1 Il se mit de nouveau à enseigner au bord de la mer et une foule très nombreuse s'assemble auprès de lui, si bien qu'il monte dans une barque et s'y assied, en mer; et toute la foule était à terre, près de la mer.
2 Il leur enseignait beaucoup de choses en paraboles et il leur disait dans son enseignement:
3 " Écoutez ! Voici que le semeur est sorti pour semer.
4 Et il advint, comme il semait, qu'une partie du grain est tombée au bord du chemin, et les oiseaux sont venus et ont tout mangé.
5 Une autre est tombée sur le terrain rocheux où elle n'avait pas beaucoup de terre, et aussitôt elle a levé, parce qu'elle n'avait pas de profondeur de terre;
6 et lorsque le soleil s'est levé, elle a été brûlée et, faute de racine, s'est desséchée.
7 Une autre est tombée dans les épines, et les épines ont monté et l'ont étouffée, et elle n'a pas donné de fruit.
8 D'autres sont tombés dans la bonne terre, et ils ont donné du fruit en montant et en se développant, et ils ont produit l'un trente, l'autre soixante, l'autre cent. "
9 Et il disait : " Entende, qui a des oreilles pour entendre ! "
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La parabole du semeur est l'une des plus célèbres parmi les paraboles du Christ. Elle est rapportée par les trois auteurs des Évangiles synoptiques et revient donc dans le cycle des lectures liturgiques. Comme dans chacune de Ses paraboles, le Seigneur y révèle aussi à Ses disciples, par des images, quelque chose d'essentiel sur Dieu et sur l'homme.
Il est tout à fait évident que l'image de Dieu dans cette parabole est le semeur lui-même, et que la semence est la parole de Dieu, comme le Christ Lui-même l'explique aux disciples. Il ne s'y arrête pas longuement, mais il nous importe de pénétrer tous les aspects de la comparaison donnée par le Christ entre Lui-même et le semeur qui sème la parole. Car le semeur ne reçoit aucune garantie que son travail portera le fruit désiré. Il remet en quelque sorte la semence au pouvoir de la terre, afin qu'elle ait la possibilité de porter du fruit. Et dans l'Évangile selon Jean, le Seigneur dit ceci : si le grain de blé, tombé en terre, ne meurt pas, il reste seul ; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit. C'est une image humble et tragique, une sorte d'icône verbale de l'Agneau de Dieu crucifié.
En expliquant cette parabole aux disciples, le Seigneur dit que le fruit que nous portons est finalement déterminé par nos propres qualités, comme ce sol pauvre ou fertile dans lequel tombe la parole de Dieu. Ce n'est pas Dieu, mais nous-mêmes qui sommes responsables de faire en sorte que le coeur ne soit pas pierre, que les ronces ne prolifèrent pas... Du point de vue du Semeur, le résultat de Son travail sur la Croix dépend de nous. C'est la plus haute mesure de responsabilité, à la fois écrasante et incroyablement ennoblissante pour l'homme. De nous dépend le fruit que recevra le Tout-Puissant, le Créateur du ciel et de la terre ! Depuis des siècles, les hommes ont eu peur et ont encore peur de cette responsabilité. L'une des idées les plus répandues dans les systèmes religieux, de l'Antiquité à nos jours, est l'idée de prédestination. Les hommes tentent de rejeter la responsabilité du fruit porté sur le Semeur Lui-même, pensant qu'il est donné à certains d'être une bonne terre et qu'à d'autres cela n'est pas donné. Et seul Dieu dit la vérité, qui détermine la mesure de la responsabilité et, en même temps, la mesure de la dignité de l'homme dans le monde.
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