21 Marthe dit à Jésus : " Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. |
22 Mais maintenant encore, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l'accordera. " |
Lazare était l'ami du Christ, et Il l'aimait beaucoup. Pourtant Jésus lui a donné de traverser l'expérience de la mort. Il la lui a donnée consciemment, car Il pouvait bien sûr venir pendant qu'il était encore malade. L'expérience de la mort est quelque chose de très important. Dans le récit de la famille de Lazare, nous voyons davantage les sœurs, et Lazare semble se taire, mais nous savons l'essentiel à son sujet : Jésus l'aimait et lui a donné de mourir.
Très souvent, lorsque nous aimons quelqu'un qui est gravement malade, nous prions avec acharnement pour sa guérison. Un jour, le père d'une jeune femme, qu'elle aimait éperdument, était très gravement malade. Elle parla de lui avec un homme très sage, disant qu'elle demandait une croix pour elle-même, puisque le Seigneur n'entendait pas ses prières, qui duraient déjà depuis près de deux ans, afin qu'au moins depuis la croix elle puisse Le supplier pour lui et qu'alors Il entende et guérisse le souffrant. Et l'homme sage lui répondit : mais pour quoi pries-tu ? sans doute pour la guérison ; prie plutôt pour que la volonté de Dieu s'accomplisse.
C'est précisément de cela que parle le récit de la résurrection de Lazare. Même celui qu'Il aime — peut-être même ceux-là d'une manière particulière — le Seigneur les fait passer par l'expérience la plus lourde : parfois l'expérience de la mort physique réelle, parfois simplement une croix particulière, afin qu'en eux se manifeste la grâce de Dieu et la gloire de Dieu, car en eux elle se manifeste avec un éclat étonnant.
17 À son arrivée, Jésus trouva Lazare dans le tombeau depuis quatre jours déjà. |
18 Béthanie était près de Jérusalem, distant d'environ quinze stades, |
19 et beaucoup d'entre les Juifs étaient venus auprès de Marthe et de Marie pour les consoler au sujet de leur frère. |
20 Quand Marthe apprit que Jésus arrivait, elle alla à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. |
21 Marthe dit à Jésus : " Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. |
22 Mais maintenant encore, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l'accordera. " |
23 Jésus lui dit : " Ton frère ressuscitera. " - |
24 " Je sais, dit Marthe, qu'il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. " |
25 Jésus lui dit : " Je suis la résurrection. Qui croit en moi, même s'il meurt, vivra ; |
26 et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Le crois-tu ? " |
27 Elle lui dit : " Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui vient dans le monde. " |
28 Ayant dit cela, elle s'en alla appeler sa sœur Marie, lui disant en secret : " Le Maître est là et il t'appelle. " |
29 Celle-ci, à cette nouvelle, se leva bien vite et alla vers lui. |
30 Jésus n'était pas encore arrivé au village, mais il se trouvait toujours à l'endroit où Marthe était venue à sa rencontre. |
31 Quand les Juifs qui étaient avec Marie dans la maison et la consolaient la virent se lever bien vite et sortir, ils la suivirent, pensant qu'elle allait au tombeau pour y pleurer. |
32 Arrivée là où était Jésus, Marie, en le voyant, tomba à ses pieds et lui dit : " Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort ! " |
33 Lorsqu'il la vit pleurer, et pleurer aussi les Juifs qui l'avaient accompagnée, Jésus frémit en son esprit et se troubla. |
34 Il dit : " Où l'avez-vous mis ? " Il lui dirent : " Seigneur, viens et vois. " |
35 Jésus pleura. |
36 Les Juifs dirent alors : " Voyez comme il l'aimait ! " |
37 Mais quelques-uns d'entre eux dirent : " Ne pouvait-il pas, lui qui a ouvert les yeux de l'aveugle, faire aussi que celui-ci ne mourût pas ? " |
38 Alors Jésus, frémissant à nouveau en lui-même, se rend au tombeau. C'était une grotte, avec une pierre placée par-dessus. |
39 Jésus dit : " Enlevez la pierre ! " Marthe, la sœur du mort, lui dit : " Seigneur, il sent déjà : c'est le quatrième jour. " |
40 Jésus lui dit : " Ne t'ai-je pas dit que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? " |
41 On enleva donc la pierre. Jésus leva les yeux en haut et dit : " Père, je te rends grâces de m'avoir écouté. |
42 Je savais que tu m'écoutes toujours ; mais c'est à cause de la foule qui m'entoure que j'ai parlé, afin qu'ils croient que tu m'as envoyé. " |
43 Cela dit, il s'écria d'une voix forte : " Lazare, viens dehors ! " |
44 Le mort sortit, les pieds et les mains liés de bandelettes, et son visage était enveloppé d'un suaire. Jésus leur dit : " Déliez-le et laissez-le aller. " |
Marthe sortit à la rencontre du Christ, tandis que Marie resta à la maison. Lorsque l’on compare Marthe et Marie, on les oppose souvent comme des incarnations du sens pratique et de la spiritualité, bien que Marthe aussi soit ouverte aux paroles du Maître et que Marie soit capable d’agir. Cette fois encore, les qualités de Marthe se manifestèrent non seulement dans les soins domestiques, mais aussi dans les pas qu’elle fit vers le Christ, inséparables de sa capacité à L’écouter et à assimiler ce qu’elle entendait.
Le Christ n’entre même pas dans la maison ; Il se rend directement au tombeau. Ici, l’Évangile a conservé pour nous un témoignage unique : Jésus pleura. Cela seul suffit pour comprendre à quel point Son visage est incompatible avec l’image d’un être céleste capable d’envoyer Lazare à la mort afin de manifester Sa propre puissance. Non, Il ne veut pas que les hommes meurent ; Il s’afflige de leur sort et entend donc nous libérer de l’asservissement au mal.
Il demande aux gens rassemblés près du tombeau de rouler la pierre. Le Christ, qui peut ressusciter les morts, aurait pu S’en charger Lui-même, mais cela n’aurait pas été profitable aux hommes : nous ne pouvons pas ressusciter, mais Il n’est pas tenu de faire à notre place ce qui est à notre portée. L’espérance authentique en Dieu ne doit pas être confondue avec la mentalité d’Émélia couché sur son poêle.
1 Il y avait un malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de sa sœur Marthe. |
2 Marie était celle qui oignit le Seigneur de parfum et lui essuya les pieds avec ses cheveux; c'était son frère Lazare qui était malade. |
3 Les deux sœurs envoyèrent donc dire à Jésus : " Seigneur, celui que tu aimes est malade. " |
4 A cette nouvelle, Jésus dit : " Cette maladie ne mène pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu : afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle. " |
5 Or Jésus aimait Marthe et sa sœur et Lazare. |
6 Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore dans le lieu où il se trouvait; |
7 alors seulement, il dit aux disciples : " Allons de nouveau en Judée. " |
8 Ses disciples lui dirent : " Rabbi, tout récemment les Juifs cherchaient à te lapider, et tu retournes là-bas ! " |
9 Jésus répondit : " N'y a-t-il pas douze heures de jour ? Si quelqu'un marche le jour, il ne bute pas, parce qu'il voit la lumière de ce monde ; |
10 mais s'il marche la nuit, il bute, parce que la lumière n'est pas en lui. " |
11 Il dit cela, et ensuite : " Notre ami Lazare repose, leur dit-il ; mais je vais aller le réveiller. " |
12 Les disciples lui dirent : " Seigneur, s'il repose, il sera sauvé. " |
13 Jésus avait parlé de sa mort, mais eux pensèrent qu'il parlait du repos du sommeil. |
14 Alors Jésus leur dit ouvertement : " Lazare est mort, |
15 et je me réjouis pour vous de n'avoir pas été là-bas, afin que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! " |
16 Alors Thomas, appelé Didyme, dit aux autres disciples : " Allons, nous aussi, pour mourir avec lui ! " |
17 À son arrivée, Jésus trouva Lazare dans le tombeau depuis quatre jours déjà. |
18 Béthanie était près de Jérusalem, distant d'environ quinze stades, |
19 et beaucoup d'entre les Juifs étaient venus auprès de Marthe et de Marie pour les consoler au sujet de leur frère. |
20 Quand Marthe apprit que Jésus arrivait, elle alla à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. |
21 Marthe dit à Jésus : " Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. |
22 Mais maintenant encore, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l'accordera. " |
23 Jésus lui dit : " Ton frère ressuscitera. " - |
24 " Je sais, dit Marthe, qu'il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. " |
25 Jésus lui dit : " Je suis la résurrection. Qui croit en moi, même s'il meurt, vivra ; |
26 et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Le crois-tu ? " |
27 Elle lui dit : " Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui vient dans le monde. " |
28 Ayant dit cela, elle s'en alla appeler sa sœur Marie, lui disant en secret : " Le Maître est là et il t'appelle. " |
29 Celle-ci, à cette nouvelle, se leva bien vite et alla vers lui. |
30 Jésus n'était pas encore arrivé au village, mais il se trouvait toujours à l'endroit où Marthe était venue à sa rencontre. |
31 Quand les Juifs qui étaient avec Marie dans la maison et la consolaient la virent se lever bien vite et sortir, ils la suivirent, pensant qu'elle allait au tombeau pour y pleurer. |
32 Arrivée là où était Jésus, Marie, en le voyant, tomba à ses pieds et lui dit : " Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort ! " |
33 Lorsqu'il la vit pleurer, et pleurer aussi les Juifs qui l'avaient accompagnée, Jésus frémit en son esprit et se troubla. |
34 Il dit : " Où l'avez-vous mis ? " Il lui dirent : " Seigneur, viens et vois. " |
35 Jésus pleura. |
36 Les Juifs dirent alors : " Voyez comme il l'aimait ! " |
37 Mais quelques-uns d'entre eux dirent : " Ne pouvait-il pas, lui qui a ouvert les yeux de l'aveugle, faire aussi que celui-ci ne mourût pas ? " |
38 Alors Jésus, frémissant à nouveau en lui-même, se rend au tombeau. C'était une grotte, avec une pierre placée par-dessus. |
39 Jésus dit : " Enlevez la pierre ! " Marthe, la sœur du mort, lui dit : " Seigneur, il sent déjà : c'est le quatrième jour. " |
40 Jésus lui dit : " Ne t'ai-je pas dit que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? " |
41 On enleva donc la pierre. Jésus leva les yeux en haut et dit : " Père, je te rends grâces de m'avoir écouté. |
42 Je savais que tu m'écoutes toujours ; mais c'est à cause de la foule qui m'entoure que j'ai parlé, afin qu'ils croient que tu m'as envoyé. " |
43 Cela dit, il s'écria d'une voix forte : " Lazare, viens dehors ! " |
44 Le mort sortit, les pieds et les mains liés de bandelettes, et son visage était enveloppé d'un suaire. Jésus leur dit : " Déliez-le et laissez-le aller. " |
45 Beaucoup d'entre les Juifs qui étaient venus auprès de Marie et avaient vu ce qu'il avait fait, crurent en lui. |
46 Mais certains s'en furent trouver les Pharisiens et leur dirent ce qu'avait fait Jésus. |
47 Les grands prêtres et les Pharisiens réunirent alors un conseil : " Que faisons-nous ? disaient-ils, cet homme fait beaucoup de signes. |
48 Si nous le laissons ainsi tous croiront en lui, et les Romains viendront et ils supprimeront notre Lieu Saint et notre nation. " |
49 Mais l'un d'entre eux, Caïphe, étant grand prêtre cette année-là, leur dit : " Vous n'y entendez rien. |
50 Vous ne songez même pas qu'il est de votre intérêt qu'un seul homme meure pour le peuple et que la nation ne périsse pas tout entière. " |
51 Or cela, il ne le dit pas de lui-même; mais, étant grand prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation - |
52 et non pas pour la nation seulement, mais encore afin de rassembler dans l'unité les enfants de Dieu dispersés. |
53 Dès ce jour-là donc, ils résolurent de le tuer. |
54 Aussi Jésus cessa de circuler en public parmi les Juifs ; il se retira dans la région voisine du désert, dans une ville appelée Éphraïm, et il y séjournait avec ses disciples. |
55 Or la Pâque des Juifs était proche et beaucoup de gens montèrent de la campagne à Jérusalem, avant la Pâque, pour se purifier. |
56 Ils cherchaient Jésus et se disaient les uns aux autres, en se tenant dans le Temple : " Qu'en pensez-vous ? qu'il ne viendra pas à la fête ? " |
57 Les grands prêtres et les Pharisiens avaient donné des ordres : si quelqu'un savait où il était, il devait l'indiquer, afin qu'on le saisît. |
La mort remet beaucoup de choses à leur place. On ne peut pas la tromper, on ne peut pas s'en tirer par une plaisanterie, devant elle tous sont égaux, personne ne peut lui échapper. Il n'est donc pas étonnant que l'homme compare les choses les plus sérieuses et les plus importantes, par leur force, à la mort ; c'est une comparaison digne : « Forte comme la mort est l'amour » (Ct 8:6). La foi religieuse, comme contenu le plus sérieux de la vie de beaucoup de personnes, a été plus d'une fois comparée à la mort : des milliers de martyrs ont préféré mourir plutôt que renier leur foi.
La mort est donc une certaine frontière, où a lieu l'ultime épreuve de la foi. Il ne s'agit pas nécessairement de sa propre mort : les sœurs de Lazare se sont trouvées devant cette épreuve tout comme lui. Elles ont gardé la foi, mais pas jusqu'au bout. La résurrection des morts aura lieu, mais pas maintenant, pense Marthe.
C'est pourquoi résonnent pour elle des paroles étranges : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en Moi, même s'il meurt, vivra ». Et la victoire sur la mort se produit, avant même le triomphe définitif de Pâques, et avant que nous puissions nous-mêmes vérifier par expérience que l'amour est plus fort que la mort.
1 Il y avait un malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de sa sœur Marthe. |
2 Marie était celle qui oignit le Seigneur de parfum et lui essuya les pieds avec ses cheveux; c'était son frère Lazare qui était malade. |
3 Les deux sœurs envoyèrent donc dire à Jésus : " Seigneur, celui que tu aimes est malade. " |
4 A cette nouvelle, Jésus dit : " Cette maladie ne mène pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu : afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle. " |
5 Or Jésus aimait Marthe et sa sœur et Lazare. |
6 Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore dans le lieu où il se trouvait; |
7 alors seulement, il dit aux disciples : " Allons de nouveau en Judée. " |
8 Ses disciples lui dirent : " Rabbi, tout récemment les Juifs cherchaient à te lapider, et tu retournes là-bas ! " |
9 Jésus répondit : " N'y a-t-il pas douze heures de jour ? Si quelqu'un marche le jour, il ne bute pas, parce qu'il voit la lumière de ce monde ; |
10 mais s'il marche la nuit, il bute, parce que la lumière n'est pas en lui. " |
11 Il dit cela, et ensuite : " Notre ami Lazare repose, leur dit-il ; mais je vais aller le réveiller. " |
12 Les disciples lui dirent : " Seigneur, s'il repose, il sera sauvé. " |
13 Jésus avait parlé de sa mort, mais eux pensèrent qu'il parlait du repos du sommeil. |
14 Alors Jésus leur dit ouvertement : " Lazare est mort, |
15 et je me réjouis pour vous de n'avoir pas été là-bas, afin que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! " |
16 Alors Thomas, appelé Didyme, dit aux autres disciples : " Allons, nous aussi, pour mourir avec lui ! " |
17 À son arrivée, Jésus trouva Lazare dans le tombeau depuis quatre jours déjà. |
18 Béthanie était près de Jérusalem, distant d'environ quinze stades, |
19 et beaucoup d'entre les Juifs étaient venus auprès de Marthe et de Marie pour les consoler au sujet de leur frère. |
20 Quand Marthe apprit que Jésus arrivait, elle alla à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. |
21 Marthe dit à Jésus : " Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. |
22 Mais maintenant encore, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l'accordera. " |
23 Jésus lui dit : " Ton frère ressuscitera. " - |
24 " Je sais, dit Marthe, qu'il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. " |
25 Jésus lui dit : " Je suis la résurrection. Qui croit en moi, même s'il meurt, vivra ; |
26 et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Le crois-tu ? " |
27 Elle lui dit : " Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui vient dans le monde. " |
28 Ayant dit cela, elle s'en alla appeler sa sœur Marie, lui disant en secret : " Le Maître est là et il t'appelle. " |
29 Celle-ci, à cette nouvelle, se leva bien vite et alla vers lui. |
30 Jésus n'était pas encore arrivé au village, mais il se trouvait toujours à l'endroit où Marthe était venue à sa rencontre. |
31 Quand les Juifs qui étaient avec Marie dans la maison et la consolaient la virent se lever bien vite et sortir, ils la suivirent, pensant qu'elle allait au tombeau pour y pleurer. |
32 Arrivée là où était Jésus, Marie, en le voyant, tomba à ses pieds et lui dit : " Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort ! " |
33 Lorsqu'il la vit pleurer, et pleurer aussi les Juifs qui l'avaient accompagnée, Jésus frémit en son esprit et se troubla. |
34 Il dit : " Où l'avez-vous mis ? " Il lui dirent : " Seigneur, viens et vois. " |
35 Jésus pleura. |
36 Les Juifs dirent alors : " Voyez comme il l'aimait ! " |
37 Mais quelques-uns d'entre eux dirent : " Ne pouvait-il pas, lui qui a ouvert les yeux de l'aveugle, faire aussi que celui-ci ne mourût pas ? " |
38 Alors Jésus, frémissant à nouveau en lui-même, se rend au tombeau. C'était une grotte, avec une pierre placée par-dessus. |
39 Jésus dit : " Enlevez la pierre ! " Marthe, la sœur du mort, lui dit : " Seigneur, il sent déjà : c'est le quatrième jour. " |
40 Jésus lui dit : " Ne t'ai-je pas dit que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? " |
41 On enleva donc la pierre. Jésus leva les yeux en haut et dit : " Père, je te rends grâces de m'avoir écouté. |
42 Je savais que tu m'écoutes toujours ; mais c'est à cause de la foule qui m'entoure que j'ai parlé, afin qu'ils croient que tu m'as envoyé. " |
43 Cela dit, il s'écria d'une voix forte : " Lazare, viens dehors ! " |
44 Le mort sortit, les pieds et les mains liés de bandelettes, et son visage était enveloppé d'un suaire. Jésus leur dit : " Déliez-le et laissez-le aller. " |
45 Beaucoup d'entre les Juifs qui étaient venus auprès de Marie et avaient vu ce qu'il avait fait, crurent en lui. |
46 Mais certains s'en furent trouver les Pharisiens et leur dirent ce qu'avait fait Jésus. |
47 Les grands prêtres et les Pharisiens réunirent alors un conseil : " Que faisons-nous ? disaient-ils, cet homme fait beaucoup de signes. |
48 Si nous le laissons ainsi tous croiront en lui, et les Romains viendront et ils supprimeront notre Lieu Saint et notre nation. " |
49 Mais l'un d'entre eux, Caïphe, étant grand prêtre cette année-là, leur dit : " Vous n'y entendez rien. |
50 Vous ne songez même pas qu'il est de votre intérêt qu'un seul homme meure pour le peuple et que la nation ne périsse pas tout entière. " |
51 Or cela, il ne le dit pas de lui-même; mais, étant grand prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation - |
52 et non pas pour la nation seulement, mais encore afin de rassembler dans l'unité les enfants de Dieu dispersés. |
53 Dès ce jour-là donc, ils résolurent de le tuer. |
54 Aussi Jésus cessa de circuler en public parmi les Juifs ; il se retira dans la région voisine du désert, dans une ville appelée Éphraïm, et il y séjournait avec ses disciples. |
55 Or la Pâque des Juifs était proche et beaucoup de gens montèrent de la campagne à Jérusalem, avant la Pâque, pour se purifier. |
56 Ils cherchaient Jésus et se disaient les uns aux autres, en se tenant dans le Temple : " Qu'en pensez-vous ? qu'il ne viendra pas à la fête ? " |
57 Les grands prêtres et les Pharisiens avaient donné des ordres : si quelqu'un savait où il était, il devait l'indiquer, afin qu'on le saisît. |
La lecture d'aujourd'hui nous donne un autre témoignage du triomphe du Royaume que Jésus a apporté dans le monde. En tout temps et chez tous les peuples sans exception, le triomphe de la mort sur la vie a été perçu comme quelque chose d'injuste et qui ne devrait pas être. Les tentatives pour considérer la mort à la manière d'un stoïcien ou d'un philosophe de la nature, en la regardant avec un calme philosophique et en l'acceptant comme quelque chose de régulier et d'inévitable, et donc de normal, ont généralement échoué. Au moment de se trouver face à face avec elle, la mort n'inspirait toujours que l'horreur et le dégoût. D'autres sentiments, liés aux causes et aux circonstances de la mort, s'y mêlaient certes souvent, mais ils ne concernaient plus la mort comme telle: leur source était précisément ces causes et ces circonstances, et non le fait même de mourir.
La Bible explique cette attitude envers la mort: celle-ci est entrée dans le monde à la suite de la chute; elle fait partie du mal du monde, qui devra inévitablement disparaître lorsque le monde, transfiguré par la puissance de Dieu, deviendra une partie du Royaume. En pleurant à la vue de ceux qui sont dans le deuil (v. 32-36), Jésus confirme que la mort n'est pas une tragédie imaginaire de la vie humaine, mais une tragédie réelle.
Ce n'est évidemment pas la fin: devant nous se trouvent la résurrection, le Jugement et le Royaume. Aux temps évangéliques, tout Juif croyant connaissait la résurrection (v. 23-24), mais la mort demeurait néanmoins un état contraire à la nature humaine; elle contredisait le dessein de Dieu sur l'homme et sa vocation. Le Royaume se révèle donc incompatible avec la mort.
Ce n'est pas un hasard si Jésus dit qu'il est lui-même la résurrection (v. 25-26): il porte en lui la plénitude du Royaume, et la mort recule devant le Royaume. Certes, le retour à la vie antérieure, qui n'est pas encore transfigurée par la puissance de Dieu, dans le monde antérieur, qui n'est pas encore devenu partie du Royaume, peut difficilement être considéré comme l'achèvement du chemin. Ce n'est pas encore la résurrection qu'attendaient les Juifs croyants. Mais la mort et le Royaume sont incompatibles; ainsi, même celui qui n'est pas encore entièrement transfiguré trouve dans le Royaume la plénitude de vie qui lui est accessible.
Nul ne peut contenir plus de vie qu'il n'est capable d'en contenir; mais au contact de la plénitude de la vie de Dieu, chacun reçoit la mesure de vie qui lui est accessible. Lazare n'était pas encore parvenu à la transfiguration complète, mais il était tout à fait capable de vivre la vie que mène tout homme bien portant dans notre monde encore imparfaitement transfiguré. Il reçoit cette plénitude qui lui est possible en sortant à la lumière de Dieu du tombeau où il avait été enseveli (v. 38-44). Alors chacun put constater de ses propres yeux que le Royaume était réellement entré dans le monde et qu'avec lui y était aussi entrée la résurrection que l'on croyait jusque-là réservée à l'avenir.
On pourrait penser qu'une démonstration si évidente aurait dû faire fondre et convertir tous les cœurs, mais rien de tel ne se produisit, semble-t-il. Certains crurent réellement (v. 45-46), tandis que d'autres se renforcèrent encore dans leur refus du Christ et du Royaume. Mais les témoignages étaient trop manifestes, et ceux qui rejetaient le Royaume n'avaient plus d'autre issue, dans la logique de leur refus obstiné, que d'en venir à l'idée de se débarrasser de celui qui avait apporté le Royaume dans le monde (v. 47-53). Ainsi le refus du Royaume conduit à la croix le Sauveur du monde envoyé par Dieu.
1 Il y avait un malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de sa sœur Marthe. |
2 Marie était celle qui oignit le Seigneur de parfum et lui essuya les pieds avec ses cheveux; c'était son frère Lazare qui était malade. |
3 Les deux sœurs envoyèrent donc dire à Jésus : " Seigneur, celui que tu aimes est malade. " |
4 A cette nouvelle, Jésus dit : " Cette maladie ne mène pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu : afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle. " |
5 Or Jésus aimait Marthe et sa sœur et Lazare. |
6 Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore dans le lieu où il se trouvait; |
7 alors seulement, il dit aux disciples : " Allons de nouveau en Judée. " |
8 Ses disciples lui dirent : " Rabbi, tout récemment les Juifs cherchaient à te lapider, et tu retournes là-bas ! " |
9 Jésus répondit : " N'y a-t-il pas douze heures de jour ? Si quelqu'un marche le jour, il ne bute pas, parce qu'il voit la lumière de ce monde ; |
10 mais s'il marche la nuit, il bute, parce que la lumière n'est pas en lui. " |
11 Il dit cela, et ensuite : " Notre ami Lazare repose, leur dit-il ; mais je vais aller le réveiller. " |
12 Les disciples lui dirent : " Seigneur, s'il repose, il sera sauvé. " |
13 Jésus avait parlé de sa mort, mais eux pensèrent qu'il parlait du repos du sommeil. |
14 Alors Jésus leur dit ouvertement : " Lazare est mort, |
15 et je me réjouis pour vous de n'avoir pas été là-bas, afin que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! " |
16 Alors Thomas, appelé Didyme, dit aux autres disciples : " Allons, nous aussi, pour mourir avec lui ! " |
17 À son arrivée, Jésus trouva Lazare dans le tombeau depuis quatre jours déjà. |
18 Béthanie était près de Jérusalem, distant d'environ quinze stades, |
19 et beaucoup d'entre les Juifs étaient venus auprès de Marthe et de Marie pour les consoler au sujet de leur frère. |
20 Quand Marthe apprit que Jésus arrivait, elle alla à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. |
21 Marthe dit à Jésus : " Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. |
22 Mais maintenant encore, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l'accordera. " |
23 Jésus lui dit : " Ton frère ressuscitera. " - |
24 " Je sais, dit Marthe, qu'il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. " |
25 Jésus lui dit : " Je suis la résurrection. Qui croit en moi, même s'il meurt, vivra ; |
26 et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Le crois-tu ? " |
27 Elle lui dit : " Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui vient dans le monde. " |
28 Ayant dit cela, elle s'en alla appeler sa sœur Marie, lui disant en secret : " Le Maître est là et il t'appelle. " |
29 Celle-ci, à cette nouvelle, se leva bien vite et alla vers lui. |
30 Jésus n'était pas encore arrivé au village, mais il se trouvait toujours à l'endroit où Marthe était venue à sa rencontre. |
31 Quand les Juifs qui étaient avec Marie dans la maison et la consolaient la virent se lever bien vite et sortir, ils la suivirent, pensant qu'elle allait au tombeau pour y pleurer. |
32 Arrivée là où était Jésus, Marie, en le voyant, tomba à ses pieds et lui dit : " Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort ! " |
33 Lorsqu'il la vit pleurer, et pleurer aussi les Juifs qui l'avaient accompagnée, Jésus frémit en son esprit et se troubla. |
34 Il dit : " Où l'avez-vous mis ? " Il lui dirent : " Seigneur, viens et vois. " |
35 Jésus pleura. |
36 Les Juifs dirent alors : " Voyez comme il l'aimait ! " |
37 Mais quelques-uns d'entre eux dirent : " Ne pouvait-il pas, lui qui a ouvert les yeux de l'aveugle, faire aussi que celui-ci ne mourût pas ? " |
38 Alors Jésus, frémissant à nouveau en lui-même, se rend au tombeau. C'était une grotte, avec une pierre placée par-dessus. |
39 Jésus dit : " Enlevez la pierre ! " Marthe, la sœur du mort, lui dit : " Seigneur, il sent déjà : c'est le quatrième jour. " |
40 Jésus lui dit : " Ne t'ai-je pas dit que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? " |
41 On enleva donc la pierre. Jésus leva les yeux en haut et dit : " Père, je te rends grâces de m'avoir écouté. |
42 Je savais que tu m'écoutes toujours ; mais c'est à cause de la foule qui m'entoure que j'ai parlé, afin qu'ils croient que tu m'as envoyé. " |
43 Cela dit, il s'écria d'une voix forte : " Lazare, viens dehors ! " |
44 Le mort sortit, les pieds et les mains liés de bandelettes, et son visage était enveloppé d'un suaire. Jésus leur dit : " Déliez-le et laissez-le aller. " |
45 Beaucoup d'entre les Juifs qui étaient venus auprès de Marie et avaient vu ce qu'il avait fait, crurent en lui. |
« Aujourd’hui Béthanie annonce d’avance la Résurrection du Christ, Donateur de vie, se réjouissant de la résurrection de Lazare… » On dit souvent qu’il y aurait, paraît-il, cette « dimension artistique » dans l’Évangile : des personnages porte-parole comme Jean le Baptiste et des événements doubles comme la résurrection de Lazare, appelés à faire ressortir l’événement principal, autrement dit, tout selon les lois des textes littéraires. Mais c’est profondément faux. On ne peut le voir jusqu’au bout qu’avec les yeux du coeur, mais essayons tout de même de remarquer des détails très concrets. Le Christ est ressuscité le troisième jour. Et le Seigneur a ressuscité Lazare le quatrième.
Pourquoi parle-t-on du quatrième jour ? Il existe, en fait, une raison tout à fait réelle, conditionnée par la culture. Tournons-nous vers le livre de David Stern, « Commentaire du Nouveau Testament juif », p. 269 : « Avant que la médecine apprenne à distinguer l’état comateux de la mort, il arrivait que des personnes soient enterrées vivantes par erreur. Les rites funéraires juifs cherchaient à exclure toute possibilité d’une erreur aussi terrible. Selon un traité post-talmudique composé au huitième siècle (selon le calendrier juif, note de nous), “nous allons au cimetière examiner les morts pendant trois jours, et nous ne craignons pas d’être soupçonnés de suivre les voies des Amoréens (c’est-à-dire des rites superstitieux). Un jour, on examina un homme enterré et l’on découvrit qu’il était vivant ; il vécut encore 25 ans, puis mourut. Un autre homme semblable vécut, et cinq enfants lui naquirent avant qu’il ne meure” (Semahot 8:1) ».
Et le fait que quatre jours se soient écoulés signifie une chose très simple : le temps de vérification prescrit par le rite était déjà expiré. Lazare était réellement mort. Le Seigneur aurait-Il pu se trouver à Béthanie avant ce délai ou non, a-t-Il attendu exprès ou non ? La question dépasse notre intelligence. Il en fut ainsi. Il n’y a ici pas la moindre part d’artifice littéraire, de symbolisme des nombres, de coïncidences, de multiples, et ainsi de suite, comme il en existe toujours dans la littérature « mystagogique », mais seulement le tissu vivant de la vie.
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