit pas; au contraire, il s'en alla le faire jeter en prison, en attendant qu'il eût remboursé son dû. |
31 Voyant ce qui s'était passé, ses compagnons en furent navrés, et ils allèrent raconter toute l'affaire à leur maître. |
32 Alors celui-ci le fit venir et lui dit : "Serviteur méchant, toute cette somme que tu me devais, je t'en ai fait remise, parce que tu m'as supplié ; |
33 ne devais-tu pas, toi aussi, avoir pitié de ton compagnon comme moi j'ai eu pitié de toi ?" |
34 Et dans son courroux son maître le livra aux tortionnaires, jusqu'à ce qu'il eût remboursé tout son dû. |
35 C'est ainsi que vous traitera aussi mon Père céleste, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. " |
Dans un différend avec un frère, et plus généralement avec tout « prochain », l'homme est appelé à choisir la démarche la plus difficile : non pas pardonner avec condescendance à celui qui se trompe, ni oublier ses sottises, mais tout au contraire admettre la possibilité d'avoir soi-même tort ! Si tu n'as pas réussi à t'entendre avec ce frère, demande-toi : « Et si c'était moi le coupable ? » et appelle une troisième personne capable de juger objectivement. Mais même alors, même si le jugement objectif de ce tiers s'avère être en ta faveur, fais encore un effort sur toi-même : mets en doute ta propre victoire et soumets l'affaire à l'instance suprême, l'assemblée de ceux qui se réunissent au nom du Christ, où Lui-même pourra vous départager et révéler Sa volonté à ceux qui voudront l'entendre. Car il est si facile de croire que l'on a raison, et si difficile de croire à la possibilité réelle du jugement de Dieu sur la terre...
15 " Si ton frère vient à pécher, va le trouver et reprends-le, seul à seul. S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère. |
16 S'il n'écoute pas, prends encore avec toi un ou deux autres, pour que toute affaire soit décidée sur la parole de deux ou trois témoins. |
17 Que s'il refuse de les écouter, dis-le à la communauté. Et s'il refuse d'écouter même la communauté, qu'il soit pour toi comme le païen et le publicain. |
18 " En vérité je vous le dis : tout ce que vous lierez sur la terre sera tenu au ciel pour lié, et tout ce que vous délierez sur la terre sera tenu au ciel pour délié. |
19 " De même, je vous le dis en vérité, si deux d'entre vous, sur la terre, unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux. |
20 Que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d'eux. " |
21 Alors Pierre, s'avançant, lui dit : " Seigneur, combien de fois mon frère pourra-t-il pécher contre moi et devrai-je lui pardonner ? Irai-je jusqu'à sept fois ? " |
22 Jésus lui dit : " Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix-sept fois. |
23 " A ce propos, il en va du Royaume des Cieux comme d'un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. |
24 L'opération commencée, on lui en amena un qui devait dix mille talents. |
25 Cet homme n'ayant pas de quoi rendre, le maître donna l'ordre de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, et d'éteindre ainsi la dette. |
26 Le serviteur alors se jeta à ses pieds et il s'y tenait prosterné en disant : "Consens-moi un délai, et je te rendrai tout. " |
27 Apitoyé, le maître de ce serviteur le relâcha et lui fit remise de sa dette. |
28 En sortant, ce serviteur rencontra un de ses compagnons, qui lui devait cent deniers ; il le prit à la gorge et le serrait à l'étrangler, en lui disant : "Rends tout ce que tu dois. " |
29 Son compagnon alors se jeta à ses pieds et il le suppliait en disant : "Consens-moi un délai, et je te rendrai. " |
30 Mais l'autre n'y consentit pas; au contraire, il s'en alla le faire jeter en prison, en attendant qu'il eût remboursé son dû. |
31 Voyant ce qui s'était passé, ses compagnons en furent navrés, et ils allèrent raconter toute l'affaire à leur maître. |
32 Alors celui-ci le fit venir et lui dit : "Serviteur méchant, toute cette somme que tu me devais, je t'en ai fait remise, parce que tu m'as supplié ; |
33 ne devais-tu pas, toi aussi, avoir pitié de ton compagnon comme moi j'ai eu pitié de toi ?" |
34 Et dans son courroux son maître le livra aux tortionnaires, jusqu'à ce qu'il eût remboursé tout son dû. |
35 C'est ainsi que vous traitera aussi mon Père céleste, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. " |
Dans la parabole, l'incommensurabilité de nos dettes mutuelles et du pardon de Dieu est soulignée : une myriade de talents vaut un million de fois plus que cent deniers (un tel numéral n'existe tout simplement pas en grec). C'est comme si, ayant reçu un appartement en cadeau, nous arrachions un rouble à quelque mendiant (on peut imaginer des comparaisons encore plus grandioses). D'un autre côté, une dette de cent deniers est aussi une somme : l'offense infligée par nos proches peut être très amère.
Nous devons tous quelque chose les uns aux autres ; tous, d'une manière ou d'une autre, nous blessons et nous nous sentons blessés. Mais lorsque Dieu entre dans l'écheveau compliqué et confus de nos offenses mutuelles et de nos anciennes dettes, Il rompt tout l'équilibre moral et matériel de nos relations humaines. Cela se produit lorsque, face au malheur, nos désaccords et nos querelles pâlissent, ou lorsque, sur le lit de mort, la vie acquiert une telle gravité que les offenses et les blessures que nous nous sommes infligées les uns aux autres paraissent absurdes.
15 " Si ton frère vient à pécher, va le trouver et reprends-le, seul à seul. S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère. |
16 S'il n'écoute pas, prends encore avec toi un ou deux autres, pour que toute affaire soit décidée sur la parole de deux ou trois témoins. |
17 Que s'il refuse de les écouter, dis-le à la communauté. Et s'il refuse d'écouter même la communauté, qu'il soit pour toi comme le païen et le publicain. |
18 " En vérité je vous le dis : tout ce que vous lierez sur la terre sera tenu au ciel pour lié, et tout ce que vous délierez sur la terre sera tenu au ciel pour délié. |
19 " De même, je vous le dis en vérité, si deux d'entre vous, sur la terre, unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux. |
20 Que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d'eux. " |
21 Alors Pierre, s'avançant, lui dit : " Seigneur, combien de fois mon frère pourra-t-il pécher contre moi et devrai-je lui pardonner ? Irai-je jusqu'à sept fois ? " |
22 Jésus lui dit : " Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix-sept fois. |
23 " A ce propos, il en va du Royaume des Cieux comme d'un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. |
24 L'opération commencée, on lui en amena un qui devait dix mille talents. |
25 Cet homme n'ayant pas de quoi rendre, le maître donna l'ordre de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, et d'éteindre ainsi la dette. |
26 Le serviteur alors se jeta à ses pieds et il s'y tenait prosterné en disant : "Consens-moi un délai, et je te rendrai tout. " |
27 Apitoyé, le maître de ce serviteur le relâcha et lui fit remise de sa dette. |
28 En sortant, ce serviteur rencontra un de ses compagnons, qui lui devait cent deniers ; il le prit à la gorge et le serrait à l'étrangler, en lui disant : "Rends tout ce que tu dois. " |
29 Son compagnon alors se jeta à ses pieds et il le suppliait en disant : "Consens-moi un délai, et je te rendrai. " |
30 Mais l'autre n'y consentit pas; au contraire, il s'en alla le faire jeter en prison, en attendant qu'il eût remboursé son dû. |
31 Voyant ce qui s'était passé, ses compagnons en furent navrés, et ils allèrent raconter toute l'affaire à leur maître. |
32 Alors celui-ci le fit venir et lui dit : "Serviteur méchant, toute cette somme que tu me devais, je t'en ai fait remise, parce que tu m'as supplié ; |
33 ne devais-tu pas, toi aussi, avoir pitié de ton compagnon comme moi j'ai eu pitié de toi ?" |
34 Et dans son courroux son maître le livra aux tortionnaires, jusqu'à ce qu'il eût remboursé tout son dû. |
35 C'est ainsi que vous traitera aussi mon Père céleste, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. " |
La lecture d’aujourd’hui est consacrée à l’un des thèmes évangéliques les plus importants : le pardon des péchés. Le sens de la parabole comme celui de l’enseignement se résume à ceci : Dieu ne nous pardonne nos péchés que si nous sommes nous-mêmes prêts à pardonner les péchés de ceux qui pèchent contre nous.
On interprète parfois cette exigence comme un appel au pardon indistinct de tout. Mais une lecture plus attentive du texte montre qu’il n’en est pas du tout ainsi. En effet, ce pardon indistinct suppose souvent que la personne offensée ne remarque tout simplement pas le péché commis contre elle ou n’y prête pas attention. Dans les milieux chrétiens, on entend même parfois des appels à apprendre à ignorer les péchés de son prochain, y compris ceux qui sont dirigés contre nous. Cependant, dans la pratique, une telle ignorance conduit habituellement tôt ou tard à une explosion émotionnelle, dans laquelle toutes les blessures accumulées se déversent au dehors, au point qu’il ne reste aucune trace de l’apparence de paix.
Jésus, Lui, n’appelle nullement à ignorer le péché ; au contraire, Il juge nécessaire d’appeler les choses par leur nom, ouvertement et, si nécessaire, en présence de témoins, parfois même publiquement, dans l’assemblée de l’Église (v. 15-17). Bien sûr, une telle explication peut mener non seulement à la réconciliation, mais aussi à la rupture ; cependant, dans tous les cas, les choses auront été clarifiées dans les relations entre les personnes, et ce n’est qu’alors que le pardon et la restauration des relations deviendront possibles.
Ce n’est pas un hasard si l’enseignement parle aussi de l’assemblée des fidèles (v. 19-20) : elle est impossible tant que les relations ne sont pas restaurées. Mais on ne peut les restaurer en ne remarquant pas le péché ou en l’ignorant ; cela n’est possible que par le repentir, d’une part, et par le pardon du péché, d’autre part.
Et cela n’a rien d’étonnant : il est ici question de la vie spirituelle, où les relations, aussi bien entre les personnes qu’entre chaque personne et Dieu, passent au premier plan. Ne pas remarquer le péché, faire comme si rien ne s’était passé entre frères, signifierait dès le départ construire ces relations sur le mensonge, ce qui serait une grave erreur spirituelle.
Mais une erreur non moins grande serait d’absolutiser le péché, de le considérer comme quelque chose qui aurait désormais rendu à jamais impossibles des relations normales entre frères. Bien sûr, dans notre monde encore non transfiguré, les conséquences d’un péché commis consciemment et délibérément étaient effectivement tenues pour irréversibles ; mais nous ne vivons déjà plus dans les temps anciens, nous vivons à l’époque du Royaume qui vient et se révèle, et désormais le péché, même commis consciemment, ne peut avoir de conséquences irréversibles si celui qui l’a commis se repent sincèrement de ce qu’il a fait. Et si nous vivons dans le Royaume, nous saurons discerner la personne derrière son péché, et donc nous saurons aussi lui pardonner ; sinon, un seul péché commis contre nous détruira pour toujours nos relations avec elle.
Mais nous ne pouvons compter sur le pardon de nos propres péchés que dans le Royaume. Dieu n’exige pas de nous de pardonner les péchés du prochain parce que, sans cela, nous ne serions pas assez bons pour Lui et pour le Royaume ; simplement, en ne manifestant pas la disposition à tout pardonner au prochain et à recommencer une relation avec lui, nous refusons aussi le Royaume, où tout commence précisément à partir d’une page blanche, y compris pour nous-mêmes.
Il n’y a pas de lecture pour dimanche
Il n’y a pas de lecture pour dimanche
Il n’y a pas de lecture pour dimanche
Après votre inscription, vous pourrez vous abonner à l’envoi des textes de n’importe quel plan de lecture de la Bible. Nous prévoyons d’ajouter progressivement des paramètres personnalisés ainsi que d’autres services pour les utilisateurs inscrits. Nous vous conseillons donc de vous inscrire dès maintenant. C’est gratuit. | ||
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||