13 De Paphos, où ils s'embarquèrent, Paul et ses compagnons gagnèrent Pergé, en Pamphylie. Mais Jean les quitta pour retourner à Jérusalem. |
14 Quant à eux, poussant au-delà de Pergé, ils arrivèrent à Antioche de Pisidie. Le jour du sabbat, ils entrèrent à la synagogue et s'assirent. |
15 Après la lecture de la Loi et des Prophètes, les chefs de la synagogue leur envoyèrent dire : " Frères, si vous avez quelque parole d'encouragement à dire au peuple, parlez. " |
16 Paul alors se leva, fit signe de la main et dit : " Hommes d'Israël, et vous qui craignez Dieu, écoutez. |
17 Le Dieu de ce peuple, le Dieu d'Israël élut nos pères et fit grandir ce peuple durant son exil en terre d'Égypte. Puis, en déployant la force de son bras, il les en fit sortir |
18 et, durant quarante ans environ, il les entoura de soins au désert. |
19 Ensuite, après avoir exterminé sept nations dans la terre de Canaan, il les mit en possession de leur pays : |
20 quatre cent cinquante ans environ. Après quoi, il leur donna des juges, jusqu'au prophète Samuel. |
21 Par la suite, ils demandèrent un roi, et Dieu leur donna Saül, fils de Cis, de la tribu de Benjamin : quarante ans. |
22 Après l'avoir écarté, Dieu suscita pour eux David comme roi. C'est à lui qu'il a rendu ce témoignage : J'ai trouvé David, fils de Jessé, un homme selon mon cœur, qui accomplira toutes mes volontés. |
23 C'est de sa descendance que, suivant sa promesse, Dieu a suscité pour Israël Jésus comme Sauveur. |
24 Jean, le précurseur, avait préparé son arrivée en proclamant à l'adresse de tout le peuple d'Israël un baptême de repentance. |
25 Au moment de terminer sa course, Jean disait : "Celui que vous croyez que je suis, je ne le suis pas ; mais voici venir après moi celui dont je ne suis pas digne de délier la sandale. " |
26 " Frères, vous les enfants de la race d'Abraham, et vous ici présents qui craignez Dieu, c'est à vous que ce message de salut a été envoyé. |
27 En effet, les habitants de Jérusalem et leurs chefs ont accompli sans le savoir les paroles des prophètes qu'on lit chaque sabbat. |
28 Sans trouver en lui aucun motif de mort, ils l'ont condamné et ont demandé à Pilate de le faire périr. |
29 Et lorsqu'ils eurent accompli tout ce qui était écrit de lui, ils le descendirent du gibet et le mirent au tombeau. |
30 Mais Dieu l'a ressuscité; |
31 pendant de nombreux jours, il est apparu à ceux qui étaient montés avec lui de Galilée à Jérusalem, ceux-là mêmes qui sont maintenant ses témoins auprès du peuple. |
32 " Et nous, nous vous annonçons la Bonne Nouvelle : la promesse faite à nos pères, |
33 Dieu l'a accomplie en notre faveur à nous, leurs enfants : il a ressuscité Jésus. Ainsi est-il écrit dans les psaumes : Tu es mon fils, moi-même aujourd'hui je t'ai engendré. |
34 Que Dieu l'ait ressuscité des morts et qu'il ne doive plus retourner à la corruption, c'est bien ce qu'il avait déclaré : Je vous donnerai les choses saintes de David, celles qui sont dignes de foi. |
35 C'est pourquoi il dit ailleurs encore : Tu ne laisseras pas ton saint voir la corruption. |
36 Or David, après avoir en son temps servi les desseins de Dieu, est mort, a été réuni à ses pères et a vu la corruption. |
37 Celui que Dieu a ressuscité, lui, n'a pas vu la corruption. |
38 " Sachez-le donc, frères, c'est par lui que la rémission des péchés vous est annoncée. L'entière justification que vous n'avez pu obtenir par la Loi de Moïse, |
39 c'est par lui que quiconque croit l'obtient. |
40 " Prenez donc garde que n'arrive ce qui est dit dans les Prophètes : |
41 Regardez, contempteurs, soyez dans la stupeur et disparaissez ! Parce que de vos jours je vais accomplir une œuvre que vous ne croiriez pas si on vous la racontait. " |
42 Et, à leur sortie, on les invitait à parler encore du même sujet le sabbat suivant. |
43 Après que l'assemblée se fut séparée, nombre de Juifs et de prosélytes qui adoraient Dieu suivirent Paul et Barnabé, et ceux-ci, dans leurs entretiens, les engageaient à rester fidèles à la grâce de Dieu. |
44 Le sabbat suivant, presque toute la ville s'assembla pour entendre la parole de Dieu. |
45 À la vue de cette foule, les Juifs furent remplis de jalousie, et ils répliquaient par des blasphèmes aux paroles de Paul. |
46 S'enhardissant alors, Paul et Barnabé déclarèrent : " C'était à vous d'abord qu'il fallait annoncer la parole de Dieu. Puisque vous la repoussez et ne vous jugez pas dignes de la vie éternelle, eh bien ! nous nous tournons vers les païens. |
47 Car ainsi nous l'a ordonné le Seigneur : Je t'ai établi lumière des nations, pour que tu portes le salut jusqu'aux extrémités de la terre. " |
48 Tout joyeux à ces mots, les païens se mirent à glorifier la parole du Seigneur, et tous ceux-là embrassèrent la foi, qui étaient destinés à la vie éternelle. |
49 Ainsi la parole du Seigneur se répandait dans toute la région. |
50 Mais les Juifs montèrent la tête aux dames de condition qui adoraient Dieu ainsi qu'aux notables de la ville; il suscitèrent de la sorte une persécution contre Paul et Barnabé et les chassèrent de leur territoire. |
51 Ceux-ci, secouant contre eux la poussière de leur pieds, se rendirent à Iconium. |
52 Quant aux disciples, ils étaient remplis de joie et de l'Esprit Saint. |
À première vue, on assiste ici à la naissance d’une nouvelle religion : l’annonce chrétienne, n’ayant pas été accueillie par son milieu d’origine, les Juifs, en franchit les limites et se tourne vers les païens. Formellement, il en est bien ainsi, mais les prédicateurs eux-mêmes, Paul à leur tête, ne le considèrent manifestement pas de cette manière (et cela ressort clairement de sa prédication). Sans doute est-ce parce que le christianisme—non comme religion, mais comme expérience nouvelle de la vie avec Dieu—a touché avant tout ceux qui cherchaient non un système religieux, mais la vie véritable, la vie éternelle, ceux qui cherchaient le Christ et qui ont enfin reçu Sa présence dans l’Esprit. Il semble que cela nous concerne directement, nous aussi—ceux qui ne se sont pas encore déterminés comme ceux qui se considèrent chrétiens depuis longtemps.
13 De Paphos, où ils s'embarquèrent, Paul et ses compagnons gagnèrent Pergé, en Pamphylie. Mais Jean les quitta pour retourner à Jérusalem. |
14 Quant à eux, poussant au-delà de Pergé, ils arrivèrent à Antioche de Pisidie. Le jour du sabbat, ils entrèrent à la synagogue et s'assirent. |
15 Après la lecture de la Loi et des Prophètes, les chefs de la synagogue leur envoyèrent dire : " Frères, si vous avez quelque parole d'encouragement à dire au peuple, parlez. " |
16 Paul alors se leva, fit signe de la main et dit : " Hommes d'Israël, et vous qui craignez Dieu, écoutez. |
17 Le Dieu de ce peuple, le Dieu d'Israël élut nos pères et fit grandir ce peuple durant son exil en terre d'Égypte. Puis, en déployant la force de son bras, il les en fit sortir |
18 et, durant quarante ans environ, il les entoura de soins au désert. |
19 Ensuite, après avoir exterminé sept nations dans la terre de Canaan, il les mit en possession de leur pays : |
20 quatre cent cinquante ans environ. Après quoi, il leur donna des juges, jusqu'au prophète Samuel. |
21 Par la suite, ils demandèrent un roi, et Dieu leur donna Saül, fils de Cis, de la tribu de Benjamin : quarante ans. |
22 Après l'avoir écarté, Dieu suscita pour eux David comme roi. C'est à lui qu'il a rendu ce témoignage : J'ai trouvé David, fils de Jessé, un homme selon mon cœur, qui accomplira toutes mes volontés. |
23 C'est de sa descendance que, suivant sa promesse, Dieu a suscité pour Israël Jésus comme Sauveur. |
24 Jean, le précurseur, avait préparé son arrivée en proclamant à l'adresse de tout le peuple d'Israël un baptême de repentance. |
25 Au moment de terminer sa course, Jean disait : "Celui que vous croyez que je suis, je ne le suis pas ; mais voici venir après moi celui dont je ne suis pas digne de délier la sandale. " |
26 " Frères, vous les enfants de la race d'Abraham, et vous ici présents qui craignez Dieu, c'est à vous que ce message de salut a été envoyé. |
27 En effet, les habitants de Jérusalem et leurs chefs ont accompli sans le savoir les paroles des prophètes qu'on lit chaque sabbat. |
28 Sans trouver en lui aucun motif de mort, ils l'ont condamné et ont demandé à Pilate de le faire périr. |
29 Et lorsqu'ils eurent accompli tout ce qui était écrit de lui, ils le descendirent du gibet et le mirent au tombeau. |
30 Mais Dieu l'a ressuscité; |
31 pendant de nombreux jours, il est apparu à ceux qui étaient montés avec lui de Galilée à Jérusalem, ceux-là mêmes qui sont maintenant ses témoins auprès du peuple. |
32 " Et nous, nous vous annonçons la Bonne Nouvelle : la promesse faite à nos pères, |
33 Dieu l'a accomplie en notre faveur à nous, leurs enfants : il a ressuscité Jésus. Ainsi est-il écrit dans les psaumes : Tu es mon fils, moi-même aujourd'hui je t'ai engendré. |
34 Que Dieu l'ait ressuscité des morts et qu'il ne doive plus retourner à la corruption, c'est bien ce qu'il avait déclaré : Je vous donnerai les choses saintes de David, celles qui sont dignes de foi. |
35 C'est pourquoi il dit ailleurs encore : Tu ne laisseras pas ton saint voir la corruption. |
36 Or David, après avoir en son temps servi les desseins de Dieu, est mort, a été réuni à ses pères et a vu la corruption. |
37 Celui que Dieu a ressuscité, lui, n'a pas vu la corruption. |
38 " Sachez-le donc, frères, c'est par lui que la rémission des péchés vous est annoncée. L'entière justification que vous n'avez pu obtenir par la Loi de Moïse, |
39 c'est par lui que quiconque croit l'obtient. |
40 " Prenez donc garde que n'arrive ce qui est dit dans les Prophètes : |
41 Regardez, contempteurs, soyez dans la stupeur et disparaissez ! Parce que de vos jours je vais accomplir une œuvre que vous ne croiriez pas si on vous la racontait. " |
42 Et, à leur sortie, on les invitait à parler encore du même sujet le sabbat suivant. |
43 Après que l'assemblée se fut séparée, nombre de Juifs et de prosélytes qui adoraient Dieu suivirent Paul et Barnabé, et ceux-ci, dans leurs entretiens, les engageaient à rester fidèles à la grâce de Dieu. |
44 Le sabbat suivant, presque toute la ville s'assembla pour entendre la parole de Dieu. |
45 À la vue de cette foule, les Juifs furent remplis de jalousie, et ils répliquaient par des blasphèmes aux paroles de Paul. |
46 S'enhardissant alors, Paul et Barnabé déclarèrent : " C'était à vous d'abord qu'il fallait annoncer la parole de Dieu. Puisque vous la repoussez et ne vous jugez pas dignes de la vie éternelle, eh bien ! nous nous tournons vers les païens. |
47 Car ainsi nous l'a ordonné le Seigneur : Je t'ai établi lumière des nations, pour que tu portes le salut jusqu'aux extrémités de la terre. " |
48 Tout joyeux à ces mots, les païens se mirent à glorifier la parole du Seigneur, et tous ceux-là embrassèrent la foi, qui étaient destinés à la vie éternelle. |
49 Ainsi la parole du Seigneur se répandait dans toute la région. |
50 Mais les Juifs montèrent la tête aux dames de condition qui adoraient Dieu ainsi qu'aux notables de la ville; il suscitèrent de la sorte une persécution contre Paul et Barnabé et les chassèrent de leur territoire. |
51 Ceux-ci, secouant contre eux la poussière de leur pieds, se rendirent à Iconium. |
52 Quant aux disciples, ils étaient remplis de joie et de l'Esprit Saint. |
À première vue, il se produit ici la naissance d’une nouvelle religion: l’annonce chrétienne, n’ayant pas été acceptée par son milieu d’origine, les Juifs, en sort et se tourne vers les païens. Formellement, c’est bien le cas, mais les prédicateurs eux-mêmes, avec Paul à leur tête, ne le pensent clairement pas ainsi, et cela ressort clairement de sa prédication.
La raison tient sans doute au fait que le christianisme, non pas comme religion, mais comme expérience nouvelle de vie avec Dieu, a d’abord touché ceux qui ne cherchaient pas un système religieux, mais la vie véritable, éternelle, ceux qui cherchaient le Christ et qui, enfin, ont reçu Sa présence dans l’Esprit. Il semble que cela nous concerne directement nous aussi: ceux qui ne se sont pas encore décidés, et ceux qui se considèrent depuis longtemps comme chrétiens.
13 De Paphos, où ils s'embarquèrent, Paul et ses compagnons gagnèrent Pergé, en Pamphylie. Mais Jean les quitta pour retourner à Jérusalem. |
14 Quant à eux, poussant au-delà de Pergé, ils arrivèrent à Antioche de Pisidie. Le jour du sabbat, ils entrèrent à la synagogue et s'assirent. |
15 Après la lecture de la Loi et des Prophètes, les chefs de la synagogue leur envoyèrent dire : " Frères, si vous avez quelque parole d'encouragement à dire au peuple, parlez. " |
16 Paul alors se leva, fit signe de la main et dit : " Hommes d'Israël, et vous qui craignez Dieu, écoutez. |
17 Le Dieu de ce peuple, le Dieu d'Israël élut nos pères et fit grandir ce peuple durant son exil en terre d'Égypte. Puis, en déployant la force de son bras, il les en fit sortir |
18 et, durant quarante ans environ, il les entoura de soins au désert. |
19 Ensuite, après avoir exterminé sept nations dans la terre de Canaan, il les mit en possession de leur pays : |
20 quatre cent cinquante ans environ. Après quoi, il leur donna des juges, jusqu'au prophète Samuel. |
21 Par la suite, ils demandèrent un roi, et Dieu leur donna Saül, fils de Cis, de la tribu de Benjamin : quarante ans. |
22 Après l'avoir écarté, Dieu suscita pour eux David comme roi. C'est à lui qu'il a rendu ce témoignage : J'ai trouvé David, fils de Jessé, un homme selon mon cœur, qui accomplira toutes mes volontés. |
23 C'est de sa descendance que, suivant sa promesse, Dieu a suscité pour Israël Jésus comme Sauveur. |
24 Jean, le précurseur, avait préparé son arrivée en proclamant à l'adresse de tout le peuple d'Israël un baptême de repentance. |
25 Au moment de terminer sa course, Jean disait : "Celui que vous croyez que je suis, je ne le suis pas ; mais voici venir après moi celui dont je ne suis pas digne de délier la sandale. " |
Nous avons devant nous des paroles de Jésus (Jn 13:16) qui peuvent susciter diverses réactions. D'un côté, comment pourrait-il en être autrement ? L'esclave et l'envoyé peuvent-ils être plus grands que leurs maîtres ? Mais, d'un autre côté, combien souvent naissent dans l'âme de celui qui accomplit une mission l'orgueil et le désir de s'élever ? Cela arrive malheureusement aussi dans nos relations avec Dieu... Ces paroles s'évaporent de la tête, et l'on a envie de créer soi-même, sans demeurer sous aucune autorité. Et quel bonheur lorsque le coeur consent à la volonté de Dieu, et que l'envoyé ne porte pas son propre message, mais le message de Celui qui l'a envoyé, et que l'esclave « co-crée » avec le Seigneur !
C'est ainsi que Jésus en parle : « Si vous savez cela, vous êtes heureux, pourvu que vous le mettiez en pratique » (Jn 13:17). Et heureux est le coeur qui ne veut pas s'élever et qui aspire à l'accomplissement de la volonté du Seigneur. Alors celui qui reçoit un tel homme reçoit Jésus Lui-même, puisqu'Il demeure en lui (Jn 6:56).
13 De Paphos, où ils s'embarquèrent, Paul et ses compagnons gagnèrent Pergé, en Pamphylie. Mais Jean les quitta pour retourner à Jérusalem. |
14 Quant à eux, poussant au-delà de Pergé, ils arrivèrent à Antioche de Pisidie. Le jour du sabbat, ils entrèrent à la synagogue et s'assirent. |
15 Après la lecture de la Loi et des Prophètes, les chefs de la synagogue leur envoyèrent dire : " Frères, si vous avez quelque parole d'encouragement à dire au peuple, parlez. " |
16 Paul alors se leva, fit signe de la main et dit : " Hommes d'Israël, et vous qui craignez Dieu, écoutez. |
17 Le Dieu de ce peuple, le Dieu d'Israël élut nos pères et fit grandir ce peuple durant son exil en terre d'Égypte. Puis, en déployant la force de son bras, il les en fit sortir |
18 et, durant quarante ans environ, il les entoura de soins au désert. |
19 Ensuite, après avoir exterminé sept nations dans la terre de Canaan, il les mit en possession de leur pays : |
20 quatre cent cinquante ans environ. Après quoi, il leur donna des juges, jusqu'au prophète Samuel. |
21 Par la suite, ils demandèrent un roi, et Dieu leur donna Saül, fils de Cis, de la tribu de Benjamin : quarante ans. |
22 Après l'avoir écarté, Dieu suscita pour eux David comme roi. C'est à lui qu'il a rendu ce témoignage : J'ai trouvé David, fils de Jessé, un homme selon mon cœur, qui accomplira toutes mes volontés. |
23 C'est de sa descendance que, suivant sa promesse, Dieu a suscité pour Israël Jésus comme Sauveur. |
24 Jean, le précurseur, avait préparé son arrivée en proclamant à l'adresse de tout le peuple d'Israël un baptême de repentance. |
25 Au moment de terminer sa course, Jean disait : "Celui que vous croyez que je suis, je ne le suis pas ; mais voici venir après moi celui dont je ne suis pas digne de délier la sandale. " |
Qu’est-ce que le christianisme? Où sont ses frontières? Pour beaucoup aujourd’hui, le christianisme s’associe aux disciples du Christ qui se déclarent tels, et à l’Église (plus exactement, à la multitude d’Églises existant dans le monde moderne). Certains se souviendront de l’Église avec une majuscule, de ce corps du Christ dont parlait l’apôtre Paul. Pourtant Jésus Lui-même n’a jamais affirmé qu’Il limiterait Sa communion à Ses seuls disciples. Aux seuls chrétiens. À vrai dire, Il n’a laissé dans le monde aucun chrétien : Il a laissé une petite communauté de Ses disciples, qui s’est ensuite développée.
Puis, quelque temps plus tard, un petit groupe encore de ces mêmes disciples s’est appelé « chrétiens », ou, pour parler en langage contemporain, « messianistes ». Ensuite ce nom qu’ils s’étaient donné a été adopté par tous les disciples du Christ. Lui-même, en revanche, n’a parlé d’aucun « chrétien ». Il a parlé de Ses disciples, de ceux qui ont avec Lui certaines relations. Précisément certaines, au moins minimales. Médiatisées. Au moins à travers ceux qui ont avec Lui des relations plus conscientes et plus responsables.
Ici, bien sûr, la mesure de plénitude peut varier. Il y a des disciples et des fidèles plus proches, il y a le cercle le plus proche des disciples-apôtres, et parmi les apôtres eux-mêmes il y a des personnes qui Lui sont les plus proches. Il y a ceux qui Le connaissent personnellement, plus ou moins, mieux ou moins bien. Et il y a aussi ceux qui ne Le connaissent pas personnellement, mais que Lui connaît.
Il les connaît au moins, par exemple, parce que l’un de ces hommes est lié à l’un de Ses disciples immédiats. Lié par l’amitié, par la collaboration, par un service rendu un jour ou par une aide. Car le Royaume, celui qu’Il a apporté dans le monde, est d’abord relation. Dans l’idéal, ce sont des relations personnelles avec Lui-même comme Roi de ce Royaume; mais, pour commencer, au moins avec l’un de Ses disciples. Une chaîne de relations peut relier indirectement une personne au Royaume et à son Roi.
De telles relations ne sont pas encore tout, mais elles peuvent devenir le commencement d’un chemin. Si l’homme est conséquent, tôt ou tard viendra dans sa vie le moment où il faudra non seulement entrer en contact avec le Royaume et sa vie, mais aussi faire connaissance avec le Roi qui gouverne ce Royaume.
Toutefois, chaque chose en son temps. Une seule chose importe : aucun contact avec le Royaume, direct ou médiatisé, ne reste sans trace. Chacun d’eux est une chance qui, si l’on en use correctement, peut devenir une chance de salut.
13 De Paphos, où ils s'embarquèrent, Paul et ses compagnons gagnèrent Pergé, en Pamphylie. Mais Jean les quitta pour retourner à Jérusalem. |
14 Quant à eux, poussant au-delà de Pergé, ils arrivèrent à Antioche de Pisidie. Le jour du sabbat, ils entrèrent à la synagogue et s'assirent. |
15 Après la lecture de la Loi et des Prophètes, les chefs de la synagogue leur envoyèrent dire : " Frères, si vous avez quelque parole d'encouragement à dire au peuple, parlez. " |
16 Paul alors se leva, fit signe de la main et dit : " Hommes d'Israël, et vous qui craignez Dieu, écoutez. |
17 Le Dieu de ce peuple, le Dieu d'Israël élut nos pères et fit grandir ce peuple durant son exil en terre d'Égypte. Puis, en déployant la force de son bras, il les en fit sortir |
18 et, durant quarante ans environ, il les entoura de soins au désert. |
19 Ensuite, après avoir exterminé sept nations dans la terre de Canaan, il les mit en possession de leur pays : |
20 quatre cent cinquante ans environ. Après quoi, il leur donna des juges, jusqu'au prophète Samuel. |
21 Par la suite, ils demandèrent un roi, et Dieu leur donna Saül, fils de Cis, de la tribu de Benjamin : quarante ans. |
22 Après l'avoir écarté, Dieu suscita pour eux David comme roi. C'est à lui qu'il a rendu ce témoignage : J'ai trouvé David, fils de Jessé, un homme selon mon cœur, qui accomplira toutes mes volontés. |
23 C'est de sa descendance que, suivant sa promesse, Dieu a suscité pour Israël Jésus comme Sauveur. |
24 Jean, le précurseur, avait préparé son arrivée en proclamant à l'adresse de tout le peuple d'Israël un baptême de repentance. |
Le passage évangélique d'aujourd'hui peut servir de très belle illustration de ce qu'est l'Église, de ce qu'est la communauté des croyants en Christ. En son centre se trouve sa Tête — le Christ Lui-même. Près de Lui travaillent les apôtres — le fondement de la future hiérarchie de l'Église. Ils aident les gens en facilitant et en ordonnant la transmission du don de Dieu à chaque personne dans le besoin. Et il n'est dit nulle part qu'eux aussi mangent; sans doute ont-ils eux aussi participé à ce repas, mais ils sont ici avant tout pour le service — pour aider le Christ et les hommes. Les hommes qui sont autour de Lui par milliers — et tous, d'une manière ou d'une autre, ont faim; tous, sans doute, ont besoin de quelque chose de Lui.
Bien sûr, le Christ peut rassasier leur faim «à partir de rien». Lui — Dieu, qui a créé le ciel et la terre — n'a absolument pas besoin de nos pains et de nos poissons, car Il en a plus que nous. Et pourtant Il les utilise pour nous donner ce dont nous avons si soif. Il prend ce que chacun de nous possède, et grâce à Lui il apparaît que notre richesse commune est bien plus grande que simplement tout ce qui a été mis ensemble. Dieu est toujours prêt à accomplir pour nous un miracle, mais nous ne sommes pas toujours prêts à le recevoir. Et Il attend de nous notre premier pas — même petit, mais tout de même une participation à l'oeuvre de notre salut : le consentement.
24 Jean, le précurseur, avait préparé son arrivée en proclamant à l'adresse de tout le peuple d'Israël un baptême de repentance. |
25 Au moment de terminer sa course, Jean disait : "Celui que vous croyez que je suis, je ne le suis pas ; mais voici venir après moi celui dont je ne suis pas digne de délier la sandale. " |
En quoi consistait donc la mission de Jean le Baptiste? À rappeler au peuple juif le Messie? Mais les attentes messianiques, à cette époque en Judée et plus généralement en Palestine, étaient très intenses, si intenses que, périodiquement, ici ou là, éclataient des soulèvements messianiques conduits par un nouveau prétendant à la messianité.
On pourrait dire: à préparer le peuple à l’apparition du Messie. Oui, mais en quel sens? Rappeler les commandements, les normes et les règles de la vie spirituelle? Les chefs du mouvement pharisien s’en acquittaient très bien, ce que Jésus Lui-même reconnaissait en conseillant d’accomplir tous les conseils des maîtres pharisiens. Le sens principal de la prédication de Jean était manifestement ailleurs, même si, bien sûr, il ne se lassait pas de rappeler la nécessité d’observer les commandements, comme tout vrai prophète. Mais le centre de sa prédication était bien l’appel à la conversion. Certes, dans les paroles de Jean, il n’y aurait rien eu de nouveau ni d’original si elles avaient été adressées aux païens.
Mais elles n’étaient pas adressées aux païens, mais aux Juifs eux-mêmes. Et non à quelques apostats ayant oublié le Dieu de leurs pères, mais à des personnes croyantes et profondément religieuses. Jean a compris ce que les pharisiens, venus à lui pour accomplir l’ablution à laquelle le prophète appelait, ne pouvaient ni ne voulaient croire: il lui fut révélé qu’il n’y avait personne de prêt à rencontrer et accueillir dignement le Messie, personne même dans le peuple de Dieu. Même pour un homme profondément religieux, il fallait en réalité une nouvelle conversion: car au seuil du Royaume, selon les paroles mêmes de Jean, le Messie le rencontrerait et le laverait «dans l’Esprit de Dieu et le feu».
Il fut révélé au prophète ce que même les apôtres ne comprirent pas tout de suite: dans le Royaume, tout commence à neuf, sur une page blanche. Et cette page ne doit pas être souillée. Les pharisiens, hommes profondément religieux et observant donc strictement toutes les normes et règles de pureté rituelle, s’étonnaient: pourquoi cet étrange prophète appelle-t-il chacun à l’ablution? Eux, par exemple, ne sont pas des païens, et ils n’ont pas commis de tels péchés qui exigeraient d’eux des rites de purification!
Par précaution, certains d’entre eux accomplissaient tout de même l’ablution à laquelle Jean les appelait, mais ils n’en comprenaient toujours pas le sens, suscitant la réprimande indignée du prophète qui les accusait d’hypocrisie. Ainsi, avant même la venue du Christ dans le monde, s’est dessinée cette frontière séparant la religion et le Royaume, frontière qui par la suite poussera beaucoup de pharisiens à haïr Celui qui a apporté le Royaume dans le monde. Frontière qui marquait le chemin de la croix.
26 " Frères, vous les enfants de la race d'Abraham, et vous ici présents qui craignez Dieu, c'est à vous que ce message de salut a été envoyé. |
27 En effet, les habitants de Jérusalem et leurs chefs ont accompli sans le savoir les paroles des prophètes qu'on lit chaque sabbat. |
28 Sans trouver en lui aucun motif de mort, ils l'ont condamné et ont demandé à Pilate de le faire périr. |
29 Et lorsqu'ils eurent accompli tout ce qui était écrit de lui, ils le descendirent du gibet et le mirent au tombeau. |
30 Mais Dieu l'a ressuscité; |
31 pendant de nombreux jours, il est apparu à ceux qui étaient montés avec lui de Galilée à Jérusalem, ceux-là mêmes qui sont maintenant ses témoins auprès du peuple. |
32 " Et nous, nous vous annonçons la Bonne Nouvelle : la promesse faite à nos pères, |
33 Dieu l'a accomplie en notre faveur à nous, leurs enfants : il a ressuscité Jésus. Ainsi est-il écrit dans les psaumes : Tu es mon fils, moi-même aujourd'hui je t'ai engendré. |
Dans la lecture d'aujourd'hui tirée des Actes des Apôtres, nous entendons l'apôtre Paul dire que Jérusalem n'a pas reconnu son Messie. Combien de fois avons-nous déjà entendu que les scribes, les pharisiens et tous les Juifs étaient certains d'attendre la venue du Messie avec joie et impatience. Puis Il est venu et a été mis à mort. Il s'avère qu'ils attendaient quelqu'un de tout autre. Quel Dieu attendons-nous ? Aimons-nous véritablement le Dieu vivant, ou seulement l'idée que nous nous faisons de Lui ?
44 Le sabbat suivant, presque toute la ville s'assembla pour entendre la parole de Dieu. |
45 À la vue de cette foule, les Juifs furent remplis de jalousie, et ils répliquaient par des blasphèmes aux paroles de Paul. |
46 S'enhardissant alors, Paul et Barnabé déclarèrent : " C'était à vous d'abord qu'il fallait annoncer la parole de Dieu. Puisque vous la repoussez et ne vous jugez pas dignes de la vie éternelle, eh bien ! nous nous tournons vers les païens. |
47 Car ainsi nous l'a ordonné le Seigneur : Je t'ai établi lumière des nations, pour que tu portes le salut jusqu'aux extrémités de la terre. " |
48 Tout joyeux à ces mots, les païens se mirent à glorifier la parole du Seigneur, et tous ceux-là embrassèrent la foi, qui étaient destinés à la vie éternelle. |
49 Ainsi la parole du Seigneur se répandait dans toute la région. |
50 Mais les Juifs montèrent la tête aux dames de condition qui adoraient Dieu ainsi qu'aux notables de la ville; il suscitèrent de la sorte une persécution contre Paul et Barnabé et les chassèrent de leur territoire. |
51 Ceux-ci, secouant contre eux la poussière de leur pieds, se rendirent à Iconium. |
52 Quant aux disciples, ils étaient remplis de joie et de l'Esprit Saint. |
Paul et Barnabé disent que la Parole de Dieu doit être annoncée en premier lieu au peuple élu — les Juifs. Pourtant, la prédication adressée aux Juifs est aussi écoutée par les païens, et la Parole pénètre parfois plus profondément dans leur cœur que dans celui des Juifs. Paul dit qu’en rejetant la Parole, les hommes se rendent eux-mêmes indignes de la vie éternelle. Les Juifs pensaient que les païens étaient indignes de la vie éternelle. Certains païens modernes affirment que les Juifs ne sont dignes ni de la vie éternelle ni de la vie temporelle. Le Seigneur voit tout autrement : pour Lui, personne n’est indigne — sauf ceux qui Le refusent volontairement.
47 Car ainsi nous l'a ordonné le Seigneur : Je t'ai établi lumière des nations, pour que tu portes le salut jusqu'aux extrémités de la terre. " |
Que la parole de Dieu doive retentir jusqu'aux extrémités de la terre, on le savait déjà grâce à la prédication des prophètes. Ce sont eux qui ont parlé les premiers de l'appel, aux jours du Messie, des païens qui se joindraient au reste du peuple juif afin de former avec lui le nouveau peuple de Dieu. Seulement, personne ne s'attendait à ce que la formation de ce nouveau peuple commence par des païens récents. La logique suggérait que les premiers à reconnaître et à recevoir leur Messie seraient naturellement les Juifs, d'autant plus que les mouvements messianiques étaient nombreux dans le peuple aux temps évangéliques, et que la question de savoir laquelle des fraternités religieuses existant alors était le véritable reste messianique provoquait les débats les plus ardents. Et pourtant il advint que ce furent précisément les païens, qui cherchaient la vérité dans la Synagogue et adoraient le Dieu d'Israël, qui le reçurent les premiers.
Paradoxe de l'histoire spirituelle? Sans doute, oui; il avait cependant ses raisons: malheureusement, c'est précisément la religiosité qui s'est révélée être ce lourd fardeau qui a rendu difficile à beaucoup de Juifs l'entrée dans le Royaume. Aux païens récents, libres de ce fardeau, cela se révéla plus facile, et ils devancèrent beaucoup de ceux qui étaient certains que le Messie viendrait à eux et pour eux.
Quant aux apôtres, ils n'avaient aucune raison de respecter l'ordre auquel beaucoup de leurs compatriotes et coreligionnaires s'attendaient. Certes, en prêchant, ils s'adressaient d'abord aux Juifs, à ceux qui auraient dû écouter et entendre les premiers. Mais leur refus ne pouvait ni ne devait arrêter ce témoignage du Christ et du Royaume confié aux apôtres. Car c'était une œuvre non humaine, mais divine, et il n'appartenait pas aux hommes de déterminer l'ordre d'entrée dans le Royaume des Juifs ou des païens. L'affaire des apôtres était de témoigner de ce dont le Sauveur lui-même avait déjà témoigné: le Royaume s'est approché, et le chemin qui y mène est désormais ouvert à tout chercheur, qu'il soit Juif ou représentant de n'importe quel autre peuple. Qui irait le premier dépendait à la fois de Dieu et des hommes auxquels le Royaume était proposé.
Et les apôtres étaient heureux de voir dans le Royaume chacun de ceux qui y entraient, indépendamment de sa nationalité et de sa religion. Car ils étaient avant tout des hommes du Royaume, et seulement ensuite des représentants de leur peuple et de leur communauté religieuse, comme doivent l'être les témoins du Royaume.
48 Tout joyeux à ces mots, les païens se mirent à glorifier la parole du Seigneur, et tous ceux-là embrassèrent la foi, qui étaient destinés à la vie éternelle. |
La prédication des apôtres touchait les cœurs non seulement des Juifs, mais aussi des païens, car le Royaume fut dès le commencement ouvert à quiconque était prêt à se confier au Sauveur. Autre chose est intéressante: ces anciens païens qui viennent à l'Église sont perçus par l'auteur sacré comme une partie intégrante du nouveau peuple de Dieu, comme ceux qui étaient « préordonnés » à la vie éternelle, à la vie du Royaume. En principe, il n'y a bien sûr rien de particulièrement inhabituel dans une telle vision de l'Église comme nouveau peuple de Dieu. Le peuple de Dieu, selon les représentations généralement admises à cette époque dans le milieu synagogal, avait été conçu par Dieu avant même la création du monde, tout comme le Messie. Et l'Église, dès la vie de la première génération chrétienne, a appliqué aussi à elle-même cette compréhension comme nouveau peuple de Dieu.
Mais en ce qui concerne les païens, la situation n'était pas aussi univoque. Certes, les prophètes ont dit plus d'une fois qu'avec la venue du Messie, les païens se tourneraient vers le Dieu d'Israël et entreraient dans le peuple de Dieu comme sa partie intégrante. Mais une telle entrée ne signifiait pas, semble-t-il, que le dessein de Dieu sur son peuple incluait dès le commencement les païens eux aussi. C'était une manifestation de la miséricorde de Dieu, qui, sans avoir rien promis d'avance aux païens, leur donne pourtant par le Messie la possibilité de devenir participants de son dessein de salut du monde. Et l'Église, manifestement, a étendu cette représentation de la providence de Dieu à tous ses membres, quelle que soit leur origine.
Une telle relecture des frontières du peuple de Dieu était extrêmement importante: car selon la définition juive traditionnelle de ces frontières, aucun païen, même croyant au Dieu d'Israël, n'y entrait s'il n'adoptait pas le judaïsme dans toute sa plénitude en devenant Juif. L'Église, elle, dès le commencement, a lié les frontières du peuple de Dieu non au peuple juif comme ethnie ni à la Synagogue, mais à la personne du Messie. Les frontières du peuple s'élargissaient dans une telle approche, mais les alliances antérieures conclues par Dieu avec son peuple n'étaient pas dévalorisées pour autant: car la relation avec Dieu est un processus unique et spirituellement intègre, où chaque étape est importante, depuis Abraham jusqu'au Christ. Il y avait encore l'alliance avec Noé, cette image collective de tous les justes du monde païen, à qui le nouveau regard sur le peuple de Dieu ouvrait le chemin de l'Église en contournant la Synagogue. Ainsi le Royaume a uni l'ancien peuple de Dieu à tout juste qui cherchait la vie authentique dans toute sa plénitude.
48 Tout joyeux à ces mots, les païens se mirent à glorifier la parole du Seigneur, et tous ceux-là embrassèrent la foi, qui étaient destinés à la vie éternelle. |
Donc, entendant la parole du Seigneur les païens étaient joyeux. Mais c’est seulement ceux qui étaient «destinés à la vie éternelle» qui ont cru. Qu’est ce que cela veut dire : certains sont «destinés» et appelés à la vie éternelle, tandis que certains ne sont pas «destinés» et sont condamnés à la mort? L’homme et son choix n'a alors rien à voir ici. Pourquoi devons-nous alors témoigner du Christ à qui que ce soit, si tout ne dépend pas de nous, ni de la prédication et ni de la personne?
Mais n’est ce pas les Saintes Ecritures parlent tant de fois du rôle décisif du choix humain, que " on entre avec force dans le Royaume de Dieu»! Et le précepte donné par le Christ lui-même concernant le témoignage! Comment coordonner tout cela? Il ne s’agit probablement pas de la prédétermination du salut, mais de la disposition de l’homme à accepter la Bonne Nouvelle. Dieu commence Son travail avec chaque personne dès sa venue à la vie (dès la procréation), et chaque personne a son chemin, sa vitesse de développement des relations avec Dieu. À un certain moment apparait sur ce chemin une rencontre avec la Bonne Nouvelle, et l’homme peut être déjà préparée à cette rencontre par son chemin précédant, ou peut ne pas encore être préparé. Dans le second cas la préparation doit continuer, et la rencontre sera possible à un autre moment. Il est important de comprendre qu’avoir la foi, venir à Dieu n’est ni le résultat de la prédication de quiconque et ni le résultat de seulement une décision humaine spontanée («voila je vais croire et c’est tout!»), mais la résultante d’un long processus de développement des relations entre l’homme et Dieu, où l'initiative appartient à Dieu, le prédicateur - le témoignage, et l’homme- la décision.
42 Et, à leur sortie, on les invitait à parler encore du même sujet le sabbat suivant. |
43 Après que l'assemblée se fut séparée, nombre de Juifs et de prosélytes qui adoraient Dieu suivirent Paul et Barnabé, et ceux-ci, dans leurs entretiens, les engageaient à rester fidèles à la grâce de Dieu. |
44 Le sabbat suivant, presque toute la ville s'assembla pour entendre la parole de Dieu. |
45 À la vue de cette foule, les Juifs furent remplis de jalousie, et ils répliquaient par des blasphèmes aux paroles de Paul. |
46 S'enhardissant alors, Paul et Barnabé déclarèrent : " C'était à vous d'abord qu'il fallait annoncer la parole de Dieu. Puisque vous la repoussez et ne vous jugez pas dignes de la vie éternelle, eh bien ! nous nous tournons vers les païens. |
47 Car ainsi nous l'a ordonné le Seigneur : Je t'ai établi lumière des nations, pour que tu portes le salut jusqu'aux extrémités de la terre. " |
48 Tout joyeux à ces mots, les païens se mirent à glorifier la parole du Seigneur, et tous ceux-là embrassèrent la foi, qui étaient destinés à la vie éternelle. |
49 Ainsi la parole du Seigneur se répandait dans toute la région. |
50 Mais les Juifs montèrent la tête aux dames de condition qui adoraient Dieu ainsi qu'aux notables de la ville; il suscitèrent de la sorte une persécution contre Paul et Barnabé et les chassèrent de leur territoire. |
51 Ceux-ci, secouant contre eux la poussière de leur pieds, se rendirent à Iconium. |
52 Quant aux disciples, ils étaient remplis de joie et de l'Esprit Saint. |
1 À Iconium, ils entrèrent de même dans la synagogue des Juifs et parlèrent de telle façon qu'une grande foule de Juifs et de Grecs embrassèrent la foi. |
2 Mais les Juifs restés incrédules excitèrent les païens et les indisposèrent contre les frères. |
3 Paul et Barnabé prolongèrent donc leur séjour assez longtemps, pleins d'assurance dans le Seigneur, qui rendait témoignage à la prédication de sa grâce en opérant signes et prodiges par leurs mains. |
4 La population de la ville se partagea. Les uns étaient pour les Juifs, les autres pour les apôtres. |
5 Chez les païens et les Juifs, leurs chefs en tête, on se préparait à les maltraiter et à les lapider. |
6 Mais s'en étant rendu compte, ils allèrent chercher refuge dans les villes de la Lycaonie, Lystres, Derbé et leurs environs, |
7 où ils se mirent à annoncer la Bonne Nouvelle. |
Paul et ses compagnons ne suivaient déjà plus strictement la règle qu’avaient suivie les premiers témoins, contraints de quitter Jérusalem à cause des persécutions. Ceux-là ne témoignaient qu’aux Juifs; ceux-ci étaient prêts à témoigner à quiconque était prêt à écouter et à recevoir leur témoignage. La situation, à cet égard, avait changé radicalement. Et il ne s’agit pas simplement d’un élargissement de l’auditoire. Il s’agit de savoir où passe la frontière du peuple de Dieu. Pour ces premiers témoins, il allait de soi que ces frontières coïncidaient avec celles du peuple juif.
Ils étaient bien sûr chrétiens (plus exactement messianistes : ce sont les messianistes issus des païens qui ont commencé à s’appeler chrétiens). Ils ne doutaient pas que Jésus de Nazareth soit le Messie et le Fils de Dieu. Mais ils étaient tout aussi convaincus qu’on ne pouvait Le suivre qu’en étant Juif. Et si l’on n’était pas né Juif, il fallait d’abord le devenir en acceptant le judaïsme; ensuite seulement on pourrait parler aussi du Messie.
Ils voyaient l’Église comme la continuation du peuple juif et comme une partie de celui-ci, comme sa composante messianique. Paul et ses compagnons, eux, regardaient la situation tout autrement. Pour eux, l’Église n’est pas une simple continuation du peuple juif ni sa partie messianique. Pour eux, l’Église est le peuple de Dieu dans toute sa plénitude. Et l’appartenance à l’Église ne se définit pas par l’appartenance au peuple juif. Bien sûr, l’Église est ouverte à tout Juif qui reçoit Jésus comme Messie et comme Fils de Dieu. Mais elle est tout aussi ouverte à n’importe quel autre, même si cet autre n’a aucun rapport avec la judéité.
Une seule chose importe : l’homme doit recevoir Jésus comme Messie et comme Fils de Dieu. Et il doit avoir avec Lui ses propres relations, profondément personnelles. Et il ne s’agit évidemment pas ici du fait que Paul aurait spécialement révisé les normes traditionnelles de la Torah afin d’élargir les frontières de l’Église. Il s’agit du fait que Dieu a ouvert Son Royaume aux païens, et Paul ne pouvait pas l’ignorer. Or les frontières de l’Église (celle qui prend une majuscule) coïncident avec celles du Royaume. Et pour les franchir, il n’est pas nécessaire d’être Juif.
Ainsi, si dans une grande ville, ou même une ville moins grande, la communauté juive reste dans sa grande majorité indifférente au témoignage rendu au Christ, alors on peut et on doit témoigner auprès de tous les autres. Non pour défier la synagogue locale, mais simplement parce que, dans cette même ville, il peut se trouver des personnes prêtes à entrer dans le Royaume, et donc dans l’Église. Conditionner leur entrée dans l’Église à l’attitude du quartier juif local envers l’Église serait incorrect et injuste envers elles. Plus encore : ce serait une violation directe du dessein de Dieu et un obstacle à Son action dans le monde. Aucun véritable témoin du Christ ne s’y serait résolu, y compris, bien sûr, Paul et ses compagnons.
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