Bible-Centre

RÉFLEXIONS pour He 5:11-6:8

11 Sur ce sujet, nous avons bien des choses à dire, et difficiles à exposer parce que vous êtes devenus lents à comprendre.
12 En effet, alors qu'avec le temps vous devriez être devenus des maîtres, vous avez de nouveau besoin qu'on vous enseigne les premiers rudiments des oracles de Dieu, et vous en êtes venus à avoir besoin de lait, non de nourriture solide.
13 Effectivement, quiconque en est encore au lait ne peut goûter la doctrine de justice, car c'est un tout petit enfant;
14 les parfaits, eux, ont la nourriture solide, ceux qui, par l'habitude, ont le sens moral exercé au discernement du bien et du mal.
C'est pourquoi, laissant l'enseignement élémentaire sur le Christ, élevons-nous à l'enseignement parfait, sans revenir sur les articles fondamentaux du repentir des œuvres mortes et de la foi en Dieu,
de l'instruction sur les baptêmes et de l'imposition des mains, de la résurrection des morts et du jugement éternel.
Et c'est ainsi que nous allons faire, si Dieu le permet.
Il est impossible, en effet, pour ceux qui une fois ont été illuminés, qui ont goûté au don céleste, qui sont devenus participants de l'Esprit Saint,
qui ont goûté la belle parole de Dieu et les forces du monde à venir,
et qui néanmoins sont tombés, de les rénover une seconde fois en les amenant à la pénitence, alors qu'ils crucifient pour leur compte le Fils de Dieu et le bafouent publiquement.
En effet, lorsqu'une terre a bu la pluie venue souvent sur elle, et qu'elle produit des plantes utiles à ceux-là mêmes pour qui est elle cultivée, elle reçoit de Dieu une bénédiction.
Mais celle qui porte des épines et des ronces est réprouvée et bien proche d'être maudite. Elle finira par être brûlée.
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En rappelant à ses lecteurs les vérités fondamentales du christianisme, l'auteur de l'épître exprime en même temps son étonnement devant le fait que ses destinataires aient besoin de ce genre d'« alphabétisation » spirituelle (v. 11-12). Il trouve d'ailleurs lui-même l'explication de cette contradiction : le problème est que ceux à qui il écrit sont des nourrissons spirituels. En parlant ainsi, l'auteur de l'épître ne vise pas le niveau intellectuel de ses destinataires, mais leur incapacité à distinguer le bien du mal (v. 13-14). En effet, l'expérience de la vie dans le Royaume, même très brève, inculque facilement et rapidement cette aptitude : car, après avoir comparé, dans sa propre vie, les lois de notre monde encore non transfiguré avec celles du Royaume, personne ne se trompera plus sur ce qui est bien et ce qui est mal. Celui qui a senti ne serait-ce qu'une fois sur lui le souffle du Royaume ne le confondra plus jamais avec rien d'autre. Les plus belles paroles ne l'attireront pas, et les constructions théologiques les plus convaincantes ne le feront pas dévier du chemin s'il n'y sent pas ce souffle familier.

Les destinataires de l'épître, eux, sont manifestement faciles à tromper, ce qui témoigne de leur inexpérience spirituelle : ils connaissent trop peu la vie du Royaume pour distinguer la vérité du mensonge, le témoignage authentique des belles paroles qui n'ont aucun rapport avec la vérité. Et l'auteur de l'épître les appelle à ne pas piétiner sur place, mais à avancer, à s'enraciner dans le Royaume afin de ne pas le perdre (v. 1-3). Il rappelle notamment à ses destinataires que la vie spirituelle n'est pas un jeu, mais une affaire sérieuse et responsable. Bien sûr, il ne nie pas en principe la possibilité, pour les chrétiens, de se repentir des péchés qu'ils ont commis et de se convertir de nouveau, mais il souligne que ce sont tout de même des cas exceptionnels, dont chacun doit être considéré non comme une norme, mais comme un événement extraordinaire.

Pourtant, dès la deuxième ou la troisième génération chrétienne, semble-t-il, certains commençaient à regarder le repentir et la nouvelle conversion comme quelque chose qui rappelait les rites purificatoires yahvistes traditionnels, qui faisaient partie de la vie ordinaire et indispensable des fidèles avant la venue du Christ dans le monde. L'auteur de l'épître dit directement qu'une telle approche est un véritable sacrilège et une profanation : car regarder le péché comme la norme de la vie, c'est nier tout ce que le Sauveur a fait pour les hommes et, de fait, Le crucifier de nouveau Lui-même (v. 4-8). Et une vie spirituelle qui suppose une telle attitude envers le péché et le repentir ne permettra jamais à celui qui cherche le Royaume de s'y enraciner.

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