« Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de sa croix et qu'il me suive. » Là où le texte russe dit « aller », le texte grec emploie...
« Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de sa croix et qu'il me suive. » Là où le texte russe dit « aller », le texte grec emploie « ἐλθεῖν », l'infinitif aoriste de « ἔρχομαι », aller, venir. Le sens littéral est donc: celui qui veut venir à ma suite. Il ne s'agit pas simplement de marcher quelque part derrière lui, mais de parvenir à sa suite jusqu'à un but déterminé. On peut marcher sans effort ni engagement particuliers; mais si tu veux le suivre jusqu'au but, alors entrent en vigueur les conditions qu'il propose. Et ce sont les paroles du Christ lui-même sur ce que nous devons faire.
Renie-toi toi-même. Nous ne pouvons renoncer qu'à une richesse que nous possédons ou pourrions posséder. Il est impossible de renoncer au processus de formation des icebergs en Antarctique. Mais aux icebergs eux-mêmes, oui: qu'en ferais-je? Renoncer à quelque chose signifie cesser de revendiquer le pouvoir sur cette chose. Il est impossible de renoncer à être un homme vivant. Mais il est possible de renoncer à diriger la vie de cet homme, toi-même. Se renier soi-même signifie accepter comme justes et bonnes non les fins et les circonstances de la vie qui te plaisent, mais celles que Dieu voudra te donner. Pour la plupart d'entre nous, cela signifie d'abord consentir à demeurer inaperçus et ne pas nous laisser guider par notre propre vanité ni par celle des autres.
Charge-toi de ta croix. Dans l'Évangile, la croix désigne toujours ce qui se produit au contact du divin avec ce monde pécheur. Lorsque nous sentons de l'hostilité, nous prenons habituellement la fuite ou répondons de la même manière — et souvent les deux à la fois. Le Christ ne fait ni l'un ni l'autre; il accepte la douleur et la souffrance comme les compagnes inévitables de l'amour et de l'innocence dans un monde frappé par le péché. Il s'ensuit d'ailleurs que, si tu veux te charger de ta croix, il ne suffit pas d'y consentir. Toi aussi, tu dois acquérir l'amour des autres et l'innocence, c'est-à-dire cesser de faire le mal et commencer à faire le bien.
Et suis-moi. Contrairement à l'opinion commune, la vie éternelle ne peut commencer après la mort. Ou bien elle commence déjà ici, ou bien elle ne commence pas du tout. On ne peut commencer à suivre Jésus que dans cette vie; autrement, il sera trop tard. Pour nous, les hommes, l'essentiel dans cette marche est de chercher la conduite de Dieu, de chercher la souveraineté du Saint-Esprit.