3 Car le Christ n'a pas recherché ce qui lui plaisait; mais comme il est écrit: Les insultes de tes insulteurs sont tombées sur moi.
4 En effet, tout ce qui a été écrit dans le passé le fut pour notre instruction, afin que la constance et la consolation que donnent les Écritures nous procurent l'espérance.
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L'apôtre ne se lasse pas de nous rappeler que, pour le chrétien, il n'est jamais question de ses propres succès, réalisations ou, au contraire, échecs. Bien sûr, la vie chrétienne est un chemin spirituel qu'il faut parcourir. Mais l'essentiel sur ce chemin n'est pas le perfectionnement de soi, mais la manifestation du Royaume au monde. Le chrétien ne vit pas pour lui-même, mais pour les autres. Il est vrai que ce n'est pas au sens de l'altruisme que l'entourage attend souvent des chrétiens pour une raison ou pour une autre, mais au sens de sa participation au Royaume.
Le service du chrétien, c'est sa vie même, pourvu qu'elle soit réellement chrétienne, car dans ce cas transparaît à travers elle, de plus en plus clairement et vivement, la vie du Royaume, à laquelle peut prendre part chacun de ceux qui communiquent avec lui. Mais une telle vie n'est possible que si, dès le commencement, l'homme renonce à l'idée de vivre par lui-même. Non pas pour lui-même ou pour les autres, mais par lui-même.
La vie du chrétien cesse de lui appartenir; elle devient celle de Dieu, celle du Christ, en se jetant dans le courant de la vie du Royaume, qui dépasse tout ce que l'homme pourrait imaginer. Mais le courant de cette vie doit couler librement. Il est impossible de le retenir pour soi, de l'arrêter, de s'en séparer quelques filets pour qu'ils appartiennent à coup sûr à quelqu'un de précis. Ici, c'est ou bien le mouvement libre, ou bien rien. Mais alors il faudra renoncer à absolutiser toutes les formes, manières et images de la vie chrétienne, y compris les siennes propres. Il faudra reconnaître que la vie de tous les chrétiens, s'ils sont réellement chrétiens, est une, tandis que les formes, organisationnelles, liturgiques, religieuses en général, sont secondaires. Aucune d'elles n'est meilleure qu'une autre: chacune est bonne lorsqu'elle est à sa place, lorsqu'elle correspond à l'existence dans le Royaume de telles personnes ou de telles communautés. S'il en est ainsi, le refus d'absolutiser sa propre forme devient non seulement une concession au prochain, mais une condition nécessaire pour demeurer dans le Royaume.
En effet, les formes, y compris religieuses, que nous considérons comme les nôtres, proches, organiques, sont relatives par leur essence même, et il nous faudra très probablement y renoncer à un certain moment. Alors un Juif observant peut très bien découvrir que ce dont il était si fier et à quoi il tenait si fortement, sa propre religiosité, ne lui donne aucun avantage dans l'essentiel par rapport au païen qui n'avait rien de tel. C'est pourquoi l'apôtre conseille de n'absolutiser aucune forme: car l'absolutisation suppose une identification de soi qui, dans la vie spirituelle, gênera plus qu'elle n'aidera.
Autres réflexions
Pour Rm 15:1-13
1 Mais c'est un devoir pour nous, les forts, de porter les faiblesses de ceux qui n'ont pas cette force et de ne point rechercher ce qui nous plaît.
2 Que chacun d'entre nous plaise à son prochain pour le bien, en vue d'édifier.
3 Car le Christ n'a pas recherché ce qui lui plaisait; mais comme il est écrit: Les insultes de tes insulteurs sont tombées sur moi.
4 En effet, tout ce qui a été écrit dans le passé le fut pour notre instruction, afin que la constance et la consolation que donnent les Écritures nous procurent l'espérance.
5 Que le Dieu de la constance et de la consolation vous accorde d'avoir les uns pour les autres la même aspiration à l'exemple du Christ Jésus,
6 afin que d'un même cœur et d'une même bouche vous glorifiiez le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ.
7 Aussi soyez accueillants les uns pour les autres, comme le Christ le fut pour vous à la gloire de Dieu.
8 Je l'affirme en effet, le Christ s'est fait ministre des circoncis à l'honneur de la véracité divine, pour accomplir les promesses faites aux patriarches,
9 et les nations glorifient Dieu pour sa miséricorde, selon le mot de l'Écriture: C'est pourquoi je te louerai parmi les nations et je chanterai à la gloire de ton nom;
10 et cet autre: Nations, exultez avec son peuple ;
11 ou encore : Toutes les nations, louez le Seigneur, et que tous les peuples le célèbrent.
12 Et Isaïe dit à son tour: Il paraîtra, le rejeton de Jessé, celui qui se dresse pour commander aux nations. En lui les nations mettront leur espérance.
13 Que le Dieu de l'espérance vous donne en plénitude dans votre acte de foi la joie et la paix, afin que l'espérance surabonde en vous par la vertu de l'Esprit Saint.
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Nous connaissons beaucoup de noms bibliques différents de Dieu, et au tout début du chapitre 15 de l’épître aux Romains, Paul nous en donne...
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Nous connaissons beaucoup de noms bibliques différents de Dieu, et au tout début du chapitre 15 de l’épître aux Romains, Paul nous en donne encore deux : le Dieu de la patience et de la consolation, et le Dieu de l’espérance. Des noms étonnants, et quel sens profond ils portent... Ils nous parlent de propriétés de Dieu que nous oublions souvent. Nous nous souvenons bien plus souvent du Dieu qui châtie, du Dieu tout-puissant qui apparaît dans les éclairs, la puissance et la gloire. Et cela aussi est magnifique.
Mais nous souvenons-nous de la patience divine, du fait qu’il y a en nous bien plus de choses qui devraient nous séparer définitivement de Dieu ? Nous pensons souvent à Dieu dans les jours difficiles de notre vie, nous Lui en voulons, nous Lui présentons de longues factures ou des listes encore plus longues de nos besoins. Mais lorsque tout s’arrange, nous n’y voyons pas un miracle ; nous trouvons des explications logiques à ce qui est en réalité un don du Seigneur. Et pourtant Il nous supporte, nous aime et nous attend toujours, même lorsque nous nous détournons de Lui. Et lorsque nous revenons, Il nous console de nouveau, nous donne l’espérance que tout n’est pas encore perdu dans notre vie.
Et c’est à cela aussi qu’Il nous appelle : nous supporter les uns les autres, consoler dans les afflictions et donner l’espérance. « Accueillez-vous donc les uns les autres comme le Christ vous a accueillis pour la gloire de Dieu. » Cela signifie pardonner les offenses et les insultes, accueillir sans poser de conditions (« si tu te conduis bien... » ou « si tu fais ceci et cela »). Accueillir simplement parce que le Christ nous accueille exactement ainsi : pécheurs, mauvais, susceptibles, oublieux, tels que nous sommes. Non parce que nous l’avons mérité, mais simplement parce qu’Il nous aime.
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