53 Et ils s'en allèrent chacun chez soi. |
La phrase « et chacun s'en alla chez soi » aide à comprendre que tout ce qui se passait était bien dans la réalité la plus concrète. Par sa brièveté, sa concision et son caractère ordinaire, elle nous ramène pour ainsi dire sur la terre, en disant que toutes les paroles prononcées dans la dispute par les pharisiens et les serviteurs sont aussi quotidiennes que le retour à la maison. Et en effet, chacun de nous peut très facilement imaginer comment il rentre chez lui. Nous y rencontrons nos proches, nous dînons, nous racontons ce qui est arrivé dans la journée... Et aussitôt après, on se représente une assemblée en dispute, des cris, des paroles furieuses et sarcastiques d'hommes « aveugles » rentrant chez eux avec le sentiment du devoir accompli. Et Jésus, comprenant avec amertume que certains hommes ne peuvent pas Le voir, accueillir le pardon et la guérison. Et nous nous comportons comme ces pharisiens sûrs d'eux, tournés vers eux-mêmes. Ne vaut-il pas mieux fixer le Visage de Jésus, afin de ne pas manquer Son apparition ? voir Mt 25:1-13.
40 Dans la foule, plusieurs, qui avaient entendu ces paroles, disaient : " C'est vraiment lui le prophète ! " |
41 D'autres disaient : " C'est le Christ ! " Mais d'autres disaient : " Est-ce de la Galilée que le Christ doit venir ? |
42 L'Écriture n'a-t-elle pas dit que c'est de la descendance de David et de Bethléem, le village où était David, que doit venir le Christ ? " |
43 Une scission se produisit donc dans la foule, à cause de lui. |
44 Certains d'entre eux voulaient le saisir, mais personne ne porta la main sur lui. |
45 Les gardes revinrent donc trouver les grands prêtres et les Pharisiens. Ceux-ci leur dirent : " Pourquoi ne l'avez-vous pas amené ? " |
46 Les gardes répondirent : " Jamais homme n'a parlé comme cela ! " |
47 Les Pharisiens répliquèrent : " Vous aussi, vous êtes-vous laissé égarer ? |
48 Est-il un des notables qui ait cru en lui? ou un des Pharisiens? |
49 Mais cette foule qui ne connaît pas la Loi, ce sont des maudits ! " |
50 Nicodème, l'un d'entre eux, celui qui était venu trouver Jésus précédemment, leur dit: |
51 " Notre Loi juge-t-elle un homme sans d'abord l'entendre et savoir ce qu'il fait ! " |
52 Ils lui répondirent : " Es-tu de la Galilée, toi aussi ? Étudie ! Tu verras que ce n'est pas de la Galilée que surgit le prophète. " |
53 Et ils s'en allèrent chacun chez soi. |
La logique des pharisiens et des grands prêtres est tout de même stupéfiante. Quelle importance a la manière dont parle Cet Homme ? Il n’y a qu’un critère essentiel : qu’ont dit les autorités ? Cette manière de penser rejette entièrement des notions telles que la perception intérieure, le sentiment... Il existe des directives officielles auxquelles il faut se conformer. Mais le Seigneur agit avant tout dans les cœurs, et aucune directive théorique ne nous aidera à Le reconnaître. Si nous fermons notre cœur, si nous n’écoutons pas Dieu, notre relation avec Lui reste purement théorique.
37 Le dernier jour de la fête, le grand jour, Jésus, debout, s'écria : " Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive, |
38 celui qui croit en moi ! " selon le mot de l'Écriture : De son sein couleront des fleuves d'eau vive. |
39 Il parlait de l'Esprit que devaient recevoir ceux qui avaient cru en lui ; car il n'y avait pas encore d'Esprit, parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié. |
40 Dans la foule, plusieurs, qui avaient entendu ces paroles, disaient : " C'est vraiment lui le prophète ! " |
41 D'autres disaient : " C'est le Christ ! " Mais d'autres disaient : " Est-ce de la Galilée que le Christ doit venir ? |
42 L'Écriture n'a-t-elle pas dit que c'est de la descendance de David et de Bethléem, le village où était David, que doit venir le Christ ? " |
43 Une scission se produisit donc dans la foule, à cause de lui. |
44 Certains d'entre eux voulaient le saisir, mais personne ne porta la main sur lui. |
45 Les gardes revinrent donc trouver les grands prêtres et les Pharisiens. Ceux-ci leur dirent : " Pourquoi ne l'avez-vous pas amené ? " |
46 Les gardes répondirent : " Jamais homme n'a parlé comme cela ! " |
47 Les Pharisiens répliquèrent : " Vous aussi, vous êtes-vous laissé égarer ? |
48 Est-il un des notables qui ait cru en lui? ou un des Pharisiens? |
49 Mais cette foule qui ne connaît pas la Loi, ce sont des maudits ! " |
50 Nicodème, l'un d'entre eux, celui qui était venu trouver Jésus précédemment, leur dit: |
51 " Notre Loi juge-t-elle un homme sans d'abord l'entendre et savoir ce qu'il fait ! " |
52 Ils lui répondirent : " Es-tu de la Galilée, toi aussi ? Étudie ! Tu verras que ce n'est pas de la Galilée que surgit le prophète. " |
53 Et ils s'en allèrent chacun chez soi. |
Qu’est-ce qui est le plus important pour nous dans le christianisme ? Cette question surgit d’elle-même quand on lit de telles lignes de l’Évangile, quand on regarde les divisions et les scandales dans l’Église, quand on voit notre propre incompréhension de la Bonne Nouvelle et celle des autres. Le Seigneur parle de choses fondamentales, communes à tous les êtres humains : de la soif de l’Esprit, sans Lequel toute religion, toute société, toute vie devient étouffante et fade. Du fait que la foi en Lui ne restera pas une idée stérile et desséchée, qu’elle ouvre à l’homme l’accès aux fleuves d’eau vive de l’Esprit. Mais ce n’est pas cela qui préoccupe le peuple et les scribes. Pour eux, ce qui compte davantage, c’est l’incohérence dans l’origine du Messie potentiel : puisqu’Il doit venir de la lignée de David, Il doit donc aussi vivre à Bethléem.
Que pouvait répondre le Seigneur à cela ? Leur raconter Sa naissance miraculeuse dans la ville de David ? Mais ils ne L’écoutent pas, même quand Il parle de l’essentiel ! Comment donc peuvent-ils (et parfois nous aussi) comprendre Ses paroles, s’approcher de la puissance vivifiante de l’Esprit ?
37 Le dernier jour de la fête, le grand jour, Jésus, debout, s'écria : " Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive, |
38 celui qui croit en moi ! " selon le mot de l'Écriture : De son sein couleront des fleuves d'eau vive. |
39 Il parlait de l'Esprit que devaient recevoir ceux qui avaient cru en lui ; car il n'y avait pas encore d'Esprit, parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié. |
40 Dans la foule, plusieurs, qui avaient entendu ces paroles, disaient : " C'est vraiment lui le prophète ! " |
41 D'autres disaient : " C'est le Christ ! " Mais d'autres disaient : " Est-ce de la Galilée que le Christ doit venir ? |
42 L'Écriture n'a-t-elle pas dit que c'est de la descendance de David et de Bethléem, le village où était David, que doit venir le Christ ? " |
43 Une scission se produisit donc dans la foule, à cause de lui. |
44 Certains d'entre eux voulaient le saisir, mais personne ne porta la main sur lui. |
45 Les gardes revinrent donc trouver les grands prêtres et les Pharisiens. Ceux-ci leur dirent : " Pourquoi ne l'avez-vous pas amené ? " |
46 Les gardes répondirent : " Jamais homme n'a parlé comme cela ! " |
47 Les Pharisiens répliquèrent : " Vous aussi, vous êtes-vous laissé égarer ? |
48 Est-il un des notables qui ait cru en lui? ou un des Pharisiens? |
49 Mais cette foule qui ne connaît pas la Loi, ce sont des maudits ! " |
50 Nicodème, l'un d'entre eux, celui qui était venu trouver Jésus précédemment, leur dit: |
51 " Notre Loi juge-t-elle un homme sans d'abord l'entendre et savoir ce qu'il fait ! " |
52 Ils lui répondirent : " Es-tu de la Galilée, toi aussi ? Étudie ! Tu verras que ce n'est pas de la Galilée que surgit le prophète. " |
53 Et ils s'en allèrent chacun chez soi. |
La lecture d'aujourd'hui nous permet de voir en quoi peut se transformer la religiosité lorsque l'expérience spirituelle vivante est totalement ignorée. Certes, en elle-même, elle n'exclut pas la possibilité d'une pleine communion avec Dieu, mais à une condition: que la religion occupe une position subordonnée et auxiliaire, en demeurant seulement un moyen d'exprimer et d'incarner la révélation. Or toute tradition religieuse devient autosuffisante si l'on n'entreprend pas des efforts particuliers pour son renouvellement spirituel. Et si la politique se mêle à la religion, comme en Judée aux temps évangéliques, cela se produit encore plus vite.
Manifestement, la plupart des chefs religieux juifs de l'époque évangélique n'essayaient même pas de regarder, du point de vue spirituel, la situation apparue à Jérusalem à cause de la prédication de Jésus (v. 40-43). Pour eux, il n'était qu'un perturbateur de l'ordre établi. De leur point de vue, il ne pouvait en aucun cas être le Messie, car son apparition ne correspondait pas aux représentations messianiques acceptées dans le judaïsme de ce temps. D'ailleurs, « aucun prophète ne vient de Galilée » (v. 52).
Nous avons devant nous la certitude absolue de la vérité de sa propre tradition religieuse, qu'aucune révélation ne peut ébranler. Si des miracles se produisent contrairement à ce qu'en dit la religion, alors ce sont de « mauvais » miracles. Et même s'ils sont si évidents que beaucoup parmi le peuple ont cru en Celui qui les accomplissait sous leurs yeux, l'opinion du peuple n'intéresse personne: il ne connaît pas la Torah, donc il est « maudit » (v. 49). Pourtant, parmi ceux qui s'étaient rassemblés pour la fête, il n'y avait presque certainement personne qui n'ait lu et étudié la Torah et les autres livres sacrés! Mais, manifestement, leur connaissance de la Torah était autre; elle ne les empêchait pas de croire en Jésus, et c'est pourquoi, bien sûr, ils étaient des « ignorants »; sinon, se seraient-ils opposés aux autorités religieuses?
D'ailleurs, les autorités qui s'écartent de la « ligne générale » en reçoivent aussi leur part: lorsque, par exemple, Nicodème ose dire qu'avant de porter un jugement, et plus encore de condamner, il faut au moins entendre l'accusé (v. 50-51), on le fait taire. Les arguments sont simples et n'ont rien de commun ni avec la Torah, ni avec la vérité, ni avec la justice: tu es sans doute toi-même originaire de Galilée, voilà pourquoi tu défends tes compatriotes (v. 52). Il n'est pas étonnant que, dans un tel climat, Jésus ne puisse compter non seulement sur un jugement équitable, mais même sur une appréciation un tant soit peu objective de tout ce qu'il avait dit et fait.
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