12 Ainsi donc, mes bien-aimés, avec cette obéissance dont vous avez toujours fait preuve, et qui doit paraître, non seulement quand je suis là, mais bien plus encore maintenant que je suis absent, travaillez avec crainte et tremblement à accomplir votre salut: |
13 aussi bien, Dieu est là qui opère en vous à la fois le vouloir et l'opération même, au profit de ses bienveillants desseins. |
14 Agissez en tout sans murmures ni contestations, |
15 afin de vous rendre irréprochables et purs, enfants de Dieu sans tache au sein d'une génération dévoyée et pervertie, d'un monde où vous brillez comme des foyers de lumière, |
16 en lui présentant la Parole de vie. Vous me préparez ainsi un sujet de fierté pour le Jour du Christ, car ma course et ma peine n'auront pas été vaines. |
17 Au fait, si mon sang même doit se répandre en libation sur le sacrifice et l'oblation de votre foi, j'en suis heureux et m'en réjouis avec vous tous, |
18 comme vous devez, de votre côté, en être heureux et vous en réjouir avec moi. |
Chacun de nous a beaucoup de tâches et de devoirs. Certaines choses nous plaisent, d’autres non ; nous voulons en faire certaines, tandis que nous ne voulons pas en faire d’autres... L’apôtre Paul le savait aussi bien que vous et moi—il devait s’occuper des affaires les plus diverses. Ce qu’il nous dit aujourd’hui s’applique à presque toutes les situations : « Faites tout sans murmures ni hésitations. » Quoi—tout ? Tout. Si quelque chose doit être fait, il ne sert à rien de murmurer, c’est-à-dire, en langage simple, de geindre et de se plaindre. Si tu accomplis une tâche, accomplis-la. Mais si tu doutes qu’il faille la faire ? Choisis : ou bien tu agis, ou bien tu n’agis pas. Marcher sur une route tout en doutant qu’elle soit la bonne n’a aucun sens. Soit tu avances, mais alors sans douter, soit tu t’arrêtes pour vérifier que le chemin est juste.
12 Ainsi donc, mes bien-aimés, avec cette obéissance dont vous avez toujours fait preuve, et qui doit paraître, non seulement quand je suis là, mais bien plus encore maintenant que je suis absent, travaillez avec crainte et tremblement à accomplir votre salut: |
En réfléchissant à la vie chrétienne, Paul attire l'attention des frères de Philippes sur la tâche principale du chrétien: marcher sur le chemin du salut. Cette affirmation est apparentée à la représentation rabbinique traditionnelle du fait de suivre la Tora comme tâche principale de quiconque appartient au peuple de Dieu. Mais là il s'agissait du chemin de la justice; ici, du salut et de la participation à la vie du Royaume. Le choix du chemin de la justice dépendait toujours de celui qui choisissait, tout comme le choix du Royaume après la venue du Sauveur dans le monde. Mais la progression du juste sur le chemin qu'il avait choisi dépendait en grande partie de ses propres efforts, même si, bien sûr, il était impossible de tenir sur ce chemin sans l'aide de Dieu. Le chemin du salut, qui commence par la participation au Royaume et s'achève dans le Royaume, dépend beaucoup plus de la volonté et de l'action de Dieu, ce que l'apôtre rappelle aux destinataires de sa lettre. Dans le Royaume, rien ne se produit sans la volonté de Dieu, sans sa participation directe et immédiate, qu'il s'agisse de la vie intérieure ou de la vie extérieure. C'est pourquoi la résolution et l'humilité y sont particulièrement importantes, car elles excluent toutes les hésitations qui engendrent d'ordinaire les murmures et les doutes que Paul appelle les chrétiens de Philippes à éviter.
Il ne s'agit évidemment pas du fait qu'autrement Dieu se fâcherait ou se vexerait, mais du fait que, sans résolution ni humilité, il est presque impossible à l'homme de devenir habitant du Royaume. En effet, lorsqu'il s'agit du Royaume, l'homme se trouve toujours du côté qui reçoit; dans son état présent, il n'a rien qu'il puisse apporter au Royaume ou faire pour lui. La seule chose accessible à l'homme déchu lorsqu'il s'agit du Royaume est de permettre à Dieu de le rendre capable de cette vie nouvelle qui l'attend là. Pour cela, celui qui cherche le Royaume doit absolument apprendre un art très difficile à l'homme déchu: l'art de renoncer entièrement à vivre selon son propre jugement, même avec les meilleures intentions, qui, hélas, pavent souvent un chemin qui ne mène pas du tout au Royaume. Savoir vivre ainsi distingue, selon la parole de l'apôtre, les chrétiens qui vivent selon les lois du Royaume des autres hommes qui vivent selon les lois du monde non transfiguré; et c'est à cela que Paul lie toutes les espérances de salut et de triomphe des sauvés au jour du Jugement.
12 Ainsi donc, mes bien-aimés, avec cette obéissance dont vous avez toujours fait preuve, et qui doit paraître, non seulement quand je suis là, mais bien plus encore maintenant que je suis absent, travaillez avec crainte et tremblement à accomplir votre salut: |
13 aussi bien, Dieu est là qui opère en vous à la fois le vouloir et l'opération même, au profit de ses bienveillants desseins. |
14 Agissez en tout sans murmures ni contestations, |
15 afin de vous rendre irréprochables et purs, enfants de Dieu sans tache au sein d'une génération dévoyée et pervertie, d'un monde où vous brillez comme des foyers de lumière, |
16 en lui présentant la Parole de vie. Vous me préparez ainsi un sujet de fierté pour le Jour du Christ, car ma course et ma peine n'auront pas été vaines. |
17 Au fait, si mon sang même doit se répandre en libation sur le sacrifice et l'oblation de votre foi, j'en suis heureux et m'en réjouis avec vous tous, |
18 comme vous devez, de votre côté, en être heureux et vous en réjouir avec moi. |
19 J'espère du moins, dans le Seigneur Jésus, vous envoyer bientôt Timothée, afin d'être soulagé moi-même en obtenant de vos nouvelles. |
20 Je n'ai vraiment personne qui saura comme lui s'intéresser d'un cœur sincère à votre situation: |
21 tous recherchent leurs propres intérêts, non ceux de Jésus Christ. |
22 Mais lui, vous savez qu'il a fait ses preuves: c'est comme un fils auprès de son père qu'il a servi avec moi la cause de l'Évangile. |
23 C'est donc lui que je compte vous envoyer, dès que j'aurai vu clair dans mes affaires. |
24 J'ai d'ailleurs bon espoir dans le Seigneur de venir bientôt moi-même. |
25 Mais je crois nécessaire de vous renvoyer Épaphrodite, ce frère qui m'est un compagnon de travail et de combat, et que vous avez délégué pour assister mon indigence. |
26 Car il languit après vous tous, et ne tient plus en place du fait que vous avez appris sa maladie. |
27 C'est vrai qu'il a été malade, et bien près de la mort; mais Dieu a eu pitié de lui, et pas seulement de lui, mais aussi bien de moi, m'épargnant d'avoir chagrin sur chagrin. |
28 Aussi je m'empresse de vous le renvoyer, afin que sa vue vous remette en joie, et que j'aie moi-même moins de peine. |
29 Accueillez-le donc dans le Seigneur en toute joie, et tenez en grande estime des gens tels que lui: |
30 c'est pour l'œuvre du Christ qu'il a failli mourir, ayant risqué sa vie pour vous suppléer dans le service que vous ne pouviez me rendre vous-mêmes. |
On pose souvent aux chrétiens la question : « mais pourquoi aller dans votre Église ? pourquoi se faire baptiser ? Pourquoi ne peut-on pas être simplement quelqu'un de bien ? » L'argumentation détaillée de ceux qui interrogent (les disputeurs, dans la terminologie du Nouveau Testament) se ramène à ceci : puisque, dans la parabole du Jugement dernier, le Seigneur promet un meilleur sort à ceux des nations, c'est-à-dire des incroyants, qui font le bien à leur prochain, l'Église n'est donc pas nécessaire.
Dans la lecture apostolique d'aujourd'hui, l'apôtre Paul nous donne une indication remarquable de ce qui distingue la vie du chrétien de celle d'un « simple homme de bien ». En appelant ses lecteurs de Philippes à travailler à leur salut avec crainte et tremblement (le mot grec peut ici se traduire littéralement par « élaborer, produire, accomplir »), l'apôtre dit comme un fait allant de soi : « car Dieu agit en vous ». « Dieu produit en vous le vouloir et l'agir selon Son bon plaisir ». Dieu, écrit l'apôtre, έστιν ό ένεργων, est Celui qui agit en vous, Celui par l'énergie de qui s'accomplissent en vous votre volonté et votre action, selon Son bon dessein. Le chrétien est un homme ordinaire, souvent même faible, mais il est ouvert à l'action de la grâce de Dieu, qui produit en lui la bonne volonté et l'action elle-même — l'accomplissement du bien.
La différence est donc que le simple homme de bien a l'espérance d'une récompense à venir, tandis que le chrétien vit et agit déjà avec Dieu et sous Sa seigneurie.
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