RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour Mt 18:21-22

Il ne s'agit évidemment pas, après chaque « pardon », de faire une encoche et de les recompter chaque jour, en savourant à l'avance la vengeance tant attendue après la quatre-cent-quatre-vingt-dixième marque. Pardonner, c'est pardonner: sans laisser d'encoches, sans compter les péchés du prochain, sans garder dans le cœur une mémoire mauvaise. C'est lourd, n'est-ce pas? Mais il y a bien une autre possibilité: le frère a péché, j'ai pardonné, et pour ne pas lui donner l'occasion de pécher de nouveau contre moi, je cesse simplement toute relation avec lui! Cela paraît raisonnable et tout à fait réalisable.

Tout irait bien, mais une phrase de la prière du « Notre Père » s'y oppose. Oui, « remets-nous nos dettes, comme nous remettons aussi à nos débiteurs ». De plus, Jésus juge nécessaire de souligner séparément le sens de ces paroles (Mt 6:14-15). Autrement dit, le Père céleste nous pardonne exactement comme nous pardonnons. Il ne reste qu'à imaginer qu'après notre tout premier péché il nous aurait pardonné, puis aurait cessé toute relation avec nous...

Il faut donc reconnaître que, dans sa réponse à Pierre, Jésus a bien en vue quelque chose de déraisonnable et de peu possible pour nous. Par là, il dirige de nouveau ses disciples, et nous avec eux, vers la nécessité de laisser entrer dans notre cœur l'Unique qui peut pardonner ainsi, parce que son amour pour les hommes est parfait. Mais sans notre effort, notre consentement, notre désir de pardonner, rien ne se fera: Dieu ne contraint pas, il donne des forces.