2 En vérité, le dépit fait mourir l'insensé et la jalousie fait périr le sot.
3 Moi, j'ai vu un insensé prendre racine, et soudain j'ai maudit sa demeure:
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Éliphaz parle de la manière dont agit l'insensé et de la misère qui résulte de ses actes. Par là, Éliphaz accuse Job d'être lui-même responsable de tous ses malheurs à cause de sa propre folie. Une telle attitude envers une personne tombée dans une situation difficile n'est pas rare à notre époque non plus, mais à l'égard de Job, comme de beaucoup d'autres victimes, une telle arrogance paraît étrange et sans tact.
Il y a infiniment plus de sens dans les paroles d'Éliphaz disant que l'homme naît pour la souffrance, mais que les souffrances ne sont pas absurdes si, à travers elles, l'homme est capable de s'élancer vers le haut. Oui, la réalité est telle que le monde est plein de souffrances, et l'ancien bien-être de Job n'était pas la norme générale. Et si la certitude d'Éliphaz quant au bien-fondé des malheurs qui se sont abattus sur Job n'a pas de fondement réel, on ne peut pas ne pas reconnaître comme raisonnable le conseil de s'adresser à Dieu, Lui qui frappe, et dont les mains guérissent.
Job, qui raisonne: "Dieu a donné, Dieu a repris", réfléchit à Lui, mais ne s'adresse pas encore à Lui. Or le Seigneur se révèle à celui qui se tient devant Lui, pour qui Dieu n'est pas seulement Il, mais aussi Toi.
Autres réflexions
Pour Jb 5:1-27
1 Appelle maintenant! Est-ce qu'on te répondra ? Auquel des saints t'adresseras-tu ?
2 En vérité, le dépit fait mourir l'insensé et la jalousie fait périr le sot.
3 Moi, j'ai vu un insensé prendre racine, et soudain j'ai maudit sa demeure:
4 " Que ses fils soient privés de tout salut, accablés à la Porte sans défenseur.
5 Que sa moisson nourrisse des affamés, car Dieu la lui ôte d'entre les crocs, et des hommes altérés en convoitent les biens. "
6 Non, la misère ne sourd pas de terre, la peine ne germe pas du sol.
7 Mais l'homme est né pour la souffrance comme les étincelles s'envolent vers le haut.
8 Quant à moi, j'aurais recours à Dieu, à lui j'exposerais ma cause.
9 Il est l'auteur d'œuvres grandioses et insondables, de merveilles qu'on ne peut compter.
10 Il répand la pluie sur la terre, envoie les eaux sur les campagnes.
11 S'il veut relever les humiliés, pousser les affligés au comble du bonheur,
12 il déjoue les desseins des gens habiles, incapables de mener à bien leurs intrigues.
13 Il prend les sages au piège de leurs habiletés, rend stupides les conseillers retors.
14 En plein jour ils se heurtent aux ténèbres, ils tâtonnent à midi comme dans la nuit.
15 Il arrache de leur gueule l'homme ruiné et le pauvre des mains du puissant.
16 Alors le faible renaît à l'espoir et l'injustice doit fermer la bouche.
17 Oui, heureux l'homme que Dieu corrige! Aussi, ne méprise pas la leçon de Shaddaï!
18 Lui, qui blesse, puis panse la plaie, qui meurtrit, puis guérit de sa main,
19 six fois de l'angoisse il te délivrera, et une septième le mal t'épargnera.
20 Dans une famine, il te sauvera de la mort; à la guerre, des atteintes de l'épée.
21 Tu seras à l'abri du fouet de la langue, sans crainte à l'approche du pillage.
22 Tu riras du pillage et de la famine et tu ne craindras pas les bêtes sauvages.
23 Tu auras un pacte avec les pierres des champs, les bêtes sauvages seront en paix avec toi.
24 Tu trouveras ta tente prospère, ton bercail au complet quand tu le visiteras.
25 Tu verras ta postérité s'accroître, tes rejetons pousser comme l'herbe des champs.
26 Tu entreras dans la tombe bien mûr, comme on entasse la meule en son temps.
27 Voilà ce que nous avons observé : c'est ainsi! A toi d'écouter et d'en faire ton profit.
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Éliphaz ne se contente pas de dire à Job des généralités; il tente d'expliquer à son ami...
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Éliphaz ne se contente pas de dire à Job des généralités; il tente d'expliquer à son ami ce qui lui arrive. Si Job est tout de même juste, pourquoi souffre-t-il? Il n'était pas si simple de répondre à cette question. Il était clair pour tous qu'un pécheur peut être puni par Dieu pour ses péchés; mais comment expliquer que des souffrances s'abattent sur celui qui n'a pas péché? Bien sûr, Éliphaz lui-même venait, sur la base de la révélation reçue par lui, de conclure qu'il n'existe pas d'hommes sans péché. Mais dans ce cas, en suivant la logique traditionnelle, il ne devrait pas non plus y avoir de gens en bonne santé dans le monde.
Or il est évident pour chacun que ce n'est pas le cas. Alors Éliphaz avance un nouvel argument: il relie la souffrance de Job (comme toute souffrance en général) à l'instruction reçue de Dieu. Éliphaz affirme qu'il est propre à l'homme de souffrir, qu'il naît même dans le monde pour souffrir (v. 6-7). Tel est l'ordre établi par Dieu, et il est insensé de se révolter contre lui (v. 1-5). On ne peut rien changer, et il n'en est pas besoin, car les souffrances, si l'on s'y rapporte correctement, ne sont finalement utiles qu'à l'homme. L'essentiel ici est de remettre tout à Dieu, Qui de toute façon n'abandonnera pas le juste, de sorte que même le mal se changera pour lui en bien (v. 8-16).
La souffrance n'est pas seulement une punition, elle est précisément un avertissement et une instruction venant de Dieu; elle ne dure pas éternellement, le jour viendra où toutes les souffrances resteront derrière lui et où le juste sortira de l'épreuve envoyée par Dieu plus fort à tous égards qu'auparavant (v. 17-27). De tels raisonnements ont évidemment leur logique, compréhensible pour tout homme religieux. Mais ils comportent un point faible: en les suivant, il faudrait considérer Dieu lui-même comme la source de tous les malheurs humains, qu'Il enverrait aux uns pour les punir, aux autres pour les instruire.
L'auteur du Livre de Job, bien sûr, explique autrement les souffrances de Job: il y voit la conséquence de ce que les théologiens appellent la permission divine, ce que Dieu ne fait pas et ne veut pas, mais à quoi Il permet d'exister, cédant à la liberté des êtres qu'Il a créés, qu'il s'agisse des anges ou des hommes. L'auteur du Livre de Job comprend parfaitement que le mal ne vient pas de Dieu, mais de Satan, qui s'oppose à Dieu, car c'est précisément Satan qu'il rend responsable de toutes les souffrances de Job. Mais Dieu permet pourtant à Satan d'agir, pour une raison quelconque. La réponse à la question de savoir pourquoi Dieu en a besoin est devenue tout le Livre de Job. Mais cette réponse s'est révélée bien moins simple qu'elle ne paraissait à Éliphaz. Et Job le comprend parfaitement. Il répond à son ami, et la conversation continue.
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