8 La charité ne passe jamais. Les prophéties ? elles disparaîtront. Les langues ? elles se tairont. La science ? elle disparaîtra.
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Paul parle de l'amour comme de la seule chose qui existe éternellement et dans l'éternité, surpassant en cela tout le reste. Les paroles de Paul font ici écho à celles de Jésus lui-même sur l'amour comme commandement nouveau. Il semblerait qu'il n'y ait rien de nouveau dans l'amour: avant même la venue du Messie, les docteurs de la Torah savaient que toute son essence se résume à deux commandements, celui d'aimer Dieu et celui d'aimer son prochain. Pourtant, la présence de l'amour n'abolissait pas tout le reste de ce qui pouvait exister dans la vie de l'homme et dans ses relations avec Dieu et avec les autres. Or Jésus appelle l'amour un commandement nouveau et Paul, comme s'il poursuivait la pensée du Maître, parle de l'amour comme de quelque chose qui surpasse tout ce que l'on peut imaginer en rapport avec l'existence humaine dans le Royaume.
Quelque chose de nouveau, lié à l'amour, est manifestement entré dans le monde avec le Christ. Avant la venue du Messie, l'amour était d'abord une relation qui liait l'homme à Dieu et aux autres hommes. Il était l'intention sur laquelle reposaient de telles relations. Mais l'espace même des relations demeurait naturel, psychique. Dans le Royaume, tout est différent: là, l'amour devient l'espace des relations, le milieu à l'intérieur duquel existent toutes les relations, avec Dieu, avec le Christ et avec les autres hommes.
Le souffle du Royaume qui enveloppe l'homme devient pour lui un milieu d'amour. À la fin des temps, lorsque le monde entier redeviendra le Royaume comme au premier jour de la création, ce souffle embrassera tout et deviendra le seul milieu possible dans lequel existera la nature renouvelée. Alors l'amour deviendra l'unique réalité de toutes les actions humaines, de toutes les relations et, en général, de toute la vie. C'est précisément ce que rappelle l'apôtre lorsqu'il dit que, sans l'amour, tout le reste perd son sens. Car alors cela demeurera en dehors du Royaume, et donc en dehors du monde de Dieu.
Autres réflexions
Pour 1Co 13:8-13
8 La charité ne passe jamais. Les prophéties ? elles disparaîtront. Les langues ? elles se tairont. La science ? elle disparaîtra.
9 Car partielle est notre science, partielle aussi notre prophétie.
10 Mais quand viendra ce qui est parfait, ce qui est partiel disparaîtra.
11 Lorsque j’étais enfant, je parlais en enfant, je pensais en enfant, je raisonnais en enfant ; une fois devenu homme, j’ai fait disparaître ce qui était de l’enfant.
12 Car nous voyons, à présent, dans un miroir, en énigme, mais alors ce sera face à face. À présent, je connais d’une manière partielle ; mais alors je connaîtrai comme je suis connu.
13 Maintenant donc demeurent foi, espérance, charité, ces trois choses, mais la plus grande d’entre elles, c’est la charité.
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Pour Paul, l’amour est sans aucun doute le fondement de toutes les relations qui unissent...
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Pour Paul, l’amour est sans aucun doute le fondement de toutes les relations qui unissent les hommes vivant dans le Royaume avec Dieu et les uns avec les autres. C’est pourquoi il demeure actuel même lorsque tout le reste cesse de l’être (v. 8). Mais l’apôtre ne parle pas simplement de la vie dans le Royaume. Il a manifestement en vue une certaine plénitude du Royaume lui-même, pour ainsi dire la plénitude de la plénitude. Tous les dons spirituels que Paul décrivait encore tout récemment avec tant d’éclat disparaissent maintenant, se dissolvant dans l’amour. L’apôtre en donne une explication tout à fait claire: tous les dons que nous pouvons avoir aujourd’hui sont encore loin de la plénitude de cet amour dont le Royaume est imprégné, et ils sont donc temporaires (v. 9–10). Cette incomplétude est liée à notre propre état spirituel: du point de vue de cette plénitude de vie qui deviendra possible dans le Royaume pleinement révélé, nous sommes encore des enfants, n’ayant de la vie du Royaume que les représentations les plus générales et n’y ayant fait que les premiers pas (v. 11).
Comme on le voit, pour Paul, le chemin spirituel des personnes qui vivent dans le Royaume est inséparable de l’histoire du Royaume lui-même. La maturation spirituelle des chrétiens est pour lui inséparable de la formation du Royaume et de son développement dans notre monde en voie de transfiguration, mais pas encore entièrement transfiguré. Les réalités du Royaume sont aujourd’hui difficiles à percevoir non seulement parce que nos yeux ne se sont pas encore assez développés pour voir clairement les objets du monde spirituel, mais aussi parce que ces réalités elles-mêmes ne se sont pas encore pleinement formées ni totalement révélées (v. 12). Mais la pleine révélation du Royaume n’aura lieu qu’à la fin des temps, avec le retour du Sauveur. En attendant, l’amour du Royaume, que nous ne pouvons vivre qu’en partie, s’unit à la foi qu’un jour viendra où il sera manifesté au monde dans toute sa plénitude, et à l’espérance que nous aussi deviendrons partie de cette plénitude (v. 13).
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Pour 1Co 13:8-13
8 La charité ne passe jamais. Les prophéties ? elles disparaîtront. Les langues ? elles se tairont. La science ? elle disparaîtra.
9 Car partielle est notre science, partielle aussi notre prophétie.
10 Mais quand viendra ce qui est parfait, ce qui est partiel disparaîtra.
11 Lorsque j’étais enfant, je parlais en enfant, je pensais en enfant, je raisonnais en enfant ; une fois devenu homme, j’ai fait disparaître ce qui était de l’enfant.
12 Car nous voyons, à présent, dans un miroir, en énigme, mais alors ce sera face à face. À présent, je connais d’une manière partielle ; mais alors je connaîtrai comme je suis connu.
13 Maintenant donc demeurent foi, espérance, charité, ces trois choses, mais la plus grande d’entre elles, c’est la charité.
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Il est très difficile de parler de notions aussi « abstraites », et plus encore de les comparer. Avec une certaine part...
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Il est très difficile de parler de notions aussi « abstraites », et plus encore de les comparer. Avec une certaine part d'approximation, on peut essayer de l'exprimer ainsi : dans l'usage courant, la foi et l'espérance décrivent notre rapport aux faits. La foi concerne les faits qui « sont déjà là » (je crois que Dieu existe, qu'Il est bon, qu'Il a créé le monde, qu'Il l'a ordonné de telle ou telle manière, qu'Il a donné Son Fils unique...), tandis que l'espérance concerne ceux qui « sont encore à venir » (j'espère le salut, la résurrection des morts, la vie éternelle...). Mais ces mots servent parfois à exprimer notre relation à une autre personne : la foi comme confiance en Dieu, l'espérance comme fait de compter sur Lui. Le mot « amour » appartient à la même série : il parle de notre relation avec quelqu'un d'autre. Pourtant, ce mot est véritablement « plus grand » que la foi et l'espérance, parce que l'amour signifie la plénitude de la relation et inclut bien sûr la confiance comme l'espérance.
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