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RÉFLEXIONS pour Ac 5:38-39

38 À présent donc, je vous le dis, ne vous occupez pas de ces gens-là, laissez-les. Car si leur propos ou leur œuvre vient des hommes, il se détruira de lui-même;
39 mais si vraiment il vient de Dieu, vous n'arriverez pas à les détruire. Ne risquez pas de vous trouver en guerre contre Dieu. " On adopta son avis.
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Quelle peut être la relation de l’homme envers le Christ, et quelle — envers l'Église ou envers certains de ses membres? La rencontre avec Jésus était toujours pour chacun un événement, obligeant à prendre une décision, que ce soit la rencontre avec Lui pendant Son service terrestre ou après la Résurrection. Et c’est clair: car en Sa personne l’homme se rencontre avec la plénitude de Dieu et avec la plénitude du Royaume, il est impossible de se mettre de coté ici, attendre et surtout faire semblant que rien ne se soit passé. Mais est-ce ce qui se passe, lorsque quelqu’un rencontre sur son chemin des chrétiens? Parfois c’est le cas, et alors la rencontre avec le témoin du Christ et du Royaume signifie pour lui la même chose que l'autre rencontre avec le Ressuscité.

Mais parfois c’est différent: la rencontre ne touche aucunement l’homme, il reste indifférent au témoignage, ou s'étant intéressé, ne s'empresse tout de même pas à prendre une décision. C’est ce qui s'est passé avec Gamaliel, le rabbin scientifique et membre respecté du Sanhédrin. Pourquoi ça se passe ainsi? On peut bien sûr supposer que le problème est le témoin et son témoignage, qui pour quelques raisons ne touche pas toujours le coeur des écoutants. Mais on ne peut dire une telle chose des apôtres: leur sermon a attiré plusieurs. En quoi est alors le problème?

En effet, Gamaliel, selon ses mots, était une personne spirituellement honnête et sincère. Qu’est-ce qui l’a donc empêché d'accepter le Christ et entrer dans le Royaume lorsqu’il a entendu les apôtres? La réponse peut sembler paradoxale, mais il est tout à fait possible : c’est notamment l'honnêteté spirituelle qui a arrêté Gamaliel. Il n'a pas vu ce qu’a vu ceux qui s’adressaient, pourquoi — Dieu est la vérité. Mais Dieu ne tire personne au Royaume par force. Il n'a pas à S'empresser, et Il connaît le coeur humain. L'histoire de Gamaliel, au fond, est l'illustration remarquable des mots du Sauveur disant que personne ne peut venir à Lui, si le Père ne l’attire pas.

Bien sûr, d’autres moments plusieurs viennent à l'Église plus facilement et plus aisément, sans longues hésitations et réflexions. Mais une telle arrivée signifie la possibilité d’une sortie aussi facile. Ou ce qui est encore plus mauvais, la préservation seulement de la visibilité de la vie chrétienne. Ça se passe souvent ainsi particulièrement là, où le christianisme est devenu «une religion traditionnelle», ou, plus exactement, a engendré une religion qui est devenue traditionnelle.

Il est facile d'accepter la religion, particulièrement si elle est traditionnelle, mais voici le Christ ce n’est pas si simple. Et en effet, Gamaliel devait accepter non pas la religion, mais le Christ. Mais Dieu ne l'a pas encore amené à Christ. Et lui, comme quelqu’un de spirituellement honnête, ne peut pas et ne veut pas dépeindre ce qu’il n’y a pas, même si supposer que ces gens prêchant le Messie et le Royaume, lui étaient personnellement sympathiques. Et il dit : laissez-les en paix, et regardons, si leur œuvre est de Dieu. Le choix est reporté. Mais le chemin au Royaume n'est pas fermé.

Autres réflexions

 
Pour Ac 5:38-39
38 À présent donc, je vous le dis, ne vous occupez pas de ces gens-là, laissez-les. Car si leur propos ou leur œuvre vient des hommes, il se détruira de lui-même;
39 mais si vraiment il vient de Dieu, vous n'arriverez pas à les détruire. Ne risquez pas de vous trouver en guerre contre Dieu. " On adopta son avis.
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C'est ainsi que Gamaliel, rabbin de très grande autorité, recommanda au Sanhédrin de traiter la jeune Église du Christ. On appelle ces paroles le « principe de Gamaliel » ; l'évangéliste Luc les rapporte...  Lire la suite

C'est ainsi que Gamaliel, rabbin de très grande autorité, recommanda au Sanhédrin de traiter la jeune Église du Christ. On appelle ces paroles le « principe de Gamaliel » ; l'évangéliste Luc les rapporte dans les Actes comme une sorte de témoignage du fait que la spiritualité de l'Ancien Testament, en tant que telle, s'est révélée assez ouverte pour juger les actions de l'Esprit de Dieu à leurs fruits.

Cela signifie que l'hostilité des autorités religieuses juives envers le Seigneur Jésus et Son Église était dictée par d'autres raisons, purement humaines : l'envie, le calcul politique... Gamaliel lui-même, selon la tradition, devint chrétien à la fin de sa vie. Ainsi, le principe de Gamaliel est un principe biblique général, découlant des deux Testaments, pour notre attitude envers les phénomènes spirituels qui nous sont inconnus.

C'est très important, car ce n'est qu'en nous laissant guider par lui que nous ne plaçons pas notre jugement avant celui de Dieu. Les actes et les opinions d'autres personnes nous paraissent souvent étranges, voire scandaleux, et il nous est naturel de manifester immédiatement notre position et de prendre les mesures correspondantes. Notre jugement est rapide et catégorique. Mais voici ce que dit la sagesse nourrie d'une connaissance très profonde de l'Écriture : « Ne vous hâtez pas, donnez à Dieu la possibilité de manifester Son jugement ». Le fait que nous soyons en désaccord avec quelque chose peut devenir notre condamnation même, si cela vient de Dieu. Car Dieu Lui-même dit qu'Il fait toutes choses nouvelles. Nouveau signifie pour nous inhabituel, ce avec quoi il n'est pas simple de se mettre tout de suite d'accord. Ici il faut de la patience et un esprit de paix, sans lesquels il est impossible d'être chrétien.

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Pour Ac 5:33-42
33 En entendant cela, ils frémissaient de rage et projetaient de les faire mourir.
34 Alors un Pharisien nommé Gamaliel se leva au milieu du Sanhédrin; c'était un docteur de la Loi respecté de tout le peuple. Il donna l'ordre de faire sortir ces hommes un instant.
35 Puis il dit aux sanhédrites : " Hommes d'Israël, prenez bien garde à ce que vous allez faire à l'égard de ces gens-là.
36 Il y a quelque temps déjà se leva Theudas, qui se disait quelqu'un et qui rallia environ quatre cents hommes. Il fut tué, et tous ceux qui l'avaient suivi se débandèrent, et il n'en resta rien.
37 Après lui, à l'époque du recensement, se leva Judas le Galiléen, qui entraîna du monde à sa suite; il périt, lui aussi, et ceux qui l'avaient suivi furent dispersés.
38 À présent donc, je vous le dis, ne vous occupez pas de ces gens-là, laissez-les. Car si leur propos ou leur œuvre vient des hommes, il se détruira de lui-même;
39 mais si vraiment il vient de Dieu, vous n'arriverez pas à les détruire. Ne risquez pas de vous trouver en guerre contre Dieu. " On adopta son avis.
40 Ils rappelèrent alors les apôtres. Après les avoir fait battre de verges, ils leur interdirent de parler au nom de Jésus, puis les relâchèrent.
41 Pour eux, ils s'en allèrent du Sanhédrin, tout joyeux d'avoir été jugés dignes de subir des outrages pour le Nom.
42 Et chaque jour, au Temple et dans les maisons, ils ne cessaient d'enseigner et d'annoncer la Bonne Nouvelle du Christ Jésus.
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En parlant de la Synagogue traditionnelle, il faut garder à l’esprit qu’elle n’était nullement homogène sur le plan spirituel ni religieux. Le témoignage en est l’intervention, au Sanhédrin, de l’un des maîtres de la Torah les plus connus de cette époque...  Lire la suite

En parlant de la Synagogue traditionnelle, il faut garder à l’esprit qu’elle n’était nullement homogène sur le plan spirituel ni religieux. Le témoignage en est l’intervention, au Sanhédrin, de l’un des maîtres de la Torah les plus connus de cette époque, Gamaliel, qui avait de nombreux disciples, parmi lesquels se trouvait d’ailleurs Shaoul (Saul), le futur apôtre Paul. Gamaliel appartenait à l’école de Hillel, l’une des deux principales écoles théologiques de cette époque (l’autre était l’école de Shammaï). Hillel, qui vécut environ deux siècles avant les événements décrits, accordait une attention principale à l’expérience d’une communion directe et immédiate avec Dieu, qui, comme il l’enseignait, était accessible à tout chercheur, pourvu que ce chercheur fût prêt à suivre la Torah.

Il s’agissait bien sûr non seulement de la Torah extérieure, mais aussi de la Torah intérieure. Hillel n’était pas un formaliste religieux ; dans la vie spirituelle, il considérait comme principal la lecture priante et attentive de la Torah, la prière intérieure continue et l’attention à sa vie intérieure, à ces intentions qui déterminent la qualité de la vie spirituelle de l’homme et sa direction. Il ne rejetait évidemment pas les formes traditionnelles de la religion juive, mais il ne les considérait que comme l’enveloppe religieuse de l’essentiel, de la vie spirituelle proprement dite.

Gamaliel appartenait lui aussi à cette école, dont il avait reçu, à en juger par les témoignages de ses contemporains, les meilleurs traits. C’est lui qui intervint au Sanhédrin pour défendre le nouveau mouvement. Gamaliel lui-même, bien sûr, n’était pas chrétien, même si par la suite des légendes sur sa conversion au Christ circulèrent dans le milieu chrétien. Mais il était spirituellement assez sensible pour comprendre qu’il s’agissait peut-être ici de l’action de Dieu. Et alors il conseilla au sommet du Temple et aux chefs synagogaux de ne pas se hâter.

Simplement laisser tranquilles ces nouveaux messianistes et voir ce qui arriverait ensuite. Et il donna un argument de poids en faveur d’une telle décision, en rappelant d’autres mouvements messianiques qui s’étaient terminés par rien (et de tels mouvements éclataient souvent en Judée à cette époque). Pour les autorités, c’était une option sans risque : si le nouveau mouvement ressemblait aux précédents, il prendrait fin de lui-même ; sinon... eh bien, il faudrait alors réfléchir à ce qu’il conviendrait de faire. Pour l’instant, on pouvait ne pas s’inquiéter. C’est ainsi qu’il fut décidé d’agir : les apôtres furent punis pour leur désobéissance formelle à l’interdiction du Sanhédrin de prêcher le nouveau nom sacré, puis relâchés. Et l’on se mit à observer ce qui se passerait ensuite.

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Pour Ac 5:17-42
17 Alors intervint le grand prêtre, avec tous ceux de son entourage, le parti des Sadducéens. Pleins d'animosité,
18 ils mirent la main sur les apôtres et les jetèrent dans la prison publique.
19 Mais pendant la nuit l'Ange du Seigneur ouvrit les portes de la prison et, après les avoir conduits dehors, leur dit :
20 " Allez annoncer hardiment au peuple dans le Temple tout ce qui concerne cette Vie-là. "
21 Dociles à ces paroles, ils entrèrent au Temple dès le point du jour et se mirent à enseigner. Cependant le grand prêtre arriva avec ceux de son entourage. On convoqua le Sanhédrin et tout le Sénat des Israélites et on fit chercher les apôtres à la prison.
22 Mais les satellites, rendus sur place, ne les trouvèrent pas dans la prison. Ils revinrent donc annoncer :
23 " Nous avons trouvé la prison soigneusement fermée et les gardes en faction aux portes. Mais quand nous avons ouvert, nous n'avons trouvé personne à l'intérieur. "
24 À cette nouvelle, le commandant du Temple et les grands prêtres, tout perplexes à leur sujet, se demandaient ce que cela pouvait bien signifier.
25 Survint alors quelqu'un qui leur annonça : " Les hommes que vous avez mis en prison, les voilà qui se tiennent dans le Temple et enseignent le peuple. "
26 Alors le commandant du Temple partit avec ses hommes et ramena les apôtres, mais sans violence, car ils craignaient le peuple, qui aurait pu les lapider.
27 Les ayant donc amenés, ils les firent comparaître devant le Sanhédrin. Le grand prêtre les interrogea :
28 " Nous vous avions formellement interdit d'enseigner en ce nom-là. Or voici que vous avez rempli Jérusalem de votre doctrine ! Vous voulez ainsi faire retomber sur nous le sang de cet homme-là ! "
29 Pierre répondit alors, avec les apôtres : " Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes.
30 Le Dieu de nos pères a ressuscité ce Jésus que vous, vous aviez fait mourir en le suspendant au gibet.
31 C'est lui que Dieu a exalté par sa droite, le faisant Chef et Sauveur, afin d'accorder par lui à Israël la repentance et la rémission des péchés.
32 Nous sommes témoins de ces choses, nous et l'Esprit Saint que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. "
33 En entendant cela, ils frémissaient de rage et projetaient de les faire mourir.
34 Alors un Pharisien nommé Gamaliel se leva au milieu du Sanhédrin; c'était un docteur de la Loi respecté de tout le peuple. Il donna l'ordre de faire sortir ces hommes un instant.
35 Puis il dit aux sanhédrites : " Hommes d'Israël, prenez bien garde à ce que vous allez faire à l'égard de ces gens-là.
36 Il y a quelque temps déjà se leva Theudas, qui se disait quelqu'un et qui rallia environ quatre cents hommes. Il fut tué, et tous ceux qui l'avaient suivi se débandèrent, et il n'en resta rien.
37 Après lui, à l'époque du recensement, se leva Judas le Galiléen, qui entraîna du monde à sa suite; il périt, lui aussi, et ceux qui l'avaient suivi furent dispersés.
38 À présent donc, je vous le dis, ne vous occupez pas de ces gens-là, laissez-les. Car si leur propos ou leur œuvre vient des hommes, il se détruira de lui-même;
39 mais si vraiment il vient de Dieu, vous n'arriverez pas à les détruire. Ne risquez pas de vous trouver en guerre contre Dieu. " On adopta son avis.
40 Ils rappelèrent alors les apôtres. Après les avoir fait battre de verges, ils leur interdirent de parler au nom de Jésus, puis les relâchèrent.
41 Pour eux, ils s'en allèrent du Sanhédrin, tout joyeux d'avoir été jugés dignes de subir des outrages pour le Nom.
42 Et chaque jour, au Temple et dans les maisons, ils ne cessaient d'enseigner et d'annoncer la Bonne Nouvelle du Christ Jésus.
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La lecture d'aujourd'hui nous montre la limite que peut atteindre la conscience religieuse. Cette limite est désignée...  Lire la suite

La lecture d'aujourd'hui nous montre la limite que peut atteindre la conscience religieuse. Cette limite est désignée par le discours de Gamaliel (v. 34-39). Gamaliel appartenait à l'école rabbinique fondée par Hillel, maître de la Torah qui vivait environ deux siècles avant la naissance du Christ. Les représentants de cette école n'ont jamais été des formalistes religieux, considérant que la Torah devait être écrite dans le coeur de l'homme, déterminant toute sa vie et l'aidant à construire ses relations avec Dieu. Pour eux, le premier plan n'était pas occupé par le rite, mais par une communion intime, mystique, avec Dieu. À Hillel appartiennent ces paroles: «Là où deux ou trois se rassemblent au nom de la Torah, la shekhina demeure au milieu d'eux» (dans le judaïsme, on appelle shekhina la présence de Dieu). Il n'est pas étonnant que ce soit précisément un représentant de cette école qui ait pris la parole devant le Sanhédrin en faveur des apôtres.

Pour Gamaliel non plus, la situation n'était pas du tout claire ni univoque, mais il ne craignait pas ce que craignait l'élite du Temple: que le nouveau mouvement commencé dans le peuple se retourne contre eux (v. 27-28). L'absence de peur et la disponibilité à accueillir tout ce qui vient réellement de Dieu le distinguent de la majorité des représentants des autorités religieuses officielles.

Gamaliel ne peut rien dire de précis au sujet des apôtres et de leur prédication, ce qui n'a rien d'étonnant: il demeure le porteur et le gardien d'une tradition religieuse qui n'est liée ni à Jésus ni à Ses disciples. Mais son expérience spirituelle et religieuse lui suggère que des mouvements de ce genre ne réussissent que lorsqu'ils viennent de Dieu. C'est pourquoi il est tranquille: si les apôtres accomplissent l'oeuvre de Dieu, il n'a pas à s'inquiéter; sinon, il n'y a pas davantage lieu de s'agiter, car dans ce cas elle finira de toute façon tôt ou tard par ne rien donner.

Une telle position paraît neutre et expectative, mais elle ne pouvait être autre: Gamaliel restait dans des cadres religieux, bien que sa foi fût sincère et sa religiosité conséquente. Il ne savait réellement rien ni de Jésus ni des apôtres, et aucune expérience religieuse ne pouvait lui révéler ce qui ne se révèle qu'au contact du Royaume. Mais en même temps, Gamaliel, à ce qu'on voit, demeure absolument ouvert à l'action de Dieu et prêt à accueillir tout ce qui vient de Dieu. Sa position suppose avant tout une honnêteté absolue devant lui-même et devant Dieu. Et c'est, apparemment, ce que la religion peut donner de meilleur à l'homme. Dans un tel état d'esprit, l'homme ne se jettera ni à la suite des faux prophètes et des faux messies, ni ne saisira des pierres à l'apparition de tout nouveau mouvement religieux. Sa religion lui donne la paix intérieure. Cette paix qui, bien sûr, ne remplace pas le Royaume, mais donne la possibilité de le voir.

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