9 « Et moi, je vous dis : demandez et l’on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira. |
10 Car quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; et à qui frappe on ouvrira. |
11 Quel est d’entre vous le père auquel son fils demandera un poisson, et qui, à la place du poisson, lui remettra un serpent ? |
12 Ou encore s’il demande un œuf, lui remettra-t-il un scorpion ? |
13 Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui l’en prient ! » |
Comme en épigraphe à ce passage évangélique, nous reviennent des paroles du livre deutérocanonique de la Sagesse de Jésus, fils de Sirac : « ...et tu seras comme un fils du Très-Haut, et Il t'aimera plus que ne t'aime ta mère » (Si 4,10). Aujourd'hui, lorsque le Seigneur nous parle de l'amour qu'Il porte à chaque être humain, amour si difficile à comprendre et à sentir qu'Il doit recourir à une analogie, celle de l'amour d'une personne pour son enfant, nous comprenons ceci. Les paroles « si même vous, qui êtes mauvais » contiennent une indication importante : le Seigneur nous aime plus que nos parents. Il ne voulait probablement blesser personne en le qualifiant de mauvais, mais Il tenait à dire précisément ce que l'auteur de la Sagesse de Sirac exprime de façon si imagée. Plus que ne t'aime ta mère... C'est une image très vive et saisissante, car il n'existe peut-être pas sur terre d'amour plus fort que celui d'une mère pour son enfant. Et celui d'un enfant pour sa mère... La lecture d'aujourd'hui et les paroles du Siracide nous conduisent au-delà des horizons terrestres, là où nos sentiments doivent se taire : étant des instruments de cette vie terrestre, ils ne peuvent plus rien nous dire. Si donc ces paroles sur la mère blessent quelqu'un, c'est la réaction la plus juste et la plus naturelle, on pourrait même dire la plus saine, de nos sentiments terrestres. Il est pire de les accepter aussitôt avec facilité : cela signifie que quelque chose ne va pas dans notre vie.
9 « Et moi, je vous dis : demandez et l’on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira. |
10 Car quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; et à qui frappe on ouvrira. |
L’apôtre Paul nous dit : maintenant donc demeurent ces trois choses : la foi, l’espérance, l’amour (1 Co 13,13) et, selon sa parole, la foi, l’espérance et l’amour sont devenus les plus importantes vertus chrétiennes. On parle souvent et longuement de ce que sont la foi et l’amour. Mais qu’est-ce que l’espérance ? « Ne mettez pas votre confiance dans les princes, dans les fils des hommes » (Ps 145,3) chantons-nous à chaque liturgie. C’est une sorte de définition apophatique de l’espérance. Notre espérance ne peut pas demeurer dans le monde des relations humaines passagères. Cela est parfois difficile à comprendre et à accepter, parce que nous sommes habitués à espérer les uns dans les autres ; c’est là, semble-t-il, notre fraternité. Mais ici il s’agit d’autre chose. Chacun de nous est faible et pécheur, et pour cette seule raison il ne peut pas toujours donner à l’autre ce qu’il lui demande.
Mais nous avons une autre forme d’espérance, la sainte promesse que le Seigneur nous donnera toujours ce que nous Lui demanderons. Une seule condition : que nous ayons la foi, l’espérance, l’amour. La foi, pour tourner notre regard vers Dieu ; l’espérance, pour avoir la force d’attendre, de frapper et de chercher ; l’amour, pour remettre aux autres les fruits de la bonté de Dieu. Mais en raisonnant ainsi, on en vient peu à peu à l’idée que la distinction entre ces trois vertus est, jusqu’à un certain point, conventionnelle. La foi est proche de l’espérance, car elle est tout aussi ferme ; l’espérance est proche de l’amour, car elle est tout aussi lumineuse. L’une sans l’autre n’a pas de sens. Et peut-être même devient-elle pervertie. Songez à ce que signifierait le passage d’aujourd’hui sur l’espérance que Dieu réponde, s’il n’y avait ni foi ni amour. Alors nous pourrions être appelés des consommateurs de la grâce divine, rien de plus.
13 Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui l’en prient ! » |
Que demandons-nous habituellement à Dieu ? Eh bien, bien sûr, la santé... Quoi d'autre ? Du beau temps, de l'argent, la protection dans le danger... Et recevons-nous toujours ? Et si ce n'est pas toujours le cas, pourquoi ? Demandons-nous ce qu'il faut ?
Car il est dit : « cherchez d'abord le Royaume de Dieu... » Le Royaume de Dieu, c'est lorsque Dieu règne en nous, lorsque nous cherchons à accomplir Sa volonté, non parce que nous serions punis autrement, mais par consentement, par amour, parce qu'Il est Père. Mais ce n'est qu'en recevant l'Esprit Saint que nous recevons l'esprit d'adoption, qui rend réelles nos relations avec le Père. « Tout le reste vous sera donné par surcroît », — voilà pourquoi le Père donne l'essentiel — l'Esprit Saint.
13 Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui l’en prient ! » |
Pourquoi, si Dieu nous aime tant et veut tellement nous montrer Son amour, devons-nous Lui demander, frapper, chercher ? C'est Lui-même qui nous commande de demander, Lui-même qui dit qu'Il sait déjà ce dont nous avons besoin, et qui ajoute encore des paraboles pour nous convaincre.
La clé de ce caractère étrange de Dieu se cache dans ce court verset. Dieu ne donne pas simplement du pain, de l'argent ou des biens spirituels. Il donne l'Esprit Saint. Or cette rencontre avec l'Esprit ne peut être que volontaire. L'Esprit n'est donné qu'à ceux qui le veulent de tout leur coeur, et un tel désir ne peut pas ne pas s'exprimer dans la prière.
13 Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui l’en prient ! » |
Que peut donner Dieu à l'homme? Question étrange, semble-t-il: à l'évidence, tout ce qu'Il voudra donner. Mais de quoi l'homme a-t-il réellement besoin de la part de Dieu? Tout aussi évidemment: de ce qu'il ne peut recevoir nulle part ailleurs, jamais, d'aucune manière et de personne. Quant aux biens terrestres, l'homme les reçoit d'une manière terrestre, de ce monde et en tenant compte de ses lois.
Bien sûr, Dieu peut aider l'homme en cela et l'aide souvent, en lui montrant où il peut trouver ce dont il a besoin et comment l'obtenir; mais dans le monde déchu, tout cela s'acquiert souvent sans participation directe de Dieu. L'Esprit Saint, ce souffle de Dieu dont le Royaume est pénétré et qui est présent dans le monde, ne peut être reçu que de Dieu. On pourrait penser: si le souffle de Dieu est répandu dans la création, pourquoi ne peut-on le recevoir que de Lui?
Mais justement, il ne s'ouvre à l'homme que dans le contexte de ses relations avec Dieu et en lien avec elles. Le souffle de Dieu n'existe pas par lui-même, séparé de la Personne divine dans toute la plénitude de son existence, et l'on ne peut en vivre la réalité que lorsque des relations solides et conscientes sont établies avec cette Personne.
À proprement parler, sans de telles relations, aucune vie spirituelle n'est possible, et même la vie tout court sans elles sera assez pauvre. En effet, l'homme a été conçu par Dieu dès le commencement comme celui qui devait être avec Lui dans un état de communion continue; c'est précisément le «souffle de vie» de Dieu qui fait de l'homme un homme. Or le souffle suppose un processus continu: on ne peut pas se contenter d'une seule inspiration et expiration.
Mais l'homme est libre, et dans l'état déchu il a souvent usé de sa liberté pour ignorer la présence de Dieu dans sa vie, y compris Son souffle. Pourtant l'amour de Dieu pour l'homme n'en a pas été diminué, et Il est toujours prêt à rencontrer celui qui revient vers Lui. Et alors, après la conversion, après que les relations de l'homme avec Dieu seront redevenues solides et conscientes, il recevra ce qu'il ne recevra jamais, nulle part et de personne dans ce monde: le souffle de Dieu dans toute la plénitude accessible à l'homme. Et la vie aussi, dans toute la plénitude accessible.
5 Il leur dit encore : « Si l’un de vous, ayant un ami, s’en va le trouver au milieu de la nuit, pour lui dire : « Mon ami, prête-moi trois pains, |
6 parce qu’un de mes amis m’est arrivé de voyage et je n’ai rien à lui servir », |
7 et que de l’intérieur l’autre réponde : « Ne me cause pas de tracas ; maintenant la porte est fermée, et mes enfants et moi sommes au lit ; je ne puis me lever pour t’en donner »; |
8 je vous le dis, même s’il ne se lève pas pour les lui donner en qualité d’ami, il se lèvera du moins à cause de son impudence et lui donnera tout ce dont il a besoin. |
9 « Et moi, je vous dis : demandez et l’on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira. |
10 Car quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; et à qui frappe on ouvrira. |
11 Quel est d’entre vous le père auquel son fils demandera un poisson, et qui, à la place du poisson, lui remettra un serpent ? |
12 Ou encore s’il demande un œuf, lui remettra-t-il un scorpion ? |
13 Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui l’en prient ! » |
Poursuivant Son enseignement sur la prière, le Seigneur prononce ces paroles bien connues : « Demandez, et l'on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l'on vous ouvrira. » Elles décrivent une manière de prier, et plus largement d'entrer en relation avec Dieu, caractérisée avant tout par l'humilité. Le Seigneur ne dit pas : « Exigez votre dû », ni : « Appropriez-vous ce qui se présente », ni : « Entrez (dans ce monde et dans le Royaume du Père) comme les maîtres de votre vaste patrie... » La demande suppose la possibilité d'un refus, la recherche celle de ne pas trouver, le fait de frapper à une porte celle qu'on ne vous ouvre pas. Pourtant, le Christ nous appelle à faire tout cela en nous fiant à Sa promesse : cette confiance est le deuxième trait de la prière chrétienne. Et le troisième est qu'une telle prière repose sur un désir exprimé de trouver, de recevoir et d'entrer. Cet élan vers Dieu, à qui nous nous adressons, est lui aussi nécessaire à la prière chrétienne. Sans cet élan, rien n'aboutira.
Dans le dernier verset du bref passage évangélique d'aujourd'hui, le Christ dit une chose d'une importance extrême au sujet du bien que nous devons demander et recevoir du Père : « Si vous, qui êtes mauvais, savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-Il l'Esprit Saint à ceux qui Le Lui demandent. » Non l'abondance de nourriture, non le confort intérieur, ni même de longues (ou éternelles) années de vie : l'Esprit Saint. Voilà le vrai bien que Dieu veut nous donner : Lui-même. Et seul cet unique bien véritable mérite d'être recherché.
1 Et il advint, comme il était quelque part à prier, quand il eut cessé, qu’un de ses disciples lui dit : « Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean l’a appris à ses disciples. » |
2 Il leur dit : « Lorsque vous priez, dites :Père, que ton Nom soit sanctifié ; que ton règne vienne ; |
3 donne-nous chaque jour notre pain quotidien ; |
4 et remets-nous nos péchés, car nous-mêmes remettons à quiconque nous doit ; et ne nous laisse pas entrer en tentation. » |
5 Il leur dit encore : « Si l’un de vous, ayant un ami, s’en va le trouver au milieu de la nuit, pour lui dire : « Mon ami, prête-moi trois pains, |
6 parce qu’un de mes amis m’est arrivé de voyage et je n’ai rien à lui servir », |
7 et que de l’intérieur l’autre réponde : « Ne me cause pas de tracas ; maintenant la porte est fermée, et mes enfants et moi sommes au lit ; je ne puis me lever pour t’en donner »; |
8 je vous le dis, même s’il ne se lève pas pour les lui donner en qualité d’ami, il se lèvera du moins à cause de son impudence et lui donnera tout ce dont il a besoin. |
9 « Et moi, je vous dis : demandez et l’on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira. |
10 Car quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; et à qui frappe on ouvrira. |
11 Quel est d’entre vous le père auquel son fils demandera un poisson, et qui, à la place du poisson, lui remettra un serpent ? |
12 Ou encore s’il demande un œuf, lui remettra-t-il un scorpion ? |
13 Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui l’en prient ! » |
14 Il expulsait un démon, qui était muet. Or il advint que, le démon étant sorti, le muet parla, et les foules furent dans l’admiration. |
15 Mais certains d’entre eux dirent : « C’est par Béelzéboul, le prince des démons, qu’il expulse les démons. » |
16 D’autres, pour le mettre à l’épreuve, réclamaient de lui un signe venant du ciel. |
17 Mais lui, connaissant leurs pensées, leur dit : « Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté, et maison sur maison s’écroule. |
18 Si donc Satan s’est, lui aussi, divisé contre lui-même, comment son royaume se maintiendra-t-il ?... puisque vous dites que c’est par Béelzéboul que j’expulse les démons. |
19 Mais si, moi, c’est par Béelzéboul que j’expulse les démons, vos fils, par qui les expulsent-ils ? Aussi seront-ils eux-mêmes vos juges. |
20 Mais si c’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons, c’est donc que le Royaume de Dieu est arrivé jusqu’à vous. |
21 Lorsqu’un homme fort et bien armé garde son palais, ses biens sont en sûreté ; |
22 mais qu’un plus fort que lui survienne et le batte, il lui enlève l’armure en laquelle il se confiait et il distribue ses dépouilles. |
23 « Qui n’est pas avec moi est contre moi, et qui n’amasse pas avec moi dissipe. |
24 « Lorsque l’esprit impur est sorti de l’homme, il erre par des lieux arides en quête de repos. N’en trouvant pas, il dit : « Je vais retourner dans ma demeure, d’où je suis sorti. » |
25 Étant venu, il la trouve balayée, bien en ordre. |
26 Alors il s’en va prendre sept autres esprits plus mauvais que lui ; ils reviennent et y habitent. Et l’état final de cet homme devient pire que le premier. » |
27 Or il advint, comme il parlait ainsi, qu’une femme éleva la voix du milieu de la foule et lui dit : « Heureuses les entrailles qui t’ont porté et les seins que tu as sucés ! » |
28 Mais il dit : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et l’observent ! » |
La lecture d’aujourd’hui comprend deux épisodes que l’évangéliste réunit en un seul récit. Il commence par la question des disciples au sujet de la prière ; en réponse, Jésus leur propose, et par là même à nous tous, la prière du « Notre Père » (v. 1–4). Luc, comme on le voit, accorde une attention principale à l’importance de la demande, et même de la demande insistante, comme condition nécessaire pour obtenir ce qui est demandé (v. 5–13). Il semblerait que Dieu ne soit pas un homme, pour qu’il faille Lui rappeler encore et encore, comme à un intendant oublieux ou malveillant, ce que l’on demande. Mais, d’autre part, l’insistance apparaît ici avant tout comme le témoignage que l’homme se souvient de sa demande, qu’elle est réellement importante pour lui. En effet, vaut-il la peine d’exaucer une demande que celui qui la formule oublie dès le lendemain ? On ne peut demander ainsi que des bagatelles ; quant aux demandes importantes, celui pour qui elles sont réellement importantes est prêt à les répéter encore et encore, confirmant le sérieux de ses intentions.
Il est question du même sérieux dans la seconde partie du passage d’aujourd’hui. Et il ne s’agit pas seulement du fait que l’idée même de pouvoir chasser les démons par la puissance de leur chef était absurde (v. 17–18, 21–22). Il s’agit aussi du fait que, pour ceux qui discutaient, tout ce que faisait Jésus était une sorte de jeu, quelque chose qui rappelait de loin leurs propres débats, lesquels étaient sans doute très captivants, mais au fond n’engageaient à rien. De là vient l’exigence d’un signe, qui deviendrait la preuve que Jésus avait raison (v. 14–16).
La preuve devait être théologiquement correcte, elle devait correspondre aux représentations « justes » de l’école rabbinique « juste », afin d’être acceptée. Et tant qu’une telle preuve n’était pas présentée, tout convenait pour expliquer ce qui se passait, y compris des affirmations absurdes au sujet du « prince des démons ». Mais Jésus Lui-même n’avait pas l’intention de jouer à ces jeux, car pour Lui tout ce qu’Il faisait était absolument sérieux. Et Il essaie d’expliquer à Ses interlocuteurs tout le sérieux de ce qui se passe (v. 24–26). Les jeux sont finis ; il est question de la vie spirituelle et de la mort spirituelle de l’homme.
Mais les disputeurs professionnels, semble-t-il, n’en ont cure. Ce qui leur importe, c’est de vérifier si Jésus saura les vaincre dans la discussion ou non. Et, dans leurs disputes, ils perdent le Royaume sans s’en apercevoir. Car le Royaume n’est pas un jeu, il est sérieux. Et pour toujours.
1 Et il advint, comme il était quelque part à prier, quand il eut cessé, qu’un de ses disciples lui dit : « Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean l’a appris à ses disciples. » |
2 Il leur dit : « Lorsque vous priez, dites :Père, que ton Nom soit sanctifié ; que ton règne vienne ; |
3 donne-nous chaque jour notre pain quotidien ; |
4 et remets-nous nos péchés, car nous-mêmes remettons à quiconque nous doit ; et ne nous laisse pas entrer en tentation. » |
5 Il leur dit encore : « Si l’un de vous, ayant un ami, s’en va le trouver au milieu de la nuit, pour lui dire : « Mon ami, prête-moi trois pains, |
6 parce qu’un de mes amis m’est arrivé de voyage et je n’ai rien à lui servir », |
7 et que de l’intérieur l’autre réponde : « Ne me cause pas de tracas ; maintenant la porte est fermée, et mes enfants et moi sommes au lit ; je ne puis me lever pour t’en donner »; |
8 je vous le dis, même s’il ne se lève pas pour les lui donner en qualité d’ami, il se lèvera du moins à cause de son impudence et lui donnera tout ce dont il a besoin. |
9 « Et moi, je vous dis : demandez et l’on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira. |
10 Car quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; et à qui frappe on ouvrira. |
11 Quel est d’entre vous le père auquel son fils demandera un poisson, et qui, à la place du poisson, lui remettra un serpent ? |
12 Ou encore s’il demande un œuf, lui remettra-t-il un scorpion ? |
13 Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui l’en prient ! » |
14 Il expulsait un démon, qui était muet. Or il advint que, le démon étant sorti, le muet parla, et les foules furent dans l’admiration. |
15 Mais certains d’entre eux dirent : « C’est par Béelzéboul, le prince des démons, qu’il expulse les démons. » |
16 D’autres, pour le mettre à l’épreuve, réclamaient de lui un signe venant du ciel. |
17 Mais lui, connaissant leurs pensées, leur dit : « Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté, et maison sur maison s’écroule. |
18 Si donc Satan s’est, lui aussi, divisé contre lui-même, comment son royaume se maintiendra-t-il ?... puisque vous dites que c’est par Béelzéboul que j’expulse les démons. |
19 Mais si, moi, c’est par Béelzéboul que j’expulse les démons, vos fils, par qui les expulsent-ils ? Aussi seront-ils eux-mêmes vos juges. |
20 Mais si c’est par le doigt de Dieu que j’expulse les démons, c’est donc que le Royaume de Dieu est arrivé jusqu’à vous. |
21 Lorsqu’un homme fort et bien armé garde son palais, ses biens sont en sûreté ; |
22 mais qu’un plus fort que lui survienne et le batte, il lui enlève l’armure en laquelle il se confiait et il distribue ses dépouilles. |
23 « Qui n’est pas avec moi est contre moi, et qui n’amasse pas avec moi dissipe. |
24 « Lorsque l’esprit impur est sorti de l’homme, il erre par des lieux arides en quête de repos. N’en trouvant pas, il dit : « Je vais retourner dans ma demeure, d’où je suis sorti. » |
25 Étant venu, il la trouve balayée, bien en ordre. |
26 Alors il s’en va prendre sept autres esprits plus mauvais que lui ; ils reviennent et y habitent. Et l’état final de cet homme devient pire que le premier. » |
27 Or il advint, comme il parlait ainsi, qu’une femme éleva la voix du milieu de la foule et lui dit : « Heureuses les entrailles qui t’ont porté et les seins que tu as sucés ! » |
28 Mais il dit : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et l’observent ! » |
On ne se tromperait sans doute pas en disant que le message central de la prédication du Christ est le message du Père. Dans beaucoup d'autres paraboles, le Seigneur présente une image de Dieu proche des conceptions juives et peut-être parfois nécessaire pour nous : celle d'un Roi qui exerce un pouvoir absolu sur Ses sujets. Mais dans les paraboles d'aujourd'hui, Il apparaît seulement comme un père qui aime ses enfants quels qu'ils soient, ou comme un ami prêt à venir en aide même au moment qui lui convient le moins.
Les auditeurs de Jésus savent par leur propre expérience que, si sombre et malveillant que soit un homme, il demeure capable de tendresse et de sollicitude envers ce qu'il a de plus cher : ses enfants. Ils savent également que les hommes sont capables de s'entraider dans le besoin, même lorsque cela leur est désagréable. Maintenant, dit Jésus, comprenez une chose simple : Dieu est meilleur que vous, plus bienveillant et plus généreux ; serait-Il donc pour vous un Père moins bon que vous ne l'êtes pour vos enfants ? Dans cette lumière, la prière du « Notre Père » devient non pas simplement l'une des manières possibles de s'adresser à Dieu, mais une révélation étonnante du mystère de l'amour du Père, plus fort et plus tendre que tout ce qui existe au monde.
1 Et il advint, comme il était quelque part à prier, quand il eut cessé, qu’un de ses disciples lui dit : « Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean l’a appris à ses disciples. » |
2 Il leur dit : « Lorsque vous priez, dites :Père, que ton Nom soit sanctifié ; que ton règne vienne ; |
3 donne-nous chaque jour notre pain quotidien ; |
4 et remets-nous nos péchés, car nous-mêmes remettons à quiconque nous doit ; et ne nous laisse pas entrer en tentation. » |
5 Il leur dit encore : « Si l’un de vous, ayant un ami, s’en va le trouver au milieu de la nuit, pour lui dire : « Mon ami, prête-moi trois pains, |
6 parce qu’un de mes amis m’est arrivé de voyage et je n’ai rien à lui servir », |
7 et que de l’intérieur l’autre réponde : « Ne me cause pas de tracas ; maintenant la porte est fermée, et mes enfants et moi sommes au lit ; je ne puis me lever pour t’en donner »; |
8 je vous le dis, même s’il ne se lève pas pour les lui donner en qualité d’ami, il se lèvera du moins à cause de son impudence et lui donnera tout ce dont il a besoin. |
9 « Et moi, je vous dis : demandez et l’on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira. |
10 Car quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; et à qui frappe on ouvrira. |
11 Quel est d’entre vous le père auquel son fils demandera un poisson, et qui, à la place du poisson, lui remettra un serpent ? |
12 Ou encore s’il demande un œuf, lui remettra-t-il un scorpion ? |
13 Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui l’en prient ! » |
Il y a quelque chose de commun entre les lectures d’aujourd’hui tirées de la Genèse et de l’Évangile selon Luc. Abraham parle avec son hôte (ses hôtes ?), tout en comprenant qu’il parle avec Dieu. Et cela transforme toute la conversation en prière. Cette prière atteint-elle son but ? Si son but était l’intercession pour Sodome et Gomorrhe, alors non ! Mais si le but consiste à approfondir la relation avec Dieu, à discerner Sa volonté et à pénétrer les profondeurs de Sa miséricorde, alors oui, ce but est atteint ! Tout le passage de l’Évangile selon Luc parle de la même chose. Que doit être notre prière, quel est son but ? Et la réponse de Jésus est la prière du « Notre Père » et l’acquisition de l’Esprit Saint.
1 Et il advint, comme il était quelque part à prier, quand il eut cessé, qu’un de ses disciples lui dit : « Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean l’a appris à ses disciples. » |
2 Il leur dit : « Lorsque vous priez, dites :Père, que ton Nom soit sanctifié ; que ton règne vienne ; |
3 donne-nous chaque jour notre pain quotidien ; |
4 et remets-nous nos péchés, car nous-mêmes remettons à quiconque nous doit ; et ne nous laisse pas entrer en tentation. » |
5 Il leur dit encore : « Si l’un de vous, ayant un ami, s’en va le trouver au milieu de la nuit, pour lui dire : « Mon ami, prête-moi trois pains, |
6 parce qu’un de mes amis m’est arrivé de voyage et je n’ai rien à lui servir », |
7 et que de l’intérieur l’autre réponde : « Ne me cause pas de tracas ; maintenant la porte est fermée, et mes enfants et moi sommes au lit ; je ne puis me lever pour t’en donner »; |
8 je vous le dis, même s’il ne se lève pas pour les lui donner en qualité d’ami, il se lèvera du moins à cause de son impudence et lui donnera tout ce dont il a besoin. |
9 « Et moi, je vous dis : demandez et l’on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira. |
10 Car quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; et à qui frappe on ouvrira. |
La question que les disciples adressent à Jésus au sujet de la prière était tout à fait traditionnelle à l'époque évangélique. Les rabbins savants et les maîtres de la Torah accordaient alors, en général, une grande attention à la prière et aux règles qui la régissaient : leur étendue, leur forme et leur contenu. La prière correcte était considérée comme le fondement de toute relation de l'homme avec Dieu ; on attribuait à la parole une importance presque autonome dans cette relation. Sans aller, bien sûr, jusqu'à la magie pure et simple, les prescriptions relatives à la prière étaient empreintes de formalisme, et même largement. Jésus, Lui, propose à Ses disciples une prière brève, mais d'une extraordinaire densité spirituelle.
Chaque mot, chaque demande y est chargé d'un sens profond. En deux mille ans d'histoire chrétienne, on a tant écrit sur chacun qu'une vie humaine entière ne suffirait probablement pas à étudier ces seuls commentaires du Notre Père. Mais il ne s'agit évidemment pas seulement de ce que nous appellerions aujourd'hui la richesse théologique de cette courte prière proposée par Jésus à Ses disciples. Il s'agit avant tout de sa qualité spirituelle. Ce n'est pas un hasard si le Sauveur prend l'exemple d'un homme qui demande de l'aide à son ami : Dieu est précisément un ami pour l'homme, et un ami qui comprend que l'affaire est sérieuse ne refusera pas son aide.
Mais, pour qu'il le comprenne, la demande doit être insistante et persévérante. Celui qui s'adresse à Dieu sans croire pleinement qu'il recevra ce qu'il demande ne recevra très probablement rien. Non parce que Dieu l'entendrait moins bien qu'un homme persévérant, mais parce que la persévérance n'est ici que l'expression de la profondeur et de l'intensité des relations qui unissent le demandeur à Dieu, et de la profondeur de sa confiance en Lui. Sans cela, aucune relation avec Dieu n'est possible, et il est vain de s'adresser à Lui.
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