Lorsque l'on médite dans la prière sur l'image de Jean le Baptiste, comme si l'on concentrait son regard sur son icône, on comprend qu'il s'agit d'un homme tout à fait particulier. Car dans l'Évangile, on rencontre beaucoup de personnes remarquables, bonnes et aimant sincèrement le Seigneur... Mais en Jean, il y a quelque chose qui semble le séparer de tous, le mettre un peu à part. « Parmi ceux qui sont nés de femmes, il ne s'en est pas levé de plus grand que Jean le Baptiste... » (Mt 11:11): c'est sans doute là que se cache la cause de ce sentiment d'inaccessibilité, d'éloignement.
Et pourtant il n'était qu'un homme. Il y a encore une personne devant laquelle nous éprouvons un sentiment semblable d'inaccessibilité: Marie. Elle est simplement une femme, mais en même temps elle est beaucoup plus que toute femme, car elle a porté dans son sein le Fils de Dieu lui-même. Voilà ce qui rapproche ces deux personnes, en plus de leur parenté selon le sang. Mais pas seulement cela: tous deux sont devenus ceux par qui la naissance du Christ s'est accomplie, dans la chair par Marie, et dans l'Esprit par Jean. Et tous deux, en même temps, se sentaient des témoins humbles et indignes du miracle qui s'accomplissait sous leurs yeux.
C'est sans doute pourquoi, au centre de la déisis, se trouvent ces trois icônes: Marie, le Sauveur, Jean. Et les paroles de l'office deviennent alors particulièrement compréhensibles: « Puisque, par la parenté naturelle et l'accord dans la prière, vous ne faites qu'un, Mère du Roi de tous et divin Précurseur, présentez ensemble votre supplication pour le serviteur qui a grandement irrité le Très-Miséricordieux, afin qu'il ait compassion et sauve, se laissant fléchir par vos intercessions, et qu'il transforme ma parenté de feu. »
