1 L'an quinze du principat de Tibère César, Ponce Pilate étant gouverneur de Judée, Hérode tétrarque de Galilée, Philippe son frère tétrarque du pays d'Iturée et de Trachonitide, Lysanias tétrarque d'Abilène, |
2 sous le pontificat d'Anne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée à Jean, fils de Zacharie, dans le désert. |
3 Et il vint dans toute la région du Jourdain, proclamant un baptême de repentir pour la rémission des péchés, |
4 comme il est écrit au livre des paroles d'Isaïe le prophète: Voix de celui qui crie dans le désert: Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers; |
5 tout ravin sera comblé, et toute montagne ou colline sera abaissée ; les passages tortueux deviendront droits et les chemins raboteux seront nivelés. |
6 Et toute chair verra le salut de Dieu. |
7 Il disait donc aux foules qui s'en venaient se faire baptiser par lui : " Engeance de vipères, qui vous a suggéré d'échapper à la Colère prochaine ? |
8 Produisez donc des fruits dignes du repentir, et n'allez pas dire en vous-mêmes : "Nous avons pour père Abraham. " Car je vous dis que Dieu peut, des pierres que voici, faire surgir des enfants à Abraham. |
9 Déjà même la cognée se trouve à la racine des arbres ; tout arbre donc qui ne produit pas de bon fruit va être coupé et jeté au feu. " |
10 Et les foules l'interrogeaient, en disant : " Que nous faut-il donc faire ? " |
11 Il leur répondait : " Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n'en a pas, et que celui qui a de quoi manger fasse de même. " |
12 Des publicains aussi vinrent se faire baptiser et lui dirent : " Maître, que nous faut-il faire ? " |
13 Il leur dit : " N'exigez rien au-delà de ce qui vous est prescrit. " |
14 Des soldats aussi l'interrogeaient, en disant : " Et nous, que nous faut-il faire ? " Il leur dit : " Ne molestez personne, n'extorquez rien, et contentez-vous de votre solde. " |
15 Comme le peuple était dans l'attente et que tous se demandaient en leur cœur, au sujet de Jean, s'il n'était pas le Christ, |
16 Jean prit la parole et leur dit à tous : " Pour moi, je vous baptise avec de l'eau, mais vient le plus fort que moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de ses sandales ; lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et le feu. |
17 Il tient en sa main la pelle à vanner pour nettoyer son aire et recueillir le blé dans son grenier ; quant aux bales, il les consumera au feu qui ne s'éteint pas. " |
18 Et par bien d'autres exhortations encore il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle. |
19 Cependant Hérode le tétrarque, qu'il reprenait au sujet d'Hérodiade, la femme de son frère, et pour tous les méfaits qu'il avait commis, |
20 ajouta encore celui-ci à tous les autres : il fit enfermer Jean en prison. |
21 Or il advint, une fois que tout le peuple eut été baptisé et au moment où Jésus, baptisé lui aussi, se trouvait en prière, que le ciel s'ouvrit, |
22 et l'Esprit Saint descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. Et une voix partit du ciel : " Tu es mon fils ; moi, aujourd'hui, je t'ai engendré. " |
23 Et Jésus, lors de ses débuts, avait environ trente ans, et il était, à ce qu'on croyait, fils de Joseph, fils d'Héli, |
24 fils de Matthat, fils de Lévi, fils de Melchi, fils de Jannaï, fils de Joseph, |
25 fils de Mattathias, fils d'Amos, fils de Naoum, fils d'Esli, fils de Naggaï, |
26 fils de Maath, fils de Mattathias, fils de Séméin, fils de Josech, fils de Joda, |
27 fils de Joanan, fils de Résa, fils de Zorobabel, fils de Salathiel, fils de Néri, |
28 fils de Melchi, fils d'Addi, fils de Kosam, fils d'Elmadam, fils d'Er, |
29 fils de Jésus, fils d'Éliézer, fils de Jorim, fils de Matthat, fils de Lévi, |
30 fils de Syméon, fils de Juda, fils de Joseph, fils de Jonam, fils d'Éliakim, |
31 fils de Méléa, fils de Menna, fils de Mattatha, fils de Nathan, fils de David, |
32 fils de Jessé, fils de Jobed, fils de Booz, fils de Sala, fils de Naasson, |
33 fils d'Aminadab, fils d'Admin, fils d'Arni, fils de Hesron, fils de Pharès, fils de Juda, |
34 fils de Jacob, fils d'Isaac, fils d'Abraham, fils de Thara, fils de Nachor, |
35 fils de Sérouch, fils de Ragau, fils de Phalec, fils d'Éber, fils de Sala, |
36 fils de Kaïnam, fils d'Arphaxad, fils de Sem, fils de Noé, fils de Lamech, |
37 fils de Mathousala, fils de Hénoch, fils de Iaret, fils de Maleléel, fils de Kaïnam, |
38 fils d'Énos, fils de Seth, fils d'Adam, fils de Dieu. |
Le mot « repentir » nous est devenu familier. Nous nous repentons simplement parce qu'il le faut. Nous nous repentons d'une multitude de péchés, mais notre vie en est-elle changée? Si nous ne portons pas de fruits de repentir, nous pouvons sans hésiter nous appliquer les paroles du Baptiste sur la « race de vipères » et la « cognée à la racine des arbres ». On voit clairement quels fruits doivent porter les collecteurs d'impôts (les publicains) et les soldats. Mais si nous n'appartenons à aucun de ces groupes? Que devons-nous faire?
Pour le comprendre, il faut travailler sérieusement sur nous-mêmes, être attentifs à notre vie et prendre la résolution de vivre autrement. Alors s'ouvre devant nous la possibilité du baptême dans l'Esprit et le feu, de la marche à la suite du Fils bien-aimé, et naît l'espérance d'entendre les paroles tant désirées: « En toi j'ai mis ma complaisance! »
1 L'an quinze du principat de Tibère César, Ponce Pilate étant gouverneur de Judée, Hérode tétrarque de Galilée, Philippe son frère tétrarque du pays d'Iturée et de Trachonitide, Lysanias tétrarque d'Abilène, |
2 sous le pontificat d'Anne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée à Jean, fils de Zacharie, dans le désert. |
3 Et il vint dans toute la région du Jourdain, proclamant un baptême de repentir pour la rémission des péchés, |
4 comme il est écrit au livre des paroles d'Isaïe le prophète: Voix de celui qui crie dans le désert: Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers; |
5 tout ravin sera comblé, et toute montagne ou colline sera abaissée ; les passages tortueux deviendront droits et les chemins raboteux seront nivelés. |
6 Et toute chair verra le salut de Dieu. |
7 Il disait donc aux foules qui s'en venaient se faire baptiser par lui : " Engeance de vipères, qui vous a suggéré d'échapper à la Colère prochaine ? |
8 Produisez donc des fruits dignes du repentir, et n'allez pas dire en vous-mêmes : "Nous avons pour père Abraham. " Car je vous dis que Dieu peut, des pierres que voici, faire surgir des enfants à Abraham. |
9 Déjà même la cognée se trouve à la racine des arbres ; tout arbre donc qui ne produit pas de bon fruit va être coupé et jeté au feu. " |
10 Et les foules l'interrogeaient, en disant : " Que nous faut-il donc faire ? " |
11 Il leur répondait : " Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n'en a pas, et que celui qui a de quoi manger fasse de même. " |
12 Des publicains aussi vinrent se faire baptiser et lui dirent : " Maître, que nous faut-il faire ? " |
13 Il leur dit : " N'exigez rien au-delà de ce qui vous est prescrit. " |
14 Des soldats aussi l'interrogeaient, en disant : " Et nous, que nous faut-il faire ? " Il leur dit : " Ne molestez personne, n'extorquez rien, et contentez-vous de votre solde. " |
15 Comme le peuple était dans l'attente et que tous se demandaient en leur cœur, au sujet de Jean, s'il n'était pas le Christ, |
16 Jean prit la parole et leur dit à tous : " Pour moi, je vous baptise avec de l'eau, mais vient le plus fort que moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de ses sandales ; lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et le feu. |
17 Il tient en sa main la pelle à vanner pour nettoyer son aire et recueillir le blé dans son grenier ; quant aux bales, il les consumera au feu qui ne s'éteint pas. " |
18 Et par bien d'autres exhortations encore il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle. |
19 Cependant Hérode le tétrarque, qu'il reprenait au sujet d'Hérodiade, la femme de son frère, et pour tous les méfaits qu'il avait commis, |
20 ajouta encore celui-ci à tous les autres : il fit enfermer Jean en prison. |
21 Or il advint, une fois que tout le peuple eut été baptisé et au moment où Jésus, baptisé lui aussi, se trouvait en prière, que le ciel s'ouvrit, |
22 et l'Esprit Saint descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. Et une voix partit du ciel : " Tu es mon fils ; moi, aujourd'hui, je t'ai engendré. " |
23 Et Jésus, lors de ses débuts, avait environ trente ans, et il était, à ce qu'on croyait, fils de Joseph, fils d'Héli, |
24 fils de Matthat, fils de Lévi, fils de Melchi, fils de Jannaï, fils de Joseph, |
25 fils de Mattathias, fils d'Amos, fils de Naoum, fils d'Esli, fils de Naggaï, |
26 fils de Maath, fils de Mattathias, fils de Séméin, fils de Josech, fils de Joda, |
27 fils de Joanan, fils de Résa, fils de Zorobabel, fils de Salathiel, fils de Néri, |
28 fils de Melchi, fils d'Addi, fils de Kosam, fils d'Elmadam, fils d'Er, |
29 fils de Jésus, fils d'Éliézer, fils de Jorim, fils de Matthat, fils de Lévi, |
30 fils de Syméon, fils de Juda, fils de Joseph, fils de Jonam, fils d'Éliakim, |
31 fils de Méléa, fils de Menna, fils de Mattatha, fils de Nathan, fils de David, |
32 fils de Jessé, fils de Jobed, fils de Booz, fils de Sala, fils de Naasson, |
33 fils d'Aminadab, fils d'Admin, fils d'Arni, fils de Hesron, fils de Pharès, fils de Juda, |
34 fils de Jacob, fils d'Isaac, fils d'Abraham, fils de Thara, fils de Nachor, |
35 fils de Sérouch, fils de Ragau, fils de Phalec, fils d'Éber, fils de Sala, |
36 fils de Kaïnam, fils d'Arphaxad, fils de Sem, fils de Noé, fils de Lamech, |
37 fils de Mathousala, fils de Hénoch, fils de Iaret, fils de Maleléel, fils de Kaïnam, |
38 fils d'Énos, fils de Seth, fils d'Adam, fils de Dieu. |
La lecture d'aujourd'hui nous ramène de nouveau à la figure de Jean le Baptiste. Et ici nous rencontrons encore la différence de vision entre les évangélistes Matthieu et Luc, cette fois au sujet du ministère de Jean. À la différence de Matthieu, Luc, outre le contenu général de la prédication du prophète (v. 3-9), mentionne aussi les conseils que Jean donnait aux gens de différentes professions et conditions (v. 10-14). Ces conseils variaient selon les cas, mais ils avaient aussi quelque chose de commun: tous étaient, d'une manière ou d'une autre, liés à la question de l'observation des commandements donnés par Dieu. Manifestement, en rappelant les paroles d'Isaïe sur la nécessité de «préparer le chemin du Seigneur» (v. 4), Jean a surtout en vue l'importance de suivre la Torah. À première vue, un tel appel n'avait rien de fondamentalement nouveau: tous les prophètes de l'Ancien Testament en avaient parlé. Mais il y avait aussi quelque chose d'inhabituel dans l'activité de Jean.
Ce n'est pas par hasard que le récit de l'évangéliste mentionne les collecteurs d'impôts («publicains») et les soldats (v. 12, 14). Les uns comme les autres étaient des exclus dans la société juive des temps évangéliques. On regardait les publicains comme des collaborateurs travaillant avec les occupants et dépouillant leur propre peuple. Quant aux soldats, il s'agit ici vraisemblablement de soldats romains qui étaient soit païens (ce qui est peu plausible), soit prosélytes (anciens païens convertis au judaïsme). La position sociale de tels prosélytes était assez ambiguë: ils n'étaient pas considérés comme des membres à part entière de la communauté juive (seuls leurs enfants le devenaient), et pour leurs compatriotes ils étaient des étrangers, souvent même des traîtres.
Jean, cependant, à ce qu'il paraît, accueille chacun indépendamment de son statut social et religieux. De toute évidence, il ne pensait pas que le Royaume messianique à venir serait donné seulement aux Juifs orthodoxes. Le chemin était ouvert même à ceux qui étaient considérés comme perdus pour le peuple de Dieu, et perdus pour toujours: les publicains. Car ils avaient commis leur péché consciemment et volontairement, et l'on considérait qu'il était impossible de se purifier des conséquences d'un tel péché, même si le pécheur, par la suite, se repentait sincèrement de ce qu'il avait fait. Dieu pouvait accepter son repentir, mais la souillure laissée par le péché se déposait pour toujours sur lui-même et sur ses descendants.
Jean, pourtant, ne repoussait pas les publicains; il exigeait seulement qu'après le bain purificateur («baptême») ils ne transgressent plus désormais les normes de la Torah (v. 13). Pour lui, manifestement, la collaboration avec les autorités romaines n'était pas un péché aussi terrible que pour la plupart de ses contemporains. Mais il ne s'agissait évidemment pas seulement de cela. Car Jean, plus que personne, comprenait que le Messie qu'il attendait et dont il attestait la venue apporterait dans le monde le Royaume où chacun recevrait la possibilité de commencer une vie à partir d'une page blanche. Et sa propre tâche était de préparer le peuple de Dieu à cette vie nouvelle. Une vie à laquelle, une fois repenti, même le plus terrible pécheur pourra avoir part, pourvu seulement qu'il sache recevoir le don principal du Royaume: le don de l'amour de Dieu.
7 Il disait donc aux foules qui s'en venaient se faire baptiser par lui : " Engeance de vipères, qui vous a suggéré d'échapper à la Colère prochaine ? |
Les paroles de Jean le Baptiste adressées à des pharisiens au fond très religieux et pieux sonnent un peu étrangement. Et il ne s'agit pas seulement du fait qu'il les appelle «engeance de serpents» («race de vipères» dans la traduction synodale), mais aussi de ses paroles sur leur désir d'échapper à la colère qui s'approche d'eux, par laquelle il faut évidemment entendre la colère de Dieu.
Ici, beaucoup s'explique par la psychologie religieuse qui guidait ceux des pharisiens qui étaient tout de même venus à Jean pour le bain de purification. Il n'y en avait pas beaucoup: la majorité des pharisiens regardait avec scepticisme les paroles et l'activité de Jean le Baptiste. Ils pensaient simplement, semble-t-il, qu'il n'y a jamais trop de bains purificateurs, et qu'un de plus ne serait pas inutile.
Jean appelait à la conversion et au repentir, convaincu que tous sans exception en avaient besoin, ainsi que du bain purificateur correspondant; il était convaincu que dans le peuple de Dieu il n'y avait personne de prêt à rencontrer le Messie, pas de purs qui puissent aller à Sa rencontre la conscience tranquille. En partie, Jean avait hérité cette vision des esséniens, avec lesquels il fut sans doute étroitement lié pendant un temps, mais elle est largement la conséquence de la révélation reçue par Jean lui-même, révélation qui le poussa à sortir prêcher.
Les pharisiens, dans leur majorité, n'étaient pas d'accord avec le prophète, convaincus qu'eux, en tout cas, étaient prêts à rencontrer le Messie: après tout, ils avaient consacré toute leur vie à se préparer à cette rencontre, et l'observance de la pureté spirituelle, morale et rituelle occupait la première place dans leur vie. Mais il y avait visiblement parmi les pharisiens aussi des hommes capables de partir, au moins à titre d'hypothèse, de l'idée que tout ce que Jean disait était vrai.
Et s'il était vraiment prophète, homme de Dieu? Et s'il avait raison? Alors, par prudence, il vaut mieux accomplir la purification à laquelle il appelle. En tout cas, cela ne fera pas de mal, et cela peut faire du bien s'il se trouve que cet étrange prédicateur a quand même raison. Mais un tel bain n'était évidemment pas du tout ce à quoi Jean appelait. Il s'agissait précisément du désir d'accomplir une purification de plus «au cas où», pour être assuré de plaire à Dieu. D'échapper à cette colère à venir. Colère à laquelle, sans une vraie conscience de son propre péché, on ne pouvait de toute façon pas échapper.
10 Et les foules l'interrogeaient, en disant : " Que nous faut-il donc faire ? " |
Ceux qui venaient à Jean ne lui demandaient pas par hasard ce qu'ils devaient faire ensuite. Jean parlait de la venue prochaine du Messie. Le Messie, en Judée, était alors attendu sinon par tous, du moins par beaucoup. Et beaucoup étaient certains d'être prêts à Le rencontrer. Il y en avait encore davantage qui n'étaient pas sûrs d'être prêts, mais qui étaient sûrs de savoir comment se préparer. Et la majorité était certaine que la venue du Messie serait pour eux une fête, fête de la rencontre avec le Serviteur de Dieu et fête du triomphe du Royaume dont ils espéraient devenir les habitants.
Et voici qu'apparaît un prophète qui dit que tout n'est pas si simple. Que la rencontre peut ne pas être si joyeuse. Qu'il n'y a presque personne de prêt à cette rencontre. Et qu'il faudra s'y préparer à beaucoup de gens, sinon à tous ceux qui attendent la rencontre avec le Messie. Dans une telle situation, la question de savoir quoi faire, comment se préparer, était pleinement actuelle. Jean parlait de conversion et de purification. Il en parlait même à ceux qui, en général, n'avaient pas de raisons particulières de se considérer impurs. Il en parlait à ceux qui croyaient déjà au Dieu d'Israël. Que fallait-il de plus?
La conversion supposait certains changements dans la vie. Lesquels? C'est ce que demandent à Jean ceux qui venaient à lui et qui le croyaient. Le prophète parlait d'une purification par le feu, et ceux qui l'écoutaient comprenaient ce qu'il voulait dire. La théophanie peut devenir pour l'homme un feu qui le consume, si l'homme n'est pas prêt à la rencontre. Il fallait se préparer. Et Jean dira à ceux qui sont venus à lui comment se préparer. Il ne propose rien de particulièrement compliqué. Pas de longues prières, pas de rites purificateurs spéciaux et complexes.
L'essentiel, c'est l'amour du prochain et l'ouverture à lui. Et il ne s'agit pas seulement du fait que, sans cette ouverture, les proches souffriront inévitablement. Il s'agit aussi du fait que, si l'on n'a pas appris l'ouverture dans la communion avec les hommes, il est presque impossible de l'apprendre dans la communion avec Dieu. Il est beaucoup plus facile d'acquérir l'habitude de l'ouverture en communiquant avec un homme semblable à toi qu'en communiquant avec Dieu, qui ne te ressemble pas du tout. Et Jean recommande cela comme la meilleure préparation à la rencontre du Messie qui vient. Et comme une anticipation de l'expérience de la vie dans le Royaume, où l'ouverture est l'un des principes principaux.
17 Il tient en sa main la pelle à vanner pour nettoyer son aire et recueillir le blé dans son grenier ; quant aux bales, il les consumera au feu qui ne s'éteint pas. " |
La venue du Messie, aux temps évangéliques, était associée par la plupart de ceux qui L'attendaient au jour du jugement de Dieu. Rien d'étonnant à cela : le Messie devait établir sur la terre Son Royaume, et tout le monde ne pouvait pas y entrer, mais seulement le juste. Le jour de la venue du Messie et de l'avènement du Royaume messianique devait donc, par définition, devenir aussi le jour du Jugement. Il est vrai que ce Jugement était compris de diverses manières, au point que la religiosité populaire offre une multitude d'images pour le décrire.
Jean utilise l'une de ces images dans sa prédication. Elle repose sur la scène de la séparation de l'humanité, séparation symboliquement décrite comme le vannage du blé au moment de la moisson. C'est une image à laquelle le Sauveur Lui-même a recouru plus d'une fois durant Son ministère terrestre ; manifestement, elle s'est révélée très heureuse pour décrire ce qui arrivera au jour du triomphe du Royaume et du Jugement définitif. Il s'agit de la séparation entre les justes et les pécheurs. Mais il n'y a pas seulement séparation : il y a plutôt une sorte d'épreuve, un test de conformité.
Le grain d'un côté, la balle de l'autre, cela se comprend. Mais le grain diffère qualitativement de la balle ; leur poids aussi est différent, et il l'est parce que le grain est plein, tandis que la balle est vide, simple enveloppe, coquille creuse. C'est là que passe la différence principale entre ceux qui entrent dans le Royaume et ceux qui restent dehors. Toute la question est de savoir avec quoi l'homme arrive au seuil du Royaume. Est-il plein ou vide ? Et cela, à son tour, dépend du chemin qu'il a parcouru.
La justice est avant tout liée à cette présence de Dieu sans laquelle elle ne peut tout simplement pas exister. C'est précisément cette présence qui remplit l'homme. Elle fait de lui un grain. Mais s'il n'y a rien de tel, si l'homme traverse la vie sans chercher aucune présence de Dieu, ou sans même penser à Dieu, alors il n'aura rien pour le remplir. Au bout du chemin, au seuil du Royaume, il se trouvera alors vide. Ce n'est pas Dieu qui juge l'homme et le chasse de ce seuil. On pourrait dire que l'homme se juge lui-même. Ou, plus exactement, le jugement de l'homme devient le chemin qu'il a parcouru. Parcouru avec Dieu, ou sans Lui.
21 Or il advint, une fois que tout le peuple eut été baptisé et au moment où Jésus, baptisé lui aussi, se trouvait en prière, que le ciel s'ouvrit, |
22 et l'Esprit Saint descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. Et une voix partit du ciel : " Tu es mon fils ; moi, aujourd'hui, je t'ai engendré. " |
Ce n'était pas la volonté de Dieu que le mal apparaisse dans le monde. Il ne le voulait pas ; nous avons nous-mêmes admis le mal dans le monde magnifique créé par le Seigneur, où tout est « très bon ». Pourtant, Il en ressent la responsabilité sur Lui. De même que des parents se reprochent à eux-mêmes et à leur éducation les bêtises que leur enfant a pu faire.
Mais que peut-on opposer au mal ? Sans doute aurait-Il eu assez de force pour en venir à bout dans un combat direct, puisqu'Il est tout-puissant. Mais Il ne le fait pas. De même que des parents essaient de donner à l'enfant la possibilité de corriger lui-même ses erreurs, afin qu'il les comprenne et en apprenne quelque chose. Pourtant, Il oppose tout de même quelque chose au mal (car, comme Bon Parent, Il veut nous aider), non pas Sa toute-puissance, mais Son absence de défense.
Comment pouvait-on apaiser la violence d'Hérode ? Il est très difficile de comprendre que l'on puisse opposer à ce tyran méchant l'absence de défense et la faiblesse d'un petit oiseau, d'une colombe facile à tuer, mais une faiblesse qui cache en elle la puissance illimitée de l'Esprit de Dieu. « Et n'attristez pas le Saint-Esprit de Dieu, par lequel vous avez été marqués d'un sceau pour le jour de la rédemption », nous dit l'Apôtre. Comme cela permet de continuer harmonieusement à parler de nous et de Dieu dans la relation des enfants et du Parent. Nous L'attristons lorsque nous faisons quelque chose de travers. Réfléchissons à cette tristesse particulière. Elle nous crée.
23 Et Jésus, lors de ses débuts, avait environ trente ans, et il était, à ce qu'on croyait, fils de Joseph, fils d'Héli, |
24 fils de Matthat, fils de Lévi, fils de Melchi, fils de Jannaï, fils de Joseph, |
25 fils de Mattathias, fils d'Amos, fils de Naoum, fils d'Esli, fils de Naggaï, |
26 fils de Maath, fils de Mattathias, fils de Séméin, fils de Josech, fils de Joda, |
27 fils de Joanan, fils de Résa, fils de Zorobabel, fils de Salathiel, fils de Néri, |
28 fils de Melchi, fils d'Addi, fils de Kosam, fils d'Elmadam, fils d'Er, |
29 fils de Jésus, fils d'Éliézer, fils de Jorim, fils de Matthat, fils de Lévi, |
30 fils de Syméon, fils de Juda, fils de Joseph, fils de Jonam, fils d'Éliakim, |
31 fils de Méléa, fils de Menna, fils de Mattatha, fils de Nathan, fils de David, |
32 fils de Jessé, fils de Jobed, fils de Booz, fils de Sala, fils de Naasson, |
33 fils d'Aminadab, fils d'Admin, fils d'Arni, fils de Hesron, fils de Pharès, fils de Juda, |
34 fils de Jacob, fils d'Isaac, fils d'Abraham, fils de Thara, fils de Nachor, |
35 fils de Sérouch, fils de Ragau, fils de Phalec, fils d'Éber, fils de Sala, |
36 fils de Kaïnam, fils d'Arphaxad, fils de Sem, fils de Noé, fils de Lamech, |
37 fils de Mathousala, fils de Hénoch, fils de Iaret, fils de Maleléel, fils de Kaïnam, |
38 fils d'Énos, fils de Seth, fils d'Adam, fils de Dieu. |
Pour comprendre le récit de la tentation de Jésus-Christ, il nous faut nous souvenir de l’histoire d’Adam, que l’évangéliste désigne dans les derniers mots du chapitre précédent. Dans le récit biblique de la tentation d’Adam (Gn 3) il lui était proposé de devenir « comme Dieu », en rompant l’unité avec Dieu et en goûtant le fruit défendu. En commençant Son ministère, Jésus, comme « l’Homme nouveau », doit passer par la même épreuve : il est proposé à Jésus de devenir Roi à l’aide des « moyens traditionnels » : le pain, les spectacles, la force et la richesse. Il choisit un autre chemin, qui Le conduira au Golgotha.
En plaçant devant le lecteur deux exemples, Adam et le Christ, l’Écriture attend aussi son choix, car chaque homme a un grand but, et chacun a la liberté d’utiliser des moyens diaboliques pour l’atteindre.
23 Et Jésus, lors de ses débuts, avait environ trente ans, et il était, à ce qu'on croyait, fils de Joseph, fils d'Héli, |
24 fils de Matthat, fils de Lévi, fils de Melchi, fils de Jannaï, fils de Joseph, |
25 fils de Mattathias, fils d'Amos, fils de Naoum, fils d'Esli, fils de Naggaï, |
26 fils de Maath, fils de Mattathias, fils de Séméin, fils de Josech, fils de Joda, |
27 fils de Joanan, fils de Résa, fils de Zorobabel, fils de Salathiel, fils de Néri, |
28 fils de Melchi, fils d'Addi, fils de Kosam, fils d'Elmadam, fils d'Er, |
29 fils de Jésus, fils d'Éliézer, fils de Jorim, fils de Matthat, fils de Lévi, |
30 fils de Syméon, fils de Juda, fils de Joseph, fils de Jonam, fils d'Éliakim, |
31 fils de Méléa, fils de Menna, fils de Mattatha, fils de Nathan, fils de David, |
32 fils de Jessé, fils de Jobed, fils de Booz, fils de Sala, fils de Naasson, |
33 fils d'Aminadab, fils d'Admin, fils d'Arni, fils de Hesron, fils de Pharès, fils de Juda, |
34 fils de Jacob, fils d'Isaac, fils d'Abraham, fils de Thara, fils de Nachor, |
35 fils de Sérouch, fils de Ragau, fils de Phalec, fils d'Éber, fils de Sala, |
36 fils de Kaïnam, fils d'Arphaxad, fils de Sem, fils de Noé, fils de Lamech, |
37 fils de Mathousala, fils de Hénoch, fils de Iaret, fils de Maleléel, fils de Kaïnam, |
38 fils d'Énos, fils de Seth, fils d'Adam, fils de Dieu. |
1 Jésus, rempli d'Esprit Saint, revint du Jourdain, et il était mené par l'Esprit à travers le désert |
Pourquoi la généalogie du Sauveur nous est-elle si importante ? Il est pourtant né de l'Esprit Saint, mais l'évangéliste l'insère néanmoins dans son texte, alors qu'il aurait pu ne pas le faire. Et il commence par ces mots : « Il était, à ce qu'on pensait (!), fils de Joseph ». Si ce n'est qu'une erreur répandue parmi les hommes, pourquoi l'écrire ? Mais nous savons qu'il n'y a pas une seule lettre fortuite dans la Parole de Dieu. Il nous faut donc comprendre ce que le Seigneur nous dit précisément par là. Peut-être Lui faut-il montrer que, par Sa venue dans le monde, Il est venu vers l'homme non comme Celui d'en haut vers celui d'en bas, mais comme un proche, un des siens, afin d'effacer la dernière frontière qui empêche l'amour de l'homme pour Dieu et de Dieu pour l'homme. Car qui était Joseph ? Un membre d'une lignée remontant à Adam. Mais c'est à lui qu'est confié le soin de Dieu. Dans l'image de Joseph serrant contre sa poitrine l'enfant Jésus, tous les hommes, à travers la généalogie, reçoivent la plénitude de la communion avec Dieu.
Mais cette lignée ne remonte pas simplement à Adam : « ... de Seth, d'Adam, de Dieu », écrit l'évangéliste. Dieu au commencement et Dieu à la fin. Il est l'alpha et l'oméga de cette généalogie. Et cette généalogie devient la préfiguration de la généalogie de toute l'humanité. Le dernier point de cette généalogie devient le sommet de la généalogie de l'humanité, qui n'est pas encore parvenue à sa fin. « Le Christ est la tête de l'Église », nous dit l'Apôtre. La tête, le sommet... c'est ce qui possède un lien profond avec tout le reste, c'est son achèvement, son accomplissement, et non quelque chose de séparé, donné de l'extérieur. Voilà précisément ce que la généalogie du Sauveur est appelée à nous rappeler.
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