RÉFLEXIONS pour 1Co 9:17-18
Paul ne nie nullement le droit d'un ministre de l'Église à un soutien matériel de la part de la communauté dans laquelle il exerce son ministère. Et pourtant l'apôtre lui-même n'a jamais usé de ce droit. Non parce qu'il considérait son ministère indigne d'une rémunération. Il était simplement convaincu que son apostolat devait être absolument libre de tout attachement extérieur, social, quel qu'il soit. Paul gagnait sa vie par d'autres moyens, sans recourir à l'aide des communautés ecclésiales où il lui arrivait de se trouver et d'exercer son ministère. L'apôtre lui-même parle de ce refus comme de son choix personnel, sans le considérer comme une norme universelle pour les ministres de l'Église.
Pour ce qui le concerne, Paul estime que le refus de toute rémunération ou de tout soutien matériel de la part des communautés ecclésiales lui donne une liberté et une intégrité spirituelles qu'il n'aurait pas autrement. Que veut-il dire par là ? Aucun ministère authentique n'est jamais seulement une activité extérieure, une occupation, un travail. Il est toujours dérivé de l'état intérieur de l'homme, manifestation extérieure de sa vie spirituelle.
Mais du point de vue de la société (même s'il s'agit d'une communauté ecclésiale), il est précisément question d'un travail que l'on peut peser, évaluer et payer. Bien sûr, il ne s'agit pas alors du ministère en tant que tel, mais de ses manifestations extérieures : ce sont toujours elles seules qui sont pesées, évaluées et payées. Ce sont elles précisément, à la différence du ministère lui-même, que l'on peut peser, évaluer et payer.
Comme l'a très justement remarqué le poète, « l'inspiration ne se vend pas, mais on peut vendre le manuscrit ». On peut dire quelque chose de semblable du paiement du travail d'un ministre de l'Église : il est impossible de vendre sur le marché du travail ce ministère lui-même, mais certains de ses fruits peuvent très bien y devenir une marchandise. Dans ce cas, cependant, le ministre lui-même devra constamment garder en vue ce marché.
Bien sûr, dans le cas normal, il ne déterminera pas le ministère, mais il ne fait aucun doute que, pour le ministre, tenir compte de la situation de ce marché deviendra un attachement supplémentaire à la société. C'est précisément cela que Paul veut éviter. Il ne considère pas possible, pour lui, de dépendre matériellement de son ministère, même au moindre degré. L'apôtre comprend parfaitement que c'est son choix personnel, qu'on ne peut recommander à tous comme l'unique choix possible ; mais lui-même ne voit son ministère que de cette manière, ce qu'il dit directement et ouvertement.
