En poursuivant son discours sur la vie dans le Royaume, Paul se tourne vers les notions fondamentales de la tradition prophétique qui décrivent les relations entre Dieu et le peuple de Dieu: la miséricorde, ou « bonté », et la fidélité, ou « vérité ». Un tel recours, bien sûr, n'est pas fortuit, car la miséricorde et la fidélité demeurent fondamentales aussi pour ceux qui vivent dans le Royaume, dans leurs relations avec le Christ. En parlant des circoncis, c'est-à-dire des Juifs, l'apôtre rappelle moins la fidélité du peuple à Dieu que la fidélité de Dieu aux promesses données une fois pour toutes et à l'alliance conclue une fois pour toutes. En s'adressant aux anciens païens venus au Christ, il rappelle la miséricorde, car, à la différence des Juifs, Dieu n'avait rien promis aux païens et n'avait conclu aucune alliance avec eux: si le chemin du Royaume leur est tout de même ouvert, c'est exclusivement comme un don, auquel ils n'ont aucun droit et sur lequel ils ne peuvent nullement compter, du moins au sens où y espèrent les Juifs, à qui certaines promesses ont tout de même été données.
Puisque le Royaume est fondé sur la miséricorde et la fidélité, les relations entre ceux qui y vivent doivent elles aussi être pénétrées de ces qualités. Or la miséricorde et la fidélité supposent de l'indulgence envers les faiblesses de ceux qui, par définition, ne peuvent pas être forts, puisqu'ils n'ont rejoint la vie du Royaume que récemment. En effet, à la différence d'une communauté religieuse ordinaire, où ce qui importe est précisément la communauté de vues et leur orthodoxie, dans le Royaume c'est l'unité spirituelle des fidèles qui passe au premier plan. Du point de vue de la religion, ce qui importe le plus, ce sont les opinions des hommes, leurs idées et leurs avis; du point de vue du Royaume, ce qui importe le plus, ce sont les relations, sans lesquelles il est impossible de glorifier Dieu. Pour la religion, ce qui importe le plus, ce sont les opinions des hommes, leurs idées et leurs avis; pour le Royaume, ce sont les relations, sans lesquelles il est impossible de glorifier Dieu. Et pour les relations, on peut accepter beaucoup de différences religieuses et de visions du monde, d'autant plus que, sans une telle humilité, on peut difficilement compter sur l'unité spirituelle de l'Église, cette « même pensée » dont l'apôtre parle un peu plus haut (v. 4-5).
En poursuivant son discours sur la vie dans le Royaume, Paul se tourne vers les notions fondamentales de la tradition prophétique qui décrivent les relations entre Dieu et le peuple de Dieu: la miséricorde, ou « bonté », et la fidélité, ou « vérité ». Un tel recours, bien sûr, n'est pas fortuit, car...
En poursuivant son discours sur la vie dans le Royaume, Paul se tourne vers les notions fondamentales de la tradition prophétique qui décrivent les relations entre Dieu et le peuple de Dieu: la miséricorde, ou « bonté », et la fidélité, ou « vérité ». Un tel recours, bien sûr, n'est pas fortuit, car... Lire la suite
Paul parle de l'amour comme de la seule chose qui existe éternellement et dans l'éternité, surpassant en cela tout le reste. Les paroles de Paul font ici écho à celles de Jésus lui-même sur l'amour comme commandement nouveau. Il semblerait qu'il n'y ait rien de nouveau dans l'amour: avant même la venue du Messie, les docteurs de la Torah savaient que toute son essence se résume à deux commandements, celui d'aimer Dieu et celui d'aimer son prochain. Pourtant, la présence de l'amour n'abolissait pas tout le reste de ce qui pouvait exister dans la vie de l'homme et dans ses relations avec Dieu et avec les autres. Or Jésus appelle l'amour un commandement nouveau et Paul, comme s'il poursuivait la pensée du Maître, parle de l'amour comme de quelque chose qui surpasse tout ce que l'on peut imaginer en rapport avec l'existence humaine dans le Royaume.
Quelque chose de nouveau, lié à l'amour, est manifestement entré dans le monde avec le Christ. Avant la venue du Messie, l'amour était d'abord une relation qui liait l'homme à Dieu et aux autres hommes. Il était l'intention sur laquelle reposaient de telles relations. Mais l'espace même des relations demeurait naturel, psychique. Dans le Royaume, tout est différent: là, l'amour devient l'espace des relations, le milieu à l'intérieur duquel existent toutes les relations, avec Dieu, avec le Christ et avec les autres hommes.
Le souffle du Royaume qui enveloppe l'homme devient pour lui un milieu d'amour. À la fin des temps, lorsque le monde entier redeviendra le Royaume comme au premier jour de la création, ce souffle embrassera tout et deviendra le seul milieu possible dans lequel existera la nature renouvelée. Alors l'amour deviendra l'unique réalité de toutes les actions humaines, de toutes les relations et, en général, de toute la vie. C'est précisément ce que rappelle l'apôtre lorsqu'il dit que, sans l'amour, tout le reste perd son sens. Car alors cela demeurera en dehors du Royaume, et donc en dehors du monde de Dieu.
Paul parle de l'amour comme de la seule chose qui existe éternellement et dans l'éternité, surpassant en cela tout le reste. Les paroles de Paul font ici écho à celles de Jésus lui-même sur...
Paul parle de l'amour comme de la seule chose qui existe éternellement et dans l'éternité, surpassant en cela tout le reste. Les paroles de Paul font ici écho à celles de Jésus lui-même sur... Lire la suite
Beaucoup d'entre nous connaissent cette situation: un proche est mort et des amis viennent présenter leurs condoléances. Ils disent: « Nous partageons votre peine » ou « Nous y passerons tous », acquiesçant d'une manière ou d'une autre à la mort et acceptant son caractère définitif. Les paroles de Jésus sont radicalement différentes. Il parle de résurrection, de victoire sur la mort. Il parle de lui-même comme du porteur d'une vie pour laquelle la mort n'est pas la fin. Bien plus, il peut donner une telle vie aux autres.
Puis vient la question la plus importante: « Crois-tu cela? » Pour chaque homme auquel cette question est adressée vient alors le moment du choix décisif, le choix de la foi. La raison ne peut l'aider, car elle n'a rien à faire là où il n'y a pas d'informations. Un tempérament aventureux ne peut l'aider, car les deux réponses comportent le même risque. Seul le cœur de l'homme, centre de sa libre volonté et de sa capacité d'aimer et de faire confiance sans aucune preuve, peut accomplir ce choix. Et maintenant cette question est posée à chacun de nous: « Crois-tu cela? »
Beaucoup d'entre nous connaissent cette situation: un proche est mort et des amis viennent présenter leurs condoléances. Ils disent: « Nous partageons votre peine » ou « Nous y passerons tous », acquiesçant d'une manière ou d'une autre à la mort et acceptant son caractère définitif. Les paroles de Jésus sont radicalement différentes. Il parle de...
Beaucoup d'entre nous connaissent cette situation: un proche est mort et des amis viennent présenter leurs condoléances. Ils disent: « Nous partageons votre peine » ou « Nous y passerons tous », acquiesçant d'une manière ou d'une autre à la mort et acceptant son caractère définitif. Les paroles de Jésus sont radicalement différentes. Il parle de... Lire la suite
L'évangéliste conclut les deux récits de la puissance miraculeuse de Jésus-Christ par les paroles des témoins stupéfaits: « Qui est-il donc pour accomplir de tels miracles? » Sans aucun doute veut-il poser cette question aussi à ses lecteurs. Naturellement, il écrivait pour des croyants — voir le prologue de l'Évangile, 1:1-4 — qui, en vertu de leur foi, pouvaient déjà répondre à cette question en appelant Jésus Seigneur, Messie et Fils de Dieu.
Quel est donc le sens de ces récits? Encore une « preuve » de la foi, ou encore une question posée à la conscience du lecteur: qui est-il? La seule confession de foi serait-elle insuffisante pour toucher le mystère de la personne du Christ? Serait-il nécessaire de garder devant lui un émerveillement qui ne vieillit pas, semblable à celui qu'éprouvèrent les disciples dans la barque ou les hommes qui virent la guérison du possédé? Cette question « qui est-il donc? », adressée à nous-mêmes et à lui, serait-elle aussi importante que la réponse connue d'avance? Il y a peut-être trop de questions ici, mais l'Évangile est un livre qui non seulement répond à son lecteur, mais l'interroge aussi...
L'évangéliste conclut les deux récits de la puissance miraculeuse de Jésus-Christ par les paroles des témoins stupéfaits: « Qui est-il donc pour accomplir de tels miracles? » Sans aucun doute veut-il poser cette question aussi à ses lecteurs. Naturellement, il écrivait pour...
L'évangéliste conclut les deux récits de la puissance miraculeuse de Jésus-Christ par les paroles des témoins stupéfaits: « Qui est-il donc pour accomplir de tels miracles? » Sans aucun doute veut-il poser cette question aussi à ses lecteurs. Naturellement, il écrivait pour... Lire la suite
En parlant à ses disciples de son chemin et de son ministère, Jésus ne pouvait manquer de leur parler aussi du sens de la mort qui l'attendait. Il dit aux apôtres: mon chemin terrestre est achevé, le temps de la séparation est venu (v. 5-6). Mais ce n'est pas une simple séparation: Jésus part afin que le Royaume puisse se révéler au monde dans toute sa plénitude. Il dit: si je n'achève pas mon chemin terrestre et humain, ma plénitude divine demeurera elle aussi cachée au monde. Alors les apôtres eux-mêmes ne sentiront pas le souffle de Dieu et ne connaîtront pas l'Esprit-Paraclet dont Jésus leur a parlé (v. 6-7).
Pendant ce temps, le Sauveur parle aux disciples de la venue du Royaume. Il dit: venu dans le monde, l'Esprit de Dieu deviendra le témoin principal de tout ce que beaucoup n'ont pas voulu entendre de moi ni de vous: le témoin de ma mission, de la défaite des forces des ténèbres, ainsi que du péché qui consiste à rejeter le Messie envoyé par Dieu (v. 8-11). Le sens d'un tel témoignage est évident: c'est un témoignage sur le Royaume et sur Jésus comme le Messie qui a apporté le Royaume dans le monde. Aucun témoignage en lui-même ne prive évidemment personne de la liberté de choisir, et ceux qui rejettent le témoignage de l'Esprit de Dieu deviendront les persécuteurs des témoins du Royaume (v. 1-4). C'est là l'essentiel; les disciples apprendront et comprendront le reste en participant au Royaume et en recevant la révélation de l'Esprit de Dieu (v. 12-15).
Pourtant, les disciples ne semblent pas encore croire jusqu'au bout que Jésus leur parle de sa mort. Ils sont perplexes: que veut-il dire? Où veut-il aller, pourquoi veut-il se cacher d'eux (v. 16-18)? Alors Jésus parle aux apôtres de sa mort et de sa résurrection avec toute la clarté possible. Il avertit ses disciples qu'ils devront éprouver une grande tristesse, qui sera bientôt remplacée par une joie plus grande encore (v. 21-22). Il leur promet qu'un jour viendra où ils se rencontreront de nouveau, un jour où tout leur deviendra clair et où ils n'auront plus aucune question (v. 22-23). Enfin, Jésus dit directement aux disciples: je suis venu dans le monde d'auprès du Père, et maintenant je quitte de nouveau le monde et je vais vers le Père (v. 28).
Après ces paroles du Maître, les apôtres pensent avoir enfin tout compris, mais Jésus semble penser autrement. Il leur dit directement que bientôt ils se disperseront tous et le laisseront seul (v. 29-32). Mais même la fuite des disciples désemparés n'a aucune importance: la victoire sur les forces du mal qui tiennent le monde captif est remportée, et aucune souffrance des témoins du Royaume ne peut désormais l'annuler (v. 33).
En parlant à ses disciples de son chemin et de son ministère, Jésus ne pouvait manquer de leur parler aussi du sens de la mort qui l'attendait. Il dit aux apôtres: mon chemin terrestre est achevé, le temps de la séparation est venu. Mais ce n'est pas une simple séparation: Jésus part afin que...
En parlant à ses disciples de son chemin et de son ministère, Jésus ne pouvait manquer de leur parler aussi du sens de la mort qui l'attendait. Il dit aux apôtres: mon chemin terrestre est achevé, le temps de la séparation est venu. Mais ce n'est pas une simple séparation: Jésus part afin que... Lire la suite
Israël est appelé le peuple de Dieu non seulement parce que Dieu l'a créé ou l'a fait sortir de l'esclavage, mais avant tout parce que ce peuple doit écouter la volonté du Seigneur et vivre de sa parole. Consulter les devins et les diseurs de bonne aventure devient ainsi une trahison de sa propre vocation à être le peuple de Dieu.
Nous sommes les héritiers de la parole donnée à l'ancien Israël; nous avons un jour consenti à suivre le Prophète promis (Ac 3:22) et à écouter par lui la volonté de Dieu. Si le refus d'écouter un prophète qui ne connaissait la volonté de Dieu qu'en partie éloigne déjà le peuple de sa vocation à la sainteté, comment appeler ce qui se produit lorsque nous nous détournons du Christ et allons dans un « temple du destin » écouter « des voyants, des devins et des guérisseurs »? N'est-ce pas une trahison de l'Esprit du Christ, qui doit habiter en nous aussi si nous appartenons réellement à Dieu?
Israël est appelé le peuple de Dieu non seulement parce que Dieu l'a créé ou l'a fait sortir de l'esclavage, mais avant tout parce que ce peuple doit écouter la volonté du Seigneur et vivre de sa parole. Consulter les devins et les diseurs de bonne aventure devient ainsi...
Israël est appelé le peuple de Dieu non seulement parce que Dieu l'a créé ou l'a fait sortir de l'esclavage, mais avant tout parce que ce peuple doit écouter la volonté du Seigneur et vivre de sa parole. Consulter les devins et les diseurs de bonne aventure devient ainsi... Lire la suite
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