RÉFLEXIONS pour Mt 11:20-24
Le Christ reprend précisément les villes dont les habitants avaient déjà vu Ses œuvres et entendu Sa parole. Les reproches sont sévères ; il n’a sans doute pas été facile aux habitants de ces villes, sûrement présents alors, d’accepter la comparaison selon laquelle ils étaient pires que les païens, car Tyr et Sidon n’étaient pas seulement des bastions du paganisme, mais aussi de grands ports avec tout ce que le péché y faisait habituellement nicher. Pourtant, leurs habitants furent placés au-dessus des pieux habitants des villes où la prédication de Jésus avait retenti, mais « simplement » n’avait pas été entendue.
Il ne s’agit pas du tout ici de savoir qui devrait être condamné à quelle mesure de châtiment, ni de savoir lequel des péchés est le plus grave, mais de la responsabilité de garder la vérité reçue. Car le « si » prononcé au sujet de Tyr et de Sidon n’était pas seulement une opposition entre certains pécheurs et d’autres ; c’était peut-être aussi une prophétie sur le repentir et la conversion à venir des païens.
Les siècles ont passé, et désormais il n’est pas inutile pour nous, héritiers de l’expérience multiséculaire de l’Église, de nous demander parfois : les sévères avertissements d’abord adressés aux seuls Juifs ne nous concernent-ils pas ? Ne laissons-nous pas habituellement passer à côté de nos oreilles ce qui devrait nous secouer et nous retourner ? Et si beaucoup de ceux que nous sommes habitués à considérer comme impies devenaient, en se repentant, plus réceptifs à la Parole de Dieu ?
