1 Or, il advint, en ces jours-là, que parut un édit de César Auguste, ordonnant le recensement de tout le monde habité. |
2 Ce recensement, le premier, eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie. |
3 Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville. |
4 Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth, en Judée, à la ville de David, qui s'appelle Bethléem - parce qu'il était de la maison et de la lignée de David - |
5 afin de se faire recenser avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte. |
6 Or il advint, comme ils étaient là, que les jours furent accomplis où elle devait enfanter. |
7 Elle enfanta son fils premier-né, l'enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu'ils manquaient de place dans la salle. |
8 Il y avait dans la même région des bergers qui vivaient aux champs et gardaient leurs troupeaux durant les veilles de la nuit. |
9 L'Ange du Seigneur se tint près d'eux et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa clarté; et ils furent saisis d'une grande crainte. |
10 Mais l'ange leur dit : " Soyez sans crainte, car voici que je vous annonce une grande joie, qui sera celle de tout le peuple : |
11 aujourd'hui vous est né un Sauveur, qui est le Christ Seigneur, dans la ville de David. |
12 Et ceci vous servira de signe : vous trouverez un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une crèche. " |
13 Et soudain se joignit à l'ange une troupe nombreuse de l'armée céleste, qui louait Dieu, en disant: |
14 " Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix aux hommes objets de sa complaisance ! " |
15 Et il advint, quand les anges les eurent quittés pour le ciel, que les bergers se dirent entre eux : " Allons jusqu'à Bethléem et voyons ce qui est arrivé et que le Seigneur nous a fait connaître. " |
16 Ils vinrent donc en hâte et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la crèche. |
17 Ayant vu, ils firent connaître ce qui leur avait été dit de cet enfant; |
18 et tous ceux qui les entendirent furent étonnés de ce que leur disaient les bergers. |
19 Quant à Marie, elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur. |
20 Puis les bergers s'en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu'ils avaient entendu et vu, suivant ce qui leur avait été annoncé. |
Dans le récit de la naissance de Jésus-Christ dans la crèche, avec la grotte, les bergers et les anges, il n'y a rien de sentimental ni de mièvre. En revanche, il y a beaucoup de grandeur et de solennité. Nous ne devons pas être troublés par le cadre modeste d'une étable de village et par la pauvreté des invités: c'est un véritable banquet messianique.
Tout ici renvoie au lointain ancêtre de Jésus et au plus célèbre roi oint, c'est-à-dire, en grec, Christ, David: sa ville natale de Bethléem, l'occupation des bergers, puisque David lui-même était berger chez son père, et les parallèles frappants avec Celui qui, lui aussi, sera Berger auprès de son Père. Lui aussi est né pour être Roi, Oint, Christ; lui aussi, comme le « plus petit des frères », vaincra miraculeusement, par la force de Dieu, l'Ennemi et « ôtera l'opprobre d'Israël » (cf. 1 S 17 ou Ps 151). L'évangéliste, connaissant toute l'histoire qui a suivi, a su discerner la gloire dans la vie ordinaire et pauvre d'une famille surprise par l'accouchement la nuit dans une étable. Nous aussi, nous connaissons cette histoire; mais savons-nous voir réellement?
1 Or, il advint, en ces jours-là, que parut un édit de César Auguste, ordonnant le recensement de tout le monde habité. |
2 Ce recensement, le premier, eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie. |
3 Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville. |
4 Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth, en Judée, à la ville de David, qui s'appelle Bethléem - parce qu'il était de la maison et de la lignée de David - |
5 afin de se faire recenser avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte. |
6 Or il advint, comme ils étaient là, que les jours furent accomplis où elle devait enfanter. |
7 Elle enfanta son fils premier-né, l'enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu'ils manquaient de place dans la salle. |
8 Il y avait dans la même région des bergers qui vivaient aux champs et gardaient leurs troupeaux durant les veilles de la nuit. |
9 L'Ange du Seigneur se tint près d'eux et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa clarté; et ils furent saisis d'une grande crainte. |
10 Mais l'ange leur dit : " Soyez sans crainte, car voici que je vous annonce une grande joie, qui sera celle de tout le peuple : |
11 aujourd'hui vous est né un Sauveur, qui est le Christ Seigneur, dans la ville de David. |
12 Et ceci vous servira de signe : vous trouverez un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une crèche. " |
13 Et soudain se joignit à l'ange une troupe nombreuse de l'armée céleste, qui louait Dieu, en disant: |
14 " Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix aux hommes objets de sa complaisance ! " |
15 Et il advint, quand les anges les eurent quittés pour le ciel, que les bergers se dirent entre eux : " Allons jusqu'à Bethléem et voyons ce qui est arrivé et que le Seigneur nous a fait connaître. " |
16 Ils vinrent donc en hâte et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la crèche. |
17 Ayant vu, ils firent connaître ce qui leur avait été dit de cet enfant; |
18 et tous ceux qui les entendirent furent étonnés de ce que leur disaient les bergers. |
19 Quant à Marie, elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur. |
20 Puis les bergers s'en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu'ils avaient entendu et vu, suivant ce qui leur avait été annoncé. |
La Vielle de Noël
Rien n'a encore commencé. Déjà tout est passé.
D'un bord à l'autre, d'une douce brume, la lumière s'est voilée.
L'humidité ruisselle du brouillard, tantôt pluie, tantôt neige.
On ne distingue ni vallées, ni montagnes, ni lacs, ni rivières.
S'approchant sans bruit, d'un bord à l'autre
un seul linceul cache tous les lointains,
Un voile blanchâtre, sans forme, sans couleurs et sans frontières.
À deux pas on ne voit rien, et dans la neige fondue
s'enfonce la trace
De ce couple inconnu pour lequel
il n'y a pas de place à l'auberge.
Sur la face de l'abîme, de nouveau les ténèbres, comme avant
le commencement des temps.
Tout s'affaisse dans la langueur du néant, dans le brouillard et le sommeil.
Comme le sapin sous la neige, comme la bête dans sa tanière, la volonté sommeille
et la raison se tait.
Peut-être le cœur de l'amour veille-t-il, et pourtant lui-même
dort encore et encore.
Silencieux et sourd, heure après heure, l'œil est embrumé
et l'esprit aveugle,
Jusqu'à ce que le minuit attentif distingue le cri d'un nouveau-né.
(S.S. Averintsev, Genève, 24.12.1994)
La Vielle de Noël – veille de Noël (fr.)
1 Or, il advint, en ces jours-là, que parut un édit de César Auguste, ordonnant le recensement de tout le monde habité. |
2 Ce recensement, le premier, eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie. |
3 Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville. |
4 Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth, en Judée, à la ville de David, qui s'appelle Bethléem - parce qu'il était de la maison et de la lignée de David - |
5 afin de se faire recenser avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte. |
6 Or il advint, comme ils étaient là, que les jours furent accomplis où elle devait enfanter. |
7 Elle enfanta son fils premier-né, l'enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu'ils manquaient de place dans la salle. |
8 Il y avait dans la même région des bergers qui vivaient aux champs et gardaient leurs troupeaux durant les veilles de la nuit. |
9 L'Ange du Seigneur se tint près d'eux et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa clarté; et ils furent saisis d'une grande crainte. |
10 Mais l'ange leur dit : " Soyez sans crainte, car voici que je vous annonce une grande joie, qui sera celle de tout le peuple : |
11 aujourd'hui vous est né un Sauveur, qui est le Christ Seigneur, dans la ville de David. |
12 Et ceci vous servira de signe : vous trouverez un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une crèche. " |
13 Et soudain se joignit à l'ange une troupe nombreuse de l'armée céleste, qui louait Dieu, en disant: |
14 " Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix aux hommes objets de sa complaisance ! " |
15 Et il advint, quand les anges les eurent quittés pour le ciel, que les bergers se dirent entre eux : " Allons jusqu'à Bethléem et voyons ce qui est arrivé et que le Seigneur nous a fait connaître. " |
16 Ils vinrent donc en hâte et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la crèche. |
17 Ayant vu, ils firent connaître ce qui leur avait été dit de cet enfant; |
18 et tous ceux qui les entendirent furent étonnés de ce que leur disaient les bergers. |
19 Quant à Marie, elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur. |
20 Puis les bergers s'en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu'ils avaient entendu et vu, suivant ce qui leur avait été annoncé. |
Pour qui le Sauveur naît-il ? Êtes-vous sûr que c'est pour vous ? Le monde entier a renié d'avance le Christ, ne Lui offrant, à Lui, nouveau-né, qu'une mangeoire pour le bétail. Les premiers sujets du nouveau Roi sont de simples bergers.
Mais le Christ ne naît pas seulement pour ceux qui sont prêts à L'accueillir : l'Ange l'annonce sans équivoque, la joie sera pour tout le peuple. Selon le raisonnement humain, le monde se divise toujours en bons et en mauvais, en dignes et indignes du salut. Mais il suffit que le ciel s'ouvre un instant pour que retentisse le chœur de l'armée céleste : le Christ est pour tous.
1 Or, il advint, en ces jours-là, que parut un édit de César Auguste, ordonnant le recensement de tout le monde habité. |
2 Ce recensement, le premier, eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie. |
3 Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville. |
4 Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth, en Judée, à la ville de David, qui s'appelle Bethléem - parce qu'il était de la maison et de la lignée de David - |
5 afin de se faire recenser avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte. |
6 Or il advint, comme ils étaient là, que les jours furent accomplis où elle devait enfanter. |
7 Elle enfanta son fils premier-né, l'enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu'ils manquaient de place dans la salle. |
8 Il y avait dans la même région des bergers qui vivaient aux champs et gardaient leurs troupeaux durant les veilles de la nuit. |
9 L'Ange du Seigneur se tint près d'eux et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa clarté; et ils furent saisis d'une grande crainte. |
10 Mais l'ange leur dit : " Soyez sans crainte, car voici que je vous annonce une grande joie, qui sera celle de tout le peuple : |
11 aujourd'hui vous est né un Sauveur, qui est le Christ Seigneur, dans la ville de David. |
12 Et ceci vous servira de signe : vous trouverez un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une crèche. " |
13 Et soudain se joignit à l'ange une troupe nombreuse de l'armée céleste, qui louait Dieu, en disant: |
14 " Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix aux hommes objets de sa complaisance ! " |
15 Et il advint, quand les anges les eurent quittés pour le ciel, que les bergers se dirent entre eux : " Allons jusqu'à Bethléem et voyons ce qui est arrivé et que le Seigneur nous a fait connaître. " |
16 Ils vinrent donc en hâte et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la crèche. |
17 Ayant vu, ils firent connaître ce qui leur avait été dit de cet enfant; |
18 et tous ceux qui les entendirent furent étonnés de ce que leur disaient les bergers. |
19 Quant à Marie, elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur. |
20 Puis les bergers s'en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu'ils avaient entendu et vu, suivant ce qui leur avait été annoncé. |
Chaque évangéliste décrit la Nativité du Christ à sa manière, en prêtant attention aux événements qui lui paraissent les plus importants. Parmi les événements de la Nativité, Luc accorde une attention particulière aux signes que Dieu donnait pour indiquer la messianité de Jésus. Le premier de ces signes fut la révélation reçue par les bergers qui se trouvaient non loin de Bethléem (v. 8). Le sens de la révélation était tout à fait clair. L’ange apparu aux bergers leur dit directement que le Messie attendu par le peuple est né, et la joie céleste éclatante confirme l’importance de ce qui se passe (v. 9-14).
À première vue, les bergers ne sont pas les personnes les plus indiquées pour entendre les premiers la nouvelle de la naissance du Messie. Ils ne possédaient ni pouvoir, ni autorité, ni savoir. S’ils avaient voulu raconter ce qu’ils avaient vu, on les aurait crus en dernier, si même on les avait crus. Au premier regard, on peut penser que de telles personnes sont peu concernées par les événements de la vie spirituelle, car elles ne ressemblent en rien aux militants religieux qu’étaient, par exemple, les pharisiens, absolument convaincus qu’eux, bien sûr, rencontreraient le Messie avant les autres.
Mais le Christ, visiblement, vient vers chacun, et pas seulement vers ceux qui mènent une vie religieuse intense. Il vient vers ceux qui L’attendent et qui sont prêts à L’accueillir. Or cela ne dépend pas toujours de l’activité religieuse d’une personne. Paradoxalement, une telle activité peut parfois même faire obstacle. Les bergers sont des gens simples, et leur réaction à la révélation reçue est elle aussi simple : allons voir (v. 15) ! Et lorsqu’ils arrivèrent à Bethléem et y virent l’enfant Christ, ils racontèrent simplement, comme ils le pouvaient, ce qu’ils avaient vu (v. 16-18). Puis ils repartirent en glorifiant Dieu pour la naissance du Messie promis (v. 20).
Il suffit de comparer ce simple récit-témoignage aux controverses théologiques que presque chaque parole et chaque acte de Jésus provoqueront chez ces mêmes pharisiens et chez les maîtres de la Torah pour comprendre pourquoi ce sont précisément les bergers qui reçoivent la révélation de la naissance du Messie. Si des rabbins savants s’étaient trouvés à leur place, la Vierge Marie aurait très probablement attendu encore longtemps le témoignage sur la naissance du Christ, si important pour elle (v. 19) : car avant de reconnaître qui que ce soit comme Messie, il fallait examiner l’affaire avec soin. Mais Dieu a plus souvent besoin de témoins que de théologiens. Il n’a pas besoin que nous analysions et évaluions Ses œuvres. Il Lui suffit pleinement que d’autres les entendent de notre bouche.
1 Or, il advint, en ces jours-là, que parut un édit de César Auguste, ordonnant le recensement de tout le monde habité. |
2 Ce recensement, le premier, eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie. |
3 Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville. |
4 Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth, en Judée, à la ville de David, qui s'appelle Bethléem - parce qu'il était de la maison et de la lignée de David - |
5 afin de se faire recenser avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte. |
6 Or il advint, comme ils étaient là, que les jours furent accomplis où elle devait enfanter. |
7 Elle enfanta son fils premier-né, l'enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu'ils manquaient de place dans la salle. |
8 Il y avait dans la même région des bergers qui vivaient aux champs et gardaient leurs troupeaux durant les veilles de la nuit. |
9 L'Ange du Seigneur se tint près d'eux et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa clarté; et ils furent saisis d'une grande crainte. |
10 Mais l'ange leur dit : " Soyez sans crainte, car voici que je vous annonce une grande joie, qui sera celle de tout le peuple : |
11 aujourd'hui vous est né un Sauveur, qui est le Christ Seigneur, dans la ville de David. |
12 Et ceci vous servira de signe : vous trouverez un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une crèche. " |
13 Et soudain se joignit à l'ange une troupe nombreuse de l'armée céleste, qui louait Dieu, en disant: |
14 " Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix aux hommes objets de sa complaisance ! " |
15 Et il advint, quand les anges les eurent quittés pour le ciel, que les bergers se dirent entre eux : " Allons jusqu'à Bethléem et voyons ce qui est arrivé et que le Seigneur nous a fait connaître. " |
16 Ils vinrent donc en hâte et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la crèche. |
17 Ayant vu, ils firent connaître ce qui leur avait été dit de cet enfant; |
18 et tous ceux qui les entendirent furent étonnés de ce que leur disaient les bergers. |
19 Quant à Marie, elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur. |
20 Puis les bergers s'en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu'ils avaient entendu et vu, suivant ce qui leur avait été annoncé. |
Aujourd'hui, nous célébrons un office particulier, les Heures royales, ou heures de la veille de la Nativité du Christ. Aux Heures royales, nous lisons plusieurs passages de l'Ancien Testament, de l'épître aux Hébreux, ainsi que les récits des évangélistes Matthieu et Luc sur la Nativité. Dans cet office inhabituel, le plus important est son caractère pascal fortement souligné. Au fond, c'est presque une copie exacte des Heures célébrées le jour de la mort du Christ sur la Croix, le Grand Vendredi.
Les Heures royales du Vendredi saint comme celles de la Nativité du Christ furent composées par le patriarche Sophrone de Jérusalem (mort en 644) dans la première moitié du VIIe siècle ; leur profonde ressemblance vise à désigner le commencement et l'achèvement de l'action salvatrice de Dieu : la Nativité du Christ et son sacrifice sur la Croix. Ces événements nous révèlent le dessein de Dieu comme le passage salvateur de Dieu à travers notre monde, qui s'achève dans le triomphe de la Croix et de la Résurrection.
Et saint Sophrone écrit ainsi au sujet de la raison de la Nativité : « Comme descendante de la lignée de David, Marie fut autrefois recensée à Bethléem avec le vieillard Joseph, portant en son sein le Fruit sans semence ; lorsque le temps de l'enfantement arriva, il n'y avait aucun lieu où loger, et la grotte apparut à la Reine comme un beau palais. Ainsi le Christ naît pour relever son image tombée autrefois ». La Nativité est donc le commencement du chemin de la Croix, et c'est précisément ainsi que l'Église l'aborde.
6 Or il advint, comme ils étaient là, que les jours furent accomplis où elle devait enfanter. |
7 Elle enfanta son fils premier-né, l'enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu'ils manquaient de place dans la salle. |
Il est impossible à l'homme de saisir et de comprendre ce qui s'est produit. Non seulement parce que le fait même de la Nativité, la manière dont tout cela arrive, est, du point de vue humain, une absurdité totale. Mais aussi parce qu'ainsi l'homme reçoit la possibilité de comprendre comment Dieu aime. Son amour pour chacun est à la fois l'amour d'un père pour son enfant et l'amour d'un petit enfant pour ses parents. La rigueur, la responsabilité, le soin, le don de soi se fondent avec la tendresse, la confiance totale et la nécessité d'être constamment tout près : voilà à quoi ressemble Son Amour. Il veut que nous Le tenions dans nos bras, que nous ne Le laissions pas s'éloigner de nous, et ainsi Il nous donnera tout, nous protégera et nous donnera la paix. Il se donne à nous et, comme un enfant sourit à toute mère, ainsi Il nous aime tels que nous sommes. Et en nous confiant Sa vie à garder, Il nous fait seulement confiance comme personne ne nous fera jamais confiance.
10 Mais l'ange leur dit : " Soyez sans crainte, car voici que je vous annonce une grande joie, qui sera celle de tout le peuple : |
11 aujourd'hui vous est né un Sauveur, qui est le Christ Seigneur, dans la ville de David. |
Traduit du grec, le mot « évangile » signifie « bonne nouvelle ». Et le sens de cette bonne nouvelle résidait précisément dans le fait que le Messie attendu depuis des siècles par le peuple de Dieu était enfin venu dans le monde. C'est ce que les anges annoncent aux bergers. Ils appellent le Messie nouveau-né Seigneur et Sauveur.
Le mot grec correspondant, toutefois, est souvent interprété comme « Seigneur », avec le sens de Yahvé, dont le nom, dans les textes grecs, était d'ordinaire remplacé par un mot traduit par « maître » ou « seigneur » ; en grec, il n'y a pas de différence entre « maître » et « seigneur ». C'est pourquoi il n'est parfois pas simple de déterminer de quoi il est question dans un texte grec concret. Avec les textes hébreux, c'est plus simple : le nom Yahvé y apparaît à sa place propre sans changements, tandis que les traductions « pieuses » le remplacent généralement par ce même « maître » ou « seigneur ». Mais si le texte a été écrit en grec dès l'origine, il est assez difficile de comprendre s'il s'agit du Nom sacré ou simplement d'un titre.
Dans ce cas, cependant, nous avons très vraisemblablement devant nous précisément un titre, parce que le Messie a toujours été regardé avant tout comme Roi. Bien sûr, le messianisme populaire supposait que le Royaume serait entièrement terrestre et que le Messie aussi deviendrait un Roi entièrement terrestre. Mais les représentations populaires n'annulaient pas le fait que le Messie est vraiment Roi, même s'il ne l'est pas du genre de Royaume que la plupart des gens attendaient alors.
Jésus n'a jamais renoncé à son Royaume, tout en ne formulant jamais aucune prétention sur les royaumes terrestres. Et le titre de Sauveur était lui aussi traditionnellement messianique à l'époque évangélique. Il est vrai qu'ici encore le messianisme populaire supposait quelque chose de tout à fait terrestre : le Roi-Messie créerait un État juif fort, fondé sur des lois correspondant à la Torah, où trouveraient refuge non seulement chaque Juif, mais en général quiconque adorait le Dieu d'Israël et recherchait une vie pieuse.
Si l'on parlait du salut comme d'une libération complète du pouvoir du péché et de la mort, on ne le faisait que secondairement et dans une perspective eschatologique plus lointaine. Mais Jésus est vraiment devenu Sauveur pour tous ceux qui cherchent le Royaume, car l'homme y trouve non seulement la plénitude de la vie, mais aussi la délivrance du pouvoir du mal et du péché dans lequel gît le monde déchu. Délivrance pour toujours : car le Royaume, en entrant dans le monde, le transformera tôt ou tard complètement, faisant de lui une partie de lui-même et le libérant des conséquences de la chute. Enfin, pour toute l'éternité.
10 Mais l'ange leur dit : " Soyez sans crainte, car voici que je vous annonce une grande joie, qui sera celle de tout le peuple : |
11 aujourd'hui vous est né un Sauveur, qui est le Christ Seigneur, dans la ville de David. |
La nouvelle de la naissance du Messie est joyeuse, pour tous et pour chacun; non seulement pour ceux qui plus tard seront appelés chrétiens, mais aussi pour tous ceux qui prennent la vie spirituelle au sérieux. Bien sûr, ceux qui L'attendaient le plus étaient les Juifs, le peuple de Dieu - eux seuls alors pouvaient comprendre ce qui s'était produit et ce que signifiait la bonne nouvelle. Les autres ne pouvaient que le deviner.
Mais il ne s'agit pas seulement de savoir qui comprend quoi, même si, pour la vie spirituelle, la prise de conscience joue un rôle clé. Il s'agit aussi de ce qui s'est précisément produit dans le Royaume qui, selon les paroles du Sauveur, «s'est approché». Or cela, les chrétiens ne sont pas les seuls à pouvoir le sentir: un homme peut ne rien savoir du Messie, du peuple de Dieu, ni même de l'histoire de l'Alliance et du salut, mais tout chercheur peut ressentir le souffle du Royaume.
Très remarquable, à cet égard, est la transformation que certains enseignements orientaux ont subie à l'époque chrétienne, par exemple l'hindouisme ou le bouddhisme. Aurait-on pu imaginer, à l'époque préchrétienne, qu'un hindou, même monothéiste conséquent ayant choisi la voie du yoga, appelle Dieu Père céleste? Or dans l'hindouisme contemporain cela se rencontre, et il ne s'agit pas ici de l'influence des missionnaires chrétiens: c'est le souffle de ce Royaume même qui ne tient dans aucun cadre religieux, du Royaume ouvert à quiconque aspire à une véritable vie spirituelle, quelle que soit la tradition à laquelle il appartient.
Bien sûr, il n'y a pas de Royaume sans Roi. Mais le chercheur ne connaît pas toujours le Roi d'emblée: parfois il apprend l'existence du Royaume avant celle de Celui qui y règne. Mais le Roi se réjouit de tout arrivant. Et l'on peut faire connaissance avec le Roi après avoir appris l'existence du Royaume, après l'avoir touché, après avoir compris que l'on allait précisément ici et que l'on est arrivé là où l'on voulait depuis longtemps parvenir. Avant le plein triomphe du Royaume, avant le retour du Christ dans la gloire, il reste encore du temps; il y a donc aussi du temps pour que les chercheurs rencontrent le Roi, fassent Sa connaissance, comprennent avec Qui ils ont fait rencontre, et se remettent à Lui.
Bien sûr, la représentation directe du Royaume sur terre devrait être d'abord l'Église. Mais elle n'est pas toujours à la hauteur de cette tâche, et le Christ Lui-même n'a jamais dit qu'Il limiterait Son action dans le monde aux frontières de l'Église terrestre. Il a promis de ne pas l'abandonner, mais Il ne nous a pas promis, à nous chrétiens, des droits exclusifs sur le Royaume. Car c'est Son Royaume et Son Église, et c'est à Lui seul de décider jusqu'où il s'étendra et qui pourra y prendre part.
10 Mais l'ange leur dit : " Soyez sans crainte, car voici que je vous annonce une grande joie, qui sera celle de tout le peuple : |
11 aujourd'hui vous est né un Sauveur, qui est le Christ Seigneur, dans la ville de David. |
La vie de Jésus s’accomplie en nous lorsque nous connaissons non seulement les événements de Sa vie, mais aussi lorsque nous éprouvons ces événements comme étant des faits de notre biographie. C’est pourquoi les paroles de l’Ange concernant la naissance du Sauveur ne sont pas adressées seulement aux bergers, mais à nous aussi aujourd’hui, présentement. Alors allons-y maintenant, jusqu’où peut aller notre foi? Acceptons –nous que c’est bien aujourd’hui que le «pauvre» Bébé, dont le Père a confie entre les mains de l’homme vient dans le monde? Si oui, alors amour et remerciement remuent en nous, et ce jour sera rempli d’une « grande joie ».
15 Et il advint, quand les anges les eurent quittés pour le ciel, que les bergers se dirent entre eux : " Allons jusqu'à Bethléem et voyons ce qui est arrivé et que le Seigneur nous a fait connaître. " |
La réaction des bergers à ce qu'ils ont vu est celle de personnes normales qui font confiance à Dieu. On leur a dit que le Messie était né, on leur a dit où le chercher, et ils vont là où on leur a dit d'aller. Réaction normale de gens « simples ». Simples non pas nécessairement au sens de rudesse ou de manque d'instruction, mais au sens de cette intégrité intérieure qui s'oppose non à la rudesse ou à l'ignorance, mais à la brisure intérieure ou à la division. À ce qui empêche le plus souvent l'homme de voir et d'entendre Dieu. Même si le fait demeure : les personnes brisées, divisées, portées à une réflexion sans fin et sans fruit, se rencontrent plus volontiers parmi les instruits que parmi les non-instruits.
Si les anges avaient annoncé la naissance du Messie à des chefs du mouvement pharisien bien instruits dans la Torah, ou à des maîtres de la Torah, Joseph et Marie n'auraient très probablement pas eu d'invités de sitôt. En effet, avant d'y aller, ces personnes auraient eu besoin de tout analyser soigneusement, de peser, de décider si la vision était « correcte » ou « incorrecte », si elle correspondait aux critères de vérité et aux idées sur le Messie admises par les théologiens savants, ou non... Bref, les gens savants ne se seraient pas rassemblés rapidement pour regarder le Messie. Et la question ici, bien sûr, n'est pas l'instruction en elle-même.
La question est ce qui accompagne presque toujours cette instruction chez l'homme déchu. Et il ne s'agit pas seulement de l'arrogance ni du snobisme particulier propre à certains savants, mais d'une inclination à modéliser et à schématiser même là où aucun schéma ne convient par définition et où aucun modèle ne fonctionne. Et pas même parce que Dieu et le Messie ne peuvent être insérés dans aucun schéma ni modélisés d'aucune manière, mais parce qu'une personne inclinée à un tel intellectualisme commence souvent, sans s'en apercevoir elle-même, à se modéliser elle aussi. Sa propre vie. Une vie dont elle essaie de faire un schéma au lieu de simplement vivre.
Et alors, si une personne modélise sa propre vie au lieu de simplement la vivre, il devient pratiquement impossible de l'atteindre. Pour Dieu et pour une autre personne. Dans un tel cas, la personne disparaît, s'identifiant à son propre schéma, au modèle de sa propre existence. Et l'on ne communique pas avec un modèle ou un schéma ; ici, on peut seulement s'y ajuster ou partir. Mais Dieu n'a pas l'intention de s'ajuster aux schémas humains, et le Messie non plus. C'est pourquoi Dieu révèle les choses importantes à ceux qui vivent simplement, sans schémas ni modèles. Cette voie est plus vraie et plus sûre.
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