11 Bien-aimés, si Dieu nous a ainsi aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres. |
12 Dieu, personne ne l'a jamais contemplé. Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, en nous son amour est accompli. |
13 À ceci nous connaissons que nous demeurons en lui et lui en nous: il nous a donné de son Esprit. |
14 Et nous, nous avons contemplé et nous attestons que le Père a envoyé son Fils comme Sauveur du monde. |
15 Celui qui confesse que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui et lui en Dieu. |
16 Et nous, nous avons reconnu l'amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est Amour: celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui. |
17 En ceci consiste la perfection de l'amour en nous: que nous ayons pleine assurance au jour du Jugement, car tel est celui-là, tels aussi nous sommes en ce monde. |
18 Il n'y a pas de crainte dans l'amour; au contraire, le parfait amour bannit la crainte, car la crainte implique un châtiment, et celui qui craint n'est point parvenu à la perfection de l'amour. |
L'assurance au jour du jugement... De quoi parle l'apôtre Jean ? L'assurance, c'est à la fois l'audace et la confiance. Mais représentez-vous Son jugement. Les yeux dans les yeux avec le seul Juste... Est-il donc possible, à ce jugement, de garder le calme et la confiance ? L'apôtre Jean dit que le Seigneur nous a donné une capacité suffisante d'aimer, et que l'amour peut atteindre en nous une telle perfection que nous agirons comme Lui, et que, par conséquent, nous ne craindrons pas Son jugement... Simple ? Pas du tout simple, car ce n'est qu'une capacité, une possibilité. C'est ce qu'Il a donné ; Son don est sans limites, Son don est donné en plénitude. Mais dans quelle mesure nous accueillons Son don, voilà la question. Et cela ne dépend de personne ni de rien d'autre que de nous-mêmes.
12 Dieu, personne ne l'a jamais contemplé. Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, en nous son amour est accompli. |
Pour l’apôtre, l’amour et la connaissance de Dieu sont non seulement inséparables l’un de l’autre: ils sont pour lui les deux faces d’une seule et même réalité. Personne n’a jamais vu Dieu, dit Jean, mais si nous nous aimons les uns les autres, alors Dieu demeure « en nous » (l’expression grecque correspondante peut signifier aussi bien « à l’intérieur de chacun de nous » que « parmi nous »). Dans ce cas, l’amour de Dieu demeure « en nous » (dans les deux sens de cette expression) dans toute sa plénitude. Au premier regard, l’idée que toute connaissance de Dieu est amour peut paraître étrange. Il existe en effet d’autres formes de cette connaissance, qui ne nient pas l’amour, mais ne le placent pas non plus au centre des relations de l’homme avec Dieu.
Mais si l’on considère l’amour non seulement comme une relation entre les hommes, mais aussi comme une forme de la présence de Dieu, principale et fondamentale pour le Royaume, beaucoup de choses deviennent plus claires. En effet: comment l’homme peut-il voir Dieu? La seule possibilité réelle (sans compter les abstractions spéculatives, qui n’ont habituellement aucun rapport avec la véritable connaissance de Dieu) est la prise de conscience de ce souffle de vie que Dieu a « insufflé » à l’homme lors de la création.
Le placer consciemment au centre de sa propre vie dans toutes ses manifestations. C’est seulement ainsi que la connaissance de Dieu et la communion avec Dieu peuvent devenir une réalité pour l’homme. Alors deviennent aussi réalité pour lui la force de Dieu et l’amour de Dieu: ces formes de la présence divine qui étaient accessibles à l’homme déjà avant la venue du Christ dans le monde. Toute autre expérience de communion avec Dieu se révèle dérivée de l’expérience de la conscience de cette Présence.
Mais avec la venue du Christ, la situation change objectivement: désormais, toute expérience de la Présence (pourvu, bien sûr, qu’elle soit authentique) est inséparable du Royaume qui entre dans le monde. Ce souffle de vie, donné à chacun, peut aujourd’hui devenir une porte vers le Royaume, à condition de frapper. Mais seul le Christ peut ouvrir la porte, et lorsqu’Il l’ouvre, le nouveau fondement de la vie de l’homme devient l’énergie de l’amour sur laquelle repose toute la vie du Royaume. Seule la vie du monde déchu repose sur l’énergie naturelle, mais derrière l’énergie naturelle aussi Dieu se cache.
Mais derrière l’énergie de l’amour, Dieu ne se cache pas; en elle et par elle, Il se révèle, et c’est pourquoi elle est au fondement du Royaume. Or si, selon les paroles du Sauveur, le Royaume est au-dedans de nous et parmi nous, alors l’amour, si nous sommes habitants du Royaume, sera lui aussi au-dedans de nous et au milieu de nous. Et derrière ses manifestations concrètes au-dedans de nous et parmi nous se tient toute la plénitude de l’amour de Dieu manifesté au Royaume. Tout le reste, toutes les formes de l’être, de la conscience et de la connaissance de Dieu, est dérivé de l’amour de Dieu. Indépendamment de la mesure dans laquelle les hommes le comprennent.
12 Dieu, personne ne l'a jamais contemplé. Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, en nous son amour est accompli. |
Nous continuons à chercher des signes, car il nous semble qu’il est si difficile de croire sans eux. Nous continuons à attendre que le Seigneur Lui-même nous apparaisse, à rêver de Le voir de nos propres yeux et de L’entendre de nos propres oreilles.
Mais nous ne voyons pas le miracle de l’amour dans notre vie. Or ce sont précisément ces miracles, lorsque soudain, de manière inattendue, on comprend que telle personne nous a regardés avec amour, ou que notre propre cœur de pierre s’est soudain réchauffé à la pensée d’un autre, qui sont le signe de la présence de Dieu dans notre cœur et dans ce monde.
La phrase «personne n’a jamais vu Dieu» paraît étrange dans la bouche de l’apôtre Jean, qui, à la Cène, était couché la tête sur la poitrine de Jésus, qui L’a vu sur la Croix et L’a vu ressuscité. Cependant, l’apôtre voulait peut-être dire autre chose: que l’existence de Dieu ne peut pas être prouvée, qu’Il ne peut pas contraindre Ses disciples, même ceux qu’Il appelle enfants, et que Jean lui-même ne peut tout de même pas les forcer à croire ce qu’il a vu de ses yeux et entendu de ses oreilles.
Mais chacun peut voir l’amour. Parce que même dans un monde plein de guerres, de haine et de discordes, l’amour est toujours présent et l’emporte toujours. Car Dieu a déjà vaincu sur la Croix par Son amour, et Il est plus grand que le mal de ce monde. Dieu est amour qui triomphe de tout.
18 Il n'y a pas de crainte dans l'amour; au contraire, le parfait amour bannit la crainte, car la crainte implique un châtiment, et celui qui craint n'est point parvenu à la perfection de l'amour. |
Pourquoi la crainte et l'amour sont-ils incompatibles? Dieu a-t-Il peur de quelque chose? Certes, non! Eh bien, c’est ainsi parce qu'Il est omnipotent... Et nous? Voici Jean le Théologien parle de cela: Dieu Lui-même demeure en celui qui aime, parce que Dieu est amour. Et on ne doit donc rien craindre. Mais si jamais il y a la crainte en nous (cela s’identifie par le «châtiment»), alors il est évident que l'amour, la présence de Dieu en nous est imparfaite, insuffisante.
Il y a encore un important moment ici. L'apôtre Jean écrit que l'amour se manifeste dans l'exécution des commandements. Le motif principal pour l'exécution des commandements dans l'Ancien testament était la crainte, et cette crainte paralysait l’homme. Car, les commandements indiquaient ce qu’on ne devrait pas faire, et en aspirant à les exécuter, l’homme craignait faire ce qu’il ne faut pas faire. Le nouveau commandement, dont écrit Jean est formulé autrement : faites, aimez vous les uns les autres. L'aspiration à exécuter ce commandement libère l’homme, manifeste en lui l'activité, l'initiative.
18 Il n'y a pas de crainte dans l'amour; au contraire, le parfait amour bannit la crainte, car la crainte implique un châtiment, et celui qui craint n'est point parvenu à la perfection de l'amour. |
Pourquoi la crainte et l'amour sont-ils incompatibles? Dieu a-t-Il peur de quelque chose? Certes, non! Eh bien, c’est ainsi parce qu'Il est omnipotent... Et nous? Voici Jean le Théologien parle de cela: Dieu Lui-même demeure en celui qui aime, parce que Dieu est amour. Et on ne doit donc rien craindre. Mais si jamais il y a la crainte en nous (cela s’identifie par le «châtiment»), alors il est évident que l'amour, la présence de Dieu en nous est imparfaite, insuffisante.
Il y a encore un important moment ici. L'apôtre Jean écrit que l'amour se manifeste dans l'exécution des commandements. Le motif principal pour l'exécution des commandements dans l'Ancien testament était la crainte, et cette crainte paralysait l’homme. Car, les commandements indiquaient ce qu’on ne devrait pas faire, et en aspirant à les exécuter, l’homme craignait faire ce qu’il ne faut pas faire. Le nouveau commandement, dont écrit Jean est formulé autrement : faites, aimez vous les uns les autres. L'aspiration à exécuter ce commandement libère l’homme, manifeste en lui l'activité, l'initiative.
18 Il n'y a pas de crainte dans l'amour; au contraire, le parfait amour bannit la crainte, car la crainte implique un châtiment, et celui qui craint n'est point parvenu à la perfection de l'amour. |
Pourquoi «il n’y a pas de crainte dans l’amour»? Pourquoi le fait que la crainte comporte un tourment fait-il de la crainte un obstacle sur le chemin de l’amour? Après tout, il semblerait que nous souffrions souvent en aimant. Si l’on y réfléchit, non, pas souvent.
Nous souffrons si la personne ne répond pas à notre amour, c’est-à-dire lorsque nous craignons de ne pas être assez aimés en retour, de ne pas être appréciés à notre juste valeur. Alors ce n’est pas l’amour, mais le désir de l’autre et l’amour-propre blessé; l’amour parfait souhaiterait simplement le bonheur de l’autre, sans regret pour soi-même. Nous souffrons par peur pour celui que nous aimons... mais une telle peur est d’abord un doute envers la personne aimée, s’il s’agit d’un adulte, et une défiance envers Dieu, s’il s’agit d’un enfant.
La responsabilité envers un enfant, qui oblige à le protéger du danger, fait partie de l’amour parental; mais la panique à l’idée qu’il arrive quelque chose à l’enfant n’est pas du tout le signe de sentiments maternels ou paternels plus grands.
Dans les relations, on rencontre souvent la peur: peur de blesser ou d’être blessé, peur de ne pas donner assez d’amour ou de manifester trop d’ardeur, peur d’être soi-même, peur de ne pas être accueilli... Les peurs sont très nombreuses, et elles ont toutes ceci en commun: la peur crée un obstacle, comme une petite cloison; elle augmente automatiquement la distance entre les personnes et la rend difficile à traverser pour le courant chaud du véritable amour, celui qui est Dieu, celui qui crée la rencontre de l’homme avec l’homme et de l’homme avec Dieu.
7 Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l'amour est de Dieu et que quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. |
8 Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu, car Dieu est Amour. |
9 En ceci s'est manifesté l'amour de Dieu pour nous: Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde afin que nous vivions par lui. |
10 En ceci consiste l'amour: ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c'est lui qui nous a aimés et qui a envoyé son Fils en victime de propitiation pour nos péchés. |
11 Bien-aimés, si Dieu nous a ainsi aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres. |
12 Dieu, personne ne l'a jamais contemplé. Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, en nous son amour est accompli. |
13 À ceci nous connaissons que nous demeurons en lui et lui en nous: il nous a donné de son Esprit. |
14 Et nous, nous avons contemplé et nous attestons que le Père a envoyé son Fils comme Sauveur du monde. |
15 Celui qui confesse que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui et lui en Dieu. |
16 Et nous, nous avons reconnu l'amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est Amour: celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui. |
Dieu a aimé les hommes non parce qu’ils se conduisaient toujours bien, non parce qu’ils étaient particulièrement sympathiques, non parce qu’ils L’aimaient... Il nous a aimés gratuitement. Et lorsque nous disons : « Pourquoi aimerais-je Vassia Ivanov ? Lui ne m’aime pas », nous faisons passer la conversation du domaine de l’amour à celui des comptes réciproques et autres échanges de troc. L’amour existe gratuitement ; l’amour consiste en ce que quelqu’un aime, tout simplement — non pas « en réponse à l’amour », mais simplement...
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