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RÉFLEXIONS pour Mt 26:6-16

Comme Jésus se trouvait à Béthanie, chez Simon le lépreux,
une femme s'approcha de lui, avec un flacon d'albâtre contenant un parfum très précieux, et elle le versa sur sa tête, tandis qu'il était à table.
A cette vue les disciples furent indignés : " A quoi bon ce gaspillage ? dirent-ils ;
cela pouvait être vendu bien cher et donné à des pauvres. "
10 Jésus s'en aperçut et leur dit : " Pourquoi tracassez-vous cette femme ? C'est vraiment une "bonne œuvre" qu'elle a accomplie pour moi.
11 Les pauvres, en effet, vous les aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m'aurez pas toujours.
12 Si elle a répandu ce parfum sur mon corps, c'est pour m'ensevelir qu'elle l'a fait.
13 En vérité je vous le dis, partout où sera proclamé cet Évangile, dans le monde entier, on redira aussi, à sa mémoire, ce qu'elle vient de faire. "
14 Alors l'un des Douze, appelé Judas Iscariote, se rendit auprès des grands prêtres
15 et leur dit : " Que voulez-vous me donner, et moi je vous le livrerai ? " Ceux-ci lui versèrent trente pièces d'argent.
16 Et de ce moment il cherchait une occasion favorable pour le livrer.
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Il est tout à fait évident que l’essentiel dans le texte évangélique que nous lisons ces jours-ci — ce sont les événements mêmes dont parlent les évangélistes. Ils nous les racontent non pour que nous goûtions un style littéraire ou que nous pénétrions la profondeur des pensées et des jugements. Les événements de la Semaine sainte, plus que tous les autres, doivent précisément être vus.

Le Symbole de la foi, plein de profondeur et exprimant les mystères inexprimables de Dieu, donne, en parlant de la Passion, une indication quelque peu inattendue et très concrète : « crucifié pour nous sous Ponce Pilate ». Pourquoi ? Quel rapport avec Pilate ? Cette mention est nécessaire pour que nous nous souvenions que la Passion du Seigneur Jésus-Christ pour nous n’est pas une catégorie théologique abstraite, mais des événements réels survenus en un temps déterminé et en un lieu déterminé.

Lorsque nous rappelons la trahison de Judas, l’onction de parfum pendant le repas à Béthanie et la prophétie involontaire de Caïphe, nous devenons nous-mêmes, dans une certaine mesure, non seulement spectateurs, mais aussi participants de ces événements. Car en voyant le Chemin de croix du Christ, on ne peut pas ne pas penser que tout cela, le Seigneur le subit à cause de nous, à notre place et pour nous.

Autres réflexions

 
Pour Mt 26:6-16
Comme Jésus se trouvait à Béthanie, chez Simon le lépreux,
une femme s'approcha de lui, avec un flacon d'albâtre contenant un parfum très précieux, et elle le versa sur sa tête, tandis qu'il était à table.
A cette vue les disciples furent indignés : " A quoi bon ce gaspillage ? dirent-ils ;
cela pouvait être vendu bien cher et donné à des pauvres. "
10 Jésus s'en aperçut et leur dit : " Pourquoi tracassez-vous cette femme ? C'est vraiment une "bonne œuvre" qu'elle a accomplie pour moi.
11 Les pauvres, en effet, vous les aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m'aurez pas toujours.
12 Si elle a répandu ce parfum sur mon corps, c'est pour m'ensevelir qu'elle l'a fait.
13 En vérité je vous le dis, partout où sera proclamé cet Évangile, dans le monde entier, on redira aussi, à sa mémoire, ce qu'elle vient de faire. "
14 Alors l'un des Douze, appelé Judas Iscariote, se rendit auprès des grands prêtres
15 et leur dit : " Que voulez-vous me donner, et moi je vous le livrerai ? " Ceux-ci lui versèrent trente pièces d'argent.
16 Et de ce moment il cherchait une occasion favorable pour le livrer.
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Monseigneur Antoine, métropolite de Sourozh, prononça au printemps 1977 une homélie le Grand Mercredi, et dans cette homélie retentit cette parabole...  Lire la suite

Monseigneur Antoine, métropolite de Sourozh, prononça au printemps 1977 une homélie le Grand Mercredi, et dans cette homélie retentit cette parabole: «On demanda à un ascète comment il pouvait vivre avec tant de joie dans l'âme, avec tant d'espérance, alors qu'il se savait pécheur. Il répondit: Quand je me tiendrai devant Dieu, il me demandera: As-tu su m'aimer de toute ton âme, de toute ta pensée, de toute ta force, de toute ta vie?.. Et je répondrai: Non, Seigneur!.. Et il me demandera: Mais as-tu étudié ce qui pouvait te sauver, as-tu lu ma parole, as-tu écouté les enseignements des saints?.. Et je lui répondrai: Non, Seigneur!.. Alors il me demandera: Mais as-tu au moins essayé de vivre dignement de ta vocation, ne serait-ce qu'humaine?.. Et je répondrai: Non, Seigneur!.. Alors le Seigneur regardera avec pitié mon visage affligé, sondera la contrition de mon cœur et dira: En une chose tu as été bon: tu es resté véridique jusqu'au bout; entre dans mon repos!..»

Pensons aujourd'hui à Judas. Pensons à nous-mêmes. Nous ne valons pas mieux que lui. Nous avons tant de fois trahi le Seigneur. Soyons au moins aujourd'hui véridiques, véridiques jusqu'au bout. Le fait que nous vivions dans la chaleur et le confort, tandis que dans les rues il y a des gens qui n'ont rien à manger, des gens au comble de la détresse, n'est-ce pas une trahison? Et même pas pour trente pièces d'argent. Éprouvons pour Judas de la pitié, sinon de la tendresse et de l'amour. Partageons la tragédie de ce pauvre petit homme. Comprenons jusqu'où nous sommes tombés. Non pas devant le monde, non. Car nous sommes appelés au nombre des disciples les plus proches, et le monde n'est déjà plus notre mesure. C'est devant Lui que nous sommes tombés; nous sommes indignes de Lui, et pourtant il nous aime encore et espère jusqu'au bout nous sauver, comme il voulait sauver Judas!

Oui, c'est ainsi que certains théologiens contemporains interprètent le morceau donné à Judas. Et ce morceau nous est donné à nous aussi comme un appel de l'amour prêt à tout pardonner; il nous suffit de revenir à nous tant qu'il est encore temps…

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Pour Mt 26:6-16
Comme Jésus se trouvait à Béthanie, chez Simon le lépreux,
une femme s'approcha de lui, avec un flacon d'albâtre contenant un parfum très précieux, et elle le versa sur sa tête, tandis qu'il était à table.
A cette vue les disciples furent indignés : " A quoi bon ce gaspillage ? dirent-ils ;
cela pouvait être vendu bien cher et donné à des pauvres. "
10 Jésus s'en aperçut et leur dit : " Pourquoi tracassez-vous cette femme ? C'est vraiment une "bonne œuvre" qu'elle a accomplie pour moi.
11 Les pauvres, en effet, vous les aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m'aurez pas toujours.
12 Si elle a répandu ce parfum sur mon corps, c'est pour m'ensevelir qu'elle l'a fait.
13 En vérité je vous le dis, partout où sera proclamé cet Évangile, dans le monde entier, on redira aussi, à sa mémoire, ce qu'elle vient de faire. "
14 Alors l'un des Douze, appelé Judas Iscariote, se rendit auprès des grands prêtres
15 et leur dit : " Que voulez-vous me donner, et moi je vous le livrerai ? " Ceux-ci lui versèrent trente pièces d'argent.
16 Et de ce moment il cherchait une occasion favorable pour le livrer.
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Les paroles de Jésus sur les pauvres, qui existeront toujours, donnent à réfléchir. Aujourd'hui, lorsque la lutte contre la pauvreté devient, au moins en paroles, l'une des priorités principales, elles peuvent bien sûr déconcerter quelque peu. Mais Jésus ne les dit pas simplement ainsi; il les dit...  Lire la suite

Les paroles de Jésus sur les pauvres, qui existeront toujours, donnent à réfléchir. Aujourd'hui, lorsque la lutte contre la pauvreté devient, au moins en paroles, l'une des priorités principales, elles peuvent bien sûr déconcerter quelque peu. Mais Jésus ne les dit pas simplement ainsi; il les dit dans le contexte d'une situation concrète, lorsque se font entendre des voix qui appellent à préférer à lui ces pauvres qui, selon sa parole, «sont toujours avec nous». Et là se pose la question du choix, la question des priorités qui déterminent notre vie.

Historiquement, le christianisme a toujours soutenu de toutes les manières tous les types de service social: l'aide aux pauvres, aux malades, aux rejetés, la charité, individuelle comme collective, en un mot tout ce qui peut alléger un tant soit peu la condition de ceux pour qui la vie est difficile. Et là, tôt ou tard, tant pour les personnes particulières qui portent de tels services que pour des communautés entières, se posera inévitablement la question: qui est pour nous à la première place? Le Christ ou les pauvres?

Il semblerait qu'il n'y ait pas besoin de choisir: le service social, à première vue, ne peut en aucun cas faire obstacle à la vie spirituelle. Mais cela n'est vrai qu'à première vue: car le service social est un service comme tout autre. Le Royaume est venu dans le monde non avec les pauvres, mais avec le Christ, et il existe dans le monde parce que l'Église est, selon la parole de l'apôtre, le Corps du Christ, et non parce qu'elle est une organisation caritative. Or le service social, comme toute activité extérieure, devient autonome et tend à absorber l'homme tout entier. Et si on le lui permet, cette personne peut facilement oublier le Royaume en se consacrant entièrement aux pauvres. Alors elle ne pourra déjà plus aider ceux auxquels elle se consacre: car l'homme, selon la parole du Sauveur, ne vit pas seulement de pain.

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Pour Mt 26:14-25
14 Alors l'un des Douze, appelé Judas Iscariote, se rendit auprès des grands prêtres
15 et leur dit : " Que voulez-vous me donner, et moi je vous le livrerai ? " Ceux-ci lui versèrent trente pièces d'argent.
16 Et de ce moment il cherchait une occasion favorable pour le livrer.
17 Le premier jour des Azymes, les disciples s'approchèrent de Jésus et lui dirent : " Où veux-tu que nous te préparions de quoi manger la Pâque ? "
18 Il dit : " Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : "Le Maître te fait dire : Mon temps est proche, c'est chez toi que je vais faire la Pâque avec mes disciples". "
19 Les disciples firent comme Jésus leur avait ordonné et préparèrent la Pâque.
20 Le soir venu, il était à table avec les Douze.
21 Et tandis qu'ils mangeaient, il dit : " En vérité je vous le dis, l'un de vous me livrera. "
22 Fort attristés, ils se mirent chacun à lui dire : " Serait-ce moi, Seigneur ? "
23 Il répondit : " Quelqu'un qui a plongé avec moi la main dans le plat, voilà celui qui va me livrer !
24 Le Fils de l'homme s'en va selon qu'il est écrit de lui ; mais malheur à cet homme-là par qui le Fils de l'homme est livré ! Mieux eût valu pour cet homme-là de ne pas naître ! "
25 A son tour, Judas, celui qui allait le livrer, lui demanda : " Serait-ce moi, Rabbi ? " - " Tu l'as dit ", répond Jésus.
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Dans le passage d'aujourd'hui de l'Évangile selon Matthieu, deux choses frappent. D'abord, le fait que Judas Iscariote, qui avait conçu le projet de livrer Jésus, soit allé vers...  Lire la suite

Dans le passage d'aujourd'hui de l'Évangile selon Matthieu, deux choses frappent. D'abord, le fait que Judas Iscariote, qui avait conçu le projet de livrer Jésus, soit allé vers les grands prêtres sans savoir quelle récompense ils lui donneraient. Il n'était pas mû seulement par le désir d'argent, ou plus exactement d'une somme déterminée, mais aussi par quelque chose d'autre.

Qui sait ce que c'était? Le refus de l'enseignement du Christ et la conscience que son propre coeur était fermé au Maître? Peut-être le dépit devant le fait que le Messie ne voulait pas conquérir le pouvoir par la force, et donc devant le fait que Judas lui-même ne pouvait pas combattre en le soutenant? Il ne nous reste qu'à conjecturer, mais une chose est claire: à ce moment-là tout s'était rassemblé en une grosse masse qu'il suffisait de pousser légèrement... Et la somme assez importante, trente pièces d'argent (avec lesquelles on acheta ensuite un champ, voir Mt 27:3-7), joue le rôle de cette poussée.

Et la seconde chose qui étonne dans le récit de la Cène, c'est que Jésus dit presque directement qui le livrera. N'importe qui, aurait-on dit, pouvait regarder quelle main était alors dans le plat et essayer d'arrêter le malfaiteur. Judas lui-même, comprenant que Jésus savait tout, aurait pu s'arrêter. Mais la masse ne roule déjà plus simplement: elle dévale la montagne, accomplissant ce qui a été écrit par les prophètes.

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Pour Mt 26:1-29
Et il advint, quand Jésus eut achevé tous ces discours, qu'il dit à ses disciples:
" La Pâque, vous le savez, tombe dans deux jours, et le Fils de l'homme va être livré pour être crucifié. "
Alors les grands prêtres et les anciens du peuple s'assemblèrent dans le palais du Grand Prêtre, qui s'appelait Caïphe,
et se concertèrent en vue d'arrêter Jésus par ruse et de le tuer.
Ils disaient toutefois : " Pas en pleine fête ; il faut éviter un tumulte parmi le peuple. "
Comme Jésus se trouvait à Béthanie, chez Simon le lépreux,
une femme s'approcha de lui, avec un flacon d'albâtre contenant un parfum très précieux, et elle le versa sur sa tête, tandis qu'il était à table.
A cette vue les disciples furent indignés : " A quoi bon ce gaspillage ? dirent-ils ;
cela pouvait être vendu bien cher et donné à des pauvres. "
10 Jésus s'en aperçut et leur dit : " Pourquoi tracassez-vous cette femme ? C'est vraiment une "bonne œuvre" qu'elle a accomplie pour moi.
11 Les pauvres, en effet, vous les aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m'aurez pas toujours.
12 Si elle a répandu ce parfum sur mon corps, c'est pour m'ensevelir qu'elle l'a fait.
13 En vérité je vous le dis, partout où sera proclamé cet Évangile, dans le monde entier, on redira aussi, à sa mémoire, ce qu'elle vient de faire. "
14 Alors l'un des Douze, appelé Judas Iscariote, se rendit auprès des grands prêtres
15 et leur dit : " Que voulez-vous me donner, et moi je vous le livrerai ? " Ceux-ci lui versèrent trente pièces d'argent.
16 Et de ce moment il cherchait une occasion favorable pour le livrer.
17 Le premier jour des Azymes, les disciples s'approchèrent de Jésus et lui dirent : " Où veux-tu que nous te préparions de quoi manger la Pâque ? "
18 Il dit : " Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : "Le Maître te fait dire : Mon temps est proche, c'est chez toi que je vais faire la Pâque avec mes disciples". "
19 Les disciples firent comme Jésus leur avait ordonné et préparèrent la Pâque.
20 Le soir venu, il était à table avec les Douze.
21 Et tandis qu'ils mangeaient, il dit : " En vérité je vous le dis, l'un de vous me livrera. "
22 Fort attristés, ils se mirent chacun à lui dire : " Serait-ce moi, Seigneur ? "
23 Il répondit : " Quelqu'un qui a plongé avec moi la main dans le plat, voilà celui qui va me livrer !
24 Le Fils de l'homme s'en va selon qu'il est écrit de lui ; mais malheur à cet homme-là par qui le Fils de l'homme est livré ! Mieux eût valu pour cet homme-là de ne pas naître ! "
25 A son tour, Judas, celui qui allait le livrer, lui demanda : " Serait-ce moi, Rabbi ? " - " Tu l'as dit ", répond Jésus.
26 Or, tandis qu'ils mangeaient, Jésus prit du pain, le bénit, le rompit et le donna aux disciples en disant : " Prenez, mangez, ceci est mon corps. "
27 Puis, prenant une coupe, il rendit grâces et la leur donna en disant : " Buvez-en tous ;
28 car ceci est mon sang, le sang de l'alliance, qui va être répandu pour une multitude en rémission des péchés.
29 Je vous le dis, je ne boirai plus désormais de ce produit de la vigne jusqu'au jour où je le boirai avec vous, nouveau, dans le Royaume de mon Père. "
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Symboliquement oint de parfums avant même Sa sépulture, le Seigneur, dans la nuit précédant Sa mort, au repas pascal...  Lire la suite

Symboliquement oint de parfums avant même Sa sépulture, le Seigneur, dans la nuit précédant Sa mort, au repas pascal, Se donne Lui-même en nourriture à Ses disciples dans le pain et le vin. Ainsi leur montre-t-Il, et nous montre-t-Il, que Sa mort n’est ni accidentelle ni vaine. Déjà pendant Son ministère public, Il dit aux disciples des paroles terribles qui troublèrent beaucoup de ceux qui Le suivaient: « Celui qui mange (littéralement: ronge, mâche, un verbe très expressif) Ma chair et boit Mon sang demeure en Moi, et Moi en lui ». Son incarnation, Sa corporéité, est devenue le lien indissoluble de Dieu et de l’homme, et en cette dernière nuit les disciples deviennent participants de ce lien, recevant dans le pain et le vin la divinité et l’humanité nouvelle du Christ.

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Pour Mt 26:1-29
Et il advint, quand Jésus eut achevé tous ces discours, qu'il dit à ses disciples:
" La Pâque, vous le savez, tombe dans deux jours, et le Fils de l'homme va être livré pour être crucifié. "
Alors les grands prêtres et les anciens du peuple s'assemblèrent dans le palais du Grand Prêtre, qui s'appelait Caïphe,
et se concertèrent en vue d'arrêter Jésus par ruse et de le tuer.
Ils disaient toutefois : " Pas en pleine fête ; il faut éviter un tumulte parmi le peuple. "
Comme Jésus se trouvait à Béthanie, chez Simon le lépreux,
une femme s'approcha de lui, avec un flacon d'albâtre contenant un parfum très précieux, et elle le versa sur sa tête, tandis qu'il était à table.
A cette vue les disciples furent indignés : " A quoi bon ce gaspillage ? dirent-ils ;
cela pouvait être vendu bien cher et donné à des pauvres. "
10 Jésus s'en aperçut et leur dit : " Pourquoi tracassez-vous cette femme ? C'est vraiment une "bonne œuvre" qu'elle a accomplie pour moi.
11 Les pauvres, en effet, vous les aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m'aurez pas toujours.
12 Si elle a répandu ce parfum sur mon corps, c'est pour m'ensevelir qu'elle l'a fait.
13 En vérité je vous le dis, partout où sera proclamé cet Évangile, dans le monde entier, on redira aussi, à sa mémoire, ce qu'elle vient de faire. "
14 Alors l'un des Douze, appelé Judas Iscariote, se rendit auprès des grands prêtres
15 et leur dit : " Que voulez-vous me donner, et moi je vous le livrerai ? " Ceux-ci lui versèrent trente pièces d'argent.
16 Et de ce moment il cherchait une occasion favorable pour le livrer.
17 Le premier jour des Azymes, les disciples s'approchèrent de Jésus et lui dirent : " Où veux-tu que nous te préparions de quoi manger la Pâque ? "
18 Il dit : " Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : "Le Maître te fait dire : Mon temps est proche, c'est chez toi que je vais faire la Pâque avec mes disciples". "
19 Les disciples firent comme Jésus leur avait ordonné et préparèrent la Pâque.
20 Le soir venu, il était à table avec les Douze.
21 Et tandis qu'ils mangeaient, il dit : " En vérité je vous le dis, l'un de vous me livrera. "
22 Fort attristés, ils se mirent chacun à lui dire : " Serait-ce moi, Seigneur ? "
23 Il répondit : " Quelqu'un qui a plongé avec moi la main dans le plat, voilà celui qui va me livrer !
24 Le Fils de l'homme s'en va selon qu'il est écrit de lui ; mais malheur à cet homme-là par qui le Fils de l'homme est livré ! Mieux eût valu pour cet homme-là de ne pas naître ! "
25 A son tour, Judas, celui qui allait le livrer, lui demanda : " Serait-ce moi, Rabbi ? " - " Tu l'as dit ", répond Jésus.
26 Or, tandis qu'ils mangeaient, Jésus prit du pain, le bénit, le rompit et le donna aux disciples en disant : " Prenez, mangez, ceci est mon corps. "
27 Puis, prenant une coupe, il rendit grâces et la leur donna en disant : " Buvez-en tous ;
28 car ceci est mon sang, le sang de l'alliance, qui va être répandu pour une multitude en rémission des péchés.
29 Je vous le dis, je ne boirai plus désormais de ce produit de la vigne jusqu'au jour où je le boirai avec vous, nouveau, dans le Royaume de mon Père. "
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À partir de ce moment, le récit de l'Évangile commence à se diriger sans dévier vers son centre de sens: l'histoire de la mort et de la Résurrection de Jésus. Ces événements ont toujours été compris par les chrétiens comme...  Lire la suite

À partir de ce moment, le récit de l'Évangile commence à se diriger sans dévier vers son centre de sens: l'histoire de la mort et de la Résurrection de Jésus. Ces événements ont toujours été compris par les chrétiens comme l'accomplissement d'un nouveau sacrifice que le Christ offre pour le monde entier. Le mot « sacrifice » est depuis longtemps sorti de l'usage quotidien dans son sens premier, religieux. Pourtant la difficulté ne tient pas seulement aux réalités religieuses anciennes, mais aussi au caractère même de ce don de soi. Le Christ se donne comme en réponse au geste de la disciple qui a versé sur lui une huile parfumée précieuse.

Pour l'observateur extérieur, représenté ici par Judas, donner ce que l'on a de plus précieux pour un autre est absurdité et sauvagerie. Il serait davantage satisfait par le « sacrifice » de l'aumône aux pauvres, lorsque l'on donne une part insignifiante de ce que l'on possède. Donner tout, se donner soi-même, voilà une réalité « au-delà » de Judas et, sans doute, de beaucoup d'entre nous.

Mais un mystère encore plus grand est que le Christ souffrant et mourant devient pour les disciples pain et vin, nourriture qui nourrit leur vie, désormais indissolublement liée au Maître.

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