1 En ces jours-là, comme il y avait de nouveau une foule nombreuse et qu'ils n'avaient pas de quoi manger, il appela à lui ses disciples et leur dit:
2 " J'ai pitié de la foule, car voilà déjà trois jours qu'ils restent auprès de moi et ils n'ont pas de quoi manger.
3 Si je les renvoie à jeun chez eux, ils vont défaillir en route, et il y en a parmi eux qui sont venus de loin. "
4 Ses disciples lui répondirent : " Où prendre de quoi rassasier de pains ces gens, ici, dans un désert ? "
5 Et il leur demandait : " Combien avez-vous de pains ? " - " Sept ", dirent-ils.
6 Et il ordonne à la foule de s'étendre à terre; et, prenant les sept pains, il rendit grâces, les rompit et il les donnait à ses disciples pour les servir, et ils les servirent à la foule.
7 Ils avaient encore quelques petits poissons; après les avoir bénis, il dit de les servir aussi.
8 Ils mangèrent et furent rassasiés, et l'on emporta les restes des morceaux: sept corbeilles!
9 Or ils étaient environ quatre mille. Et il les renvoya;
10 et aussitôt, montant dans la barque avec ses disciples, il vint dans la région de Dalmanoutha.
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On le voit, l'histoire du rassasiement miraculeux d'une foule avec une petite quantité de nourriture se répète au moins deux fois pendant le ministère terrestre du Sauveur. D'une part, la mention de deux événements analogues n'est certainement pas fortuite : il est évident que l'évangéliste la juge assez importante puisqu'il estime nécessaire de décrire en détail deux événements très semblables. D'autre part, la répétition même de cette situation de rassasiement miraculeux d'une foule témoigne de son importance : car il n'y avait pas d'événements fortuits dans le ministère terrestre du Sauveur.
Bien sûr, tout miracle, qu'il s'agisse d'une guérison, d'un rassasiement, d'une résurrection ou de la marche sur les eaux, n'est rien d'autre que la manifestation du Royaume que Jésus a apporté dans le monde. Mais chaque fois, il se manifeste d'une manière un peu différente, même lorsqu'il paraît n'y avoir aucune différence visible entre, par exemple, deux guérisons différentes. Ici, nous avons devant nous un événement extérieurement très semblable à celui qui s'était produit peu auparavant, lorsque Jésus avait aussi nourri une foule immense avec une quantité de nourriture qui, selon les lois du monde non transfiguré, ne pouvait absolument pas suffire à tous.
Seulement, entre ces deux rassasiements miraculeux, il s'est produit encore un événement remarquable : la marche sur les eaux. Un événement où la force du Royaume s'est manifestée avant tout comme pouvoir sur les éléments du monde non transfiguré. Et elle s'est manifestée ainsi en grande partie parce qu'une autre manière de manifester la force du Royaume, cette force qui se révèle à ceux qui cherchent comme une action de l'amour, n'avait pas été perçue correctement, même par les apôtres. Or c'est bien l'amour de Dieu, et non Sa puissance, que le souffle du Royaume nous communique d'abord.
Rassasier des hommes affamés est, pour les habitants du Royaume, une tâche plus prioritaire que de soumettre à soi l'élément déchaîné. Et les apôtres devaient absolument s'en souvenir, et s'en souvenir bien. C'est sans doute pour cela que se répète le miracle du rassasiement d'une foule avec quelques pains et quelques poissons. Et c'est probablement pour cette raison que l'évangéliste raconte de nouveau un événement si semblable à celui qu'il avait déjà décrit auparavant. Car ce que Jésus veut dire aux apôtres au sujet du Royaume nous concerne aussi.
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