Pourquoi la sagesse et l'intelligence deviennent-elles un obstacle au salut? Pourquoi cela fut-il le bon plaisir de Dieu? Nous avons l'habitude de voir dans la sagesse et l'intelligence la source de la vertu. Et cette habitude n'est pas sans fondement, car toute culture, et c'est elle précisément qui forme nos habitudes, se construit sur l'accroissement du raisonnable. Y compris la culture biblique: en elle, l'intelligence devient une condition indispensable de la connaissance de Dieu, et donc du salut: « Le commencement de la sagesse est la crainte du Seigneur, et la connaissance du Saint est l'intelligence » (Pr 9:10). Et cela nous est très compréhensible.
Mais voici que vient le Christ, et il apparaît que quelque chose ne va pas ici. Essayons de comprendre quoi. Tournons-nous encore vers le livre des Proverbes, ce livre vraiment principal parmi les livres canoniques consacrés à l'intelligence: « Heureux l'homme qui a trouvé la sagesse, et l'homme qui a acquis l'intelligence; car son gain vaut mieux que le gain de l'argent, et son revenu plus que l'or » (Pr 3:13-14). Et encore: « Acquiers la sagesse, acquiers l'intelligence; ne l'oublie pas et ne t'écarte pas des paroles de ma bouche. Ne l'abandonne pas, et elle te gardera; aime-la, et elle te protégera. Le principal, c'est la sagesse: acquiers la sagesse, et avec tout ce que tu possèdes acquiers l'intelligence. Estime-la hautement, et elle t'élèvera; elle te glorifiera si tu t'attaches à elle; elle mettra sur ta tête une belle couronne, elle te donnera une couronne magnifique » (Pr 4:5-9). Dans ces citations, sans doute, s'exprime de la manière la plus manifeste la grandeur de l'homme revêtu d'intelligence.
La grandeur... Oui, mais le Christ appelle à l'humilité, car lui-même est doux et humble de cœur. Et pour quoi? La réponse la plus forte serait sans doute les paroles du même livre des Proverbes: précisément en chantant l'intelligence humaine, il dit soudain, comme par hasard: « Confie-toi au Seigneur de tout ton cœur, et ne t'appuie pas sur ton intelligence » (Pr 3:5). Cette lueur deviendra avec le Christ un flot lumineux et éclatant d'amour, prêt à s'humilier devant son Bien-Aimé, car il ne veut rien d'autre.
