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RÉFLEXIONS pour Qo 7:7

Mais l'oppression rend fou le sage et un présent perd le cœur.
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Par la forme, ces réflexions rappellent les enseignements recueillis dans le Livre des Proverbes de Salomon, mais le caractère de ces enseignements, si on les reçoit hors de leur contexte, diffère fortement des proverbes édifiants qui contiennent des conseils et des recommandations pour une vie prospère. La sagesse, pourtant si appréciée, se réduit au souvenir de la mort et à la cessation de toute joie terrestre; la sagesse elle-même se révèle un appui peu sûr dans un monde où, en opprimant les autres, le sage devient insensé.

Ce sont plutôt des réflexions que l'on pourrait appeler les fruits d'une expérience sobre, si quelque chose ne nous empêchait pas d'accepter définitivement le pessimisme qui transperce celui qui réfléchit. Et seule la conclusion, unique trouvée, selon laquelle Dieu a créé l'homme droit, mais les hommes se sont lancés dans beaucoup de raisonnements, aide à regarder de nouveau tout ce qui a été dit auparavant. La vanité des vanités ne serait donc pas dans l'existence même de l'homme, mais dans la manière dont il vit, séparé du Créateur?

Autres réflexions

 
Pour Qo 7:1-29
Mieux vaut un nom que l'huile fine, et le jour de la mort que le jour de la naissance.
Mieux vaut aller à la maison du deuil qu'à la maison du banquet, puisque c'est la fin de tout homme; ainsi le vivant y réfléchira.
Mieux vaut le chagrin que le rire, car avec un triste visage on peut avoir le cœur joyeux.
Le cœur du sage est dans la maison du deuil, le cœur des insensés, dans la maison de la joie,
Mieux vaut écouter la semonce du sage qu'écouter le chant de l'insensé;
car tel le bruit des épines sous le chaudron, tel est le rire de l'insensé, et cela aussi est vanité.
Mais l'oppression rend fou le sage et un présent perd le cœur.
Mieux vaut la fin d'une chose que son début, mieux vaut la patience que la prétention.
Ne te hâte pas de t'irriter, car l'irritation habite au cœur des insensés.
10 Ne dis pas : " Comment se fait-il que le passé fût meilleur que le présent ? " Car ce n'est pas la sagesse qui te fait poser cette question.
11 La sagesse est bonne comme un héritage, elle profite à ceux qui voient le soleil.
12 Car l'abri de la sagesse vaut l'abri de l'argent, et l'avantage du savoir, c'est que la sagesse fait vivre ceux qui la possèdent.
13 Regarde l'œuvre de Dieu: qui pourra donc redresser ce qu'il a courbé?
14 Au jour du bonheur, sois heureux, et au jour du malheur, regarde: Dieu a bel et bien fait l'un et l'autre, afin que l'homme ne trouve rien derrière soi.
15 J'ai tout vu, en ma vie de vanité: le juste périr dans sa justice et l'impie survivre dans son impiété.
16 Ne sois pas juste à l'excès et ne te fais pas trop sage, pourquoi te détruirais-tu?
17 Ne te fais pas méchant à l'excès et ne sois pas insensé, pourquoi mourir avant ton temps?
18 Il est bon de tenir à ceci sans laisser ta main lâcher cela, puisque celui qui craint Dieu trouvera l'un et l'autre.
19 La sagesse rend le sage plus fort que dix gouverneurs dans une ville.
20 Il n'est pas d'homme assez juste sur la terre pour faire le bien sans jamais pécher.
21 D'ailleurs ne prête pas attention à toutes les paroles qu'on prononce, ainsi tu n'entendras pas ton serviteur te maudire.
22 Car bien des fois ton cœur a su que toi aussi avais maudit les autres.
23 Tout cela, j'en ai fait l'épreuve par la sagesse; j'ai dit : " je serai sage ", mais c'est hors de ma portée!
24 Hors de portée ce qui fut; profond! profond! Qui le découvrira?
25 J'en suis venu, en mon cœur, à connaître, à explorer et à m'enquérir de la sagesse et de la réflexion, à reconnaître le mal pour une chose insensée et la folie pour une sottise.
26 Et je trouve plus amère que la mort, la femme, car elle est un piège, son cœur un filet, et ses bras des chaînes. Qui plaît à Dieu lui échappe, mais le pécheur s'y fait prendre.
27 Voici ce que je trouve, dit Qohélet, en regardant une chose après l'autre pour en tirer une réflexion
28 que je cherche encore sans la trouver: un homme sur mille je le trouve, mais une femme sur toutes, je ne la trouve pas.
29 Seulement voici ce que je trouve : Dieu a fait l'homme tout droit, et lui, cherche bien des calculs.
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Comme on le voit, dans sa recherche de la sagesse, l'Ecclésiaste s'est plus d'une fois tourné vers la tradition reflétée dans les écrits des sages de l'antiquité. C'est précisément...  Lire la suite

Comme on le voit, dans sa recherche de la sagesse, l'Ecclésiaste s'est plus d'une fois tourné vers la tradition reflétée dans les écrits des sages de l'antiquité. C'est précisément chez eux qu'il a trouvé, par exemple, la mention du fait que le jour de la mort vaut mieux que le jour de la naissance (v. 1), que la tristesse vaut mieux que la joie (v. 3-4), ou encore du séjour dans la maison du défunt (v. 2). Les anciens sages parlaient aussi beaucoup de l'utilité de la patience, du tort causé par la colère (v. 8-9), de l'utilité de la sagesse (v. 11-12) et des instructions reçues d'un homme sage (v. 5-6).

Mais tous ces aphorismes indéniablement justes et profonds ne répondaient pas à la question principale : quel sens a la sagesse si, même en rendant l'homme juste, elle ne permet pas à la justice de triompher du mal dans lequel le monde est plongé (v. 15) ? Car, malgré toute sa sagesse, l'homme ne peut pas redresser ce que Dieu, selon la parole de l'Ecclésiaste, a « rendu courbe » (v. 13). S'il en est ainsi, il ne reste qu'à accepter la réalité telle qu'elle est, car elle ne changera jamais et ne deviendra ni meilleure ni pire. S'il semble parfois à quelqu'un que « c'était mieux avant », c'est une erreur (v. 10). Il ne reste donc à l'homme qu'à se réjouir des biens que Dieu lui accorde en partage, et, aux jours du malheur, à méditer sur les vicissitudes du destin et l'inconstance du bonheur humain (v. 14).

Il n'est pas étonnant que l'Ecclésiaste n'attende pas du sage une exigence trop grande, ni envers lui-même ni envers les autres : car l'homme n'est de toute façon pas capable de changer ni lui-même ni les autres ; le maximalisme, dans ce cas, ne peut que nuire, et nuire d'abord à celui qui le porte (v. 16). En effet, il n'est pas difficile d'imaginer la réaction à des exigences excessives de gens qui savent d'avance que ces exigences sont impossibles à accomplir. Selon l'Ecclésiaste, il suffira amplement que la sagesse de l'homme parvienne à le préserver d'une vie de péché qui mène à la perdition (v. 17).

Cette voie moyenne, comme on le voit, paraissait à l'Ecclésiaste optimale (v. 18). Comme beaucoup avant lui, il comprend parfaitement que la nature humaine est corrompue : l'homme naît tel qu'il lui est impossible de ne pas pécher (v. 20). C'est pourquoi l'Ecclésiaste propose de faire preuve de tolérance envers les péchés et les erreurs d'autrui : d'une manière ou d'une autre, chacun doit pécher, et il ne vaut donc pas la peine d'attirer une attention excessive sur les péchés des autres, sans quoi il se trouvera immanquablement quelqu'un pour montrer avec malveillance les péchés de l'accusateur lui-même (v. 21-22). Mais, comme on le voit, proclamer les principes s'est révélé beaucoup plus simple que de les suivre (v. 23). La source du mal est cachée dans la corruption de la nature humaine : Dieu a conçu et créé l'homme, selon la parole de l'Ecclésiaste, « droit » (« juste »), intérieurement intègre et capable de justice, mais l'homme, de sa propre volonté, en méprisant ce don, choisit ses propres voies (« pensées ») (v. 29).

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