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RÉFLEXIONS pour Jn 9:1-40

En passant, il vit un homme aveugle de naissance.
Ses disciples lui demandèrent : " Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu'il soit né aveugle ? "
Jésus répondit : " Ni lui ni ses parents n'ont péché, mais c'est afin que soient manifestées en lui les œuvres de Dieu.
Tant qu'il fait jour, il nous faut travailler aux œuvres de celui qui m'a envoyé; la nuit vient, où nul ne peut travailler.
Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. "
Ayant dit cela, il cracha à terre, fit de la boue avec sa salive, enduisit avec cette boue les yeux de l'aveugle,
et lui dit : " Va te laver à la piscine de Siloé " - ce qui veut dire : Envoyé. L'aveugle s'en alla donc, il se lava et revint en voyant clair.
Les voisins et ceux qui étaient habitués à le voir auparavant, car c'était un mendiant, dirent alors : " N'est-ce pas celui qui se tenait assis à mendier ? "
Les uns disaient : " C'est lui. " D'autres disaient : " Non, mais il lui ressemble. " Lui disait : " C'est moi. "
10 Ils lui dirent alors : " Comment donc tes yeux se sont-ils ouverts ? "
11 Il répondit : " L'homme qu'on appelle Jésus a fait de la boue, il m'en a enduit les yeux et m'a dit : "Va-t'en à Siloé et lave-toi. " Alors je suis parti, je me suis lavé et j'ai recouvré la vue. "
12 Ils lui dirent : " Où est-il ? " Il dit : " Je ne sais pas. "
13 On le conduit aux Pharisiens, l'ancien aveugle.
14 Or c'était sabbat, le jour où Jésus avait fait de la boue, et lui avait ouvert les yeux.
15 A leur tour les Pharisiens lui demandèrent comme il avait recouvré la vue. Il leur dit : " Il m'a appliqué de la boue sur les yeux, je me suis lavé et je vois. "
16 Certains des Pharisiens disaient : " Il ne vient pas de Dieu, cet homme-là, puisqu'il n'observe pas le sabbat " ; d'autres disaient : " Comment un homme pécheur peut-il faire de tels signes ? " Et il y eut scission parmi eux.
17 Alors ils dirent encore à l'aveugle : " Toi, que dis-tu de lui, de ce qu'il t'a ouvert les yeux ? " Il dit : " C'est un prophète. "
18 Les Juifs ne crurent pas qu'il eût été aveugle tant qu'ils n'eurent pas appelé les parents de celui qui avait recouvré la vue.
19 Ils leur demandèrent : " Celui-ci est-il votre fils dont vous dites qu'il est né aveugle ? Comment donc y voit-il à présent ? "
20 Ses parents répondirent : " Nous savons que c'est notre fils et qu'il est né aveugle.
21 Mais comment il y voit maintenant, nous ne le savons pas ; ou bien qui lui a ouvert les yeux, nous, nous ne le savons pas. Interrogez-le, il a l'âge ; lui-même s'expliquera sur son propre compte. "
22 Ses parents dirent cela parce qu'ils avaient peur des Juifs; car déjà les Juifs étaient convenus que, si quelqu'un reconnaissait Jésus pour le Christ, il serait exclu de la synagogue.
23 C'est pour cela que ses parents dirent : " Il a l'âge : interrogez-le. "
24 Les Juifs appelèrent donc une seconde fois l'homme qui avait été aveugle et lui dirent : " Rends gloire à Dieu ! Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. "
25 Lui répondit : " Si c'est un pécheur, je ne sais pas ; je ne sais qu'une chose : j'étais aveugle et à présent j'y vois. "
26 Ils lui dirent alors : " Que t'a-t-il fait ? Comment t'a-t-il ouvert les yeux ? "
27 Il leur répondit : " Je vous l'ai déjà dit et vous n'avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous l'entendre à nouveau ? Est-ce que, vous aussi, vous voudriez devenir ses disciples ? "
28 Ils l'injurièrent et lui dirent : " C'est toi qui es son disciple ; mais nous, c'est de Moïse que nous sommes disciples.
29 Nous savons, nous, que Dieu a parlé à Moïse ; mais celui-là, nous ne savons pas d'où il est. "
30  L'homme leur répondit : " C'est bien là l'étonnant : que vous ne sachiez pas d'où il est, et qu'il m'ait ouvert les yeux.
31  Nous savons que Dieu n'écoute pas les pécheurs, mais si quelqu'un est religieux et fait sa volonté, celui-là il l'écoute.
32 Jamais on n'a ouï dire que quelqu'un ait ouvert les yeux d'un aveugle-né.
33 Si cet homme ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. "
34 Ils lui répondirent : " De naissance tu n'es que péché et tu nous fais la leçon ! " Et ils le jetèrent dehors.
35 Jésus apprit qu'ils l'avaient jeté dehors. Le rencontrant, il lui dit : " Crois-tu au Fils de l'homme ? "
36 Il répondit : " Et qui est-il, Seigneur, que je croie en lui ? "
37 Jésus lui dit ; " Tu le vois ; celui qui te parle, c'est lui. "
38 Alors il déclara : " Je crois, Seigneur ", et il se prosterna devant lui.
39 Jésus dit alors : " C'est pour un discernement que je suis venu en ce monde : pour que ceux qui ne voient pas voient et que ceux qui voient deviennent aveugles. "
40 Des Pharisiens, qui se trouvaient avec lui, entendirent ces paroles et lui dirent : " Est-ce que nous aussi, nous sommes aveugles ? "
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Comment la foi naît-elle, comment grandit-elle? Aujourd'hui nous voyons un homme qui recouvre la vue non seulement physiquement, mais aussi spirituellement — il est vrai, pas tout de suite. Des circonstances difficiles y contribuent. Les pharisiens qui l'interrogent l'obligent à formuler sa foi que, sans eux, qui sait, il n'aurait peut-être jamais exprimée ni « enfantée ». Plusieurs interrogatoires ont lieu, et après chacun naît une nouvelle définition: « guérisseur », « prophète », « homme venant de Dieu », « Fils de Dieu », puis vient la rencontre face à face!

Nous percevons souvent les épreuves de la foi comme quelque chose de pénible et de tout à fait indésirable. Mais parfois, comme dans le passage d'aujourd'hui, le Seigneur nous conduit à travers ces épreuves vers la rencontre la plus importante, celle où nous recouvrerons enfin la véritable vue.

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Pour Jn 9:1-38
En passant, il vit un homme aveugle de naissance.
Ses disciples lui demandèrent : " Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu'il soit né aveugle ? "
Jésus répondit : " Ni lui ni ses parents n'ont péché, mais c'est afin que soient manifestées en lui les œuvres de Dieu.
Tant qu'il fait jour, il nous faut travailler aux œuvres de celui qui m'a envoyé; la nuit vient, où nul ne peut travailler.
Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. "
Ayant dit cela, il cracha à terre, fit de la boue avec sa salive, enduisit avec cette boue les yeux de l'aveugle,
et lui dit : " Va te laver à la piscine de Siloé " - ce qui veut dire : Envoyé. L'aveugle s'en alla donc, il se lava et revint en voyant clair.
Les voisins et ceux qui étaient habitués à le voir auparavant, car c'était un mendiant, dirent alors : " N'est-ce pas celui qui se tenait assis à mendier ? "
Les uns disaient : " C'est lui. " D'autres disaient : " Non, mais il lui ressemble. " Lui disait : " C'est moi. "
10 Ils lui dirent alors : " Comment donc tes yeux se sont-ils ouverts ? "
11 Il répondit : " L'homme qu'on appelle Jésus a fait de la boue, il m'en a enduit les yeux et m'a dit : "Va-t'en à Siloé et lave-toi. " Alors je suis parti, je me suis lavé et j'ai recouvré la vue. "
12 Ils lui dirent : " Où est-il ? " Il dit : " Je ne sais pas. "
13 On le conduit aux Pharisiens, l'ancien aveugle.
14 Or c'était sabbat, le jour où Jésus avait fait de la boue, et lui avait ouvert les yeux.
15 A leur tour les Pharisiens lui demandèrent comme il avait recouvré la vue. Il leur dit : " Il m'a appliqué de la boue sur les yeux, je me suis lavé et je vois. "
16 Certains des Pharisiens disaient : " Il ne vient pas de Dieu, cet homme-là, puisqu'il n'observe pas le sabbat " ; d'autres disaient : " Comment un homme pécheur peut-il faire de tels signes ? " Et il y eut scission parmi eux.
17 Alors ils dirent encore à l'aveugle : " Toi, que dis-tu de lui, de ce qu'il t'a ouvert les yeux ? " Il dit : " C'est un prophète. "
18 Les Juifs ne crurent pas qu'il eût été aveugle tant qu'ils n'eurent pas appelé les parents de celui qui avait recouvré la vue.
19 Ils leur demandèrent : " Celui-ci est-il votre fils dont vous dites qu'il est né aveugle ? Comment donc y voit-il à présent ? "
20 Ses parents répondirent : " Nous savons que c'est notre fils et qu'il est né aveugle.
21 Mais comment il y voit maintenant, nous ne le savons pas ; ou bien qui lui a ouvert les yeux, nous, nous ne le savons pas. Interrogez-le, il a l'âge ; lui-même s'expliquera sur son propre compte. "
22 Ses parents dirent cela parce qu'ils avaient peur des Juifs; car déjà les Juifs étaient convenus que, si quelqu'un reconnaissait Jésus pour le Christ, il serait exclu de la synagogue.
23 C'est pour cela que ses parents dirent : " Il a l'âge : interrogez-le. "
24 Les Juifs appelèrent donc une seconde fois l'homme qui avait été aveugle et lui dirent : " Rends gloire à Dieu ! Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. "
25 Lui répondit : " Si c'est un pécheur, je ne sais pas ; je ne sais qu'une chose : j'étais aveugle et à présent j'y vois. "
26 Ils lui dirent alors : " Que t'a-t-il fait ? Comment t'a-t-il ouvert les yeux ? "
27 Il leur répondit : " Je vous l'ai déjà dit et vous n'avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous l'entendre à nouveau ? Est-ce que, vous aussi, vous voudriez devenir ses disciples ? "
28 Ils l'injurièrent et lui dirent : " C'est toi qui es son disciple ; mais nous, c'est de Moïse que nous sommes disciples.
29 Nous savons, nous, que Dieu a parlé à Moïse ; mais celui-là, nous ne savons pas d'où il est. "
30  L'homme leur répondit : " C'est bien là l'étonnant : que vous ne sachiez pas d'où il est, et qu'il m'ait ouvert les yeux.
31  Nous savons que Dieu n'écoute pas les pécheurs, mais si quelqu'un est religieux et fait sa volonté, celui-là il l'écoute.
32 Jamais on n'a ouï dire que quelqu'un ait ouvert les yeux d'un aveugle-né.
33 Si cet homme ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. "
34 Ils lui répondirent : " De naissance tu n'es que péché et tu nous fais la leçon ! " Et ils le jetèrent dehors.
35 Jésus apprit qu'ils l'avaient jeté dehors. Le rencontrant, il lui dit : " Crois-tu au Fils de l'homme ? "
36 Il répondit : " Et qui est-il, Seigneur, que je croie en lui ? "
37 Jésus lui dit ; " Tu le vois ; celui qui te parle, c'est lui. "
38 Alors il déclara : " Je crois, Seigneur ", et il se prosterna devant lui.
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En quoi la vie spirituelle diffère-t-elle de la vie religieuse? Sans doute avant tout par son rapport au miracle. Cela n'a rien d'étonnant: le miracle est une révélation manifestée par Dieu, qu'il est très difficile à une personne religieuse d'ignorer. La religion se trouve dans une position ambiguë à l'égard du miracle...  Lire la suite

En quoi la vie spirituelle diffère-t-elle de la vie religieuse? Sans doute avant tout par son rapport au miracle. Cela n'a rien d'étonnant: le miracle est une révélation manifestée par Dieu, qu'il est très difficile à une personne religieuse d'ignorer. La religion se trouve dans une position ambiguë à l'égard du miracle: l'homme non religieux n'a absolument pas besoin des miracles; il peut se permettre de les ignorer en principe, en les rangeant simplement dans le domaine de l'inexplicable, du moins provisoirement, et s'en tenir là. Il en va autrement de l'homme religieux: en général, la religion a besoin de miracles et s'appuie sur eux à un degré ou à un autre; par conséquent, la conscience religieuse ne peut pas ignorer le miracle comme le fait la conscience non religieuse.

Cependant la religion n'accepte pas n'importe quel miracle, mais seulement celui qui ne contredit pas sa propre doctrine; la conscience religieuse évalue donc chaque miracle qui entre dans son champ de vision. Si ce qui s'est produit entre dans le cadre de la doctrine religieuse correspondante, le miracle est jugé authentique; sinon il est perçu comme faux ou inauthentique, venant par exemple non de Dieu mais des forces obscures. Du point de vue d'une personne vivant une vie spirituelle pleine, le miracle en lui-même est un témoignage suffisant de l'intervention de Dieu.

Du point de vue de celui pour qui la religion occupe la première place, il faut évaluer le miracle selon sa conformité à la doctrine, à peu près, bien que pas nécessairement exactement, comme le font les pharisiens lorsqu'ils examinent la question de la guérison de l'aveugle-né. Ils sont prêts à reconnaître le miracle, mais seulement si l'on trouve une explication qui entre dans le cadre de leur conception religieuse et théologique; sinon, ils sont prêts à remercier Dieu pour ce qui a été accompli, mais nullement à reconnaître la justesse de Celui par qui il a accompli ce qu'il a accompli.

Ainsi la primauté de la religion conduit dans une impasse spirituelle celui qui est prêt à suivre sans réserve ses propres conceptions religieuses, malgré tous les témoignages reçus d'en haut.

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Pour Jn 9:1-38
En passant, il vit un homme aveugle de naissance.
Ses disciples lui demandèrent : " Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu'il soit né aveugle ? "
Jésus répondit : " Ni lui ni ses parents n'ont péché, mais c'est afin que soient manifestées en lui les œuvres de Dieu.
Tant qu'il fait jour, il nous faut travailler aux œuvres de celui qui m'a envoyé; la nuit vient, où nul ne peut travailler.
Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. "
Ayant dit cela, il cracha à terre, fit de la boue avec sa salive, enduisit avec cette boue les yeux de l'aveugle,
et lui dit : " Va te laver à la piscine de Siloé " - ce qui veut dire : Envoyé. L'aveugle s'en alla donc, il se lava et revint en voyant clair.
Les voisins et ceux qui étaient habitués à le voir auparavant, car c'était un mendiant, dirent alors : " N'est-ce pas celui qui se tenait assis à mendier ? "
Les uns disaient : " C'est lui. " D'autres disaient : " Non, mais il lui ressemble. " Lui disait : " C'est moi. "
10 Ils lui dirent alors : " Comment donc tes yeux se sont-ils ouverts ? "
11 Il répondit : " L'homme qu'on appelle Jésus a fait de la boue, il m'en a enduit les yeux et m'a dit : "Va-t'en à Siloé et lave-toi. " Alors je suis parti, je me suis lavé et j'ai recouvré la vue. "
12 Ils lui dirent : " Où est-il ? " Il dit : " Je ne sais pas. "
13 On le conduit aux Pharisiens, l'ancien aveugle.
14 Or c'était sabbat, le jour où Jésus avait fait de la boue, et lui avait ouvert les yeux.
15 A leur tour les Pharisiens lui demandèrent comme il avait recouvré la vue. Il leur dit : " Il m'a appliqué de la boue sur les yeux, je me suis lavé et je vois. "
16 Certains des Pharisiens disaient : " Il ne vient pas de Dieu, cet homme-là, puisqu'il n'observe pas le sabbat " ; d'autres disaient : " Comment un homme pécheur peut-il faire de tels signes ? " Et il y eut scission parmi eux.
17 Alors ils dirent encore à l'aveugle : " Toi, que dis-tu de lui, de ce qu'il t'a ouvert les yeux ? " Il dit : " C'est un prophète. "
18 Les Juifs ne crurent pas qu'il eût été aveugle tant qu'ils n'eurent pas appelé les parents de celui qui avait recouvré la vue.
19 Ils leur demandèrent : " Celui-ci est-il votre fils dont vous dites qu'il est né aveugle ? Comment donc y voit-il à présent ? "
20 Ses parents répondirent : " Nous savons que c'est notre fils et qu'il est né aveugle.
21 Mais comment il y voit maintenant, nous ne le savons pas ; ou bien qui lui a ouvert les yeux, nous, nous ne le savons pas. Interrogez-le, il a l'âge ; lui-même s'expliquera sur son propre compte. "
22 Ses parents dirent cela parce qu'ils avaient peur des Juifs; car déjà les Juifs étaient convenus que, si quelqu'un reconnaissait Jésus pour le Christ, il serait exclu de la synagogue.
23 C'est pour cela que ses parents dirent : " Il a l'âge : interrogez-le. "
24 Les Juifs appelèrent donc une seconde fois l'homme qui avait été aveugle et lui dirent : " Rends gloire à Dieu ! Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. "
25 Lui répondit : " Si c'est un pécheur, je ne sais pas ; je ne sais qu'une chose : j'étais aveugle et à présent j'y vois. "
26 Ils lui dirent alors : " Que t'a-t-il fait ? Comment t'a-t-il ouvert les yeux ? "
27 Il leur répondit : " Je vous l'ai déjà dit et vous n'avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous l'entendre à nouveau ? Est-ce que, vous aussi, vous voudriez devenir ses disciples ? "
28 Ils l'injurièrent et lui dirent : " C'est toi qui es son disciple ; mais nous, c'est de Moïse que nous sommes disciples.
29 Nous savons, nous, que Dieu a parlé à Moïse ; mais celui-là, nous ne savons pas d'où il est. "
30  L'homme leur répondit : " C'est bien là l'étonnant : que vous ne sachiez pas d'où il est, et qu'il m'ait ouvert les yeux.
31  Nous savons que Dieu n'écoute pas les pécheurs, mais si quelqu'un est religieux et fait sa volonté, celui-là il l'écoute.
32 Jamais on n'a ouï dire que quelqu'un ait ouvert les yeux d'un aveugle-né.
33 Si cet homme ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. "
34 Ils lui répondirent : " De naissance tu n'es que péché et tu nous fais la leçon ! " Et ils le jetèrent dehors.
35 Jésus apprit qu'ils l'avaient jeté dehors. Le rencontrant, il lui dit : " Crois-tu au Fils de l'homme ? "
36 Il répondit : " Et qui est-il, Seigneur, que je croie en lui ? "
37 Jésus lui dit ; " Tu le vois ; celui qui te parle, c'est lui. "
38 Alors il déclara : " Je crois, Seigneur ", et il se prosterna devant lui.
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Aujourd'hui nous avons devant nous un exemple éclatant de ce qu'est le parti pris : les pharisiens interrogent l'ancien aveugle. Et tout ce qui se passe...  Lire la suite

Aujourd'hui nous avons devant nous un exemple éclatant de ce qu'est le parti pris : les pharisiens interrogent l'ancien aveugle. D'ailleurs, tout ce qui se passe ressemble plutôt à un interrogatoire. Ils répètent leurs questions comme par hasard, essaient de prendre l'homme guéri en défaut, de trouver dans ses paroles la moindre prise. Quand leur réserve de moyens est presque épuisée, il leur faut nier le fait même de la guérison. Ils se poussent eux-mêmes dans une impasse. On dirait que leur opinion est faite d'avance : « Cela ne peut pas être, parce que cela ne peut jamais être. » Et encore moins un jour de sabbat...

Malgré l'éloquence inouïe pour un mendiant illettré, manifestement donnée d'en haut, ils restent sourds. « Comment un tel pécheur pourrait-il nous enseigner quoi que ce soit ? » Cela rappelle leurs propres paroles : « Examine, et tu verras que de Galilée il ne vient pas de prophète » (Jn 7:52). De nouveau le même mur, contre lequel se brise l'expérience vivante de la rencontre d'un homme avec Dieu.

Car il est si facile, avec ses connaissances et sa ferme assurance de quelque chose (les siennes, non celles qui viennent du Seigneur), de blesser autrui et de lui enlever, sinon ses convictions et sa foi en Dieu, du moins sa foi dans les hommes.

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Pour Jn 9:1-38
En passant, il vit un homme aveugle de naissance.
Ses disciples lui demandèrent : " Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu'il soit né aveugle ? "
Jésus répondit : " Ni lui ni ses parents n'ont péché, mais c'est afin que soient manifestées en lui les œuvres de Dieu.
Tant qu'il fait jour, il nous faut travailler aux œuvres de celui qui m'a envoyé; la nuit vient, où nul ne peut travailler.
Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. "
Ayant dit cela, il cracha à terre, fit de la boue avec sa salive, enduisit avec cette boue les yeux de l'aveugle,
et lui dit : " Va te laver à la piscine de Siloé " - ce qui veut dire : Envoyé. L'aveugle s'en alla donc, il se lava et revint en voyant clair.
Les voisins et ceux qui étaient habitués à le voir auparavant, car c'était un mendiant, dirent alors : " N'est-ce pas celui qui se tenait assis à mendier ? "
Les uns disaient : " C'est lui. " D'autres disaient : " Non, mais il lui ressemble. " Lui disait : " C'est moi. "
10 Ils lui dirent alors : " Comment donc tes yeux se sont-ils ouverts ? "
11 Il répondit : " L'homme qu'on appelle Jésus a fait de la boue, il m'en a enduit les yeux et m'a dit : "Va-t'en à Siloé et lave-toi. " Alors je suis parti, je me suis lavé et j'ai recouvré la vue. "
12 Ils lui dirent : " Où est-il ? " Il dit : " Je ne sais pas. "
13 On le conduit aux Pharisiens, l'ancien aveugle.
14 Or c'était sabbat, le jour où Jésus avait fait de la boue, et lui avait ouvert les yeux.
15 A leur tour les Pharisiens lui demandèrent comme il avait recouvré la vue. Il leur dit : " Il m'a appliqué de la boue sur les yeux, je me suis lavé et je vois. "
16 Certains des Pharisiens disaient : " Il ne vient pas de Dieu, cet homme-là, puisqu'il n'observe pas le sabbat " ; d'autres disaient : " Comment un homme pécheur peut-il faire de tels signes ? " Et il y eut scission parmi eux.
17 Alors ils dirent encore à l'aveugle : " Toi, que dis-tu de lui, de ce qu'il t'a ouvert les yeux ? " Il dit : " C'est un prophète. "
18 Les Juifs ne crurent pas qu'il eût été aveugle tant qu'ils n'eurent pas appelé les parents de celui qui avait recouvré la vue.
19 Ils leur demandèrent : " Celui-ci est-il votre fils dont vous dites qu'il est né aveugle ? Comment donc y voit-il à présent ? "
20 Ses parents répondirent : " Nous savons que c'est notre fils et qu'il est né aveugle.
21 Mais comment il y voit maintenant, nous ne le savons pas ; ou bien qui lui a ouvert les yeux, nous, nous ne le savons pas. Interrogez-le, il a l'âge ; lui-même s'expliquera sur son propre compte. "
22 Ses parents dirent cela parce qu'ils avaient peur des Juifs; car déjà les Juifs étaient convenus que, si quelqu'un reconnaissait Jésus pour le Christ, il serait exclu de la synagogue.
23 C'est pour cela que ses parents dirent : " Il a l'âge : interrogez-le. "
24 Les Juifs appelèrent donc une seconde fois l'homme qui avait été aveugle et lui dirent : " Rends gloire à Dieu ! Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. "
25 Lui répondit : " Si c'est un pécheur, je ne sais pas ; je ne sais qu'une chose : j'étais aveugle et à présent j'y vois. "
26 Ils lui dirent alors : " Que t'a-t-il fait ? Comment t'a-t-il ouvert les yeux ? "
27 Il leur répondit : " Je vous l'ai déjà dit et vous n'avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous l'entendre à nouveau ? Est-ce que, vous aussi, vous voudriez devenir ses disciples ? "
28 Ils l'injurièrent et lui dirent : " C'est toi qui es son disciple ; mais nous, c'est de Moïse que nous sommes disciples.
29 Nous savons, nous, que Dieu a parlé à Moïse ; mais celui-là, nous ne savons pas d'où il est. "
30  L'homme leur répondit : " C'est bien là l'étonnant : que vous ne sachiez pas d'où il est, et qu'il m'ait ouvert les yeux.
31  Nous savons que Dieu n'écoute pas les pécheurs, mais si quelqu'un est religieux et fait sa volonté, celui-là il l'écoute.
32 Jamais on n'a ouï dire que quelqu'un ait ouvert les yeux d'un aveugle-né.
33 Si cet homme ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. "
34 Ils lui répondirent : " De naissance tu n'es que péché et tu nous fais la leçon ! " Et ils le jetèrent dehors.
35 Jésus apprit qu'ils l'avaient jeté dehors. Le rencontrant, il lui dit : " Crois-tu au Fils de l'homme ? "
36 Il répondit : " Et qui est-il, Seigneur, que je croie en lui ? "
37 Jésus lui dit ; " Tu le vois ; celui qui te parle, c'est lui. "
38 Alors il déclara : " Je crois, Seigneur ", et il se prosterna devant lui.
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L'évangéliste Jean nous raconte aujourd'hui une histoire étonnante et, dans une certaine mesure, exemplaire. Exemplaire parce qu'au-delà des événements...  Lire la suite

L'évangéliste Jean nous raconte aujourd'hui une histoire étonnante et, dans une certaine mesure, exemplaire. Exemplaire parce qu'au-delà des événements arrivés à une personne précise, l'aveugle-né à qui le Seigneur Jésus donna la vue, ce récit parle de ce qui arrive à chaque personne dans la rencontre avec Dieu. Et elle peut encore être dite exemplaire, hélas, parce qu'elle donne un exemple caractéristique et typique de l'attitude des hommes envers ce que fait le Seigneur Jésus.

Plusieurs points importants attirent d'abord l'attention. Les disciples partent d'une représentation largement répandue parmi les personnes religieuses, non pas croyantes, mais précisément religieuses: toute souffrance serait toujours le fruit d'un péché concret d'une personne concrète. C'est pourquoi ils posent cette question: qui a péché, l'aveugle-né lui-même ou ses parents? Dans le péché de qui se trouve la cause de la souffrance de cet homme?

Le Seigneur ne répond pas à cette question. Il parle de ce qu'il faut faire. Cela est arrivé à l'aveugle, dit-Il, afin que soit manifestée la gloire de Dieu. Il ne s'agit donc pas de savoir qui est coupable ni si la mesure de la souffrance correspond à la gravité du péché. Pour les disciples du Christ, la douleur, la faiblesse ou la souffrance d'une autre personne peuvent être une possibilité d'amour, de compassion, de miséricorde, c'est-à-dire de ce qui est la vraie gloire de Dieu. Et pour le Christ, il en est de même. C'est précisément pourquoi Sa miséricorde guérit l'aveugle-né.

La question des disciples peut être appelée une approche scientifico-théologique de la souffrance, et la stérilité d'une telle approche est évidente. Mes voies ne sont pas vos voies, dit le Seigneur... À l'inverse, l'approche du Seigneur face à la souffrance humaine peut être appelée pratique: selon Ses paroles, la souffrance n'appelle pas l'explication, mais la guérison et la consolation. Il est important de le sentir pour être disciple du Christ.

Et il est encore essentiel que le Christ ait réellement enfreint certaines prescriptions; mais l'Évangile nous fait clairement comprendre que le Seigneur refuse de prendre notre religiosité zélée pour la volonté du Père. L'accomplissement des exigences extérieures de la religion et l'obéissance à la volonté du Père sont des réalités entièrement «d'un autre ordre». Avec notre zèle pour les détails rituels et notre indifférence envers les personnes, de qui sommes-nous les héritiers: du Christ ou des pharisiens? Question triste et blessante. Mais on ne peut pourtant pas ne pas la poser, afin de comprendre correctement ce qui, dans la vie de l'Église, est essentiel et principal, et ce qui est superficiel et secondaire.

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Pour Jn 9:2-3
Ses disciples lui demandèrent : " Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu'il soit né aveugle ? "
Jésus répondit : " Ni lui ni ses parents n'ont péché, mais c'est afin que soient manifestées en lui les œuvres de Dieu.
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En regardant un homme aveugle de naissance, chacun, dans l'Antiquité comme aujourd'hui, se pose la même question: pourquoi cela lui arrive-t-il? Qui est coupable? Aux temps évangéliques, on pensait que la faute en revenait soit à l'homme lui-même, que Dieu punissait ainsi pour ses péchés, soit à ses parents...  Lire la suite

En regardant un homme aveugle de naissance, chacun, dans l'Antiquité comme aujourd'hui, se pose la même question: pourquoi cela lui arrive-t-il? Qui est coupable? Aux temps évangéliques, on pensait que la faute en revenait soit à l'homme lui-même, que Dieu punissait ainsi pour ses péchés, soit à ses parents: on supposait que les conséquences du péché commis par les parents pouvaient retomber sur les enfants. Jésus, cependant, regarde la situation d'une manière tout à fait différente.

Il ne parle pas de savoir qui est coupable. Il dit seulement que ce cas, comme beaucoup d'autres qui lui ressemblent, est une possibilité pour que se manifestent et agissent la force de Dieu et l'amour de Dieu. Pour Lui, le mal est le lieu où Dieu ne S'est pas encore manifesté. Bien sûr, le monde entier a été créé par Dieu. Et, pour cette raison, le mal n'était pas prévu au départ dans le monde. Mais au départ, il n'y avait pas non plus de mal dans le monde. Il y est apparu lorsque s'y est trouvée une volonté opposée à Dieu. Dans la création de Dieu, il n'y a pas de substance mauvaise, mais il y a en elle une volonté mauvaise. Parce que tout porteur de volonté est libre. Et le mal est le revers de la liberté. Mais le mal n'a pas de sens.

Par définition. En effet, dans le monde créé, le sens n'est possible que comme dessein du Créateur à son sujet. Ce qui arrive selon une autre volonté, opposée au Créateur, ne peut avoir de sens par définition. C'est pourquoi le mal est absurde et inexplicable. Et même l'existence d'une volonté opposée à Dieu n'est pas une explication. Elle est une condition nécessaire de l'existence du mal dans le monde, mais même elle ne donne pas de sens au mal. Et Jésus, à la différence de Ses disciples, n'essaie pas de chercher ce qui n'existe pas. Pour Lui, le mal est une anomalie de la création dépourvue de sens, qui doit être corrigée, et rien de plus. Dans le Royaume, il n'y a pas de mal. Et si Lui, le Roi de ce Royaume, est ici, alors ici non plus il n'y aura pas de mal.

Pour le Sauveur, la réponse à la question «Que faire?» n'est pas directement liée à la réponse à la question «Qui est coupable?». Bien sûr, il est nécessaire de s'opposer aux forces du mal dans le monde. Mais même la disparition de ces forces, en elle-même, ne ferait pas disparaître les conséquences provoquées par leur activité. Seul le souffle du Royaume peut changer la situation et supprimer ces conséquences. C'est précisément ce que fait Jésus: car, selon Ses propres paroles, Il est venu pour sauver ceux qui périssent.

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Pour Jn 9:5
Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. "
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Dans la traduction synodale, on observe une différence de formes grammaticales ici, ainsi qu’en Jn 8:12, et en Mt 5:14. Il en résulte que, lorsque Jésus s’adresse aux disciples, Il les appelle «lumière du monde», tandis que lorsqu’Il parle de Lui-même, Il emploie l’expression «lumière pour le monde». Sur cette base, on peut bâtir toute une prédication, n’est-ce pas?...  Lire la suite

Dans la traduction synodale, on observe une différence de formes grammaticales ici (ainsi qu’en Jn 8:12) et en Mt 5:14. Il en résulte que, lorsque Jésus s’adresse aux disciples, Il les appelle «lumière du monde», tandis que lorsqu’Il parle de Lui-même, Il emploie l’expression «lumière pour le monde». Sur cette base, on peut bâtir toute une prédication, n’est-ce pas? Cependant, à l’examen du texte grec, une telle différence n’apparaît pas. En conséquence, presque toutes les traductions modernes mettent ici la même forme grammaticale qu’en Mt 5:14: «lumière du monde». Et cela aussi a du sens, si le Maître parle de Lui-même et des disciples dans les mêmes termes. Simplement, tant qu’Il vit une vie terrestre, c’est Lui qui accomplit cette fonction: porter la lumière dans ce monde enveloppé de ténèbres; après Son Ascension, cette fonction passe à Ses disciples.

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Pour Jn 9:32-34
32 Jamais on n'a ouï dire que quelqu'un ait ouvert les yeux d'un aveugle-né.
33 Si cet homme ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. "
34 Ils lui répondirent : " De naissance tu n'es que péché et tu nous fais la leçon ! " Et ils le jetèrent dehors.
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L’un des phénomènes de la religiosité est le prisme à travers lequel l’homme religieux regarde le monde. Un tel prisme existait aussi chez les pharisiens : ils étaient en effet des hommes profondément et, à bien des égards, sincèrement religieux. C’est pourquoi l’explication simple et assez évidente de ce qui se passait, dont...  Lire la suite

L’un des phénomènes de la religiosité est le prisme à travers lequel l’homme religieux regarde le monde. Un tel prisme existait aussi chez les pharisiens : ils étaient en effet des hommes profondément et, à bien des égards, sincèrement religieux. C’est pourquoi l’explication simple et assez évidente de ce qui se passait, dont se contenta l’aveugle-né guéri par Jésus, ne leur convenait pas : le guéri n’était pas aussi religieux que les pharisiens qui examinaient l’affaire, et, en un certain sens, c’était plus simple pour lui.

Il raisonne sans tenir compte des concepts religieux des pharisiens. Cet Homme m’a-t-Il guéri ? Il m’a guéri. Donc Dieu est avec Lui. Il ne peut en être autrement. D’autant plus que de telles guérisons n’avaient jamais eu lieu auparavant. Cas unique. Quelles autres preuves faudrait-il donc ?

Pour les pharisiens, cependant, tout n’est pas si simple. Ils ont d’autres critères. Et le critère principal n’est pas la présence ou l’absence de guérison. Ce n’est pas le fait de la manifestation et de l’action de la puissance de Dieu. L’essentiel, c’est la conformité à certains critères tirés de la tradition religieuse correspondante. De tels critères, bien sûr, sont inventés par les hommes. Mais, pour l’homme religieux, ils se présentent d’ordinaire comme donnés par Dieu et non inventés par les hommes. C’est pourquoi la conformité de ce qui arrive à ces critères prétendument révélés par Dieu est l’essentiel. Même si un miracle est là, on ne peut pas le tenir pour véritable s’il ne correspond pas aux critères religieux.

Les pharisiens qui enquêtent sur la guérison essaient précisément de faire cela, interrogeant encore et encore le guéri sur ce qui lui est arrivé. Ils cherchent à trouver au moins quelque prise pour obtenir une explication qui leur convienne. Mais il n’y a pas de prise. Et le guéri ne peut pas comprendre ce qu’on lui veut. Il a déjà tout expliqué. Et pour lui-même tout est clair. Les pharisiens assurent au guéri que l’Homme qui l’a guéri ne peut pas venir de Dieu : leurs critères religieux le disent clairement. Comment alors la guérison est-elle possible ?

Mais au guéri lui-même tous ces raisonnements paraissent simplement une théorie artificielle et inutile à personne. Il dit : je sais seulement que cet Homme m’a guéri ; quant à savoir comment cela s’est passé, qui Il est et d’où Il vient, vous êtes mieux placés que moi, débrouillez-vous.

Finalement, ne trouvant pas d’explication qui leur convienne, les pharisiens qui instruisent l’affaire chassent le guéri. Plus d’homme, plus de problème. Avec un peu de chance, l’affaire s’oubliera d’elle-même. Mais le guéri trouve le Sauveur. Lui, en tout cas, n’a rien perdu.

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Pour Jn 9:39-10:9
39 Jésus dit alors : " C'est pour un discernement que je suis venu en ce monde : pour que ceux qui ne voient pas voient et que ceux qui voient deviennent aveugles. "
40 Des Pharisiens, qui se trouvaient avec lui, entendirent ces paroles et lui dirent : " Est-ce que nous aussi, nous sommes aveugles ? "
41 Jésus leur dit : " Si vous étiez aveugles, vous n'auriez pas de péché ; mais vous dites : Nous voyons ! Votre péché demeure. "
" En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n'entre pas par la porte dans l'enclos des brebis, mais en fait l'escalade par une autre voie, celui-là est un voleur et un brigand ;
celui qui entre par la porte est le pasteur des brebis.
Le portier lui ouvre et les brebis écoutent sa voix, et ses brebis à lui, il les appelle une à une et il les mène dehors.
Quand il a fait sortir toutes celles qui sont à lui, il marche devant elles et les brebis le suivent, parce qu'elles connaissent sa voix.
Elles ne suivront pas un étranger ; elles le fuiront au contraire, parce qu'elles ne connaissent pas la voix des étrangers. "
Jésus leur tint ce discours mystérieux, mais eux ne comprirent pas ce dont il leur parlait.
Alors Jésus dit à nouveau : " En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis.
Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands; mais les brebis ne les ont pas écoutés.
Je suis la porte. Si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé; il entrera et sortira, et trouvera un pâturage.
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Que veut dire Jésus lorsqu'il parle de ceux qui sont venus avant lui? Si l'on considère l'aspect purement historique, la réponse est assez claire: il s'agit manifestement des nombreux prétendants à la messianité qui apparaissaient alors en Judée presque chaque jour, et qui apparaissaient pour...  Lire la suite

Que veut dire Jésus lorsqu'il parle de ceux qui sont venus avant lui? Si l'on considère l'aspect purement historique, la réponse est assez claire: il s'agit manifestement des nombreux prétendants à la messianité qui apparaissaient alors en Judée presque chaque jour, et qui apparaissaient pour, selon la parole de Jésus, « voler, tuer et détruire ». Tous, en effet, terminaient leur prédication par un appel à la révolte, à la guerre messianique, appel qui était presque toujours entendu, et les conséquences ne se faisaient pas attendre: l'armée romaine réprimait durement et impitoyablement tous ces mouvements. Jésus, lui, parle de lui-même comme du Pasteur qui prend soin des brebis et ne veut pas les perdre inutilement, car il a apporté dans le monde le Royaume, dont l'établissement n'exige aucune révolte.

Mais ce n'est là qu'un aspect de la question. En parlant des faux pasteurs, Jésus s'adresse aussi aux pharisiens: ce sont eux qu'il appelle aveugles, et il leur dit que s'ils reconnaissaient leur aveuglement, ils ne porteraient pas de péché. Or les pharisiens, dans leur ensemble, à la différence par exemple des zélotes, n'étaient pas partisans de la guerre sainte, bien qu'ils attendissent évidemment le Messie tout autant. De quoi donc Jésus les accuse-t-il? On ne pouvait certainement pas les accuser de négliger le soin des âmes: à cet égard, les maîtres pharisiens et les rabbins étaient très zélés. Mais vers quoi se dirigeait leur zèle? Avant tout, et cela n'a rien d'étonnant, vers l'éducation religieuse de leur troupeau.

Pourtant la religion, par elle-même, ne garantit pas encore une vie spirituelle pleine. Elle peut être une aide comme un obstacle sur le chemin du Royaume: si on en fait une fin en soi, les conséquences pour la vie spirituelle peuvent être très tristes. Les pharisiens ont toujours été enclins à cette absolutisation, même si, comme toujours en pareil cas, beaucoup dépendait des personnes concrètes. Mais, malheureusement, il y eut bien des guides prêts à sacrifier l'homme au nom des normes et des règles religieuses, et les paroles de Jésus s'appliquaient pleinement à eux.

Bien sûr, beaucoup de ceux qui devaient conduire les hommes sur le chemin spirituel n'y étaient objectivement pas prêts. Dans ce cas, il aurait suffi de reconnaître simplement leur incapacité pour se décharger de leur responsabilité: personne n'aurait plus attendu de direction de celui qui se serait reconnu tel. Mais ceux qui étaient prêts à un tel aveu étaient, comme d'habitude, très peu nombreux: qui donc voudrait signer sa propre incapacité pastorale?

Alors les pasteurs devenaient précisément ces faux pasteurs dont parlait Jésus. Et ils portaient un péché: car le mensonge est toujours péché, et le faux pastorat est un péché redoublé. Il y va ici du chemin de la justice et du chemin vers le Royaume, donc du salut, c'est-à-dire de ce avec quoi on ne peut pas jouer.

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