13 Voilà pourquoi, de notre côté, nous ne cessons de rendre grâces à Dieu de ce que, une fois reçue la parole de Dieu que nous vous faisions entendre, vous l'avez accueillie, non comme une parole d'hommes, mais comme ce qu'elle est réellement, la Parole de Dieu. Et cette parole reste active en vous, les croyants. |
14 Car vous vous êtes mis, frères, à imiter les Églises de Dieu dans le Christ Jésus qui sont en Judée: vous avez souffert de la part de vos compatriotes les mêmes traitements qu'ils ont soufferts de la part des Juifs: |
15 ces gens-là ont mis à mort Jésus le Seigneur et les prophètes, ils nous ont persécutés, ils ne plaisent pas à Dieu, ils sont ennemis de tous les hommes |
16 quand ils nous empêchent de prêcher aux païens pour leur salut, mettant ainsi en tout temps le comble à leur péché ; et elle est tombée sur eux, la colère, pour en finir. |
17 Et nous, frères, privés de votre compagnie pour un moment, de visage mais non de cœur, nous nous sommes sentis extrêmement pressés de revoir votre visage, tant notre désir était vif. |
18 Nous avons donc voulu venir jusqu'à vous - moi-même, Paul, à plusieurs reprises -, mais Satan nous en a empêchés. |
19 Quelle est en effet notre espérance, notre joie, la couronne dont nous serons fiers, si ce n'est vous, en présence de notre Seigneur Jésus lors de son Avènement? |
20 Oui, c'est bien vous qui êtes notre gloire et notre joie. |
S'adressant aux chrétiens de Thessalonique, Paul dit qu'ils ont reçu le témoignage de lui-même et de ses compagnons comme parole de Dieu, et non simplement comme la prédication ordinaire de prédicateurs ordinaires. Bien sûr, tout prédicateur religieux parle de sa prédication comme de la parole de Dieu. Parfois cela implique la prédication d'un enseignement vrai, venant de Dieu et établi par Dieu; parfois le prédicateur prétend à une révélation directe qu'il reçoit, selon ses propres paroles, immédiatement de Dieu. Parmi les prédicateurs religieux, on rencontre réellement l'un et l'autre. Mais le témoignage du chrétien au sujet du Christ et du Royaume n'est pas une prédication religieuse.
Avant tout, c'est le témoignage de cette vie nouvelle, de la vie avec le Christ dans son Royaume, qui s'est ouverte au témoin. À certains égards, bien sûr, un tel témoignage rappelle cette forme de prédication religieuse où le prédicateur reçoit une certaine révélation directement de Dieu et la raconte aux autres, comme le faisaient, par exemple, les prophètes d'Israël, qui témoignaient de ce que Dieu leur révélait.
Une telle prédication peut aussi dépasser le cadre proprement religieux, le cadre d'un enseignement religieux: car la révélation vivante n'entre souvent dans aucun cadre religieux. Mais même un tel témoignage suppose seulement la nécessité de communiquer quelque chose aux auditeurs, de leur transmettre quelque chose d'important, qui peut changer leur vie spirituelle s'ils prennent en considération ce qui est dit et en tirent les conclusions appropriées. Cependant, les conclusions elles-mêmes et le changement de vie relèvent entièrement de la responsabilité de celui qui a entendu.
Comme Dieu l'a dit à l'un des grands prophètes d'Israël, Ézéchiel: témoigne auprès de chacun, car si tu ne témoignes pas au pécheur qu'il pèche devant Dieu, je te demanderai compte du péché qu'il a commis; mais si tu témoignes, je lui en demanderai compte à lui-même. Le témoignage est absolument important, mais chacun décide lui-même comment y répondre. Avec le Christ et avec le Royaume, il n'en va pas ainsi. Ici, le «savoir sur», le savoir théorique, le savoir «en principe» et «en général» ne donne rien. Le témoignage au sujet du Christ et du Royaume n'a de sens que lorsque l'homme accueille ce qui est dit précisément comme une révélation de Dieu, exigeant une réponse immédiate, ici et maintenant.
Cela se comprend: car le véritable témoignage chrétien place toujours l'homme devant Dieu, en lui ouvrant la présence de Dieu. Une présence à laquelle on peut s'ouvrir ou que l'on peut rejeter. Le prophète raconte ce que Dieu veut transmettre par lui aux autres; le témoin du Christ ne fait que conduire l'homme au Christ, comme s'il le Lui présentait, puis laisse celui qu'il a présenté seul à seul avec Celui à qui il l'a présenté.
C'est alors que commence l'essentiel: la communion directe de l'homme avec le Christ, sans intermédiaires et sans traducteurs. L'expérience d'une telle communion est précisément l'expérience de la vie chrétienne proprement dite, qui ouvre à l'homme le Royaume et lui donne la possibilité, à son tour, de devenir témoin pour les autres. Un témoin qui conduira encore quelqu'un au Christ, puis se retirera de même, en lui donnant la possibilité de cette même rencontre personnelle avec le Christ qui lui a été accordée à lui-même.
13 Voilà pourquoi, de notre côté, nous ne cessons de rendre grâces à Dieu de ce que, une fois reçue la parole de Dieu que nous vous faisions entendre, vous l'avez accueillie, non comme une parole d'hommes, mais comme ce qu'elle est réellement, la Parole de Dieu. Et cette parole reste active en vous, les croyants. |
14 Car vous vous êtes mis, frères, à imiter les Églises de Dieu dans le Christ Jésus qui sont en Judée: vous avez souffert de la part de vos compatriotes les mêmes traitements qu'ils ont soufferts de la part des Juifs: |
15 ces gens-là ont mis à mort Jésus le Seigneur et les prophètes, ils nous ont persécutés, ils ne plaisent pas à Dieu, ils sont ennemis de tous les hommes |
16 quand ils nous empêchent de prêcher aux païens pour leur salut, mettant ainsi en tout temps le comble à leur péché ; et elle est tombée sur eux, la colère, pour en finir. |
17 Et nous, frères, privés de votre compagnie pour un moment, de visage mais non de cœur, nous nous sommes sentis extrêmement pressés de revoir votre visage, tant notre désir était vif. |
18 Nous avons donc voulu venir jusqu'à vous - moi-même, Paul, à plusieurs reprises -, mais Satan nous en a empêchés. |
19 Quelle est en effet notre espérance, notre joie, la couronne dont nous serons fiers, si ce n'est vous, en présence de notre Seigneur Jésus lors de son Avènement? |
20 Oui, c'est bien vous qui êtes notre gloire et notre joie. |
Le thème principal de la lecture d'aujourd'hui est l'essence de la tradition apostolique. D'abord, la Parole de Dieu est proclamée et doit être entendue. Une fois entendue, elle pénètre dans le cœur et est accueillie par le croyant. Le processus d'accueil et de « digestion » de la Parole permet à chacun de comprendre que ce n'est pas un homme sachant parler avec beauté et persuasion, mais Dieu Lui-même, qui agissait par Son messager, par celui qu'Il avait choisi pour prêcher. Une fois de plus, l'apôtre attire l'attention sur le fait que le Sauveur a été donné à tous et à chacun. L'Évangile doit être proclamé à toute personne, juive ou païenne. Et si les croyants tentent d'entraver la prédication, ils deviennent les complices de Satan plutôt que de Jésus crucifié et ressuscité.
14 Car vous vous êtes mis, frères, à imiter les Églises de Dieu dans le Christ Jésus qui sont en Judée: vous avez souffert de la part de vos compatriotes les mêmes traitements qu'ils ont soufferts de la part des Juifs: |
15 ces gens-là ont mis à mort Jésus le Seigneur et les prophètes, ils nous ont persécutés, ils ne plaisent pas à Dieu, ils sont ennemis de tous les hommes |
16 quand ils nous empêchent de prêcher aux païens pour leur salut, mettant ainsi en tout temps le comble à leur péché ; et elle est tombée sur eux, la colère, pour en finir. |
En parlant du conflit qui surgit, d'une part, entre l'Église et la Synagogue, et, d'autre part, entre l'Église et les païens, Paul estime que, malgré les différences extérieures, l'essence de l'affaire est la même dans les deux cas, au point qu'il les rapproche l'un de l'autre. À première vue, cette comparaison de deux situations extérieurement très différentes paraît quelque peu artificielle, car la situation palestinienne était réellement unique à bien des égards, même en comparaison avec celle qui se développait dans les communautés de la diaspora juive. Mais l'apôtre lui-même indique ce qui réunit ces deux cas très différents : les Juifs de Palestine qui s'opposaient à la prédication apostolique comme les païens qui persécutaient les nouveaux convertis chrétiens issus de leur propre milieu résistaient au Royaume que le Sauveur a apporté au monde.
On voit que l'opposition a uni les païens et des hommes aussi profondément religieux que les Juifs de Palestine. Cela est d'autant plus remarquable si l'on se souvient que presque rien ne liait les uns aux autres, de sorte que, dans la vie ordinaire, ils n'avaient presque aucun point de contact, tandis que les raisons et les occasions de conflit, au contraire, étaient plus que suffisantes. Mais l'opposition au Royaume a uni entre eux deux groupes d'hommes totalement dissemblables. Une telle chose n'a pu devenir possible que parce que l'opposition n'était pas politique, ni idéologique, ni même religieuse, mais spirituelle. La manifestation du Royaume dans le monde menaçait également le mode de vie païen traditionnel et le mode de vie religieux traditionnel. Le Royaume entrant dans le monde détruisait tout simplement le mode de vie païen : il se révélait incompatible avec ses normes et ses lois et avait pour but de les changer entièrement afin que le monde soit transformé et devienne une part du Royaume, soumis à ses lois.
Mais la religion comme telle ne pouvait entrer dans le Royaume qu'en cessant d'être ce qu'elle est : elle devait se libérer des formes rituelles et cérémonielles extérieures, mais, surtout, les hommes religieux devaient renoncer à l'absolutisation de leur propre religiosité. Dans la pratique, cela signifiait la destruction de la conscience religieuse sous la forme qui est propre à l'immense majorité des hommes religieux, quelle que soit la religion qu'ils professent. On voit que, dans les deux cas, il s'agit d'un choix entre le Royaume et l'ordre habituel des choses, auquel ni le païen ni l'homme religieux ne veulent renoncer. D'un choix qui détermine le chemin de chacun et son destin dans l'éternité.
9 Vous vous souvenez, frères, de nos labeurs et fatigues: de nuit comme de jour, nous travaillions, pour n'être à la charge d'aucun de vous, tandis que nous vous annoncions l'Évangile de Dieu! |
10 Vous êtes témoins, et Dieu l'est aussi, combien notre attitude envers vous, les croyants, a été sainte, juste, sans reproche. |
11 Comme un père pour ses enfants, vous le savez, nous vous avons, chacun de vous, |
12 exhortés, encouragés, adjurés de mener une vie digne de Dieu qui vous appelle à son Royaume et à sa gloire. |
13 Voilà pourquoi, de notre côté, nous ne cessons de rendre grâces à Dieu de ce que, une fois reçue la parole de Dieu que nous vous faisions entendre, vous l'avez accueillie, non comme une parole d'hommes, mais comme ce qu'elle est réellement, la Parole de Dieu. Et cette parole reste active en vous, les croyants. |
Les règles de conduite des chrétiens, que le Seigneur a chargés d’annoncer la Bonne Nouvelle, l’apôtre Paul les répète plus d’une fois, et même plusieurs fois. Et voici que, dans la lecture d’aujourd’hui, nous avons devant nous un exposé condensé du fondement de la vie pour chacun. Premièrement, le témoignage non pas à la place de la vie ordinaire, mais avec elle, avec les devoirs quotidiens, avec le souci du pain de chaque jour. Nous ne pouvons pas justifier notre inaction par le fait que notre vie serait trop compliquée. Deuxièmement, une conduite sainte, juste, irréprochable. Plus facile à dire qu’à faire. Mais voici devant nous un homme au caractère manifestement difficile, avec ses problèmes, ses maladies, qui de toute évidence lui pèsent et le tourmentent. Et il nous dit que notre conduite devant Dieu doit être irréprochable.
Mais ce que Paul désigne avec le plus de force comme le centre de sa prédication, c’est ceci : « nous vous avons demandé, exhortés et suppliés de vous conduire d’une manière digne de Dieu, qui vous appelle à son Royaume et à sa gloire ». Pour l’homme contemporain, il est extrêmement douloureux d’accepter cette phrase. Car il est plus commode de se représenter Dieu comme quelque chose d’abstrait, de mécanique, de multiforme et de cruel. Avec un tel dieu, c’est plus simple : il est contrôlable. Mais par une seule phrase, nous nous tenons devant la face de Dieu, en qui il n’y a aucune ténèbre ; devant la face du Fils de l’homme, l’apôtre Paul nous supplie d’être dignes de Celui qui nous a appelés à sa merveilleuse Lumière. La disposition à témoigner de la Lumière, de la Gloire et du Royaume se fonde précisément sur le fait que tout cela n’est pas une abstraction. Nous parlons des propriétés et des qualités d’une Personne réelle.
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