20 Alors il se mit à invectiver contre les villes qui avaient vu ses plus nombreux miracles mais n'avaient pas fait pénitence. |
21 " Malheur à toi, Chorazeïn ! Malheur à toi, Bethsaïde ! Car si les miracles qui ont lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que, sous le sac et dans la cendre, elles se seraient repenties. |
22 Aussi bien, je vous le dis, pour Tyr et Sidon, au Jour du Jugement, il y aura moins de rigueur que pour vous. |
23 Et toi, Capharnaüm, crois-tu que tu seras élevée jusqu'au ciel? Jusqu'à l'Hadès tu descendras. Car si les miracles qui ont eu lieu chez toi avaient eu lieu à Sodome, elle subsisterait encore aujourd'hui. |
24 Aussi bien, je vous le dis, pour le pays de Sodome il y aura moins de rigueur, au Jour du Jugement, que pour toi. " |
Le Christ reprend précisément les villes dont les habitants avaient déjà vu Ses œuvres et entendu Sa parole. Les reproches sont sévères ; il n’a sans doute pas été facile aux habitants de ces villes, sûrement présents alors, d’accepter la comparaison selon laquelle ils étaient pires que les païens, car Tyr et Sidon n’étaient pas seulement des bastions du paganisme, mais aussi de grands ports avec tout ce que le péché y faisait habituellement nicher. Pourtant, leurs habitants furent placés au-dessus des pieux habitants des villes où la prédication de Jésus avait retenti, mais « simplement » n’avait pas été entendue.
Il ne s’agit pas du tout ici de savoir qui devrait être condamné à quelle mesure de châtiment, ni de savoir lequel des péchés est le plus grave, mais de la responsabilité de garder la vérité reçue. Car le « si » prononcé au sujet de Tyr et de Sidon n’était pas seulement une opposition entre certains pécheurs et d’autres ; c’était peut-être aussi une prophétie sur le repentir et la conversion à venir des païens.
Les siècles ont passé, et désormais il n’est pas inutile pour nous, héritiers de l’expérience multiséculaire de l’Église, de nous demander parfois : les sévères avertissements d’abord adressés aux seuls Juifs ne nous concernent-ils pas ? Ne laissons-nous pas habituellement passer à côté de nos oreilles ce qui devrait nous secouer et nous retourner ? Et si beaucoup de ceux que nous sommes habitués à considérer comme impies devenaient, en se repentant, plus réceptifs à la Parole de Dieu ?
21 " Malheur à toi, Chorazeïn ! Malheur à toi, Bethsaïde ! Car si les miracles qui ont lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que, sous le sac et dans la cendre, elles se seraient repenties. |
22 Aussi bien, je vous le dis, pour Tyr et Sidon, au Jour du Jugement, il y aura moins de rigueur que pour vous. |
La comparaison que Jésus fait entre les villes où Il prêchait et les cités antiques connues pour leur débauche et leur immoralité peut, à première vue, paraître excessivement dure. Mais cela ne paraît ainsi qu’à première vue.
On pourrait croire qu’il n’est pas possible de comparer des hommes qui, même s’ils rejettent le Messie, sont tout de même religieux et pieux à leur manière, dans le cadre de cette religiosité, à des débauchés pour qui les commandements de Dieu sont une parole vide. Mais tout n’est pas si simple. En effet, tout pécheur qui pèche ouvertement sait qui il est et ce qu’il fait. Il peut ne pas penser qu’il commet quelque chose de pécheur, il peut même ne pas comprendre du tout ce que sont le péché et la justice, mais il ne doute pas et ne se trompe pas sur l’essence de ce qu’il fait. Si un tel homme, sous l’influence de facteurs intérieurs ou extérieurs, décide que ce qu’il fait est un péché, il a toutes les chances de changer la situation, car il ne prend pas le péché pour de la justice.
C’est sans doute pourquoi Jésus dit que si les habitants des villes connues pour leur relâchement et leur débauche avaient vu ce qu’ont vu les gens qui entouraient Jésus, ils se seraient repentis de tout et se seraient convertis : car ils ne se trompaient pas sur leur propre compte. Mais ceux qui avaient entendu Jésus et vu les miracles qu’Il accomplissait usaient de duplicité et se trompaient eux-mêmes. Beaucoup de pharisiens, par exemple, tentaient de se persuader eux-mêmes, et aussi de persuader les autres, qu’ils rejetaient Jésus et Son témoignage pour des raisons exclusivement de principe, et non par désir de défendre leur propre tradition religieuse et théologique, qui leur était plus chère et plus importante que le Messie et le Royaume.
Une telle illusion sur soi-même devenait une impasse spirituelle : on ne pouvait guère compter ici sur un repentir et une conversion rapides, puisque les pécheurs se considéraient comme des justes et des défenseurs de l’orthodoxie. Le péché caché est toujours plus terrible que le péché manifeste. Ce n’est pas par hasard que Jésus rend grâce au Père d’avoir révélé cela aux tout-petits : les sages et les intelligents dépendent trop de leur tradition, tandis que les « tout-petits » n’en sont pas encombrés et perçoivent tout plus simplement et plus clairement.
On le voit, toute tradition est ambivalente du point de vue spirituel : elle peut aider l’homme sur le chemin du Royaume comme elle peut l’en empêcher. Et s’il faut choisir, mieux vaut ne pas avoir de tradition du tout que d’en avoir une qui fait obstacle : aucune tradition, même la plus ancienne et la plus profonde, ne vaut tout de même le Royaume.
20 Alors il se mit à invectiver contre les villes qui avaient vu ses plus nombreux miracles mais n'avaient pas fait pénitence. |
21 " Malheur à toi, Chorazeïn ! Malheur à toi, Bethsaïde ! Car si les miracles qui ont lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que, sous le sac et dans la cendre, elles se seraient repenties. |
22 Aussi bien, je vous le dis, pour Tyr et Sidon, au Jour du Jugement, il y aura moins de rigueur que pour vous. |
23 Et toi, Capharnaüm, crois-tu que tu seras élevée jusqu'au ciel? Jusqu'à l'Hadès tu descendras. Car si les miracles qui ont eu lieu chez toi avaient eu lieu à Sodome, elle subsisterait encore aujourd'hui. |
24 Aussi bien, je vous le dis, pour le pays de Sodome il y aura moins de rigueur, au Jour du Jugement, que pour toi. " |
25 En ce temps-là Jésus prit la parole et dit : " Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l'avoir révélé aux tout-petits. |
26 Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir. |
Les villes où le Seigneur a prêché et accompli des miracles ne L’ont pas accueilli. La majorité des Juifs à qui la parole de Dieu avait été confiée se sont endurcis contre le Christ. N’est-ce pas à eux que se rapporte le terrible avertissement de l’Évangile selon Matthieu : « Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits. Tout arbre qui ne porte pas de bon fruit est coupé et jeté au feu. C’est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez » (Mt 7:18-20) ?
Mais il se rapporte aussi à nous : nous aussi avons entendu Sa parole, nous avons lu l’Évangile. Nous aussi sommes appelés Son peuple, nous gardons la foi transmise par les Apôtres. Mais l’arbre se reconnaît à ses fruits, et les fruits peuvent ne pas correspondre aux attentes du Jardinier. Soyons donc attentifs à nous-mêmes.
20 Alors il se mit à invectiver contre les villes qui avaient vu ses plus nombreux miracles mais n'avaient pas fait pénitence. |
21 " Malheur à toi, Chorazeïn ! Malheur à toi, Bethsaïde ! Car si les miracles qui ont lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que, sous le sac et dans la cendre, elles se seraient repenties. |
22 Aussi bien, je vous le dis, pour Tyr et Sidon, au Jour du Jugement, il y aura moins de rigueur que pour vous. |
23 Et toi, Capharnaüm, crois-tu que tu seras élevée jusqu'au ciel? Jusqu'à l'Hadès tu descendras. Car si les miracles qui ont eu lieu chez toi avaient eu lieu à Sodome, elle subsisterait encore aujourd'hui. |
24 Aussi bien, je vous le dis, pour le pays de Sodome il y aura moins de rigueur, au Jour du Jugement, que pour toi. " |
25 En ce temps-là Jésus prit la parole et dit : " Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l'avoir révélé aux tout-petits. |
26 Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir. |
À la fin de la lecture évangélique d’aujourd’hui, nous entendons une parole étonnante du Seigneur Jésus-Christ, qu’il est assez difficile de traduire en russe. Notre texte synodal propose la variante « Je Te glorifie, Père, Seigneur du ciel et de la terre ». Le texte slavon est plus proche de l’original, disant « Je Te confesse, Père ». En grec, on trouve ici le verbe exomologeo, qui signifie littéralement « être d’accord, promettre, reconnaître, avouer ». La traduction latine nous donne le verbe confiteor, qui signifie surtout « reconnaître, avouer ». Il est important d’écouter ce mot, car ses nuances nous aident à comprendre ce qu’est cette « confession » du Dieu unique à laquelle nous sommes appelés.
Ainsi, le Seigneur s’adresse au Père avec reconnaissance parce que le mystère du salut, le mystère de la foi, rejeté par Capharnaüm et par d’autres villes, rejeté par les sages et les intelligents, a été révélé aux tout-petits dans la foi, aux hommes simples et droits. C’est vraiment un don de la bienveillance du Père, une miséricorde envers nous. En même temps, c’est la manifestation de la grande sagesse de Dieu, car on ne peut venir au Tout-Puissant avec orgueil, avec suffisance. Quelles variantes de traduction, en tenant compte des nuances possibles, voyons-nous donc ?
« Je Te glorifie, Père » est la variante la plus ample en russe, choisie par les auteurs du texte synodal. C’est la proclamation de la grandeur de Dieu et l’annonce de Sa gloire, de Sa présence et de Sa souveraineté dans le monde. Cet aspect était central dans la tradition de l’Ancien Testament et le demeure dans la tradition du Nouveau Testament. « Je suis d’accord avec Toi, Père » est une autre variante, très importante dans notre présence devant Dieu. Car on ne peut devenir participant de la vie de Dieu qu’en consentant à ce que l’œuvre de Dieu soit belle. L’aspect de la reconnaissance est également important dans ce mot. Nous reconnaissons ce que nous avons fait ; mais ici, manifestement, il ne s’agit pas de cela. Une des variantes de traduction est : « Je Te déclare mon amour, Père » ; elle est proposée par l’excellent interlinéaire de la Société biblique russe, publié en 2001. Et encore, le grec du Nouveau Testament emploie aussi ce verbe au sens de promesse, de formulation de vœux. « Je promets de T’être fidèle, Père... » : voilà comment on peut exprimer cette nuance de sens.
Ainsi, le texte de l’Évangile d’aujourd’hui nous donne d’un seul coup plusieurs aspects indissolublement liés de ce qu’est la confession de foi. C’est la louange de Dieu, c’est la reconnaissance de Sa Vérité et de Sa Sagesse, c’est l’amour pour Lui et la promesse de Lui être fidèle. Voilà, semble-t-il, ce qu’est cette adoration en Esprit et en vérité à laquelle nous sommes tous appelés. Et il est également important que tout cela, surtout la promesse de fidélité, exige un service actif de Celui que nous glorifions, par la sagesse de qui nous nous laissons guider, que nous aimons et à qui nous sommes fidèles.
20 Alors il se mit à invectiver contre les villes qui avaient vu ses plus nombreux miracles mais n'avaient pas fait pénitence. |
21 " Malheur à toi, Chorazeïn ! Malheur à toi, Bethsaïde ! Car si les miracles qui ont lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que, sous le sac et dans la cendre, elles se seraient repenties. |
22 Aussi bien, je vous le dis, pour Tyr et Sidon, au Jour du Jugement, il y aura moins de rigueur que pour vous. |
23 Et toi, Capharnaüm, crois-tu que tu seras élevée jusqu'au ciel? Jusqu'à l'Hadès tu descendras. Car si les miracles qui ont eu lieu chez toi avaient eu lieu à Sodome, elle subsisterait encore aujourd'hui. |
24 Aussi bien, je vous le dis, pour le pays de Sodome il y aura moins de rigueur, au Jour du Jugement, que pour toi. " |
25 En ce temps-là Jésus prit la parole et dit : " Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l'avoir révélé aux tout-petits. |
26 Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir. |
Pourquoi la sagesse et l'intelligence deviennent-elles un obstacle au salut? Pourquoi cela fut-il le bon plaisir de Dieu? Nous avons l'habitude de voir dans la sagesse et l'intelligence la source de la vertu. Et cette habitude n'est pas sans fondement, car toute culture, et c'est elle précisément qui forme nos habitudes, se construit sur l'accroissement du raisonnable. Y compris la culture biblique: en elle, l'intelligence devient une condition indispensable de la connaissance de Dieu, et donc du salut: « Le commencement de la sagesse est la crainte du Seigneur, et la connaissance du Saint est l'intelligence » (Pr 9:10). Et cela nous est très compréhensible.
Mais voici que vient le Christ, et il apparaît que quelque chose ne va pas ici. Essayons de comprendre quoi. Tournons-nous encore vers le livre des Proverbes, ce livre vraiment principal parmi les livres canoniques consacrés à l'intelligence: « Heureux l'homme qui a trouvé la sagesse, et l'homme qui a acquis l'intelligence; car son gain vaut mieux que le gain de l'argent, et son revenu plus que l'or » (Pr 3:13-14). Et encore: « Acquiers la sagesse, acquiers l'intelligence; ne l'oublie pas et ne t'écarte pas des paroles de ma bouche. Ne l'abandonne pas, et elle te gardera; aime-la, et elle te protégera. Le principal, c'est la sagesse: acquiers la sagesse, et avec tout ce que tu possèdes acquiers l'intelligence. Estime-la hautement, et elle t'élèvera; elle te glorifiera si tu t'attaches à elle; elle mettra sur ta tête une belle couronne, elle te donnera une couronne magnifique » (Pr 4:5-9). Dans ces citations, sans doute, s'exprime de la manière la plus manifeste la grandeur de l'homme revêtu d'intelligence.
La grandeur... Oui, mais le Christ appelle à l'humilité, car lui-même est doux et humble de cœur. Et pour quoi? La réponse la plus forte serait sans doute les paroles du même livre des Proverbes: précisément en chantant l'intelligence humaine, il dit soudain, comme par hasard: « Confie-toi au Seigneur de tout ton cœur, et ne t'appuie pas sur ton intelligence » (Pr 3:5). Cette lueur deviendra avec le Christ un flot lumineux et éclatant d'amour, prêt à s'humilier devant son Bien-Aimé, car il ne veut rien d'autre.
20 Alors il se mit à invectiver contre les villes qui avaient vu ses plus nombreux miracles mais n'avaient pas fait pénitence. |
21 " Malheur à toi, Chorazeïn ! Malheur à toi, Bethsaïde ! Car si les miracles qui ont lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que, sous le sac et dans la cendre, elles se seraient repenties. |
22 Aussi bien, je vous le dis, pour Tyr et Sidon, au Jour du Jugement, il y aura moins de rigueur que pour vous. |
23 Et toi, Capharnaüm, crois-tu que tu seras élevée jusqu'au ciel? Jusqu'à l'Hadès tu descendras. Car si les miracles qui ont eu lieu chez toi avaient eu lieu à Sodome, elle subsisterait encore aujourd'hui. |
24 Aussi bien, je vous le dis, pour le pays de Sodome il y aura moins de rigueur, au Jour du Jugement, que pour toi. " |
25 En ce temps-là Jésus prit la parole et dit : " Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l'avoir révélé aux tout-petits. |
26 Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir. |
27 Tout m'a été remis par mon Père, et nul ne connaît le Fils si ce n'est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. |
28 " Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai. |
29 Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes. |
30 Oui, mon joug est aisé et mon fardeau léger. " |
Les habitants des villes où les signes et les miracles de Jésus avaient été manifestés ne crurent pas en Lui, tandis que parmi Ses disciples se trouvèrent des « petits enfants » : des gens simples, sans instruction, souvent avec un passé « imparfait », des malades, des impurs, des désespérés, des « pauvres en esprit ». Cela nous place devant la question de la connaissance de Dieu, de l'acquisition de la vraie foi. Il s'avère que les miracles jouent un rôle très faible dans le bouleversement intérieur de l'homme que l'Évangile appelle repentir. Dieu ne peut être connu que lorsqu'Il se révèle Lui-même : le Fils révèle le Père, le Père conduit à la foi au Fils. Cette révélation est une sorte de miracle intérieur, un signe invisible pour les autres, souvent même pour la personne elle-même. Elle se produit dans l'expérience du repos que donne le Seigneur Jésus aux « fatigués et chargés », dans la rencontre intuitive avec Celui qui est vraiment doux, lorsque la vie de l'homme devient apprentissage auprès du Christ, acquisition d'un cœur humble.
16 " Mais à qui vais-je comparer cette génération ? Elle ressemble à des gamins qui, assis sur les places, en interpellent d'autres, |
17 en disant : "Nous vous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé ! Nous avons entonné un chant funèbre, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine ! " |
18 Jean vient en effet, ne mangeant ni ne buvant, et l'on dit : "Il est possédé ! " |
19 Vient le Fils de l'homme, mangeant et buvant, et l'on dit : "Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs ! " Et justice a été rendue à la Sagesse par ses œuvres. " |
20 Alors il se mit à invectiver contre les villes qui avaient vu ses plus nombreux miracles mais n'avaient pas fait pénitence. |
Le Seigneur comprend que nous sommes toujours enclins à nous dérober à la nécessité de faire un choix clair. Cela nous est presque physiquement désagréable, et nous commençons à nous indigner : au secours, on nous prive de notre liberté ! Comment est-ce possible ? Et si nous ne voulons pas répondre ? C’est une atteinte à la personne ! Mais Dieu ne joue pas avec nous à ce genre de jeu. Il sait bien, Lui, que la liberté ne consiste pas à ne prendre aucune décision, et que ce qui a de la valeur n’est pas l’art de se dérober, mais une décision courageuse : consentir soit à une possibilité, soit à l’autre. Bien sûr, Il n’ignore pas que, jusqu’au dernier moment, nous pouvons trouver des contre-arguments et rejeter toutes les possibilités qu’Il nous propose : ici, le lieu ne nous plaît pas ; là, c’est le moment ; ailleurs, l’entourage ne convient pas… Même s’Il nous permet de continuer à mal nous conduire, Il attend néanmoins avec insistance et avec une patience étonnante, incompréhensible — pour parler humainement, « sans perdre Son calme » — le moment où nous ferons enfin notre choix. Il est prêt à attendre jusqu’au bout, jusqu’au tout dernier instant où nous sommes encore capables d’un effort de volonté. D’autant plus que Sa volonté concernant notre salut devra bien s’accomplir un jour !
16 " Mais à qui vais-je comparer cette génération ? Elle ressemble à des gamins qui, assis sur les places, en interpellent d'autres, |
17 en disant : "Nous vous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé ! Nous avons entonné un chant funèbre, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine ! " |
18 Jean vient en effet, ne mangeant ni ne buvant, et l'on dit : "Il est possédé ! " |
19 Vient le Fils de l'homme, mangeant et buvant, et l'on dit : "Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs ! " Et justice a été rendue à la Sagesse par ses œuvres. " |
20 Alors il se mit à invectiver contre les villes qui avaient vu ses plus nombreux miracles mais n'avaient pas fait pénitence. |
Les pharisiens refusaient de reconnaître Jean le Baptiste aussi bien que le Seigneur Jésus lui-même comme envoyés de Dieu. Chacun d'eux, malgré toute leur différence, déplaisait aux pharisiens par quelque chose. Jean le Baptiste leur déplaisait par son ascétisme et son appel au renouvellement de la foi. Le Seigneur... le Seigneur ne leur convenait en rien, notamment parce qu'il ne rejetait pas le repentir des pécheurs que les pharisiens considéraient comme voués à la perdition.
En réalité, bien sûr, derrière cela se tenait le refus d'accueillir la Bonne Nouvelle, d'abord parce que les pharisiens voulaient surtout paraître meilleurs que tous à leurs propres yeux. L'Évangile ne donne cette possibilité ni à eux ni à personne d'autre. Le Seigneur leur applique l'image des enfants qui ne pleurent pas aux chants tristes et ne se réjouissent pas aux chants joyeux. Dieu, dit ainsi le Seigneur, essaie de transmettre aux pharisiens sa parole, sa volonté, la Bonne Nouvelle, de telle et telle manière, par les voies les plus diverses. Mais ils ne réagissent à rien, et cela révèle précisément leur refus de répondre à l'appel de Dieu.
Le problème n'est pas de savoir comment est Jean le Baptiste ou comment est Jésus lui-même. Ceux qui cherchent la Parole de Dieu pourront, d'une manière ou d'une autre, la trouver et l'accueillir, conclut le Seigneur par ses paroles: « la sagesse a été justifiée par ses enfants ». Les uns sont venus au Christ par la prédication du Baptiste, d'autres ont reconnu eux-mêmes en lui le Sauveur... Celui qui a des oreilles et veut entendre entendra.
À notre époque, ce fragment de l'Évangile reste exceptionnellement actuel. Souvent les gens disent: « Je croirais bien, mais... » Quelque chose ne convient toujours pas à celui qui ne veut pas croire. Tantôt il y a beaucoup de mauvais dans la Bible, puisqu'elle dit la vérité sur l'histoire, tantôt les chrétiens sont mauvais, tantôt les commandements sont étranges... C'est précisément à cette position que se rapportent les paroles du Christ.
1 Et il advint, quand Jésus eut achevé de donner ces consignes à ses douze disciples, qu'il partit de là pour enseigner et prêcher dans leurs villes. |
2 Or Jean, dans sa prison, avait entendu parler des œuvres du Christ. Il lui envoya de ses disciples pour lui dire: |
3 " Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? " |
4 Jésus leur répondit : " Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : |
5 les aveugles voient et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres; |
6 et heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! " |
7 Tandis que ceux-là s'en allaient, Jésus se mit à dire aux foules au sujet de Jean : " Qu'êtes-vous allés contempler au désert ? Un roseau agité par le vent ? |
8 Alors qu'êtes-vous allés voir? Un homme vêtu de façon délicate? Mais ceux qui portent des habits délicats se trouvent dans les demeures des rois. |
9 Alors qu'êtes-vous allés faire? Voir un prophète? Oui, je vous le dis, et plus qu'un prophète. |
10 C'est celui dont il est écrit: Voici que moi j'envoie mon messager en avant de toi pour préparer ta route devant toi. |
11 " En vérité je vous le dis, parmi les enfants des femmes, il n'en a pas surgi de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des Cieux est plus grand que lui. |
12 Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu'à présent le Royaume des Cieux souffre violence, et des violents s'en emparent. |
13 Tous les prophètes en effet, ainsi que la Loi, ont mené leurs prophéties jusqu'à Jean. |
14 Et lui, si vous voulez m'en croire, il est cet Élie qui doit revenir. |
15 Que celui qui a des oreilles entende ! |
16 " Mais à qui vais-je comparer cette génération ? Elle ressemble à des gamins qui, assis sur les places, en interpellent d'autres, |
17 en disant : "Nous vous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé ! Nous avons entonné un chant funèbre, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine ! " |
18 Jean vient en effet, ne mangeant ni ne buvant, et l'on dit : "Il est possédé ! " |
19 Vient le Fils de l'homme, mangeant et buvant, et l'on dit : "Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs ! " Et justice a été rendue à la Sagesse par ses œuvres. " |
20 Alors il se mit à invectiver contre les villes qui avaient vu ses plus nombreux miracles mais n'avaient pas fait pénitence. |
21 " Malheur à toi, Chorazeïn ! Malheur à toi, Bethsaïde ! Car si les miracles qui ont lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que, sous le sac et dans la cendre, elles se seraient repenties. |
22 Aussi bien, je vous le dis, pour Tyr et Sidon, au Jour du Jugement, il y aura moins de rigueur que pour vous. |
23 Et toi, Capharnaüm, crois-tu que tu seras élevée jusqu'au ciel? Jusqu'à l'Hadès tu descendras. Car si les miracles qui ont eu lieu chez toi avaient eu lieu à Sodome, elle subsisterait encore aujourd'hui. |
24 Aussi bien, je vous le dis, pour le pays de Sodome il y aura moins de rigueur, au Jour du Jugement, que pour toi. " |
25 En ce temps-là Jésus prit la parole et dit : " Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l'avoir révélé aux tout-petits. |
26 Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir. |
27 Tout m'a été remis par mon Père, et nul ne connaît le Fils si ce n'est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. |
28 " Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai. |
29 Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes. |
30 Oui, mon joug est aisé et mon fardeau léger. " |
En parlant de la réalisation du Royaume de Dieu, l’évangéliste souligne clairement le rôle central du Christ Lui-même. Il se révèle être le contenu principal de la prédication du Baptiste — car c’est précisément pour cela que les gens venaient à lui de tout le pays, et non pour regarder le vent agiter un roseau dans le désert ! Il est au centre de la prédication dans les villes de Galilée : avec Sa venue, Capharnaüm « s’élève jusqu’au ciel », mais, refusant d’écouter Sa prédication, elle est « précipitée jusque dans l’enfer ». Enfin, Il concentre en Lui la loi divine et la volonté divine. Cela ressort du vocabulaire des derniers versets de ce chapitre. Les personnes pieuses qui prenaient sur elles le « fardeau » d’accomplir tous les commandements de la Loi se disaient « fatiguées et chargées ». Il ne s’agit donc nullement ici de la classe ouvrière qui, après le travail, va à l’église pour apaiser son âme par le culte. Jésus, quant à Lui, appelle les disciples à Le prendre Lui-même sur eux comme un « fardeau », à vivre par Lui et à servir Dieu par Lui, car, contrairement aux commandements fixes et immuables du Pentateuque, Son « fardeau » est aisé et léger : Il sait adopter une approche personnelle envers chacun, et il y a en outre la fidélité, l’amour et le pardon.
1 Et il advint, quand Jésus eut achevé de donner ces consignes à ses douze disciples, qu'il partit de là pour enseigner et prêcher dans leurs villes. |
2 Or Jean, dans sa prison, avait entendu parler des œuvres du Christ. Il lui envoya de ses disciples pour lui dire: |
3 " Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? " |
4 Jésus leur répondit : " Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : |
5 les aveugles voient et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres; |
6 et heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! " |
7 Tandis que ceux-là s'en allaient, Jésus se mit à dire aux foules au sujet de Jean : " Qu'êtes-vous allés contempler au désert ? Un roseau agité par le vent ? |
8 Alors qu'êtes-vous allés voir? Un homme vêtu de façon délicate? Mais ceux qui portent des habits délicats se trouvent dans les demeures des rois. |
9 Alors qu'êtes-vous allés faire? Voir un prophète? Oui, je vous le dis, et plus qu'un prophète. |
10 C'est celui dont il est écrit: Voici que moi j'envoie mon messager en avant de toi pour préparer ta route devant toi. |
11 " En vérité je vous le dis, parmi les enfants des femmes, il n'en a pas surgi de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des Cieux est plus grand que lui. |
12 Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu'à présent le Royaume des Cieux souffre violence, et des violents s'en emparent. |
13 Tous les prophètes en effet, ainsi que la Loi, ont mené leurs prophéties jusqu'à Jean. |
14 Et lui, si vous voulez m'en croire, il est cet Élie qui doit revenir. |
15 Que celui qui a des oreilles entende ! |
16 " Mais à qui vais-je comparer cette génération ? Elle ressemble à des gamins qui, assis sur les places, en interpellent d'autres, |
17 en disant : "Nous vous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé ! Nous avons entonné un chant funèbre, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine ! " |
18 Jean vient en effet, ne mangeant ni ne buvant, et l'on dit : "Il est possédé ! " |
19 Vient le Fils de l'homme, mangeant et buvant, et l'on dit : "Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs ! " Et justice a été rendue à la Sagesse par ses œuvres. " |
20 Alors il se mit à invectiver contre les villes qui avaient vu ses plus nombreux miracles mais n'avaient pas fait pénitence. |
21 " Malheur à toi, Chorazeïn ! Malheur à toi, Bethsaïde ! Car si les miracles qui ont lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que, sous le sac et dans la cendre, elles se seraient repenties. |
22 Aussi bien, je vous le dis, pour Tyr et Sidon, au Jour du Jugement, il y aura moins de rigueur que pour vous. |
23 Et toi, Capharnaüm, crois-tu que tu seras élevée jusqu'au ciel? Jusqu'à l'Hadès tu descendras. Car si les miracles qui ont eu lieu chez toi avaient eu lieu à Sodome, elle subsisterait encore aujourd'hui. |
24 Aussi bien, je vous le dis, pour le pays de Sodome il y aura moins de rigueur, au Jour du Jugement, que pour toi. " |
25 En ce temps-là Jésus prit la parole et dit : " Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l'avoir révélé aux tout-petits. |
26 Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir. |
27 Tout m'a été remis par mon Père, et nul ne connaît le Fils si ce n'est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler. |
28 " Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai. |
29 Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes. |
30 Oui, mon joug est aisé et mon fardeau léger. " |
La lecture d'aujourd'hui nous dit beaucoup de choses sur la sagesse au sens où Jésus l'entend. Elle commence par un épisode décrivant l'étrange perplexité, à première vue, de Jean le Baptiste au sujet du ministère du Sauveur (v. 2-6). En effet, la question a été posée précisément par celui qui, le premier, avait désigné Jésus comme le Messie-Christ (Mt 3:13-17). Et pour Jésus lui-même, cet épisode est devenu l'occasion de paroles amères sur la sagesse humaine. Le problème n'est pas la limitation de la raison humaine : en soi, cette limitation n'a rien de terrible, car Dieu n'a pas conçu l'homme omniscient dès le commencement. Le problème est de savoir comment et dans quel but l'homme utilise la raison que Dieu lui a donnée. Or l'homme déchu, semble-t-il, l'utilise le plus souvent pour se justifier et s'affirmer lui-même.
Les auteurs de l'Ancien Testament voient la sagesse comme l'art de construire des relations avec Dieu et avec les hommes, comme la science d'une vie juste ; mais il arrivait souvent qu'elle dégénère en une sorte de jeux intellectuels servant uniquement au divertissement et, en ce sens, guère différents des jeux d'enfants (v. 16-17). Le pire était que ces jeux, pris avec tout le sérieux possible, ont masqué aux « sages », au moment critique, la Vérité vivante venue dans le monde ; ils leur ont masqué le Royaume.
Quel Messie les Juifs croyants attendaient-ils en ce temps-là ? Les conceptions théologiques messianiques étaient nombreuses, mais il s'est trouvé que le Messie réel n'entrait pleinement dans aucune d'elles. Sans doute même Jean le Baptiste attendait-il autre chose du Messie-Christ qu'il avait reconnu.
Du reste, il est impossible de satisfaire ceux pour qui leurs théories valent plus que la vérité : s'il jeûne, c'est qu'il est possédé ; s'il ne jeûne pas, c'est un glouton, un ivrogne, un pécheur (v. 18-19)... Ici, une seule chose compte : celui qu'on juge correspond-il aux critères du « nôtre », entre-t-il dans le cadre de la conception ou non ? Sinon, on peut toujours trouver des justifications pour le déclarer « incorrect », pécheur, transgresseur de la Torah et serviteur de Satan. Et les partisans de la théorie « correcte » sauront toujours fonder sa « correction » (v. 19). Seulement, au Jugement, ces « théoriciens » auront ensuite plus de peine que ceux qui ont simplement péché sans aucune théorie (v. 20-24). Ce qui, au fond, n'a rien d'étonnant : le sage qui a employé sa sagesse pour le mal porte une responsabilité plus grande que celui qui ne prétend à aucune sagesse.
Après votre inscription, vous pourrez vous abonner à l’envoi des textes de n’importe quel plan de lecture de la Bible. Nous prévoyons d’ajouter progressivement des paramètres personnalisés ainsi que d’autres services pour les utilisateurs inscrits. Nous vous conseillons donc de vous inscrire dès maintenant. C’est gratuit. | ||
| ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||