17 Si j'avais l'initiative de cette tâche, j'aurais droit à une récompense; si je ne l'ai pas, c'est une charge qui m'est confiée. |
18 Quelle est donc ma récompense? C'est qu'en annonçant l'Évangile, j'offre gratuitement l'Évangile, sans user du droit que me confère l'Évangile. |
Paul ne nie nullement le droit d'un ministre de l'Église à un soutien matériel de la part de la communauté dans laquelle il exerce son ministère. Et pourtant l'apôtre lui-même n'a jamais usé de ce droit. Non parce qu'il considérait son ministère indigne d'une rémunération. Il était simplement convaincu que son apostolat devait être absolument libre de tout attachement extérieur, social, quel qu'il soit. Paul gagnait sa vie par d'autres moyens, sans recourir à l'aide des communautés ecclésiales où il lui arrivait de se trouver et d'exercer son ministère. L'apôtre lui-même parle de ce refus comme de son choix personnel, sans le considérer comme une norme universelle pour les ministres de l'Église.
Pour ce qui le concerne, Paul estime que le refus de toute rémunération ou de tout soutien matériel de la part des communautés ecclésiales lui donne une liberté et une intégrité spirituelles qu'il n'aurait pas autrement. Que veut-il dire par là ? Aucun ministère authentique n'est jamais seulement une activité extérieure, une occupation, un travail. Il est toujours dérivé de l'état intérieur de l'homme, manifestation extérieure de sa vie spirituelle.
Mais du point de vue de la société (même s'il s'agit d'une communauté ecclésiale), il est précisément question d'un travail que l'on peut peser, évaluer et payer. Bien sûr, il ne s'agit pas alors du ministère en tant que tel, mais de ses manifestations extérieures : ce sont toujours elles seules qui sont pesées, évaluées et payées. Ce sont elles précisément, à la différence du ministère lui-même, que l'on peut peser, évaluer et payer.
Comme l'a très justement remarqué le poète, « l'inspiration ne se vend pas, mais on peut vendre le manuscrit ». On peut dire quelque chose de semblable du paiement du travail d'un ministre de l'Église : il est impossible de vendre sur le marché du travail ce ministère lui-même, mais certains de ses fruits peuvent très bien y devenir une marchandise. Dans ce cas, cependant, le ministre lui-même devra constamment garder en vue ce marché.
Bien sûr, dans le cas normal, il ne déterminera pas le ministère, mais il ne fait aucun doute que, pour le ministre, tenir compte de la situation de ce marché deviendra un attachement supplémentaire à la société. C'est précisément cela que Paul veut éviter. Il ne considère pas possible, pour lui, de dépendre matériellement de son ministère, même au moindre degré. L'apôtre comprend parfaitement que c'est son choix personnel, qu'on ne peut recommander à tous comme l'unique choix possible ; mais lui-même ne voit son ministère que de cette manière, ce qu'il dit directement et ouvertement.
16 Annoncer l'Évangile en effet n'est pas pour moi un titre de gloire; c'est une nécessité qui m'incombe. Oui, malheur à moi si je n'annonçais pas l'Évangile! |
17 Si j'avais l'initiative de cette tâche, j'aurais droit à une récompense; si je ne l'ai pas, c'est une charge qui m'est confiée. |
18 Quelle est donc ma récompense? C'est qu'en annonçant l'Évangile, j'offre gratuitement l'Évangile, sans user du droit que me confère l'Évangile. |
19 Oui, libre à l'égard de tous, je me suis fait l'esclave de tous, afin de gagner le plus grand nombre. |
Il est très important pour l'apôtre Paul de souligner qu'il ne fait que ce qu'il doit faire. Comme il serait agréable de dire que nous faisons plus que nécessaire, que nous dépassons, pour ainsi dire, le plan spirituel... Le problème, c'est que cela n'arrive jamais. L'annonce de l'Évangile nous paraît, sinon héroïque, du moins digne de tous les respects. Mais Paul dit : non. C'est simplement un devoir ; si j'ai accompli mon devoir, tout est en ordre, et rien de plus. Cela vaut non seulement pour l'annonce de l'Évangile, mais aussi pour tout ministère. Il apparaît alors que nous ne pouvons en aucune façon dépasser le plan et mériter une récompense de Dieu... Nous ne le pouvons pas. Et c'est là Sa grande miséricorde. Tout ce qu'Il donne, Il le donne par amour. Et de nous, Il n'attend que des actes d'amour en retour, d'un amour désintéressé comme le Sien.
15 Mais je n'ai usé, moi, d'aucun de ces droits, et je n'écris pas cela pour qu'il en soit ainsi à mon égard; plutôt mourir que de... Mon titre de gloire, personne ne le réduira à néant. |
16 Annoncer l'Évangile en effet n'est pas pour moi un titre de gloire; c'est une nécessité qui m'incombe. Oui, malheur à moi si je n'annonçais pas l'Évangile! |
17 Si j'avais l'initiative de cette tâche, j'aurais droit à une récompense; si je ne l'ai pas, c'est une charge qui m'est confiée. |
18 Quelle est donc ma récompense? C'est qu'en annonçant l'Évangile, j'offre gratuitement l'Évangile, sans user du droit que me confère l'Évangile. |
19 Oui, libre à l'égard de tous, je me suis fait l'esclave de tous, afin de gagner le plus grand nombre. |
20 Je me suis fait Juif avec les Juifs, afin de gagner les Juifs; sujet de la Loi avec les sujets de la Loi - moi, qui ne suis pas sujet de la Loi - afin de gagner les sujets de la Loi. |
21 Je me suis fait un sans-loi avec les sans-loi - moi qui ne suis pas sans une loi de Dieu, étant sous la loi du Christ - afin de gagner les sans-loi. |
22 Je me suis fait faible avec les faibles, afin de gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous, afin d'en sauver à tout prix quelques-uns. |
23 Et tout cela, je le fais à cause de l'Évangile, afin d'en avoir ma part. |
24 Ne savez-vous pas que, dans les courses du stade, tous courent, mais un seul obtient le prix? Courez donc de manière à le remporter. |
25 Tout athlète se prive de tout; mais eux, c'est pour obtenir une couronne périssable, nous une impérissable. |
26 Et c'est bien ainsi que je cours, moi, non à l'aventure; c'est ainsi que je fais du pugilat, sans frapper dans le vide. |
« Je me suis fait tout à tous, afin d'en sauver à tout prix quelques-uns. » C'est probablement l'une des paroles les plus connues de l'apôtre Paul. Parce qu'elle est connue, elle ne heurte pas l'oreille et passe très tranquillement à côté de nous. Mais si nous nous arrêtons pour réfléchir : que signifie se faire tout à tous ? De quoi Paul parle-t-il ? S'agit-il d'une sorte de mimétisme à la manière du caméléon ? D'une tentative de s'adapter à quelqu'un afin de le manipuler ? Ou s'agit-il malgré tout d'autre chose ? Il n'y a probablement aucun désir de manipuler. Il y a en revanche un but : comprendre. Entrer intérieurement dans la situation de l'autre, parler avec lui dans sa langue non pour gagner ses bonnes grâces, mais parce que la langue de cette personne compte pour toi. C'est alors que Paul devient tout à tous—lorsqu'il s'efforce de comprendre chacun, de ressentir ce que ressent l'autre. Il peut alors parler « de cœur à cœur ». Car nous ne pouvons espérer être compris que si nous comprenons nous-mêmes notre interlocuteur.
15 Mais je n'ai usé, moi, d'aucun de ces droits, et je n'écris pas cela pour qu'il en soit ainsi à mon égard; plutôt mourir que de... Mon titre de gloire, personne ne le réduira à néant. |
16 Annoncer l'Évangile en effet n'est pas pour moi un titre de gloire; c'est une nécessité qui m'incombe. Oui, malheur à moi si je n'annonçais pas l'Évangile! |
17 Si j'avais l'initiative de cette tâche, j'aurais droit à une récompense; si je ne l'ai pas, c'est une charge qui m'est confiée. |
18 Quelle est donc ma récompense? C'est qu'en annonçant l'Évangile, j'offre gratuitement l'Évangile, sans user du droit que me confère l'Évangile. |
19 Oui, libre à l'égard de tous, je me suis fait l'esclave de tous, afin de gagner le plus grand nombre. |
20 Je me suis fait Juif avec les Juifs, afin de gagner les Juifs; sujet de la Loi avec les sujets de la Loi - moi, qui ne suis pas sujet de la Loi - afin de gagner les sujets de la Loi. |
21 Je me suis fait un sans-loi avec les sans-loi - moi qui ne suis pas sans une loi de Dieu, étant sous la loi du Christ - afin de gagner les sans-loi. |
22 Je me suis fait faible avec les faibles, afin de gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous, afin d'en sauver à tout prix quelques-uns. |
23 Et tout cela, je le fais à cause de l'Évangile, afin d'en avoir ma part. |
24 Ne savez-vous pas que, dans les courses du stade, tous courent, mais un seul obtient le prix? Courez donc de manière à le remporter. |
25 Tout athlète se prive de tout; mais eux, c'est pour obtenir une couronne périssable, nous une impérissable. |
26 Et c'est bien ainsi que je cours, moi, non à l'aventure; c'est ainsi que je fais du pugilat, sans frapper dans le vide. |
Poursuivant la conversation sur son ministère apostolique, Paul attire de nouveau l’attention des lecteurs sur le fait qu’il n’a jamais pensé profiter des possibilités de soutien de la part des Églises où se déroulait son ministère, possibilités auxquelles, selon sa propre opinion, il avait pleinement droit (v. 15). Mais ce n’était pas parce qu’il se considérait comme inférieur aux autres, c’était parce qu’il ne voulait pas perdre ce que l’apôtre appelle sa « gloire » (le mot grec correspondant pourrait aussi se traduire par « honneur » ou « glorification », v. 16). Cette pensée de Paul est proche de l’appel du Sauveur adressé aux apôtres : se considérer comme des serviteurs inutiles même lorsqu’ils auraient, semble-t-il, fait tout ce qui leur était demandé, et bien fait. Et il ne s’agit évidemment pas de dire que le travail des témoins du Royaume ne vaut rien, mais de savoir comment un tel témoin se rapporte à son ministère.
On peut le considérer seulement comme un travail, nécessaire et même joyeux, mais tout de même seulement comme un travail, en accomplissant les devoirs confiés par Dieu au serviteur. Mais on peut aussi servir Dieu de telle manière que le service devienne une partie inséparable de la vie du serviteur ; alors la question du salaire ne se pose plus, mais la récompense devient possible (v. 16-17).
La différence tient à ce que le salaire se trouve toujours proportionnel au travail accompli, tandis que la récompense ne l’est pas toujours. Et Paul comprend parfaitement que, dans le Royaume, il n’y a pas de salaire pour un travail, mais il y a une récompense pour les serviteurs. Or, pour la recevoir, il faut dès le commencement oublier tout calcul, se donnant au service entièrement, sans réserve, devenant, selon les paroles de l’apôtre, « tout à tous, afin d’en sauver au moins quelques-uns » (v. 18-23). Et l’apôtre parle précisément d’un tel service, le comparant aux compétitions sportives, où l’on ne peut vaincre que lorsqu’on s’investit tout entier, sans réserve, dans la victoire (v. 24-27). Dans le Royaume, on ne peut vivre que d’une vie pleine. Il est entièrement pénétré du souffle de Dieu, et tout habitant du Royaume peut le recevoir dans toute sa plénitude. Mais à une seule condition : qu’il ne calcule pas combien vaut chacun de ses mouvements et chacun de ses souffles.
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