La sagesse du cœur, à en juger par le récit biblique, ne consiste pas seulement à savoir faire quelque chose de nécessaire pour la Demeure. Elle consiste aussi à simplement apporter quelque chose, à contribuer au fonds commun, à participer d’une manière ou d’une autre à l’œuvre commune, fût-ce par une offrande ordinaire...
La sagesse du cœur, à en juger par le récit biblique, ne consiste pas seulement à savoir faire quelque chose de nécessaire pour la Demeure. Elle consiste aussi à simplement apporter quelque chose, à contribuer au fonds commun, à participer d’une manière ou d’une autre à l’œuvre commune, fût-ce par une offrande ordinaire. Il en résulte que, pour participer à l’œuvre de Dieu lorsqu’elle se fait avec d’autres, il faut de la sagesse, même lorsque la participation est minime. À première vue, cela peut paraître étrange, mais en y regardant de plus près, la chose devient claire. En effet, qu’est-ce qu’une œuvre commune ? Simplement un travail, une activité, telle ou telle action liée à l’accomplissement de la tâche fixée ?
Bien sûr, cela aussi, mais une telle activité n’est que le côté extérieur du processus. Derrière elle, il y a autre chose : les relations. Ces relations mêmes qui font des personnes une équipe. Sans équipe, il n’y a pas de travail pleinement accompli. À première vue, il ne s’agit ici que de psychologie, et aujourd’hui il y a un psychologue auprès de chaque collectif de travail. Au temps de Moïse, bien sûr, il n’y avait encore ni psychologie ni psychologues ; pourtant, des moyens de résoudre les problèmes correspondants existaient déjà.
Mais il ne s’agit pas seulement de psychologie. Aucun psychologue ne transformera un collectif en communauté, et sans cela il est impossible d’accomplir ensemble l’œuvre de Dieu. Impossible parce qu’on ne peut l’accomplir qu’en étant impliqué dans le processus de relations avec Celui qui a confié l’œuvre. Pas de relations avec Dieu, pas d’œuvre de Dieu, même si, du point de vue des tâches à résoudre, tout correspond exactement à ce qui a été confié. Pour Dieu, c’est d’abord l’homme qui importe, et toute œuvre n’est importante pour Lui que comme arrière-plan et contexte de la maturation spirituelle en Dieu de celui qui l’accomplit. S’il n’y a pas de maturation, l’œuvre perd son sens.
C’est d’autant plus important lorsqu’il s’agit de la Demeure : on ne construisait pas n’importe quoi, mais précisément le sanctuaire, on aménageait le lieu de la communion avec Dieu ; l’aménager sans aménager en même temps son propre cœur et sa propre âme aurait été pour le moins étrange. En outre, il s’agit ici du processus de maturation simultanée de nombreuses personnes participant à une même œuvre. Chez chacun, ce processus se déroule à sa manière, car chaque personne est unique, mais tous sont liés les uns aux autres, et leurs vies aussi sont liées.
C’est ce lien, qui unit entre eux les hommes allant à la suite de Dieu et vers Dieu, rassemblés par une tâche unique donnée par Dieu, qui forme la communauté. Il ne s’agit plus d’un collectif de travail dont les membres sont définis et liés entre eux par la fonctionnalité, mais du processus d’une présence commune devant Dieu et d’une maturation en Dieu. Processus qu’aucun psychologue ne pourra ni lancer, ni diriger, ni contrôler, parce que c’est Dieu Lui-même qui le lance et le dirige.