24 " Le disciple n'est pas au-dessus du maître, ni le serviteur au-dessus de son patron. |
25 Il suffit pour le disciple qu'il devienne comme son maître, et le serviteur comme son patron. Du moment qu'ils ont traité de Béelzéboul le maître de maison, que ne diront-ils pas de sa maisonnée ! |
26 " N'allez donc pas les craindre ! Rien, en effet, n'est voilé qui ne sera révélé, rien de caché qui ne sera connu. |
27 Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le au grand jour; et ce que vous entendez dans le creux de l'oreille, proclamez-le sur les toits. |
28 " Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l'âme ; craignez plutôt Celui qui peut perdre dans la géhenne à la fois l'âme et le corps. |
29 Ne vend-on pas deux passereaux pour un as? Et pas un d'entre eux ne tombera au sol à l'insu de votre Père! |
30 Et vous donc! vos cheveux même sont tous comptés! |
31 Soyez donc sans crainte; vous valez mieux, vous, qu'une multitude de passereaux. |
32 " Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est dans les cieux ; |
33 mais celui qui m'aura renié devant les hommes, à mon tour je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux. |
Au début, les paroles selon lesquelles le disciple ne peut pas devenir supérieur au maître peuvent paraître limiter ses possibilités. Mais si l'on tient compte du fait que devenir comme le maître est déjà beaucoup, et que tout le monde n'est pas capable de l'égaler, alors nous pouvons y voir un appel à grandir. Et s'il s'agit d'être disciple du Christ, l'appel à devenir comme le Maître nous révèle son attitude particulière envers ceux qui le suivent. Car il s'agit du niveau élevé auquel le Christ entend élever l'humanité déchue: il veut nous diviniser.
Et même dans les paroles sévères qui avertissent que le Christ reniera celui qui l'aura renié, on peut voir à quelle hauteur l'homme est placé par lui. En effet, il s'agit ici de relations qui font presque penser à une égalité...
Il serait évidemment d'une énorme insolence de se fonder là-dessus pour oublier la révérence devant sa grandeur et introduire de la familiarité dans les relations avec lui. Ce n'est pas pour cela qu'il est devenu l'un des hommes, pour que nous introduisions dans la vie spirituelle « l'humain, trop humain », c'est-à-dire, selon les mots d'un auteur, « toujours quelque chose d'animal ». Mais ce qui nous rapproche de Dieu est un don qui impose une responsabilité.
26 " N'allez donc pas les craindre ! Rien, en effet, n'est voilé qui ne sera révélé, rien de caché qui ne sera connu. |
La peur devant l’incertain, le secret est spécifique pour les Hommes. Car on peut essayer de se préparer d’avance pour quelque chose de connue, on peut néanmoins savoir à quoi s’attendre. Le danger caché est toujours inopiné et imprévisible, il est impossible « de mettre la paille » et un peu adoucir les inconvénients. Et c’est naturel ! Mais alors ce naturalisme ne veut pas dire justesse au près du Seigneur, car elle (le naturalisme) va de la nature humaine altérée par la chute pécheresse, des habitudes de vivre dans l’incrédulité et conséquemment dans la peur. La peur est un état principal de l'âme humaine déchue, et L’Homme craint non seulement les dangers réels, mais aussi les dangers imaginaires. De plus les dangers imaginaires sont toujours plus terrifiants, car ils sont inéluctablement « secrets » (Etant donne que ne peut être réalité que ce qui est connu).
Ce n’est pas par hasard que Dieu dit pratiquement a chaque rencontre «Ne craignez pas ». Il nous appelle à la confiance, puisqu’il n’y a pas de peur dans la confiance. C’est Dieu lui-même en effet le plus inconcevable, s’il faut craindre quelqu’un, c’est bien Lui et non Ses quelques créations et leurs « secrets conspirateurs ». Heureusement Dieu se fait connaitre à travers Jésus Christ comme le véritable amour, c'est-à-dire il ne faut pas craindre, mais aimer, chercher la rencontre avec dévotion et frémissement.
26 " N'allez donc pas les craindre ! Rien, en effet, n'est voilé qui ne sera révélé, rien de caché qui ne sera connu. |
Les hommes ont peur de l'inconnu, du caché. À quelque chose de connu, on peut essayer de se préparer à l'avance ; au moins comprend-on ce qu'il faut en attendre. Un danger secret est toujours soudain et imprévisible ; il est impossible de « mettre de la paille dessous » et d'adoucir d'une manière quelconque les conséquences indésirables. Et c'est naturel. Seulement, ce caractère naturel ne signifie pas que ce soit juste devant Dieu ; il vient de la nature humaine déformée par la chute, de l'habitude de vivre dans la défiance et, par conséquent, dans la peur. La peur est l'état fondamental de l'âme humaine déchue, et l'homme a peur non seulement des dangers réels, mais aussi des dangers imaginaires. Or les dangers imaginaires sont toujours plus effrayants, parce qu'ils sont inévitablement « secrets », puisque seules les réalités peuvent être connues.
Ce n'est pas par hasard que Dieu, presque à chaque contact avec les hommes, dit : « Ne craignez pas ». Il nous appelle à la confiance, car dans la confiance il n'y a pas de peur. En effet, ce qu'il y a de plus incompréhensible pour l'homme, c'est Dieu Lui-même ; s'il faut craindre quelqu'un, c'est Lui seul, et non certaines de Ses créatures et leurs « complots secrets ». Mais dans le Christ, Dieu se révèle comme l'amour véritable ; il faut donc, même Lui, non pas Le craindre, mais L'aimer, et chercher la rencontre avec révérence et tremblement.
24 " Le disciple n'est pas au-dessus du maître, ni le serviteur au-dessus de son patron. |
25 Il suffit pour le disciple qu'il devienne comme son maître, et le serviteur comme son patron. Du moment qu'ils ont traité de Béelzéboul le maître de maison, que ne diront-ils pas de sa maisonnée ! |
26 " N'allez donc pas les craindre ! Rien, en effet, n'est voilé qui ne sera révélé, rien de caché qui ne sera connu. |
27 Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le au grand jour; et ce que vous entendez dans le creux de l'oreille, proclamez-le sur les toits. |
28 " Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l'âme ; craignez plutôt Celui qui peut perdre dans la géhenne à la fois l'âme et le corps. |
29 Ne vend-on pas deux passereaux pour un as? Et pas un d'entre eux ne tombera au sol à l'insu de votre Père! |
30 Et vous donc! vos cheveux même sont tous comptés! |
31 Soyez donc sans crainte; vous valez mieux, vous, qu'une multitude de passereaux. |
32 " Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est dans les cieux ; |
33 mais celui qui m'aura renié devant les hommes, à mon tour je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux. |
34 " N'allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. |
35 Car je suis venu opposer l'homme à son père, la fille à sa mère et la bru à sa belle-mère: |
36 on aura pour ennemis les gens de sa famille. |
37 " Qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi. |
38 Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n'est pas digne de moi. |
39 Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. |
40 " Qui vous accueille m'accueille, et qui m'accueille accueille Celui qui m'a envoyé. |
41 " Qui accueille un prophète en tant que prophète recevra une récompense de prophète, et qui accueille un juste en tant que juste recevra une récompense de juste. |
42 " Quiconque donnera à boire à l'un de ces petits rien qu'un verre d'eau fraîche, en tant qu'il est un disciple, en vérité je vous le dis, il ne perdra pas sa récompense. " |
Vivre sur la terre fait déjà peur, et si l'on applique à soi-même les paroles du Christ adressées aux apôtres, on se sent vraiment mal à l'aise. Voilà pourquoi, dans cet enseignement, les mots « n'ayez pas peur » reviennent si souvent et avec tant de sérieux. La peur est l'une des expériences les plus fortes de l'homme, ce qui signifie qu'on ne peut la surmonter que par quelque chose d'encore plus fort. Le Seigneur indique à ses disciples ces « remèdes puissants » : ce sont la confiance et, aussi étrange que cela paraisse, la crainte.
La confiance dont il est question n'est pas seulement la foi que « Dieu aidera toujours », mais une certitude très profonde, fondamentale, que tout est entre ses mains, depuis les petits oiseaux vendus au marché pour quelques pièces de cuivre jusqu'à chaque vie et chaque mort humaines. Et le second remède est la crainte de Dieu : non la peur du châtiment, ni même la peur du péché, mais précisément la « crainte » devant Dieu, la vénération et l'émerveillement qui rendent Dieu pour nous infiniment plus réel et plus important que toutes les autres peurs.
32 " Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est dans les cieux ; |
33 mais celui qui m'aura renié devant les hommes, à mon tour je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux. |
34 " N'allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. |
35 Car je suis venu opposer l'homme à son père, la fille à sa mère et la bru à sa belle-mère: |
36 on aura pour ennemis les gens de sa famille. |
« ...Même les cheveux de votre tête sont tous comptés... » Qu'est-ce que cela signifie? Personne ne meurt sans la volonté du Père, mais cela signifie-t-il que ceux qui meurent meurent selon sa volonté? C'est une question très difficile, et tout près d'ici s'ouvre l'abîme de l'incrédulité. Mais on peut l'éviter si l'on se fie à son cœur et à la Parole de Dieu.
Le prêtre Georges Tchistiakov écrit dans son étude « Le martyre comme phénomène »:
« Supporter le 11 septembre, les explosions presque quotidiennes en Israël et d'autres horreurs. Ou bien se comporte-t-il comme le fait parfois un maître sévère? Non, cela aussi est impossible! Si Dieu est impitoyable, alors, en effet, la femme de Job a raison lorsqu'elle lui conseille de maudire Dieu et de mourir. Comment ne pas se souvenir ici de Voltaire. "Comment Dieu a-t-il pu créer ce terrible cloaque de malheurs et de crimes? On suppose, dit Voltaire, que Dieu est puissant, juste et bon; or nous voyons de tous côtés la folie, l'injustice et la méchanceté. C'est pourquoi les hommes préfèrent la négation de Dieu au fait de le maudire". Pourtant Voltaire lui-même croyait en Dieu, bien qu'il ait dit préférer croire en un Dieu non tout-puissant, limité dans ses possibilités, mais bon. <...>
Cependant, malgré tout, et d'abord malgré l'évidence, nous sentons d'une certaine manière la présence de Dieu dans le monde. <...> Nous la sentons précisément, sans le savoir, et nous comprenons non par l'intelligence mais par le cœur que le Seigneur partage avec nous chacun de nos malheurs dans toute sa plénitude. Il est avec nous là où cela va mal. Et c'est l'essentiel. Descendant avec nous comme en enfer, dans les profondeurs de notre malheur et de notre désespoir, il nous fait aussi sortir de ces profondeurs, en nous donnant sagesse et patience. C'est ainsi que cela est représenté sur l'icône pascale "La Descente du Sauveur aux enfers"... »
32 " Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est dans les cieux ; |
33 mais celui qui m'aura renié devant les hommes, à mon tour je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux. |
34 " N'allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. |
35 Car je suis venu opposer l'homme à son père, la fille à sa mère et la bru à sa belle-mère: |
36 on aura pour ennemis les gens de sa famille. |
Comment comprendre les paroles de Jésus sur les gens de la maison qui deviennent des ennemis ? On peut, bien sûr, y voir l'indication d'un conflit familial assez ordinaire, lorsque des personnes vivant sous le même toit divergent tellement dans leurs opinions et leur vision du monde qu'elles deviennent des ennemis idéologiques. Mais il n'y aurait là rien de particulier ni d'inhabituel ; cela est arrivé en tout temps et pour les raisons les plus diverses. Or les paroles de Jésus, quant à elles, ne prennent manifestement leur sens que dans le contexte de tout ce qu'Il a dit du Royaume. Et ici, il ne s'agit plus de divergences de vision du monde ou d'idées, mais de quelque chose de bien plus sérieux.
À quoi, en effet, peut-on s'attendre si l'on essaie de réunir sous un même toit la vie selon les lois du Royaume et la vie selon les lois de ce monde ? Évidemment, à rien d'autre qu'à un conflit, et à un conflit pratiquement insoluble. Lorsqu'il s'agit de divergences d'idées ou de vision du monde, on peut encore chercher la possibilité de compromis, de concessions mutuelles et, en fin de compte, d'acceptation mutuelle. Mais le Royaume et le monde gisant dans le mal ne sont en aucune manière compatibles, et ici aucun autre lien ni aucune autre relation ne peuvent sauver la situation, même les liens du sang.
Bien plus : ce sont précisément les liens du sang qui peuvent devenir dans ce cas le principal problème, car ils sont sans doute le plus fort des liens naturels possibles lorsqu'il s'agit des relations entre les hommes. Mais leur nature demeure partie du monde non transfiguré ; sous sa forme non transfigurée, elle ne rapproche nullement du Royaume les personnes qu'elle unit, mais au contraire, elle les en éloigne.
De manière paradoxale, un conflit ouvert, et même une rupture, peut dans ce cas se révéler spirituellement plus utile qu'une situation de paix ambiguë, pleine de non-dits et lourde de conflits quotidiens qui traînent. Et ce n'est que lorsque tous ceux qui vivent sous le même toit auront fait du Royaume leur objectif principal que la situation pourra changer radicalement et que les liens de parenté pourront devenir une partie des relations du Royaume. Mais ces liens ne seront plus fondés sur la parenté du sang, mais sur la parenté spirituelle.
23 " Si l'on vous pourchasse dans telle ville, fuyez dans telle autre, et si l'on vous pourchasse dans celle-là, fuyez dans une troisième ; en vérité je vous le dis, vous n'achèverez pas le tour des villes d'Israël avant que ne vienne le Fils de l'homme. |
24 " Le disciple n'est pas au-dessus du maître, ni le serviteur au-dessus de son patron. |
25 Il suffit pour le disciple qu'il devienne comme son maître, et le serviteur comme son patron. Du moment qu'ils ont traité de Béelzéboul le maître de maison, que ne diront-ils pas de sa maisonnée ! |
26 " N'allez donc pas les craindre ! Rien, en effet, n'est voilé qui ne sera révélé, rien de caché qui ne sera connu. |
27 Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le au grand jour; et ce que vous entendez dans le creux de l'oreille, proclamez-le sur les toits. |
28 " Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l'âme ; craignez plutôt Celui qui peut perdre dans la géhenne à la fois l'âme et le corps. |
29 Ne vend-on pas deux passereaux pour un as? Et pas un d'entre eux ne tombera au sol à l'insu de votre Père! |
30 Et vous donc! vos cheveux même sont tous comptés! |
31 Soyez donc sans crainte; vous valez mieux, vous, qu'une multitude de passereaux. |
En ces jours, pendant le jeûne consacré à la mémoire des saints apôtres, il est tout naturel de lire par petits passages le chapitre 10 de l'Évangile selon Matthieu, où le Seigneur envoie les disciples prêcher et leur donne des instructions. Mais ce jeûne lui-même, comme les paroles que le Christ adresse aux disciples, est important pour tous les chrétiens, parce que ce qui a été dit aux apôtres concerne nécessairement, d'une manière ou d'une autre, tous les membres de l'Église.
Dans le passage que nous lisons aujourd'hui, le Seigneur appelle Ses disciples à devenir comme le Maître, en disant que cela leur suffit. Mais cela vaut aussi pour nous tous, disciples de Ses disciples. Et le Christ dit aux disciples que l'hostilité du monde déchu est une sorte de pierre de touche : si les disciples suivent le Maître, eux aussi rencontreront cette résistance. Mais, comme le disait un saint contemporain, si tu sens une résistance, c'est que tu avances.
Mais l'homme est créé pour être avec les autres hommes. C'est pourquoi il est pénible pour notre cœur de vivre cette résistance ; c'est pourquoi nous nous unissons si facilement en foules, même pour quelque bassesse, pourvu que nous nous sentions comme un poisson dans un banc, nageant avec tous les autres. Et la résistance du monde fait naître en nous des doutes sur la justesse du chemin choisi. C'est pourquoi le Christ dit aux disciples que la Vérité qui leur a été révélée finira par devenir manifeste, et qu'il ne faut craindre qu'une chose : la trahir. Il est important pour nous d'entendre cela, car la résistance du monde ne devient pas plus faible pour les disciples du Christ, même si elle change de formes.
23 " Si l'on vous pourchasse dans telle ville, fuyez dans telle autre, et si l'on vous pourchasse dans celle-là, fuyez dans une troisième ; en vérité je vous le dis, vous n'achèverez pas le tour des villes d'Israël avant que ne vienne le Fils de l'homme. |
24 " Le disciple n'est pas au-dessus du maître, ni le serviteur au-dessus de son patron. |
25 Il suffit pour le disciple qu'il devienne comme son maître, et le serviteur comme son patron. Du moment qu'ils ont traité de Béelzéboul le maître de maison, que ne diront-ils pas de sa maisonnée ! |
26 " N'allez donc pas les craindre ! Rien, en effet, n'est voilé qui ne sera révélé, rien de caché qui ne sera connu. |
27 Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le au grand jour; et ce que vous entendez dans le creux de l'oreille, proclamez-le sur les toits. |
28 " Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l'âme ; craignez plutôt Celui qui peut perdre dans la géhenne à la fois l'âme et le corps. |
29 Ne vend-on pas deux passereaux pour un as? Et pas un d'entre eux ne tombera au sol à l'insu de votre Père! |
30 Et vous donc! vos cheveux même sont tous comptés! |
31 Soyez donc sans crainte; vous valez mieux, vous, qu'une multitude de passereaux. |
Les paroles du Christ, qui annoncent les persécutions proches et encouragent les croyants, peuvent à première vue rappeler la manière dont on « conditionne » les adeptes dans les sectes totalitaires: « Nous seuls avons raison, et tous les autres sont stupides. C'est pourquoi on nous frappera, mais nous tiendrons bon, parce que nous avons raison, et nous recevrons pour cela une récompense. Et nous ne pouvons pas avoir tort, parce que cela ne peut jamais arriver ». Ou quelque chose du même genre...
Cependant, il y a une différence essentielle entre ce que dit Jésus et ce que peuvent dire les hommes. Elle se cache précisément dans Celui qui parle, puisque chez le Christ seul une vérité authentique se tient derrière les paroles. Seul Dieu lui-même peut réellement promettre quoi que ce soit, parce que seules ses promesses sont irrévocables.
Même si notre récompense est invisible, notre patience en est d'autant plus précieuse, car « ce que l'on voit, pourquoi l'espérer encore? » (Rm 8:24). Et si le Christ dit que rien ne nous arrivera sans la volonté de notre Père, nous pouvons être sûrs qu'il en est ainsi. Car chacun le comprend sans doute, et beaucoup d'entre nous le savent par leur propre expérience: Dieu prend réellement soin de nous. Même si nous marchons dans la rue et qu'aucune brique ne nous tombe dessus, il y a toutes les raisons d'y voir un don de Dieu...
16 Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups ; montrez-vous donc prudents comme les serpents et candides comme les colombes. |
17 " Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux sanhédrins et vous flagelleront dans leurs synagogues ; |
18 vous serez traduits devant des gouverneurs et des rois, à cause de moi, pour rendre témoignage en face d'eux et des païens. |
19 Mais, lorsqu'on vous livrera, ne cherchez pas avec inquiétude comment parler ou que dire: ce que vous aurez à dire vous sera donné sur le moment, |
20 car ce n'est pas vous qui parlerez, mais l'Esprit de votre Père qui parlera en vous. |
21 " Le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mourir. |
22 Et vous serez haïs de tous à cause de mon nom, mais celui qui aura tenu bon jusqu'au bout, celui-là sera sauvé. |
23 " Si l'on vous pourchasse dans telle ville, fuyez dans telle autre, et si l'on vous pourchasse dans celle-là, fuyez dans une troisième ; en vérité je vous le dis, vous n'achèverez pas le tour des villes d'Israël avant que ne vienne le Fils de l'homme. |
24 " Le disciple n'est pas au-dessus du maître, ni le serviteur au-dessus de son patron. |
25 Il suffit pour le disciple qu'il devienne comme son maître, et le serviteur comme son patron. Du moment qu'ils ont traité de Béelzéboul le maître de maison, que ne diront-ils pas de sa maisonnée ! |
26 " N'allez donc pas les craindre ! Rien, en effet, n'est voilé qui ne sera révélé, rien de caché qui ne sera connu. |
27 Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le au grand jour; et ce que vous entendez dans le creux de l'oreille, proclamez-le sur les toits. |
28 " Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l'âme ; craignez plutôt Celui qui peut perdre dans la géhenne à la fois l'âme et le corps. |
29 Ne vend-on pas deux passereaux pour un as? Et pas un d'entre eux ne tombera au sol à l'insu de votre Père! |
30 Et vous donc! vos cheveux même sont tous comptés! |
31 Soyez donc sans crainte; vous valez mieux, vous, qu'une multitude de passereaux. |
32 " Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est dans les cieux ; |
33 mais celui qui m'aura renié devant les hommes, à mon tour je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux. |
34 " N'allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. |
35 Car je suis venu opposer l'homme à son père, la fille à sa mère et la bru à sa belle-mère: |
36 on aura pour ennemis les gens de sa famille. |
37 " Qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi. |
38 Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n'est pas digne de moi. |
39 Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. |
40 " Qui vous accueille m'accueille, et qui m'accueille accueille Celui qui m'a envoyé. |
41 " Qui accueille un prophète en tant que prophète recevra une récompense de prophète, et qui accueille un juste en tant que juste recevra une récompense de juste. |
42 " Quiconque donnera à boire à l'un de ces petits rien qu'un verre d'eau fraîche, en tant qu'il est un disciple, en vérité je vous le dis, il ne perdra pas sa récompense. " |
Aujourd'hui le Seigneur parle à ses disciples des détresses et des épreuves à venir. Ce qui les attend : la trahison, le rejet, l'exil, le martyre. À quoi donc les appelle-t-Il (et nous appelle-t-Il) en cette heure difficile ? Dans de telles situations, le monde a besoin de l'intervention de Dieu Lui-même, et Jésus appelle Ses disciples à devenir les instruments de cette intervention. Que par eux les rois et les puissants entendent la parole du salut, que par eux ceux qui souffrent reçoivent consolation et encouragement. Eux-mêmes ne manqueront de rien — le Père céleste Lui-même prendra soin d'eux. Il leur faut seulement apprendre à Lui faire confiance. Alors leur lien avec le Ciel deviendra plus solide que tous les liens terrestres ; Dieu sera pour eux une réalité plus grande que la famille, les biens, que la vie elle-même.
Face aux épreuves, le Seigneur nous appelle à nous remettre entièrement à Sa volonté et à devenir Sa présence guérissante sur la terre.
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