Les lois présentées dans ce chapitre du livre ont en commun un trait général : elles attirent toutes l'attention sur le crime comme source d'impureté, comme quelque chose qui souille l'homme. La Torah regarde en général le péché comme une souillure, considérant précisément cette propriété comme la plus dangereuse et destructrice. Pour le yahviste croyant, surtout à l'époque préexilique, le péché était lié non seulement, ni même surtout, à la violation d'une norme morale, mais au mur qu'il dressait entre le pécheur et Dieu. L'impureté est ce qui empêche l'homme d'être sanctifié. Ce qui empêche l'action de Dieu sur l'homme, l'action de l'amour de Dieu et du souffle de Dieu qui, autrement, pourrait transformer l'homme en le faisant entrer dans le grand monde de Dieu. Or le péché engendre l'impureté, et l'impureté sépare l'homme de Dieu de telle sorte que, au lieu du grand monde de Dieu, l'homme se retrouve dans le petit monde séparé de Dieu de ceux qui se sont séparés comme lui.
À l'époque préchrétienne, même des choses qui n'étaient pas directement liées au péché souillaient parfois l'homme. Par exemple, le cadavre non enseveli d'un tué, même si l'on ne parvenait pas à trouver le meurtrier. Il fallait le livrer à la sépulture, il fallait accomplir tous les rites de purification liés à l'ensevelissement, simplement parce qu'il y avait là une rencontre avec la mort, qui ne passe jamais sans laisser de trace pour l'homme. Et avec les vivants non plus, tout n'est pas simple.
On ne peut pas rejeter celle que, selon le mot très exact de l'Écriture, on a « humiliée », parce que, comme l'a très justement remarqué un auteur moderne, nous sommes responsables de ceux que nous apprivoisons. On ne peut pas passer par-dessus l'intérêt naturel et légitime de l'un de ses enfants simplement parce que la mère d'un autre nous plaît davantage. On ne peut pas traîner ses propres parents dans la boue, quels qu'ils soient. Tout cela diminue d'abord la mesure de plénitude de vie de celui qui agit ainsi, et donc celle de toute la communauté, qui réagit en conséquence.
