La nouvelle de la naissance du Messie est joyeuse, pour tous et pour chacun; non seulement pour ceux qui plus tard seront appelés chrétiens, mais aussi pour tous ceux qui prennent la vie spirituelle au sérieux. Bien sûr, ceux qui L'attendaient le plus étaient les Juifs, le peuple de Dieu - eux seuls alors pouvaient comprendre ce qui s'était produit et ce que signifiait...
La nouvelle de la naissance du Messie est joyeuse, pour tous et pour chacun; non seulement pour ceux qui plus tard seront appelés chrétiens, mais aussi pour tous ceux qui prennent la vie spirituelle au sérieux. Bien sûr, ceux qui L'attendaient le plus étaient les Juifs, le peuple de Dieu - eux seuls alors pouvaient comprendre ce qui s'était produit et ce que signifiait la bonne nouvelle. Les autres ne pouvaient que le deviner.
Mais il ne s'agit pas seulement de savoir qui comprend quoi, même si, pour la vie spirituelle, la prise de conscience joue un rôle clé. Il s'agit aussi de ce qui s'est précisément produit dans le Royaume qui, selon les paroles du Sauveur, «s'est approché». Or cela, les chrétiens ne sont pas les seuls à pouvoir le sentir: un homme peut ne rien savoir du Messie, du peuple de Dieu, ni même de l'histoire de l'Alliance et du salut, mais tout chercheur peut ressentir le souffle du Royaume.
Très remarquable, à cet égard, est la transformation que certains enseignements orientaux ont subie à l'époque chrétienne, par exemple l'hindouisme ou le bouddhisme. Aurait-on pu imaginer, à l'époque préchrétienne, qu'un hindou, même monothéiste conséquent ayant choisi la voie du yoga, appelle Dieu Père céleste? Or dans l'hindouisme contemporain cela se rencontre, et il ne s'agit pas ici de l'influence des missionnaires chrétiens: c'est le souffle de ce Royaume même qui ne tient dans aucun cadre religieux, du Royaume ouvert à quiconque aspire à une véritable vie spirituelle, quelle que soit la tradition à laquelle il appartient.
Bien sûr, il n'y a pas de Royaume sans Roi. Mais le chercheur ne connaît pas toujours le Roi d'emblée: parfois il apprend l'existence du Royaume avant celle de Celui qui y règne. Mais le Roi se réjouit de tout arrivant. Et l'on peut faire connaissance avec le Roi après avoir appris l'existence du Royaume, après l'avoir touché, après avoir compris que l'on allait précisément ici et que l'on est arrivé là où l'on voulait depuis longtemps parvenir. Avant le plein triomphe du Royaume, avant le retour du Christ dans la gloire, il reste encore du temps; il y a donc aussi du temps pour que les chercheurs rencontrent le Roi, fassent Sa connaissance, comprennent avec Qui ils ont fait rencontre, et se remettent à Lui.
Bien sûr, la représentation directe du Royaume sur terre devrait être d'abord l'Église. Mais elle n'est pas toujours à la hauteur de cette tâche, et le Christ Lui-même n'a jamais dit qu'Il limiterait Son action dans le monde aux frontières de l'Église terrestre. Il a promis de ne pas l'abandonner, mais Il ne nous a pas promis, à nous chrétiens, des droits exclusifs sur le Royaume. Car c'est Son Royaume et Son Église, et c'est à Lui seul de décider jusqu'où il s'étendra et qui pourra y prendre part.