16 Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups ; montrez-vous donc prudents comme les serpents et candides comme les colombes. |
17 " Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux sanhédrins et vous flagelleront dans leurs synagogues ; |
18 vous serez traduits devant des gouverneurs et des rois, à cause de moi, pour rendre témoignage en face d'eux et des païens. |
19 Mais, lorsqu'on vous livrera, ne cherchez pas avec inquiétude comment parler ou que dire: ce que vous aurez à dire vous sera donné sur le moment, |
20 car ce n'est pas vous qui parlerez, mais l'Esprit de votre Père qui parlera en vous. |
21 " Le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mourir. |
22 Et vous serez haïs de tous à cause de mon nom, mais celui qui aura tenu bon jusqu'au bout, celui-là sera sauvé. |
23 " Si l'on vous pourchasse dans telle ville, fuyez dans telle autre, et si l'on vous pourchasse dans celle-là, fuyez dans une troisième ; en vérité je vous le dis, vous n'achèverez pas le tour des villes d'Israël avant que ne vienne le Fils de l'homme. |
24 " Le disciple n'est pas au-dessus du maître, ni le serviteur au-dessus de son patron. |
25 Il suffit pour le disciple qu'il devienne comme son maître, et le serviteur comme son patron. Du moment qu'ils ont traité de Béelzéboul le maître de maison, que ne diront-ils pas de sa maisonnée ! |
26 " N'allez donc pas les craindre ! Rien, en effet, n'est voilé qui ne sera révélé, rien de caché qui ne sera connu. |
27 Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le au grand jour; et ce que vous entendez dans le creux de l'oreille, proclamez-le sur les toits. |
28 " Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l'âme ; craignez plutôt Celui qui peut perdre dans la géhenne à la fois l'âme et le corps. |
29 Ne vend-on pas deux passereaux pour un as? Et pas un d'entre eux ne tombera au sol à l'insu de votre Père! |
30 Et vous donc! vos cheveux même sont tous comptés! |
31 Soyez donc sans crainte; vous valez mieux, vous, qu'une multitude de passereaux. |
32 " Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est dans les cieux ; |
33 mais celui qui m'aura renié devant les hommes, à mon tour je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux. |
34 " N'allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. |
35 Car je suis venu opposer l'homme à son père, la fille à sa mère et la bru à sa belle-mère: |
36 on aura pour ennemis les gens de sa famille. |
37 " Qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi. |
38 Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n'est pas digne de moi. |
39 Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. |
40 " Qui vous accueille m'accueille, et qui m'accueille accueille Celui qui m'a envoyé. |
41 " Qui accueille un prophète en tant que prophète recevra une récompense de prophète, et qui accueille un juste en tant que juste recevra une récompense de juste. |
42 " Quiconque donnera à boire à l'un de ces petits rien qu'un verre d'eau fraîche, en tant qu'il est un disciple, en vérité je vous le dis, il ne perdra pas sa récompense. " |
Aujourd'hui le Seigneur parle à ses disciples des détresses et des épreuves à venir. Ce qui les attend : la trahison, le rejet, l'exil, le martyre. À quoi donc les appelle-t-Il (et nous appelle-t-Il) en cette heure difficile ? Dans de telles situations, le monde a besoin de l'intervention de Dieu Lui-même, et Jésus appelle Ses disciples à devenir les instruments de cette intervention. Que par eux les rois et les puissants entendent la parole du salut, que par eux ceux qui souffrent reçoivent consolation et encouragement. Eux-mêmes ne manqueront de rien — le Père céleste Lui-même prendra soin d'eux. Il leur faut seulement apprendre à Lui faire confiance. Alors leur lien avec le Ciel deviendra plus solide que tous les liens terrestres ; Dieu sera pour eux une réalité plus grande que la famille, les biens, que la vie elle-même.
Face aux épreuves, le Seigneur nous appelle à nous remettre entièrement à Sa volonté et à devenir Sa présence guérissante sur la terre.
16 Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups ; montrez-vous donc prudents comme les serpents et candides comme les colombes. |
17 " Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux sanhédrins et vous flagelleront dans leurs synagogues ; |
18 vous serez traduits devant des gouverneurs et des rois, à cause de moi, pour rendre témoignage en face d'eux et des païens. |
19 Mais, lorsqu'on vous livrera, ne cherchez pas avec inquiétude comment parler ou que dire: ce que vous aurez à dire vous sera donné sur le moment, |
20 car ce n'est pas vous qui parlerez, mais l'Esprit de votre Père qui parlera en vous. |
21 " Le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mourir. |
22 Et vous serez haïs de tous à cause de mon nom, mais celui qui aura tenu bon jusqu'au bout, celui-là sera sauvé. |
23 " Si l'on vous pourchasse dans telle ville, fuyez dans telle autre, et si l'on vous pourchasse dans celle-là, fuyez dans une troisième ; en vérité je vous le dis, vous n'achèverez pas le tour des villes d'Israël avant que ne vienne le Fils de l'homme. |
Les paroles selon lesquelles les disciples sont envoyés comme des brebis au milieu des loups peuvent rappeler le principe populaire de la vie courante : « vivre avec les loups, c’est hurler comme les loups ». Mais non, il ne nous a pas été commandé de devenir des loups. Et pourtant, comment ne pas devenir un loup sans être dévoré ?
Comme beaucoup de ce que le Seigneur nous a révélé, ces paroles du Christ sont paradoxales. Mais derrière ce paradoxe se tient une réalité confirmée par l’expérience de la vie spirituelle : si nous voulons nous appuyer sur la seule force humaine et entendons devenir les égaux des loups, nous risquons de rejeter l’aide du Père céleste. Cela nous donnera peut-être quelques avantages temporaires, mais ensuite viendra inévitablement la dégradation. À l’inverse, ce que les hommes ont l’habitude de considérer comme une manifestation de faiblesse peut se révéler non seulement une manifestation, mais aussi une source de force.
Le Christ avertit de l’inévitabilité des persécutions ; elles ne viendront pas seulement d’ennemis déclarés, car beaucoup des plus chers et des plus proches deviendront aussi des ennemis. Il est difficile, dans une telle situation, de garder l’amour du prochain, mais c’est précisément ce que le Seigneur veut de nous lorsqu’Il nous appelle à ne pas ressembler aux persécuteurs. D’autant plus que, dans certains cas, l’amour du prochain et l’amour des ennemis signifient l’amour des mêmes personnes...
Parmi ce que le Christ a promis, la promesse que l’Esprit du Père parlera en nous dans les moments difficiles paraît particulièrement étonnante. Pourtant, beaucoup de chrétiens passés par l’épreuve confirment la vérité de ces paroles. Et c’est là une confirmation pratique de la vérité de l’Évangile.
16 Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups ; montrez-vous donc prudents comme les serpents et candides comme les colombes. |
17 " Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux sanhédrins et vous flagelleront dans leurs synagogues ; |
18 vous serez traduits devant des gouverneurs et des rois, à cause de moi, pour rendre témoignage en face d'eux et des païens. |
19 Mais, lorsqu'on vous livrera, ne cherchez pas avec inquiétude comment parler ou que dire: ce que vous aurez à dire vous sera donné sur le moment, |
20 car ce n'est pas vous qui parlerez, mais l'Esprit de votre Père qui parlera en vous. |
21 " Le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mourir. |
22 Et vous serez haïs de tous à cause de mon nom, mais celui qui aura tenu bon jusqu'au bout, celui-là sera sauvé. |
Aujourd'hui le Seigneur nous parle de la manière de mourir pour un autre, de mourir pour la foi, et donc aussi pour lui. Mais à nous, nous est-il donné de mourir pour lui? Personne ne persécute notre foi, nous sommes libres; cela signifie-t-il que nous ne participons pas au martyre? Voici ce qu'écrit le poète et prédicateur John Donne dans la « Litanie » consacrée aux martyrs:
Et lorsque tu voulais si irrésistiblement
Mourir, avant même que cela te fût donné,
Et après, lorsqu'il ne te fut plus donné de mourir encore une fois,
Dans ton corps mystique généreusement dispersé, tu voulus
Mourir en Abel, et pourtant
En toi-même. Que leur corps soit
Pour notre pardon, une acceptation pleine de sens
De la mort, ou plus encore, de la vie: car voici, il en est
Pour qui ne pas être martyr est un martyre.
Nous sommes réellement libres; mais si, pour nous, ne pas être martyr est un tourment, si l'amour de Dieu et des hommes est si fort en nous que tout brûle intérieurement du désir de donner notre vie « pour nos amis », alors, par notre vie, nous communions à leur mort.
16 Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups ; montrez-vous donc prudents comme les serpents et candides comme les colombes. |
La sagesse du serpent et la simplicité de la colombe : une combinaison paradoxale même au premier regard rapide. Elle devient encore plus paradoxale lorsqu'on l'examine plus attentivement. Car il s'agit ici, manifestement, de ce serpent même qui séduisit les premiers hommes dans le jardin d'Éden. C'est lui qui est appelé « sage » dans le récit biblique de la chute. Ou, plus exactement, « prudent », « circonspect » : c'est précisément ce que signifie le mot hébreu correspondant du récit. De même que le mot grec du discours du Sauveur adressé aux apôtres.
La même « prudence » est propre à l'homme sage, c'est du moins ce qui est dit des sages dans le Livre des Proverbes. Les traducteurs appellent le serpent « rusé », mais lorsque le même mot concerne un homme, ils appellent le plus souvent cet homme « prudent », et parfois, comme dans notre passage évangélique, même « sage ».
Mais il ne s'agit manifestement pas de définitions. Au fond, il est question de la même chose : de la capacité de voir le monde tel qu'il est. Avec tous ses avantages et ses défauts. Avec toutes ses possibilités, même celles que l'on peut utiliser pour le mal. De la capacité à distinguer le blanc du noir, la lumière des ténèbres. Et à comprendre la logique d'action aussi bien des forces de lumière que des forces de ténèbres. Ne serait-ce que pour ne pas se faire d'illusions sur ceux qui ont choisi le côté des ténèbres. Mais cette connaissance seule ne suffit pas. Le serpent qui séduisit les premiers hommes la possédait aussi. Par elle-même, elle ne sauve pas encore du mal.
Il faut encore l'intégrité et la pureté, telles sont précisément les qualités désignées par le mot grec correspondant, de la tourterelle, de la colombe des bois, seul oiseau convenant à tout sacrifice, y compris purificatoire. Cette intégrité qui permettra de faire un choix et de prendre une décision en s'appuyant non sur la sagesse de ce monde, si bien connue de celui qui choisit, mais sur la volonté de Dieu. Et cette pureté qui permet, en voyant tout le mal du monde tel qu'il est, de ne absolument pas se retourner vers lui lorsqu'il est question de l'œuvre de Dieu.
La prudence de ce monde est utile pour analyser une situation, mais elle devient spirituellement destructrice lorsqu'il faut faire un choix et prendre des décisions en suivant la volonté de Dieu, des décisions conformes à la Torah et à l'Évangile. Le Royaume de Dieu est une réalité, non une pieuse fantaisie ni un symbole religieux ; celui qui le cherche doit donc être réaliste. Mais son réalisme ne doit pas se limiter seulement aux réalités du monde déchu, comme cela arrive souvent aux réalistes de ce monde. Alors le Royaume aussi deviendra pour un tel homme une réalité, un but réel qu'il est possible d'atteindre.
19 Mais, lorsqu'on vous livrera, ne cherchez pas avec inquiétude comment parler ou que dire: ce que vous aurez à dire vous sera donné sur le moment, |
20 car ce n'est pas vous qui parlerez, mais l'Esprit de votre Père qui parlera en vous. |
Que veut dire Jésus? Et pourquoi, semblerait-il, ne pas se préparer à l'avance, ne pas réfléchir au moins dans les grandes lignes à ce qu'il faudra dire lorsqu'il faudra témoigner devant les autorités? Dieu, bien sûr, aidera dans la situation critique, mais il ne serait pas inutile, pour soi aussi, de réfléchir à ses propres vues et convictions et de les formuler?
Si la question portait sur des convictions et des vues, sans doute en serait-il ainsi. Si le christianisme était une doctrine nouvelle, une religion nouvelle, une théologie nouvelle ou un nouveau système éthique, c'est cette doctrine qu'il faudrait défendre, comme toute doctrine, arguments en main, de préférence avec un plan clair et préparé d'avance, ou au moins avec des réponses toutes prêtes aux questions les plus probables.
Mais justement, le christianisme n'est pas une doctrine nouvelle, mais une vie nouvelle, la vie avec le Christ dans le Royaume qu'il a apporté au monde. Bien sûr, on peut parler de cette vie comme de toute autre, mais les mots seuls ne suffisent pas ici: derrière eux doit se tenir l'expérience réelle de cette vie même, afin que celui qui écoute comprenne que le narrateur sait réellement de quoi il parle. Et pour cela, la vie dont parle le témoin doit être une réalité pour lui-même. Une réalité vécue au moment même où il en témoigne.
Un tel discours, bien sûr, ne peut en aucune façon être préparé d'avance. Le souffle du Père céleste, le souffle du Royaume, est toujours imprévisible. On ne peut jamais dire avec certitude ce qu'il révélera dans une minute. Telle est, en général, la vie du Royaume, et c'est seulement ainsi qu'on peut en parler.
Il ne s'agit pas du fait que, dans une situation critique, il est difficile de parler et qu'il faut donc la participation directe du Père, du Sauveur, la sensation immédiate du souffle du Royaume à cet instant. Elle est nécessaire non seulement à cet instant, elle est nécessaire toujours. Le témoignage devant les autorités n'est qu'un cas particulier du témoignage en général. Mais la probabilité d'un effondrement spirituel dans une situation critique est évidemment plus grande. C'est pourquoi le chrétien a ici tout particulièrement besoin de ce qui lui est en fait constamment nécessaire. Et le Sauveur rappelle aux disciples qui l'écoutent cette vérité simple, la vérité selon laquelle le vrai témoin du Royaume n'est pas celui qui parle du Royaume, mais celui à travers qui parle le souffle du Royaume. Et la voix du Père.
19 Mais, lorsqu'on vous livrera, ne cherchez pas avec inquiétude comment parler ou que dire: ce que vous aurez à dire vous sera donné sur le moment, |
20 car ce n'est pas vous qui parlerez, mais l'Esprit de votre Père qui parlera en vous. |
Jésus encourage les disciples devant les persécutions à venir. Mais en réalité, cette promesse agit non seulement dans de telles situations critiques, mais dans chaque cas de témoignage rendu au Christ. En Christ, Dieu Se révèle pleinement aux hommes ; c'est pourquoi le témoignage à Son sujet est l'œuvre de Dieu, qui ne peut s'accomplir correctement que par Sa force, c'est-à-dire par l'Esprit Saint. Mais, comme toute promesse de Dieu, elle ne se réalise pas sans participation humaine : pour que l'Esprit puisse parler en nous, il faut que nous Le laissions entrer, qu'Il demeure en nous. Nous voyons encore que la vie chrétienne ne se réduit pas à ce « que nous devons faire », mais à ce « que nous devons être ». Si nous sommes avec Dieu, et Lui avec nous, alors tout témoignage à Son sujet devient naturel, comme la respiration.
23 " Si l'on vous pourchasse dans telle ville, fuyez dans telle autre, et si l'on vous pourchasse dans celle-là, fuyez dans une troisième ; en vérité je vous le dis, vous n'achèverez pas le tour des villes d'Israël avant que ne vienne le Fils de l'homme. |
24 " Le disciple n'est pas au-dessus du maître, ni le serviteur au-dessus de son patron. |
25 Il suffit pour le disciple qu'il devienne comme son maître, et le serviteur comme son patron. Du moment qu'ils ont traité de Béelzéboul le maître de maison, que ne diront-ils pas de sa maisonnée ! |
26 " N'allez donc pas les craindre ! Rien, en effet, n'est voilé qui ne sera révélé, rien de caché qui ne sera connu. |
27 Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le au grand jour; et ce que vous entendez dans le creux de l'oreille, proclamez-le sur les toits. |
28 " Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l'âme ; craignez plutôt Celui qui peut perdre dans la géhenne à la fois l'âme et le corps. |
29 Ne vend-on pas deux passereaux pour un as? Et pas un d'entre eux ne tombera au sol à l'insu de votre Père! |
30 Et vous donc! vos cheveux même sont tous comptés! |
31 Soyez donc sans crainte; vous valez mieux, vous, qu'une multitude de passereaux. |
Les paroles du Christ, qui annoncent les persécutions proches et encouragent les croyants, peuvent à première vue rappeler la manière dont on « conditionne » les adeptes dans les sectes totalitaires: « Nous seuls avons raison, et tous les autres sont stupides. C'est pourquoi on nous frappera, mais nous tiendrons bon, parce que nous avons raison, et nous recevrons pour cela une récompense. Et nous ne pouvons pas avoir tort, parce que cela ne peut jamais arriver ». Ou quelque chose du même genre...
Cependant, il y a une différence essentielle entre ce que dit Jésus et ce que peuvent dire les hommes. Elle se cache précisément dans Celui qui parle, puisque chez le Christ seul une vérité authentique se tient derrière les paroles. Seul Dieu lui-même peut réellement promettre quoi que ce soit, parce que seules ses promesses sont irrévocables.
Même si notre récompense est invisible, notre patience en est d'autant plus précieuse, car « ce que l'on voit, pourquoi l'espérer encore? » (Rm 8:24). Et si le Christ dit que rien ne nous arrivera sans la volonté de notre Père, nous pouvons être sûrs qu'il en est ainsi. Car chacun le comprend sans doute, et beaucoup d'entre nous le savent par leur propre expérience: Dieu prend réellement soin de nous. Même si nous marchons dans la rue et qu'aucune brique ne nous tombe dessus, il y a toutes les raisons d'y voir un don de Dieu...
23 " Si l'on vous pourchasse dans telle ville, fuyez dans telle autre, et si l'on vous pourchasse dans celle-là, fuyez dans une troisième ; en vérité je vous le dis, vous n'achèverez pas le tour des villes d'Israël avant que ne vienne le Fils de l'homme. |
24 " Le disciple n'est pas au-dessus du maître, ni le serviteur au-dessus de son patron. |
25 Il suffit pour le disciple qu'il devienne comme son maître, et le serviteur comme son patron. Du moment qu'ils ont traité de Béelzéboul le maître de maison, que ne diront-ils pas de sa maisonnée ! |
26 " N'allez donc pas les craindre ! Rien, en effet, n'est voilé qui ne sera révélé, rien de caché qui ne sera connu. |
27 Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le au grand jour; et ce que vous entendez dans le creux de l'oreille, proclamez-le sur les toits. |
28 " Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l'âme ; craignez plutôt Celui qui peut perdre dans la géhenne à la fois l'âme et le corps. |
29 Ne vend-on pas deux passereaux pour un as? Et pas un d'entre eux ne tombera au sol à l'insu de votre Père! |
30 Et vous donc! vos cheveux même sont tous comptés! |
31 Soyez donc sans crainte; vous valez mieux, vous, qu'une multitude de passereaux. |
En ces jours, pendant le jeûne consacré à la mémoire des saints apôtres, il est tout naturel de lire par petits passages le chapitre 10 de l'Évangile selon Matthieu, où le Seigneur envoie les disciples prêcher et leur donne des instructions. Mais ce jeûne lui-même, comme les paroles que le Christ adresse aux disciples, est important pour tous les chrétiens, parce que ce qui a été dit aux apôtres concerne nécessairement, d'une manière ou d'une autre, tous les membres de l'Église.
Dans le passage que nous lisons aujourd'hui, le Seigneur appelle Ses disciples à devenir comme le Maître, en disant que cela leur suffit. Mais cela vaut aussi pour nous tous, disciples de Ses disciples. Et le Christ dit aux disciples que l'hostilité du monde déchu est une sorte de pierre de touche : si les disciples suivent le Maître, eux aussi rencontreront cette résistance. Mais, comme le disait un saint contemporain, si tu sens une résistance, c'est que tu avances.
Mais l'homme est créé pour être avec les autres hommes. C'est pourquoi il est pénible pour notre cœur de vivre cette résistance ; c'est pourquoi nous nous unissons si facilement en foules, même pour quelque bassesse, pourvu que nous nous sentions comme un poisson dans un banc, nageant avec tous les autres. Et la résistance du monde fait naître en nous des doutes sur la justesse du chemin choisi. C'est pourquoi le Christ dit aux disciples que la Vérité qui leur a été révélée finira par devenir manifeste, et qu'il ne faut craindre qu'une chose : la trahir. Il est important pour nous d'entendre cela, car la résistance du monde ne devient pas plus faible pour les disciples du Christ, même si elle change de formes.
24 " Le disciple n'est pas au-dessus du maître, ni le serviteur au-dessus de son patron. |
25 Il suffit pour le disciple qu'il devienne comme son maître, et le serviteur comme son patron. Du moment qu'ils ont traité de Béelzéboul le maître de maison, que ne diront-ils pas de sa maisonnée ! |
26 " N'allez donc pas les craindre ! Rien, en effet, n'est voilé qui ne sera révélé, rien de caché qui ne sera connu. |
27 Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le au grand jour; et ce que vous entendez dans le creux de l'oreille, proclamez-le sur les toits. |
28 " Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l'âme ; craignez plutôt Celui qui peut perdre dans la géhenne à la fois l'âme et le corps. |
29 Ne vend-on pas deux passereaux pour un as? Et pas un d'entre eux ne tombera au sol à l'insu de votre Père! |
30 Et vous donc! vos cheveux même sont tous comptés! |
31 Soyez donc sans crainte; vous valez mieux, vous, qu'une multitude de passereaux. |
32 " Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est dans les cieux ; |
33 mais celui qui m'aura renié devant les hommes, à mon tour je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux. |
34 " N'allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. |
35 Car je suis venu opposer l'homme à son père, la fille à sa mère et la bru à sa belle-mère: |
36 on aura pour ennemis les gens de sa famille. |
37 " Qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi. |
38 Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n'est pas digne de moi. |
39 Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. |
40 " Qui vous accueille m'accueille, et qui m'accueille accueille Celui qui m'a envoyé. |
41 " Qui accueille un prophète en tant que prophète recevra une récompense de prophète, et qui accueille un juste en tant que juste recevra une récompense de juste. |
42 " Quiconque donnera à boire à l'un de ces petits rien qu'un verre d'eau fraîche, en tant qu'il est un disciple, en vérité je vous le dis, il ne perdra pas sa récompense. " |
Vivre sur la terre fait déjà peur, et si l'on applique à soi-même les paroles du Christ adressées aux apôtres, on se sent vraiment mal à l'aise. Voilà pourquoi, dans cet enseignement, les mots « n'ayez pas peur » reviennent si souvent et avec tant de sérieux. La peur est l'une des expériences les plus fortes de l'homme, ce qui signifie qu'on ne peut la surmonter que par quelque chose d'encore plus fort. Le Seigneur indique à ses disciples ces « remèdes puissants » : ce sont la confiance et, aussi étrange que cela paraisse, la crainte.
La confiance dont il est question n'est pas seulement la foi que « Dieu aidera toujours », mais une certitude très profonde, fondamentale, que tout est entre ses mains, depuis les petits oiseaux vendus au marché pour quelques pièces de cuivre jusqu'à chaque vie et chaque mort humaines. Et le second remède est la crainte de Dieu : non la peur du châtiment, ni même la peur du péché, mais précisément la « crainte » devant Dieu, la vénération et l'émerveillement qui rendent Dieu pour nous infiniment plus réel et plus important que toutes les autres peurs.
24 " Le disciple n'est pas au-dessus du maître, ni le serviteur au-dessus de son patron. |
25 Il suffit pour le disciple qu'il devienne comme son maître, et le serviteur comme son patron. Du moment qu'ils ont traité de Béelzéboul le maître de maison, que ne diront-ils pas de sa maisonnée ! |
26 " N'allez donc pas les craindre ! Rien, en effet, n'est voilé qui ne sera révélé, rien de caché qui ne sera connu. |
27 Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le au grand jour; et ce que vous entendez dans le creux de l'oreille, proclamez-le sur les toits. |
28 " Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l'âme ; craignez plutôt Celui qui peut perdre dans la géhenne à la fois l'âme et le corps. |
29 Ne vend-on pas deux passereaux pour un as? Et pas un d'entre eux ne tombera au sol à l'insu de votre Père! |
30 Et vous donc! vos cheveux même sont tous comptés! |
31 Soyez donc sans crainte; vous valez mieux, vous, qu'une multitude de passereaux. |
32 " Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est dans les cieux ; |
33 mais celui qui m'aura renié devant les hommes, à mon tour je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux. |
Au début, les paroles selon lesquelles le disciple ne peut pas devenir supérieur au maître peuvent paraître limiter ses possibilités. Mais si l'on tient compte du fait que devenir comme le maître est déjà beaucoup, et que tout le monde n'est pas capable de l'égaler, alors nous pouvons y voir un appel à grandir. Et s'il s'agit d'être disciple du Christ, l'appel à devenir comme le Maître nous révèle son attitude particulière envers ceux qui le suivent. Car il s'agit du niveau élevé auquel le Christ entend élever l'humanité déchue: il veut nous diviniser.
Et même dans les paroles sévères qui avertissent que le Christ reniera celui qui l'aura renié, on peut voir à quelle hauteur l'homme est placé par lui. En effet, il s'agit ici de relations qui font presque penser à une égalité...
Il serait évidemment d'une énorme insolence de se fonder là-dessus pour oublier la révérence devant sa grandeur et introduire de la familiarité dans les relations avec lui. Ce n'est pas pour cela qu'il est devenu l'un des hommes, pour que nous introduisions dans la vie spirituelle « l'humain, trop humain », c'est-à-dire, selon les mots d'un auteur, « toujours quelque chose d'animal ». Mais ce qui nous rapproche de Dieu est un don qui impose une responsabilité.
26 " N'allez donc pas les craindre ! Rien, en effet, n'est voilé qui ne sera révélé, rien de caché qui ne sera connu. |
La peur devant l’incertain, le secret est spécifique pour les Hommes. Car on peut essayer de se préparer d’avance pour quelque chose de connue, on peut néanmoins savoir à quoi s’attendre. Le danger caché est toujours inopiné et imprévisible, il est impossible « de mettre la paille » et un peu adoucir les inconvénients. Et c’est naturel ! Mais alors ce naturalisme ne veut pas dire justesse au près du Seigneur, car elle (le naturalisme) va de la nature humaine altérée par la chute pécheresse, des habitudes de vivre dans l’incrédulité et conséquemment dans la peur. La peur est un état principal de l'âme humaine déchue, et L’Homme craint non seulement les dangers réels, mais aussi les dangers imaginaires. De plus les dangers imaginaires sont toujours plus terrifiants, car ils sont inéluctablement « secrets » (Etant donne que ne peut être réalité que ce qui est connu).
Ce n’est pas par hasard que Dieu dit pratiquement a chaque rencontre «Ne craignez pas ». Il nous appelle à la confiance, puisqu’il n’y a pas de peur dans la confiance. C’est Dieu lui-même en effet le plus inconcevable, s’il faut craindre quelqu’un, c’est bien Lui et non Ses quelques créations et leurs « secrets conspirateurs ». Heureusement Dieu se fait connaitre à travers Jésus Christ comme le véritable amour, c'est-à-dire il ne faut pas craindre, mais aimer, chercher la rencontre avec dévotion et frémissement.
26 " N'allez donc pas les craindre ! Rien, en effet, n'est voilé qui ne sera révélé, rien de caché qui ne sera connu. |
Les hommes ont peur de l'inconnu, du caché. À quelque chose de connu, on peut essayer de se préparer à l'avance ; au moins comprend-on ce qu'il faut en attendre. Un danger secret est toujours soudain et imprévisible ; il est impossible de « mettre de la paille dessous » et d'adoucir d'une manière quelconque les conséquences indésirables. Et c'est naturel. Seulement, ce caractère naturel ne signifie pas que ce soit juste devant Dieu ; il vient de la nature humaine déformée par la chute, de l'habitude de vivre dans la défiance et, par conséquent, dans la peur. La peur est l'état fondamental de l'âme humaine déchue, et l'homme a peur non seulement des dangers réels, mais aussi des dangers imaginaires. Or les dangers imaginaires sont toujours plus effrayants, parce qu'ils sont inévitablement « secrets », puisque seules les réalités peuvent être connues.
Ce n'est pas par hasard que Dieu, presque à chaque contact avec les hommes, dit : « Ne craignez pas ». Il nous appelle à la confiance, car dans la confiance il n'y a pas de peur. En effet, ce qu'il y a de plus incompréhensible pour l'homme, c'est Dieu Lui-même ; s'il faut craindre quelqu'un, c'est Lui seul, et non certaines de Ses créatures et leurs « complots secrets ». Mais dans le Christ, Dieu se révèle comme l'amour véritable ; il faut donc, même Lui, non pas Le craindre, mais L'aimer, et chercher la rencontre avec révérence et tremblement.
32 " Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est dans les cieux ; |
33 mais celui qui m'aura renié devant les hommes, à mon tour je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux. |
34 " N'allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. |
35 Car je suis venu opposer l'homme à son père, la fille à sa mère et la bru à sa belle-mère: |
36 on aura pour ennemis les gens de sa famille. |
« ...Même les cheveux de votre tête sont tous comptés... » Qu'est-ce que cela signifie? Personne ne meurt sans la volonté du Père, mais cela signifie-t-il que ceux qui meurent meurent selon sa volonté? C'est une question très difficile, et tout près d'ici s'ouvre l'abîme de l'incrédulité. Mais on peut l'éviter si l'on se fie à son cœur et à la Parole de Dieu.
Le prêtre Georges Tchistiakov écrit dans son étude « Le martyre comme phénomène »:
« Supporter le 11 septembre, les explosions presque quotidiennes en Israël et d'autres horreurs. Ou bien se comporte-t-il comme le fait parfois un maître sévère? Non, cela aussi est impossible! Si Dieu est impitoyable, alors, en effet, la femme de Job a raison lorsqu'elle lui conseille de maudire Dieu et de mourir. Comment ne pas se souvenir ici de Voltaire. "Comment Dieu a-t-il pu créer ce terrible cloaque de malheurs et de crimes? On suppose, dit Voltaire, que Dieu est puissant, juste et bon; or nous voyons de tous côtés la folie, l'injustice et la méchanceté. C'est pourquoi les hommes préfèrent la négation de Dieu au fait de le maudire". Pourtant Voltaire lui-même croyait en Dieu, bien qu'il ait dit préférer croire en un Dieu non tout-puissant, limité dans ses possibilités, mais bon. <...>
Cependant, malgré tout, et d'abord malgré l'évidence, nous sentons d'une certaine manière la présence de Dieu dans le monde. <...> Nous la sentons précisément, sans le savoir, et nous comprenons non par l'intelligence mais par le cœur que le Seigneur partage avec nous chacun de nos malheurs dans toute sa plénitude. Il est avec nous là où cela va mal. Et c'est l'essentiel. Descendant avec nous comme en enfer, dans les profondeurs de notre malheur et de notre désespoir, il nous fait aussi sortir de ces profondeurs, en nous donnant sagesse et patience. C'est ainsi que cela est représenté sur l'icône pascale "La Descente du Sauveur aux enfers"... »
32 " Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est dans les cieux ; |
33 mais celui qui m'aura renié devant les hommes, à mon tour je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux. |
34 " N'allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. |
35 Car je suis venu opposer l'homme à son père, la fille à sa mère et la bru à sa belle-mère: |
36 on aura pour ennemis les gens de sa famille. |
Comment comprendre les paroles de Jésus sur les gens de la maison qui deviennent des ennemis ? On peut, bien sûr, y voir l'indication d'un conflit familial assez ordinaire, lorsque des personnes vivant sous le même toit divergent tellement dans leurs opinions et leur vision du monde qu'elles deviennent des ennemis idéologiques. Mais il n'y aurait là rien de particulier ni d'inhabituel ; cela est arrivé en tout temps et pour les raisons les plus diverses. Or les paroles de Jésus, quant à elles, ne prennent manifestement leur sens que dans le contexte de tout ce qu'Il a dit du Royaume. Et ici, il ne s'agit plus de divergences de vision du monde ou d'idées, mais de quelque chose de bien plus sérieux.
À quoi, en effet, peut-on s'attendre si l'on essaie de réunir sous un même toit la vie selon les lois du Royaume et la vie selon les lois de ce monde ? Évidemment, à rien d'autre qu'à un conflit, et à un conflit pratiquement insoluble. Lorsqu'il s'agit de divergences d'idées ou de vision du monde, on peut encore chercher la possibilité de compromis, de concessions mutuelles et, en fin de compte, d'acceptation mutuelle. Mais le Royaume et le monde gisant dans le mal ne sont en aucune manière compatibles, et ici aucun autre lien ni aucune autre relation ne peuvent sauver la situation, même les liens du sang.
Bien plus : ce sont précisément les liens du sang qui peuvent devenir dans ce cas le principal problème, car ils sont sans doute le plus fort des liens naturels possibles lorsqu'il s'agit des relations entre les hommes. Mais leur nature demeure partie du monde non transfiguré ; sous sa forme non transfigurée, elle ne rapproche nullement du Royaume les personnes qu'elle unit, mais au contraire, elle les en éloigne.
De manière paradoxale, un conflit ouvert, et même une rupture, peut dans ce cas se révéler spirituellement plus utile qu'une situation de paix ambiguë, pleine de non-dits et lourde de conflits quotidiens qui traînent. Et ce n'est que lorsque tous ceux qui vivent sous le même toit auront fait du Royaume leur objectif principal que la situation pourra changer radicalement et que les liens de parenté pourront devenir une partie des relations du Royaume. Mais ces liens ne seront plus fondés sur la parenté du sang, mais sur la parenté spirituelle.
37 " Qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi. |
38 Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n'est pas digne de moi. |
39 Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. |
40 " Qui vous accueille m'accueille, et qui m'accueille accueille Celui qui m'a envoyé. |
41 " Qui accueille un prophète en tant que prophète recevra une récompense de prophète, et qui accueille un juste en tant que juste recevra une récompense de juste. |
42 " Quiconque donnera à boire à l'un de ces petits rien qu'un verre d'eau fraîche, en tant qu'il est un disciple, en vérité je vous le dis, il ne perdra pas sa récompense. " |
Bien sûr, dans la lecture évangélique d'aujourd'hui, ce sont surtout les paroles du Christ disant que celui qui aime les siens plus que Dieu n'est pas digne de Dieu qui retiennent l'attention. Premièrement, elles concernent tous sans exception; deuxièmement, on a aussitôt envie de se vérifier à leur lumière. En outre, ces paroles provoquent souvent en nous une protestation assez résolue, parce que nous sommes habitués à considérer la maison comme une forteresse et les proches parents comme le seul entourage sûr et fiable. Et les paroles du Christ nous privent de cette sécurité illusoire et nous appellent à être ouverts au monde. C'est difficile, et c'est pourquoi cela ne plaît pas à l'homme.
Mais il est important de considérer les paroles du Seigneur sur la parenté dans le contexte de tout le passage évangélique, plus précisément de toute la seconde moitié du chapitre 10. Le Seigneur appelle les disciples à confesser sans crainte leur foi devant les hommes. Ensuite, il dit que, dans les relations propres à ce monde dans son état déchu, la foi des disciples rencontrera inévitablement une résistance. Cela concerne les relations non seulement avec les autorités, mais avec les hommes en général; et c'est justement cette résistance qui explique en grande partie pourquoi le chemin de la suite du Christ est un chemin de croix. Et cette parole du Christ se termine par l'appel adressé aux disciples à construire leurs relations avec les hommes non selon les mesures de ce monde, mais à s'accueillir les uns les autres à cause de Dieu.
37 " Qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi. |
38 Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n'est pas digne de moi. |
39 Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. |
40 " Qui vous accueille m'accueille, et qui m'accueille accueille Celui qui m'a envoyé. |
41 " Qui accueille un prophète en tant que prophète recevra une récompense de prophète, et qui accueille un juste en tant que juste recevra une récompense de juste. |
42 " Quiconque donnera à boire à l'un de ces petits rien qu'un verre d'eau fraîche, en tant qu'il est un disciple, en vérité je vous le dis, il ne perdra pas sa récompense. " |
« Et quiconque donnera seulement un verre d'eau froide à l'un de ces petits... » Seulement un verre d'eau froide... Ce sont des paroles très importantes. Le bien n'a pas de mesure. « Car Dieu ne donne pas l'Esprit avec mesure » (Jn 3:34). Il nous est amer de voir combien le bien que nous faisons est sans commune mesure avec l'ardeur de notre cœur, avec notre soif d'embrasser le monde entier de notre amour et de rendre chacun heureux. Si nous en souffrons trop, il me semble que cette souffrance nous est procurée par l'orgueil, qui en a poussé certains à des crimes terribles dans une situation semblable. Et voici devant nous seulement un verre d'eau froide...
Donner, ou plus exactement donner chaque fois à boire à celui qui a soif, peut avoir pour Dieu une valeur non moindre que tous les traités théologiques apologétiques écrits au cours des 2000 dernières années pris ensemble. Car le bien n'a pas de mesure. Seul le mal en a une.
37 " Qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi. |
Il ressort palpablement de ces mots qu’il ne faut pas aimer qui que ce soit plus que Dieu. Cela Veut-il dire que nous devons aimer Dieu plus que les Hommes ? Non pas du tout! Cela veut tout simplement dire que nous devons arrêter d’apercevoir l’amour comme quelque chose dont on puisse en parler en termes de « plus– moins ». Qui j’aime réellement le plus : ma mère, ma femme ou ma fille? Question absurde, je les aime tous mais différemment. Voici une autre question : Qui est ce que le Père céleste aime plus - Son Fils Unique ou moi ? Son Fils ? Mais comment il L’a alors envoyé à la souffrance et a la mort pour mon salut.
Tant que nous utiliserons la logique « plus-moins », nous comprendrons l’amour comme une émotion, un sentiment qui peut en effet être fort ou faible. Cependant l’amour n’est pas une émotion, mais plutôt une relation interpersonnelle, et c’est pourquoi toutes ces relations diffèrent et sont incomparables entre elles ; Comme «doux » et « verdoyant ». Lorsque nous abdiquons cette logique de comparaison, nous nous rapprochons de la manière dont Dieu aime ; nous possédons Sa méthode d’aimer au fond de notre amour pour qui que ce soit. Et alors l’amour pour Dieu et l’amour pour son prochain s’avèrent deux faces d’une seule et même médaille.
39 Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. |
Peut-on considérer la vie humaine comme une valeur absolue? Cette question découle de la phrase que nous venons de lire, si nous tenons compte du fait que, dans la bouche de Jésus, le mot «âme» ne désigne pas une composante immatérielle de notre personnalité, mais au contraire une vie pleinement corporelle.
Combien souvent nous pensons que la vie en elle-même est le plus grand bien, et que la mort est une perte irréparable et terrible. Par peur de la mort, nous sommes prêts à tout pour préserver notre vie. Et, une fois encore, Jésus renverse toutes nos représentations: seule a de la valeur une vie remplie d'amour et de don de soi; une telle vie, même interrompue par la mort, ne cesse pas.
39 Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. |
Peut-on considérer la vie humaine comme une valeur absolue ? Cette question résulte de la phrase lue si nous prenons en considération que le mot « âme » (dans certaines traductions on utilise le synonyme « vie ») sortant de la bouche de Jésus ne signifie pas une certaine composante immatérielle de notre personnalité, mais au contraire signifie une vie entièrement matérielle. Nous pensons le plus souvent que la vie en elle-même est un bien prodigieux et que la mort est une perte horrible et irrémédiable. Ayant peur de la mort, nous sommes prêts à tout pour conserver notre vie. Jésus culbute de nouveau toutes nos imaginations : Ce n’est qu’une vie pleine d’amour et d’abnégation qui a de la valeur, une telle vie même si interrompue par la mort ne cesse point de vivre.
34 " N'allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. |
35 Car je suis venu opposer l'homme à son père, la fille à sa mère et la bru à sa belle-mère: |
36 on aura pour ennemis les gens de sa famille. |
37 " Qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi. |
38 Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n'est pas digne de moi. |
39 Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. |
40 " Qui vous accueille m'accueille, et qui m'accueille accueille Celui qui m'a envoyé. |
41 " Qui accueille un prophète en tant que prophète recevra une récompense de prophète, et qui accueille un juste en tant que juste recevra une récompense de juste. |
42 " Quiconque donnera à boire à l'un de ces petits rien qu'un verre d'eau fraîche, en tant qu'il est un disciple, en vérité je vous le dis, il ne perdra pas sa récompense. " |
1 Et il advint, quand Jésus eut achevé de donner ces consignes à ses douze disciples, qu'il partit de là pour enseigner et prêcher dans leurs villes. |
Les paroles de Jésus sont très difficiles pour nous. Nous aimerions que ce soit plus simple... Tout est-il vraiment si radical? Ses manières d'ordonner le monde sont-elles réellement incompatibles avec les nôtres, et le suivre exige-t-il nécessairement que nous renoncions à ce qui nous paraît juste? Sur le chemin de l'unité, devons-nous vraiment passer par les divisions; sur le chemin de l'amour, par l'hostilité; sur le chemin de la gloire, par la croix; sur le chemin de la vraie vie, par la mort?
34 " N'allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. |
35 Car je suis venu opposer l'homme à son père, la fille à sa mère et la bru à sa belle-mère: |
36 on aura pour ennemis les gens de sa famille. |
37 " Qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi. |
38 Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n'est pas digne de moi. |
39 Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. |
40 " Qui vous accueille m'accueille, et qui m'accueille accueille Celui qui m'a envoyé. |
41 " Qui accueille un prophète en tant que prophète recevra une récompense de prophète, et qui accueille un juste en tant que juste recevra une récompense de juste. |
42 " Quiconque donnera à boire à l'un de ces petits rien qu'un verre d'eau fraîche, en tant qu'il est un disciple, en vérité je vous le dis, il ne perdra pas sa récompense. " |
1 Et il advint, quand Jésus eut achevé de donner ces consignes à ses douze disciples, qu'il partit de là pour enseigner et prêcher dans leurs villes. |
Ce n’est pas la paix, mais l’épée que le Christ apporte au milieu des hommes. Pendant des siècles, beaucoup ont tenté de justifier par ces paroles leur propre esprit belliqueux. Il est vrai qu’en même temps ces pseudo-guerriers ne voulaient pas remarquer que le mot épée n’est pas ici synonyme du mot guerre. (Car le Christ n’a pas dit : « ce n’est pas la paix que J’ai apportée, mais la guerre ».) N’oublions pas que l’épée (dans la traduction slavonne, le couteau) n’est pas seulement un instrument de meurtre, mais aussi un outil qui coupe. Par cette épée sont coupés les liens entre des proches si, sur les questions spirituelles les plus importantes, ils ne peuvent ni trouver un accord ni parvenir à la tolérance religieuse. Mais le choix qui tranche les anciens liens est souvent inévitable lorsque ces liens anciens ne tirent pas seulement vers d’anciennes connaissances et relations familiales, mais vers les péchés d’autrefois.
Il ne s’ensuit pas que les chrétiens doivent commencer une hostilité. Non, nous sommes appelés à porter l’amour dans le monde qui nous entoure. Mais telle est la réalité : il n’est pas toujours facile, pour ceux qui nous entourent, de comprendre ceux à qui la foi a ouvert une autre vie. C’est pourquoi la rupture survient souvent sans être à l’initiative des chrétiens.
Beaucoup de ceux qui lisent l’Évangile ont du mal à recevoir les paroles selon lesquelles celui qui aime ses proches plus que le Christ n’est pas digne de Lui. On croit y voir du despotisme, la négation de tous les liens humains naturels... Heureusement, nous avons affaire ici à ce paradoxe de l’Évangile qui nous révèle la profondeur de l’amour du Christ pour nous. Car notre amour « naturel » pour ceux qui nous sont chers est, reconnaissons-le, imparfait. Mais en plaçant le Christ au centre de notre cœur, nous pouvons recevoir de Lui les ressources d’un amour si fort pour nos proches que nous ne pourrions jamais le leur offrir en les mettant à la première place.
37 " Qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n'est pas digne de moi. |
38 Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière moi n'est pas digne de moi. |
39 Qui aura trouvé sa vie la perdra et qui aura perdu sa vie à cause de moi la trouvera. |
40 " Qui vous accueille m'accueille, et qui m'accueille accueille Celui qui m'a envoyé. |
41 " Qui accueille un prophète en tant que prophète recevra une récompense de prophète, et qui accueille un juste en tant que juste recevra une récompense de juste. |
42 " Quiconque donnera à boire à l'un de ces petits rien qu'un verre d'eau fraîche, en tant qu'il est un disciple, en vérité je vous le dis, il ne perdra pas sa récompense. " |
1 Et il advint, quand Jésus eut achevé de donner ces consignes à ses douze disciples, qu'il partit de là pour enseigner et prêcher dans leurs villes. |
Parfois les paroles de Jésus paraissent trop dures. Que veut-il dire, en effet, lorsqu'il dit qu'on ne peut aimer son père ou sa mère plus que lui? Puis vient l'explication: celui qui veut garder sa vie, son « âme », la perdra, et celui qui la donne à cause du Christ la gardera.
À première vue, on peut croire qu'il s'agit d'une sorte d'au-delà, du paradis qui attend les martyrs. Mais en réalité il s'agit ici encore du Royaume. Du Royaume qui n'est pas quelque part « dans les cieux » ni plus tard, mais ici et maintenant. Et il ne s'agit pas d'une autre vie, qui attendrait les fidèles dans une autre dimension, mais de cette vie même à laquelle chaque chrétien peut et doit, s'il est réellement chrétien, participer déjà ici et maintenant.
Mais pour que la participation à la vie du Royaume devienne possible, il faut renoncer à sa vie. Non parce qu'elle est une vie, mais parce qu'elle est la sienne. Et sienne non au sens où elle est unique et irrépétable, donnée par Dieu à moi et à personne d'autre, de sorte que personne d'autre que moi ne pourra en répondre devant Dieu; mais au sens où elle n'appartient qu'à moi seul, cette vie dans laquelle je ne laisserai entrer personne et que je ne partagerai avec personne, craignant de perdre ne serait-ce qu'une petite parcelle de ma vie si précieuse. Un tel désir de retenir sa vie séparée de tout le reste du monde de Dieu et du Royaume finit inévitablement par se retourner en catastrophe: toutes les tentatives de préserver le peu qui nous reste, dans le monde déchu, de la plénitude de la vie autrefois donnée par Dieu se terminent par la perte même de ce peu. Ce n'est qu'en renonçant à une telle auto-isolation spirituelle et, pour parler la langue des philosophes modernes, existentielle, que nous pouvons recevoir cette plénitude de la vie du Royaume que le Sauveur nous a préparée.
Mais alors il faudra renoncer au petit pour l'infini, à la limitation pour la plénitude. Et pas seulement en ce qui concerne sa propre vie, mais aussi en ce qui concerne les relations avec les autres, même les plus proches. Car les relations avec eux doivent elles aussi cesser d'être une partie de notre petit monde isolé pour devenir une partie du Royaume. Alors il n'y aura plus ces pertes irréversibles auxquelles ce petit monde nous condamne. Car la vie du Royaume est, selon la parole du Sauveur, une « vie en abondance ». Elle est donnée à chacun de ceux qui entrent dans le Royaume. Et celui qui y entre y apporte toutes les relations qui le lient à ses proches. Des relations qui deviennent elles aussi une partie du Royaume.
1 Ayant appelé à lui ses douze disciples, Jésus leur donna pouvoir sur les esprits impurs, de façon à les expulser et à guérir toute maladie et toute langueur. |
2 Les noms des douze apôtres sont les suivants: le premier, Simon appelé Pierre, et André son frère; puis Jacques, le fils de Zébédée, et Jean son frère; |
3 Philippe et Barthélemy; Thomas et Matthieu le publicain; Jacques, le fils d'Alphée, et Thaddée; |
4 Simon le Zélé et Judas l'Iscariote, celui-là même qui l'a livré. |
5 Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les prescriptions suivantes : " Ne prenez pas le chemin des païens et n'entrez pas dans une ville de Samaritains ; |
6 allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d'Israël. |
7 Chemin faisant, proclamez que le Royaume des Cieux est tout proche. |
8 Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. |
9 Ne vous procurez ni or, ni argent, ni menue monnaie pour vos ceintures, |
10 ni besace pour la route, ni deux tuniques, ni sandales, ni bâton: car l'ouvrier mérite sa nourriture. |
11 " En quelque ville ou village que vous entriez, faites-vous indiquer quelqu'un d'honorable et demeurez-y jusqu'à ce que vous partiez. |
12 En entrant dans la maison, saluez-la: |
13 si cette maison en est digne, que votre paix vienne sur elle; si elle ne l'est pas, que votre paix vous soit retournée. |
14 Et si quelqu'un ne vous accueille pas et n'écoute pas vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville et secouez la poussière de vos pieds. |
15 En vérité je vous le dis: au Jour du Jugement, il y aura moins de rigueur pour le pays de Sodome et de Gomorrhe que pour cette ville-là. |
16 Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups ; montrez-vous donc prudents comme les serpents et candides comme les colombes. |
17 " Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux sanhédrins et vous flagelleront dans leurs synagogues ; |
18 vous serez traduits devant des gouverneurs et des rois, à cause de moi, pour rendre témoignage en face d'eux et des païens. |
19 Mais, lorsqu'on vous livrera, ne cherchez pas avec inquiétude comment parler ou que dire: ce que vous aurez à dire vous sera donné sur le moment, |
20 car ce n'est pas vous qui parlerez, mais l'Esprit de votre Père qui parlera en vous. |
21 " Le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mourir. |
22 Et vous serez haïs de tous à cause de mon nom, mais celui qui aura tenu bon jusqu'au bout, celui-là sera sauvé. |
23 " Si l'on vous pourchasse dans telle ville, fuyez dans telle autre, et si l'on vous pourchasse dans celle-là, fuyez dans une troisième ; en vérité je vous le dis, vous n'achèverez pas le tour des villes d'Israël avant que ne vienne le Fils de l'homme. |
Le signe distinctif des disciples du Christ est qu’ils sont ouverts à Dieu et au monde. Ils portent le message du Royaume de Dieu, mais vont en même temps vers les hommes ; ils n’espèrent qu’en Dieu, mais reçoivent l’aide des hommes ; ils s’adressent aux gouverneurs et aux rois, mais prononcent les paroles de l’Esprit. L’un et l’autre ne sont pas simples : être ouvert à Dieu est parfois difficile et effrayant ; être ouvert aux hommes est toujours difficile, et parfois dangereux. Les disciples devront unir en eux des qualités difficiles à concilier : être des agneaux, sages comme les serpents et simples comme les colombes.
Et pourtant telle est la tâche des disciples, dont chacun est en un sens apôtre, c’est-à-dire représentant, ambassadeur du Christ dans le monde. Car l’envoyé doit ressembler en quelque chose à son maître ; ainsi les disciples imitent la mission du Dieu-homme, le Christ : appartenant à Dieu, ils sont tournés vers le monde et vers les hommes, sans perdre le lien ni avec le Ciel ni avec la terre.
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