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RÉFLEXIONS pour Jn 8:31-59

31 Jésus dit alors aux Juifs qui l'avaient cru : " Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples,
32 et vous connaîtrez la vérité et la vérité vous libérera.
33 Ils lui répondirent : " Nous sommes la descendance d'Abraham et jamais nous n'avons été esclaves de personne. Comment peux-tu dire : " Vous deviendrez libres ? "
34 Jésus leur répondit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, quiconque commet le péché est esclave.
35 Or l'esclave ne demeure pas à jamais dans la maison, le fils y demeure à jamais.
36 Si donc le Fils vous libère, vous serez réellement libres.
37 Je sais, vous êtes la descendance d'Abraham; mais vous cherchez à me tuer, parce que ma parole ne pénètre pas en vous.
38 Je dis ce que j'ai vu chez mon Père ; et vous, vous faites ce que vous avez entendu auprès de votre père. "
39 Ils lui répondirent : " Notre père, c'est Abraham. " Jésus leur dit : " Si vous êtes enfants d'Abraham, faites les œuvres d'Abraham.
40 Or maintenant vous cherchez à me tuer, moi, un homme qui vous ai dit la vérité, que j'ai entendue de Dieu. Cela, Abraham ne l'a pas fait!
41 Vous faites les œuvres de votre père. " Ils lui dirent : " Nous ne sommes pas nés de la prostitution ; nous n'avons qu'un seul Père : Dieu. "
42 Jésus leur dit : " Si Dieu était votre Père, vous m'aimeriez, car c'est de Dieu que je suis sorti et que je viens ; je ne viens pas de moi-même ; mais lui m'a envoyé.
43 Pourquoi ne reconnaissez-vous pas mon langage? C'est que vous ne pouvez pas entendre ma parole.
44 Vous êtes du diable, votre père, et ce sont les désirs de votre père que vous voulez accomplir. Il était homicide dès le commencement et n'était pas établi dans la vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité en lui: quand il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, parce qu'il est menteur et père du mensonge.
45 Mais parce que je dis la vérité, vous ne me croyez pas.
46 Qui d'entre vous me convaincra de péché? Si je dis la vérité, pourquoi ne me croyez-vous pas?
47 Qui est de Dieu entend les paroles de Dieu ; si vous n'entendez pas, c'est que vous n'êtes pas de Dieu. "
48 Les Juifs lui répondirent : " N'avons-nous pas raison de dire que tu es un Samaritain et que tu as un démon ? "
49 Jésus répondit : " Je n'ai pas un démon mais j'honore mon Père, et vous cherchez à me déshonorer.
50 Je ne cherche pas ma gloire; il est quelqu'un qui la cherche et qui juge.
51 En vérité, en vérité, je vous le dis, si quelqu'un garde ma parole, il ne verra jamais la mort. "
52 Les Juifs lui dirent : " Maintenant nous savons que tu as un démon. Abraham est mort, les prophètes aussi, et tu dis : "Si quelqu'un garde ma parole, il ne goûtera jamais de la mort. "
53 Es-tu donc plus grand qu'Abraham, notre père, qui est mort ? Les prophètes aussi sont morts. Qui prétends-tu être ? "
54 Jésus répondit : " Si je me glorifie moi-même, ma gloire n'est rien ; c'est mon Père qui me glorifie, lui dont vous dites : "Il est notre Dieu",
55 et vous ne le connaissez pas ; mais moi, je le connais ; et si je disais : "Je ne le connais pas", je serais semblable à vous, un menteur. Mais je le connais et je garde sa parole.
56 Abraham, votre père, exulta à la pensée qu'il verrait mon Jour. Il l'a vu et fut dans la joie. "
57 Les Juifs lui dirent alors : " Tu n'as pas cinquante ans et tu as vu Abraham ! "
58 Jésus leur dit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham existât, Je Suis. "
59 Ils ramassèrent alors des pierres pour les lui jeter ; mais Jésus se déroba et sortit du Temple.
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Les paroles suivantes, les plus dures de Jésus, s'adressent à... des Judéens qui avaient cru en lui. Manifestement, ils avaient cru d'une manière qui n'était pas celle que voulait le Seigneur. Il nous faut donc, à nous aussi, réfléchir: croyons-nous comme il faut, ou non? Ils déclarent avec fierté qu'ils sont nés libres, étant enfants d'Abraham, peuple élu. C'est pourquoi ils n'ont pas besoin de liberté, puisqu'ils ne sont pas esclaves, ni de vérité, puisqu'ils la connaissent déjà. Ils appellent Dieu leur père, mais cela découle déjà de leur appartenance au peuple saint; aucun pas vers l'adoption par le Seigneur n'est exigé d'eux.

Et ce qu'il y a de plus terrible, c'est que tout cela n'est pas caractéristique seulement des Judéens. Est-ce que nous ne croyons pas de cette manière? Est-ce que nous ne nous considérons pas comme des élus, ayant la liberté et la vérité dans la poche, et étant depuis longtemps des familiers de Dieu? S'il en est ainsi, pourquoi avons-nous besoin de croire en Jésus? Réfléchissons-y...

Autres réflexions

 
Pour Jn 8:31-42
31 Jésus dit alors aux Juifs qui l'avaient cru : " Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples,
32 et vous connaîtrez la vérité et la vérité vous libérera.
33 Ils lui répondirent : " Nous sommes la descendance d'Abraham et jamais nous n'avons été esclaves de personne. Comment peux-tu dire : " Vous deviendrez libres ? "
34 Jésus leur répondit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, quiconque commet le péché est esclave.
35 Or l'esclave ne demeure pas à jamais dans la maison, le fils y demeure à jamais.
36 Si donc le Fils vous libère, vous serez réellement libres.
37 Je sais, vous êtes la descendance d'Abraham; mais vous cherchez à me tuer, parce que ma parole ne pénètre pas en vous.
38 Je dis ce que j'ai vu chez mon Père ; et vous, vous faites ce que vous avez entendu auprès de votre père. "
39 Ils lui répondirent : " Notre père, c'est Abraham. " Jésus leur dit : " Si vous êtes enfants d'Abraham, faites les œuvres d'Abraham.
40 Or maintenant vous cherchez à me tuer, moi, un homme qui vous ai dit la vérité, que j'ai entendue de Dieu. Cela, Abraham ne l'a pas fait!
41 Vous faites les œuvres de votre père. " Ils lui dirent : " Nous ne sommes pas nés de la prostitution ; nous n'avons qu'un seul Père : Dieu. "
42 Jésus leur dit : " Si Dieu était votre Père, vous m'aimeriez, car c'est de Dieu que je suis sorti et que je viens ; je ne viens pas de moi-même ; mais lui m'a envoyé.
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Jésus parle de l'esclavage du péché et de la libération qui en délivre. La phrase «...quiconque commet le péché est esclave du péché» balaie complètement les arguments semblables à l'affirmation d'une personne qui fume ou qui boit, selon laquelle elle...  Lire la suite

Jésus parle de l'esclavage du péché et de la libération qui en délivre. La phrase «...quiconque commet le péché est esclave du péché» balaie complètement les arguments semblables à l'affirmation d'une personne qui fume ou qui boit, selon laquelle elle peut arrêter de fumer ou de boire à n'importe quel moment. Oui, on peut cesser de pécher, mais, une fois le péché commis, l'homme en devient l'esclave, et il n'est déjà plus si simple de s'en libérer. Seul le Fils peut nous rendre libres et nous aider à nous arrêter. En demeurant dans Sa parole, en connaissant la vérité, nous devenons Ses disciples.

Il est étonnant de voir comment Jésus souligne Son rôle dans cette libération. Si le maître affranchit l'esclave (et un mauvais maître ne le fera jamais de son plein gré), l'esclave se retrouve dans la rue, peut-être sans moyens de subsistance et sans toit, et n'importe qui peut de nouveau l'asservir dans sa faiblesse (voir Mt 12:43–45).

Pour obtenir la véritable libération, nous avons besoin de Celui qui nous rachètera au mauvais maître et nous conduira dans la maison de Son Père. Rachetés par Son sang, nous passons d'esclaves à fils, mais pour cela notre consentement et notre élan vers le Fils sont nécessaires. Alors Jésus partagera avec nous Ses demeures (voir Jn 14:2).

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Pour Jn 8:31-42
31 Jésus dit alors aux Juifs qui l'avaient cru : " Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples,
32 et vous connaîtrez la vérité et la vérité vous libérera.
33 Ils lui répondirent : " Nous sommes la descendance d'Abraham et jamais nous n'avons été esclaves de personne. Comment peux-tu dire : " Vous deviendrez libres ? "
34 Jésus leur répondit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, quiconque commet le péché est esclave.
35 Or l'esclave ne demeure pas à jamais dans la maison, le fils y demeure à jamais.
36 Si donc le Fils vous libère, vous serez réellement libres.
37 Je sais, vous êtes la descendance d'Abraham; mais vous cherchez à me tuer, parce que ma parole ne pénètre pas en vous.
38 Je dis ce que j'ai vu chez mon Père ; et vous, vous faites ce que vous avez entendu auprès de votre père. "
39 Ils lui répondirent : " Notre père, c'est Abraham. " Jésus leur dit : " Si vous êtes enfants d'Abraham, faites les œuvres d'Abraham.
40 Or maintenant vous cherchez à me tuer, moi, un homme qui vous ai dit la vérité, que j'ai entendue de Dieu. Cela, Abraham ne l'a pas fait!
41 Vous faites les œuvres de votre père. " Ils lui dirent : " Nous ne sommes pas nés de la prostitution ; nous n'avons qu'un seul Père : Dieu. "
42 Jésus leur dit : " Si Dieu était votre Père, vous m'aimeriez, car c'est de Dieu que je suis sorti et que je viens ; je ne viens pas de moi-même ; mais lui m'a envoyé.
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Tous les Juifs se considèrent comme des « enfants d’Abraham », et tout Juif croyant est prêt à proclamer sa fidélité à Moïse. Il en était ainsi aux temps évangéliques...  Lire la suite

Tous les Juifs se considèrent comme des « enfants d’Abraham », et tout Juif croyant est prêt à proclamer sa fidélité à Moïse. Il en était ainsi aux temps évangéliques, et auparavant, avant la venue du Christ dans le monde, et aujourd’hui encore rien n’a changé à cet égard dans la conscience juive. Mais Jésus paraît mettre en doute des choses évidentes pour tout Juif. Il parle d’esclavage, et on Lui répond que les enfants d’Abraham n’ont jamais été esclaves de personne.

Et il ne s’agit pas seulement du fait qu’Israël n’a effectivement jamais connu l’esclavage dans sa forme classique, gréco-romaine ou égyptienne, mais du fait que quiconque est fidèle au Dieu d’Abraham et à la Torah de Moïse est libre par définition. « Nous sommes enfants de Dieu, nous ne sommes pas des enfants de la débauche », disent à Jésus ceux qui L’écoutent. Et il ne s’agit pas du fait que la débauche aurait été inconnue d’Israël par principe (malheureusement, c’est loin d’être le cas), mais du fait que tout membre du peuple de Dieu est l’enfant spirituel du Dieu auquel il appartient dès sa naissance.

Mais Jésus parle d’autre chose. Il a en vue non pas l’aspect extérieur, religieux, de la question, mais son essence spirituelle. Vous n’avez pas d’esclavage, vous n’êtes pas esclaves, mais si vous êtes esclaves du péché, de quelle liberté peut-on parler ? Vous dites de vous-mêmes que vous êtes enfants d’Abraham. Mais Abraham savait écouter et entendre Dieu, il ne plaçait pas les coutumes et traditions chères au cœur au-dessus de la parole de Dieu, au-dessus de la révélation ! Et vous ? Vous dites que votre Père est Dieu, dit Jésus à Ses auditeurs, mais Il est aussi Mon Père ; pourquoi donc n’accueillez-vous ni Moi ni ce que Je dis ? Vous avez pourtant eu bien des occasions de vous convaincre que Je suis venu de Dieu. Alors quoi ?

Les personnes qui écoutent Jésus n’ont rien à répondre à ces questions. Et elles continuent d’accuser et de douter. Comme le font souvent les gens qui n’ont rien à répondre sur le fond.

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Pour Jn 8:31-42
31 Jésus dit alors aux Juifs qui l'avaient cru : " Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples,
32 et vous connaîtrez la vérité et la vérité vous libérera.
33 Ils lui répondirent : " Nous sommes la descendance d'Abraham et jamais nous n'avons été esclaves de personne. Comment peux-tu dire : " Vous deviendrez libres ? "
34 Jésus leur répondit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, quiconque commet le péché est esclave.
35 Or l'esclave ne demeure pas à jamais dans la maison, le fils y demeure à jamais.
36 Si donc le Fils vous libère, vous serez réellement libres.
37 Je sais, vous êtes la descendance d'Abraham; mais vous cherchez à me tuer, parce que ma parole ne pénètre pas en vous.
38 Je dis ce que j'ai vu chez mon Père ; et vous, vous faites ce que vous avez entendu auprès de votre père. "
39 Ils lui répondirent : " Notre père, c'est Abraham. " Jésus leur dit : " Si vous êtes enfants d'Abraham, faites les œuvres d'Abraham.
40 Or maintenant vous cherchez à me tuer, moi, un homme qui vous ai dit la vérité, que j'ai entendue de Dieu. Cela, Abraham ne l'a pas fait!
41 Vous faites les œuvres de votre père. " Ils lui dirent : " Nous ne sommes pas nés de la prostitution ; nous n'avons qu'un seul Père : Dieu. "
42 Jésus leur dit : " Si Dieu était votre Père, vous m'aimeriez, car c'est de Dieu que je suis sorti et que je viens ; je ne viens pas de moi-même ; mais lui m'a envoyé.
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Si l’on sépare ce que dit le Seigneur dans le passage d’aujourd’hui de la discussion avec les Juifs qui ne veulent pas accueillir ses paroles, nous verrons une révélation étonnante sur ce qu’est le salut...  Lire la suite

Si l’on sépare ce que dit le Seigneur dans le passage d’aujourd’hui de la discussion avec les Juifs qui ne veulent pas accueillir ses paroles, nous verrons une révélation étonnante sur ce qu’est le salut. Le Seigneur nous appelle à connaître la vérité, en disant que c’est elle qui nous rendra libres. En répétant la même chose sous une autre forme, il dit que si le Fils de Dieu nous libère, alors nous serons vraiment libres. Or nous avons besoin d’être libérés, parce que quiconque commet le péché est esclave du péché.

L’homme seul pense qu’il choisit librement de pécher; en réalité, c’est un véritable esclavage, dont seul le Fils de Dieu peut libérer. Reconnaître ce fait est absolument nécessaire, mais très difficile et désagréable. C’est pourquoi les Juifs discutent avec Jésus.

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Pour Jn 8:39-40
39 Ils lui répondirent : " Notre père, c'est Abraham. " Jésus leur dit : " Si vous êtes enfants d'Abraham, faites les œuvres d'Abraham.
40 Or maintenant vous cherchez à me tuer, moi, un homme qui vous ai dit la vérité, que j'ai entendue de Dieu. Cela, Abraham ne l'a pas fait!
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La conversation de Jésus avec les pharisiens qui l'écoutent paraît, à première vue, un simple malentendu, une dispute sur des mots que chacun comprend à sa manière. Et Jésus lui-même, pendant ce temps, ne paraît pas vraiment chercher à dissiper ce malentendu. Au contraire, il parle de telle sorte que...  Lire la suite

La conversation de Jésus avec les pharisiens qui l'écoutent paraît, à première vue, un simple malentendu, une dispute sur des mots que chacun comprend à sa manière. Et Jésus lui-même, pendant ce temps, ne paraît pas vraiment chercher à dissiper ce malentendu. Au contraire, il parle de telle sorte qu'à certaines questions s'en ajoutent d'autres, et que de nouvelles perplexités se superposent aux anciennes. À première vue, on pourrait croire que Jésus s'efforce d'embrouiller le plus possible ses interlocuteurs; en réalité, il tente de les aider à voir et eux-mêmes et la vie qu'ils vivent tout autrement qu'ils n'ont l'habitude de les voir, car ils ont l'habitude de se voir eux-mêmes et de voir leur vie du point de vue de cette tradition religieuse dont ils sont les porteurs.

Pour l'homme croyant, la religiosité peut être considérée en un certain sens comme un état naturel; il n'est donc pas étonnant qu'un tel homme perçoive tout ce qui l'entoure à travers le prisme de sa religion. Les pharisiens ne faisaient pas exception; au contraire, le pharisaïsme, comme mouvement particulier à l'intérieur du judaïsme, peut être appelé en un certain sens la quintessence de la religiosité comme telle. Le regard des pharisiens sur le monde, sur leur vie et sur leur histoire était donc naturellement religieux. Jésus, lui, tente de les faire sortir des limites de cette religiosité. Il leur dit par exemple: vous pensez être libres? Et le péché? Ou bien l'esclavage du péché, vous ne le considérez pas comme un esclavage? Vous êtes descendants d'Abraham? Mais être descendant d'Abraham signifie poursuivre l'œuvre qu'il a commencée, non déclarer sa fidélité à la tradition. Et vous, que faites-vous? Vous voulez me tuer parce que je vous rends témoignage de ce qui m'est révélé par Dieu? Et vous considérez cela comme une œuvre digne d'Abraham?

Jésus essaie constamment de faire sortir ceux qui l'écoutent des limites de leur propre religiosité. Il veut leur faire comprendre ce qu'est la vie spirituelle dans toute sa pureté et sa plénitude, non limitée par aucun cadre humain, y compris religieux. Il dit à ceux qui l'écoutent: la Tradition n'est pas la religion. La Tradition, c'est la vie avec Dieu et en Dieu. Quiconque vit d'une telle vie continue la Tradition. Abraham n'est pas le fondateur d'une nouvelle religion; il a inauguré la Tradition de la communion avec Dieu et de la vie avec Dieu, et ce n'est qu'ainsi que l'on peut continuer son œuvre. La Tradition authentique, la Tradition avec une majuscule, est précisément la Tradition de la vie avec Dieu. Et la plénitude et l'achèvement de cette Tradition sont la vie dans ce Royaume même que lui, Jésus, a apporté dans le monde.

C'est de cette vie que le Sauveur tente de parler aux pharisiens qui l'écoutent, les plongeant dans une perplexité totale qui se transforme peu à peu en irritation, puis en haine. C'est cela qui conduit le chemin terrestre du Christ à l'issue qui, dans une telle situation, était prévisible.

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Pour Jn 8:39-40
39 Ils lui répondirent : " Notre père, c'est Abraham. " Jésus leur dit : " Si vous êtes enfants d'Abraham, faites les œuvres d'Abraham.
40 Or maintenant vous cherchez à me tuer, moi, un homme qui vous ai dit la vérité, que j'ai entendue de Dieu. Cela, Abraham ne l'a pas fait!
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Les Juifs se sont toujours considérés comme les enfants, les descendants, d’Abraham, et c’est un fait historique incontestable. Ce fait suffisait à tout Juif, en tout temps, pour se considérer comme appartenant au peuple de Dieu. Mais voici que vient le Messie, et Il pose la question autrement...  Lire la suite

Les Juifs se sont toujours considérés comme les enfants, les descendants, d’Abraham, et c’est un fait historique incontestable. Ce fait suffisait à tout Juif, en tout temps, pour se considérer comme appartenant au peuple de Dieu. Mais voici que vient le Messie, et Il pose la question autrement.

Il s’avère qu’il ne suffit pas d’être descendant d’Abraham selon le sang; il faut aussi être son héritier selon l’esprit. Et cela est plus difficile. En effet, qu’a fait Abraham? Il est allé à la suite de Dieu qui l’appelait. Mais qu’est-ce que cela signifiait pour lui? Abraham ne savait rien du Dieu qui l’appelait; le Dieu d’Israël était encore pour lui le Dieu inconnu. Abraham a appris à Le connaître déjà en chemin vers la Palestine, puis plus tard en Palestine même. Au début, il fallait simplement faire confiance à Celui qu’il ne connaissait pas. Croire dès la première rencontre. Abraham entendait bien la voix de Dieu, mais en ce temps-là entendre la voix de quelque dieu ou esprit n’était pas chose si rare.

Il y avait beaucoup de dieux et d’esprits, beaucoup de voix aussi, et c’était à l’homme lui-même de décider à qui faire confiance. La voix qui appelait Abraham à la suivre était la voix de l’Inconnu. Cette voix promettait beaucoup, mais pouvait-on la croire? Abraham a cru. Son cœur lui a suggéré que l’Inconnu ne trompait pas. Et en cela il est tout l’opposé de ces pharisiens profondément religieux, mais très méfiants, qui exigeaient sans cesse de Jésus des preuves de Sa messianité. Et encore des preuves qui correspondent à leurs propres représentations du Messie.

Si Abraham avait été ainsi, le peuple juif n’aurait pas existé, simplement parce qu’un tel Abraham n’aurait jamais cru au Dieu inconnu. Et, bien sûr, avec l’ouverture qui caractérisait Abraham, jamais il n’aurait poursuivi, encore moins cherché à tuer, un homme qui aurait tenté de lui dire quelque chose de nouveau sur son Dieu. C’est précisément ce qui distingue Abraham de ceux qui se sont trouvés être ses descendants par le sang, mais non par l’esprit. Abraham avait toutes les possibilités d’entrer dans le Royaume. Ses descendants, eux, avaient de grands problèmes à cet égard. Pas tous, bien sûr, mais beaucoup. Surtout ceux qui se considéraient comme parfaitement prêts à rencontrer le Messie et à entrer dans le Royaume.

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Pour Jn 8:42-51
42 Jésus leur dit : " Si Dieu était votre Père, vous m'aimeriez, car c'est de Dieu que je suis sorti et que je viens ; je ne viens pas de moi-même ; mais lui m'a envoyé.
43 Pourquoi ne reconnaissez-vous pas mon langage? C'est que vous ne pouvez pas entendre ma parole.
44 Vous êtes du diable, votre père, et ce sont les désirs de votre père que vous voulez accomplir. Il était homicide dès le commencement et n'était pas établi dans la vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité en lui: quand il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, parce qu'il est menteur et père du mensonge.
45 Mais parce que je dis la vérité, vous ne me croyez pas.
46 Qui d'entre vous me convaincra de péché? Si je dis la vérité, pourquoi ne me croyez-vous pas?
47 Qui est de Dieu entend les paroles de Dieu ; si vous n'entendez pas, c'est que vous n'êtes pas de Dieu. "
48 Les Juifs lui répondirent : " N'avons-nous pas raison de dire que tu es un Samaritain et que tu as un démon ? "
49 Jésus répondit : " Je n'ai pas un démon mais j'honore mon Père, et vous cherchez à me déshonorer.
50 Je ne cherche pas ma gloire; il est quelqu'un qui la cherche et qui juge.
51 En vérité, en vérité, je vous le dis, si quelqu'un garde ma parole, il ne verra jamais la mort. "
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S'adressant aux pharisiens qui L'écoutent, Jésus s'efforce sans cesse de les ramener aux fondements mêmes de ce qu'on appelle la vie spirituelle. Il leur dit...  Lire la suite

S'adressant aux pharisiens qui L'écoutent, Jésus s'efforce sans cesse de les ramener aux fondements mêmes de ce qu'on appelle la vie spirituelle. Il leur dit : vous voyez bien ce que Je fais, et pourtant vous Me déshonorez — cela veut dire que vous n'êtes pas de Dieu.

À première vue, l'argument peut paraître quelque peu étrange : Jésus comprend très bien Lui-même que Ses auditeurs doutent de Lui et ne Lui font pas confiance. Leur déclarer, avec une telle attitude envers Lui, que, pour ainsi dire, Moi, Je suis de Dieu, et vous, si vous ne M'accueillez pas, vous n'êtes donc pas de Dieu, paraît à première vue quelque peu naïf : se faire soi-même critère quand on ne te croit pas semble tout à fait absurde. Mais Jésus ne parle pas de Lui-même, Il parle de Ses oeuvres — de ces oeuvres mêmes dont beaucoup de pharisiens ne pouvaient rien dire sinon qu'elles venaient de Dieu. Une logique simple aurait dû les obliger, dans ce cas, à reconnaître aussi que Celui qui accomplit ces oeuvres vient Lui aussi de Dieu. Mais rien de tel ne se produit.

Qu'est-ce donc qui empêche ceux qui écoutent Jésus de reconnaître l'évidence? Et que veut-Il dire en leur disant que «leur père est le diable»? Bien sûr, lorsqu'il s'agit de faux témoignage, c'est-à-dire d'une violation directe du neuvième commandement — et d'une violation dont les transgresseurs n'ont pas l'intention de se repentir — on peut déjà parler d'une soumission directe au diable comme esprit du mensonge.

Mais pourquoi cela arrive-t-il? Il s'agit pourtant de personnes profondément et sincèrement religieuses, pour lesquelles une violation consciente du commandement signifie une trahison de leur propre religion! C'est vrai; mais, comme on le voit, tout cela n'est valable que tant que l'affaire ne touche pas à la religion comme telle. Si quelqu'un apparaît qui porte atteinte à la religion en elle-même, on le considère par définition comme un ennemi, et les commandements ne s'appliquent plus à lui : à leurs yeux, en effet, Il se place Lui-même hors de la loi religieuse qu'ils suivent. Avec un tel homme, il n'y a rien à discuter, «c'est un Samaritain» (il n'y avait sans doute pas d'insulte plus terrible dans le langage religieux des pharisiens), «il a un démon», et peu importe qu'Il accomplisse des miracles : les miracles ne sont pas une preuve si Celui qui les accomplit ne correspond pas aux normes religieuses.

Et Jésus tente encore et encore de ramener Ses auditeurs à une vision normale, non religieuse mais spirituelle, de la situation : ne regardez pas votre religion, leur dit-Il, mais Celui qui accomplit les oeuvres de Dieu; regardez sans préjugé, avec des yeux non aveuglés, sinon vous tomberez dans les filets du père du mensonge et vous perdrez tout, malgré toute votre religiosité.

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Pour Jn 8:42-51
42 Jésus leur dit : " Si Dieu était votre Père, vous m'aimeriez, car c'est de Dieu que je suis sorti et que je viens ; je ne viens pas de moi-même ; mais lui m'a envoyé.
43 Pourquoi ne reconnaissez-vous pas mon langage? C'est que vous ne pouvez pas entendre ma parole.
44 Vous êtes du diable, votre père, et ce sont les désirs de votre père que vous voulez accomplir. Il était homicide dès le commencement et n'était pas établi dans la vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité en lui: quand il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, parce qu'il est menteur et père du mensonge.
45 Mais parce que je dis la vérité, vous ne me croyez pas.
46 Qui d'entre vous me convaincra de péché? Si je dis la vérité, pourquoi ne me croyez-vous pas?
47 Qui est de Dieu entend les paroles de Dieu ; si vous n'entendez pas, c'est que vous n'êtes pas de Dieu. "
48 Les Juifs lui répondirent : " N'avons-nous pas raison de dire que tu es un Samaritain et que tu as un démon ? "
49 Jésus répondit : " Je n'ai pas un démon mais j'honore mon Père, et vous cherchez à me déshonorer.
50 Je ne cherche pas ma gloire; il est quelqu'un qui la cherche et qui juge.
51 En vérité, en vérité, je vous le dis, si quelqu'un garde ma parole, il ne verra jamais la mort. "
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La conversation du Christ avec les Juifs, que nous lisons aujourd’hui dans l’Évangile selon Jean, se déroule dans une tension immense, très visible dans le texte évangélique...  Lire la suite

La conversation du Christ avec les Juifs, que nous lisons aujourd’hui dans l’Évangile selon Jean, se déroule dans une tension immense, très visible dans le texte évangélique. Le Seigneur dit une vérité terrible, que les Juifs sont absolument incapables d’entendre, et ils n’ont rien à lui opposer. « Qui de vous Me convaincra de péché ? » (dans le texte synodal : « d’injustice »), s’écrie le Seigneur. Les auteurs de la traduction synodale n’ont même pas jugé possible d’employer un tel mot à propos du Christ, bien que ce soit précisément celui qui se trouve dans l’original grec. Si donc il est impossible de convaincre le Seigneur Jésus de péché, il s’ensuit avec évidence qu’Il dit la vérité, et que les Juifs ne veulent pas l’accueillir parce qu’ils demeurent eux-mêmes dans le péché.

Ils n’ont rien à opposer aux paroles du Christ, alors les Juifs « passent aux attaques personnelles ». « Tu es Samaritain, et tu as un démon », disent-ils. Dans notre réalité actuelle, un argument de ce genre sonnerait comme : « Tu es fou, Juif et Tchétchène », car les Juifs considéraient les Samaritains comme nous considérons, à notre honte, certains peuples. Au demeurant, les Juifs ne sont pas très originaux ici : nous tous, quand il devient impossible de discuter, nous commençons à insulter celui avec qui nous débattons.

Ce qui frappe en même temps, c’est la différence entre ce que disent les deux parties en dispute. Les paroles du Christ existent dans une autre dimension ; Il ne descend pas à la joute au niveau humain. C’est pourquoi le contenu de ce qu’Il dit importe pour nous, indépendamment des péripéties de la polémique. Avant tout, Il dit qu’Il honore le Père céleste, et il s’agit ici de cette adoration de Dieu à laquelle renonce toute l’humanité pécheresse. Dans ces paroles se trouve le gage de la future création de l’Église, qui deviendra le Corps du Christ et à laquelle, en participant, nous participons à cette vénération du Père par le Christ. Et, bien sûr, les paroles selon lesquelles celui qui garde Sa parole ne verra jamais la mort ont pour nous une importance exceptionnelle. Car c’est notre unique espérance de partager avec le Christ Sa victoire sur la mort.

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Pour Jn 8:51-59
51 En vérité, en vérité, je vous le dis, si quelqu'un garde ma parole, il ne verra jamais la mort. "
52 Les Juifs lui dirent : " Maintenant nous savons que tu as un démon. Abraham est mort, les prophètes aussi, et tu dis : "Si quelqu'un garde ma parole, il ne goûtera jamais de la mort. "
53 Es-tu donc plus grand qu'Abraham, notre père, qui est mort ? Les prophètes aussi sont morts. Qui prétends-tu être ? "
54 Jésus répondit : " Si je me glorifie moi-même, ma gloire n'est rien ; c'est mon Père qui me glorifie, lui dont vous dites : "Il est notre Dieu",
55 et vous ne le connaissez pas ; mais moi, je le connais ; et si je disais : "Je ne le connais pas", je serais semblable à vous, un menteur. Mais je le connais et je garde sa parole.
56 Abraham, votre père, exulta à la pensée qu'il verrait mon Jour. Il l'a vu et fut dans la joie. "
57 Les Juifs lui dirent alors : " Tu n'as pas cinquante ans et tu as vu Abraham ! "
58 Jésus leur dit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham existât, Je Suis. "
59 Ils ramassèrent alors des pierres pour les lui jeter ; mais Jésus se déroba et sortit du Temple.
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Qu'est-ce qui a poussé les personnes qui écoutaient Jésus à saisir des pierres? Évidemment, Ses paroles sur Abraham et sur Lui-même. «Je suis» (ou, pour parler en russe moderne, «Je suis l'Existant») signifiait une indication de...  Lire la suite

Qu'est-ce qui a poussé les personnes qui écoutaient Jésus à saisir des pierres? Évidemment, Ses paroles sur Abraham et sur Lui-même. «Je suis» (ou, pour parler en russe moderne, «Je suis l'Existant») signifiait une indication de Lui-même comme de Celui qui porte en Lui la plénitude de Dieu. Cela, on ne le pardonnait pas : aux yeux de toute personne religieuse, c'était un véritable blasphème; on peut être prophète, ou même Messie, mais on ne peut pas être Dieu. Celui qui affirme une telle chose est soit fou, soit païen : car les païens croyaient à la «divinité» de certaines personnes, entendant par là leurs propriétés surnaturelles ou leur lien avec le monde des dieux. Cet Homme ne ressemble pas à un fou — donc, manifestement, Il est un apostat qui s'est imaginé être une sorte d'être surnaturel au sens païen du terme. Quoi qu'il en soit, il y avait là apostasie et blasphème, que l'on punissait de mort.

Il semblerait que l'on aurait pu attendre quelque chose de semblable du Messie : Isaïe de Jérusalem n'appelait-il pas, par exemple, le Messie «père de l'éternité»? Mais dans le judaïsme des temps évangéliques, ces paroles étaient perçues dans le contexte des représentations concernant le Messie, que Dieu avait conçu dès le commencement des temps. Bien sûr, personne ne considérait le Messie comme Dieu.

Et Jésus, manifestement, veut transmettre à Ses auditeurs précisément cette vérité, inséparable de Son ministère terrestre. En effet, Il est venu dans le monde afin d'y apporter le Royaume, et cela dans toute sa plénitude. Le Royaume qu'Il portait entièrement en Lui dès le commencement, car, selon Ses propres paroles, il «n'est pas de ce monde» — nulle part dans le monde, sinon en Lui-même après Sa naissance dans le monde, le Royaume ne pouvait exister. Or la plénitude du Royaume de Dieu et la plénitude de Dieu sont, au fond, une seule et même chose : Celui qui contient en Lui la plénitude du Royaume contient aussi la plénitude de Dieu.

C'est précisément cela, apparemment, que Jésus veut expliquer aux personnes qui L'écoutent. Et Il le fait non pour S'élever d'une quelconque manière, mais pour leur faire comprendre ce qu'est le Royaume, ce qu'il est en réalité. Mais pour le comprendre, il faut sortir des cadres de sa propre religiosité. Or ils ne veulent pas ou ne peuvent pas le faire — et ils saisissent des pierres.

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Pour Jn 8:51-59
51 En vérité, en vérité, je vous le dis, si quelqu'un garde ma parole, il ne verra jamais la mort. "
52 Les Juifs lui dirent : " Maintenant nous savons que tu as un démon. Abraham est mort, les prophètes aussi, et tu dis : "Si quelqu'un garde ma parole, il ne goûtera jamais de la mort. "
53 Es-tu donc plus grand qu'Abraham, notre père, qui est mort ? Les prophètes aussi sont morts. Qui prétends-tu être ? "
54 Jésus répondit : " Si je me glorifie moi-même, ma gloire n'est rien ; c'est mon Père qui me glorifie, lui dont vous dites : "Il est notre Dieu",
55 et vous ne le connaissez pas ; mais moi, je le connais ; et si je disais : "Je ne le connais pas", je serais semblable à vous, un menteur. Mais je le connais et je garde sa parole.
56 Abraham, votre père, exulta à la pensée qu'il verrait mon Jour. Il l'a vu et fut dans la joie. "
57 Les Juifs lui dirent alors : " Tu n'as pas cinquante ans et tu as vu Abraham ! "
58 Jésus leur dit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham existât, Je Suis. "
59 Ils ramassèrent alors des pierres pour les lui jeter ; mais Jésus se déroba et sortit du Temple.
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Tout au long du huitième chapitre de l'Évangile selon Jean, les Juifs (ou plus précisément les scribes, c'est-à-dire les intellectuels) interrogent...  Lire la suite

Tout au long du huitième chapitre de l'Évangile selon Jean, les Juifs (ou plus précisément les scribes, c'est-à-dire les intellectuels) interrogent Jésus sur ce qu'Il est. Et pourtant, la réponse qu'Il leur donne à plusieurs reprises sous différentes formulations, «Celui qui est depuis le commencement», «la Lumière du monde», «Je suis sorti de Dieu et je suis venu», ils font comme s'ils ne l'entendaient pas. Ou ne veulent pas l'entendre. Et, finalement, la Vérité qui se révèle à eux leur devient inacceptable, impossible à contenir par la simple raison humaine: en fin de compte, il est vraiment impossible de saisir par la logique quotidienne que Jésus de Nazareth, qui se tient devant eux, est bien le Christ, le Sauveur des hommes, Dieu allant à la mort par amour pour sa création.

Cependant, Jésus n'affirme pas seulement Sa nature divine. Il cherche sans cesse à pousser Ses auditeurs à réfléchir au choix que Sa venue sur terre place devant eux: entre la lumière et les ténèbres, entre l'esclavage du péché et la liberté en Dieu, et finalement entre la vie et la mort. Et lorsque la conversation en arrive à cette dernière limite, l'incapacité à accueillir le Message, la nécessité de la foi (qui vient du cœur, et non de l'intellect), ne suscite chez Ses auditeurs que l'agressivité, et ils se jettent sur le Christ avec des pierres. Il ne faut pas penser qu'une telle réaction à la révélation divine ne pouvait se rencontrer que chez les intellectuels du Ier siècle de notre ère.

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Pour Jn 8:51-52
51 En vérité, en vérité, je vous le dis, si quelqu'un garde ma parole, il ne verra jamais la mort. "
52 Les Juifs lui dirent : " Maintenant nous savons que tu as un démon. Abraham est mort, les prophètes aussi, et tu dis : "Si quelqu'un garde ma parole, il ne goûtera jamais de la mort. "
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Ceux qui écoutent Jésus n'arrivent obstinément pas à Le comprendre. Il leur parle à la fois par des paraboles-images et directement. Mais les paraboles, ensuite, doivent tout de même...  Lire la suite

Ceux qui écoutent Jésus n'arrivent obstinément pas à Le comprendre. Il leur parle à la fois par des paraboles-images et directement. Mais les paraboles, ensuite, doivent tout de même être expliquées, et la vérité dite « de front » provoque une telle réaction que, sans une disparition miraculeuse, le Christ aurait été tué bien avant que Son heure ne soit venue.

Aujourd'hui, nous lisons que la vérité absolue selon laquelle Jésus a vu Abraham et, en général, existait avant Abraham, irrite démesurément les Judéens. Il ne leur entre pas dans la tête (voir Jn 8,37) que quelqu'un parmi les hommes puisse être plus grand que leur père Abraham. Que Jésus puisse être non seulement un homme, mais Dieu, est très difficile à comprendre et à accepter.

Car, dans ce cas, il faut écouter Jésus et garder Ses paroles. Tous les cœurs ne sont pas prêts à faire ce pas difficile de confiance. Comme le dira plus tard l'apôtre Paul, « nous prêchons un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les Grecs » (1 Co 1,23).

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Pour Jn 8:51
51 En vérité, en vérité, je vous le dis, si quelqu'un garde ma parole, il ne verra jamais la mort. "
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La promesse que donne Jésus est très sérieuse et vitale pour nous. Nous désirons vivement qu'elle s'accomplisse. Mais il nous faut clarifier deux questions...  Lire la suite

La promesse que donne Jésus est très sérieuse et vitale pour nous. Nous désirons vivement qu'elle s'accomplisse. Mais il nous faut clarifier deux questions.

D'abord, que signifie garder la parole du Christ ? S'agit-il d'accomplir les commandements qu'Il a donnés dans le Sermon sur la montagne ? Ou veut-Il dire que nous devons simplement accueillir avec foi tout ce qu'Il dit ici, dans ce chapitre de l'Évangile selon Jean ? Mais la première chose est impossible aux forces humaines, et la seconde, eh bien, n'y croyons-nous pas déjà ? Ce n'est pas clair.

Ensuite, que signifie : il ne verra jamais la mort ? Ne verra-t-il jamais la mort de quelqu'un ? Ou sa propre mort ? Ou non pas simplement la mort, mais « la mort à jamais » ? Il vaut sans doute la peine de s'expliquer ces questions aujourd'hui.

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Pour Jn 8:51
51 En vérité, en vérité, je vous le dis, si quelqu'un garde ma parole, il ne verra jamais la mort. "
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La promesse que Jésus donne est très sérieuse et vital pour nous. On voudrait tellement qu’elle s’accomplisse. Mais paraît-il que nous devons éclaircir pour nous-mêmes certaines questions. Premièrement, que signifie...  Lire la suite

La promesse que Jésus donne est très sérieuse et vital pour nous. On voudrait tellement qu’elle s’accomplisse. Mais paraît-il que nous devons éclaircir pour nous-mêmes certaines questions. Premièrement, que signifie - garder la parole du Christ ? S'agit-il de l’exécution des commandements donnés par Lui dans le sermon sur la Montagne? Ou Il veut simplement dire que nous devons accepter tout ce qu'Il dit ici dans ce chapitre de l'Evangile selon Jean par la foi? Mais le premier est impossible avec les efforts humains, et le deuxième - mais, est-ce que nous ne croyons pas à cela ? C’est incompréhensible. Et deuxièmement, que signifie - ne verra jamais la mort? Ne verra jamais la mort de quelqu'un d’autre? Ou sa propre mort? Ou non seulement la mort, mais ne verra « jamais la mort» ? Analyser ces questions est sûrement une tâche digne pour aujourd'hui.

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Pour Jn 8:58-59
58 Jésus leur dit : " En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham existât, Je Suis. "
59 Ils ramassèrent alors des pierres pour les lui jeter ; mais Jésus se déroba et sortit du Temple.
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Habituellement, ceux qui lisent ces lignes pensent qu'Il a dit quelque chose qui devait être perçu par les pharisiens comme un blasphème manifeste : en effet, Il parle de Lui-même comme de...  Lire la suite

Habituellement, ceux qui lisent ces lignes pensent qu'Il a dit quelque chose qui devait être perçu par les pharisiens comme un blasphème manifeste : en effet, Il parle de Lui-même comme de Dieu, en utilisant même, pourrait-on croire, les expressions correspondantes qui ne s'appliquent qu'à Dieu. Pourtant, en réalité, tout n'est pas si simple ni si univoque.

Dans ce cas, Jésus témoigne de Lui-même avant tout comme Messie, sinon directement, du moins par allusions. C'est du Messie que les prophètes parlaient comme de Celui qui existe depuis le commencement du monde. Dans le judaïsme de l'époque du Second Temple, l'idée que le Messie avait été conçu par Dieu avant même la création du monde était généralement admise. Et en ce sens on parlait même de la divinité du Messie, bien sûr non au sens de Son humanité divine. Mais les paroles du Sauveur pouvaient, elles aussi, être comprises autrement que dans ce seul sens. Même « Je suis » (plus exactement, les expressions grecque et hébraïque correspondant à ce « Je suis ») peut être interprété non seulement comme une déclaration de divinité, mais aussi comme la proclamation d'une théophanie, notamment d'une théophanie messianique. Dans les paroles du Sauveur, il n'y avait rien qui, à y réfléchir mûrement, aurait dû exiger la lapidation.

Il en va autrement si l'on désire ardemment trouver un prétexte pour ramasser des pierres. Alors, bien sûr, toutes les ambiguïtés sont interprétées contre l'accusé. Et les pharisiens qui écoutent Jésus comprennent manifestement Ses paroles de cette manière. Non parce qu'elles contiennent trop d'éléments ouvertement provocants. Ce qui était provocant, c'était autre chose : tout le sens du discours du Sauveur rapporté par l'évangéliste. Car tout ce discours témoignait du fait que les pharisiens qui écoutaient Jésus n'étaient nullement les porteurs de la Tradition authentique ni les gardiens de l'orthodoxie qu'ils étaient à leurs propres yeux. Bien plus : il apparaissait que, malgré toute leur religiosité, ils avaient en réalité très peu de rapport avec la Tradition authentique, si même ils en avaient un. Or une telle position paraît par définition à l'homme religieux comme un défi lancé à Dieu.

Un tel homme ne voit réellement pas la différence entre la Tradition authentique et la tradition de sa propre religion. Si l'on le veut, bien sûr, on peut la voir, même si ce n'est pas toujours simple. Mais chez l'homme religieux, ce désir est souvent contrebalancé par la peur pour sa propre identité religieuse, à laquelle il devra inévitablement renoncer s'il regarde lui-même et le monde comme Jésus l'appelle à les regarder. C'est cette peur qui pousse les pharisiens à ramasser des pierres. Et qui ouvre au Sauveur la route vers la croix.

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